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	<title>Géopolitique | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
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	<title>Géopolitique | Moyen-Orient.fr</title>
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		<title>Moyen-Orient 2025 : la fin des axes, le retour des rivalités de puissances</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/moyen-orient-2025-axes-rivalites-de-puissances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Dec 2025 11:41:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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<p><strong>La fin de l’année 2025 marque un tournant stratégique au Moyen-Orient. Les grands axes idéologiques cèdent la place à des rivalités de puissances intermédiaires, diffuses mais structurantes. Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Iran s’affrontent désormais sur plusieurs théâtres simultanément — de la Méditerranée orientale à la Corne de l’Afrique — dans une logique de compétition permanente, souvent indirecte, toujours instable.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un Moyen-Orient fragmenté, sans axe dominant</strong></h2>



<p>Le Moyen-Orient n’est plus organisé autour d’un clivage lisible, opposant sunnites et chiites, pro-Occident et anti-Occident, ou encore « modérés » et « radicaux ». Ces grilles de lecture ont perdu leur capacité explicative. La région est désormais structurée par des conflits d’architecture régionale, où chaque acteur cherche avant tout à verrouiller des routes maritimes, des zones tampons, des relais locaux et des positions militaires clés.</p>



<p>Ce nouvel équilibre repose sur des puissances intermédiaires capables de nuisance et de projection, mais incapables d’imposer un ordre régional durable. Aucun acteur ne domine, aucun ne stabilise. Tous cherchent à empêcher l’autre de s’imposer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Israël–Turquie : une rivalité stratégique désormais globale</strong></h2>



<p>La rivalité entre Israël et la Turquie s’est nettement intensifiée en 2025. Elle ne se limite plus aux tensions diplomatiques ou à la question palestinienne. Elle est devenue structurelle, multisectorielle et géographiquement étendue. En Méditerranée orientale, Israël renforce son axe stratégique avec la Grèce et Chypre, marginalisant Ankara sur les dossiers énergétiques et sécuritaires. Sur le plan diplomatique, la Turquie se retrouve exclue des derniers formats de discussion autour de Gaza, malgré son activisme constant et son ambition affichée de jouer un rôle central.</p>



<p>Sur le plan militaire, le déploiement de systèmes radar turcs en Syrie est perçu à Jérusalem comme une tentative de surveillance et de dissuasion indirecte. Dans le même temps, Israël cherche à freiner l’accès de la Turquie au programme F-35, considérant qu’un tel saut capacitaire créerait un déséquilibre stratégique majeur. Sur le terrain syrien enfin, Israël soutient discrètement certaines communautés locales, notamment druzes, dans une logique de containment simultané de l’influence iranienne et de l’expansion turque.</p>



<p>Il ne s’agit pas d’un conflit idéologique. C’est une rivalité de puissance classique, territoriale, maritime et sécuritaire, appelée à durer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Somaliland : un coup géopolitique israélien dans la Corne de l’Afrique</strong></h2>



<p>La reconnaissance du Somaliland par Israël constitue l’un des gestes géopolitiques les plus significatifs de l’année. Ce choix n’a rien de symbolique. Il répond à une logique stratégique précise. Sur le plan sécuritaire, le Somaliland offre un accès indirect au détroit de Bab el-Mandeb, axe vital du commerce mondial et point névralgique pour la sécurité maritime israélienne. Sur le plan géopolitique, cette reconnaissance affaiblit frontalement la stratégie turque en Somalie, où Ankara soutient Mogadiscio et multiplie bases militaires et accords sécuritaires.</p>



<p>Sur le plan diplomatique enfin, Israël démontre sa capacité à agir bien au-delà de son environnement immédiat, dans une logique de projection périphérique assumée. Pour la Turquie, c’est un revers net. Pour Israël, un message clair : la compétition régionale ne se joue plus uniquement au Levant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Arabie saoudite : glissement tactique ou désorientation stratégique ?</strong></h2>



<p>L’attitude récente de l’Arabie saoudite soulève de lourdes interrogations. Au sud du Yémen, des forces engagées depuis 2015 contre les Houthis et AQAP accusent désormais l’aviation saoudienne de les avoir frappées alors qu’elles combattaient également le parti islamiste Islah, proche des Frères musulmans. Ce signal est révélateur d’un glissement préoccupant. Riyad semble réviser ses priorités sécuritaires, tolérer certains acteurs islamistes sunnites et s’éloigner de son alignement stratégique avec Abou Dhabi dans le sud yéménite.</p>



<p>Ce repositionnement rapproche objectivement l’Arabie saoudite de l’axe Qatar–Turquie–islamistes, non par adhésion idéologique mais par calcul tactique. Une stratégie à haut risque, qui fragilise la cohérence régionale du royaume et brouille ses lignes rouges historiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rivalités croisées : une région en compétition permanente</strong></h2>



<p>La fin de 2025 est marquée par une multiplication de conflits indirects et de rivalités croisées. Au Soudan, les Émirats arabes unis s’opposent à un axe saoudo-égyptien. En Libye, la Turquie affronte indirectement les Émirats. En Syrie, Ankara et Israël se font face sur fond d’influence iranienne. Au sud du Yémen, Riyad et Abou Dhabi poursuivent des stratégies de plus en plus divergentes. En Somalie et au Somaliland, la Turquie et Israël se disputent influence, accès portuaires et relais locaux.</p>



<p>Ces conflits ne visent pas la victoire totale. Ils cherchent le contrôle durable des équilibres locaux et l’empêchement réciproque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Iran : affaibli, mais toujours perturbateur</strong></h2>



<p>Malgré une série de revers en 2025, l’Iran n’a pas disparu du jeu régional. Son rôle a évolué. Moins de domination directe, davantage de stratégie d’obstruction. Téhéran ne cherche plus nécessairement à imposer un ordre, mais à maintenir un niveau de tension suffisant pour empêcher toute stabilisation durable. L’Iran ne gagne pas. Mais il empêche les autres de gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p><strong>Le Moyen-Orient entre dans une ère de conflictualité permanente </strong></p>



<p>Le Moyen-Orient de 2025 n’est ni stabilisé ni multipolaire au sens classique. Il est fragmenté, concurrentiel et instable, dominé par des puissances intermédiaires agissant sans cadre collectif. Israël avance avec une cohérence stratégique assumée. La Turquie multiplie les fronts au risque de l’isolement. L’Arabie saoudite hésite dangereusement. Les Émirats consolident patiemment. L’Iran sabote sans reconstruire.</p>



<p>Et l’Occident, une fois encore, observe sans comprendre, confondant médiation, réalisme et renoncement.</p>
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		<title>Gaza : le Qatar et la Turquie à la manœuvre derrière le cessez-le-feu</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/gaza-qatar-turquie-cessez-le-feu-jeu-influence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 08:18:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Cessez-le-feu]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><br><strong>Alors que les États-Unis évoquent une transition de gouvernance et une force internationale de stabilisation à Gaza, le flou diplomatique ouvre un espace aux manœuvres régionales. Derrière les discours de cessez-le-feu, le Qatar et la Turquie cherchent à imposer leur propre agenda, en conditionnant toute évolution à un rôle central d’Ankara — y compris militaire. Un jeu d’influence qui interroge la réalité du désarmement du Hamas et les équilibres stratégiques de l’après-guerre.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une transition américaine encore largement théorique</strong></h2>



<p>Selon des informations relayées par <strong>Reuters</strong>, l’administration américaine travaille sur un schéma d&rsquo;accélération de la transition pour Gaza associant un conseil international, des technocrates palestiniens et, potentiellement, une force étrangère chargée de la stabilisation. Le secrétaire d’État <strong>Marco Rubio</strong> reconnaît lui-même que le statu quo n’est plus tenable, tout en admettant que rien n’est arrêté.</p>



<p>Washington explore différentes pistes, allant jusqu’à sonder certains partenaires, dont le Pakistan, pour une participation éventuelle à une force de stabilisation. Mais aucun engagement formel n’a été pris. Cette prudence révèle une réalité centrale : à ce stade, il ne s’agit pas d’un plan opérationnel, mais d’une intention politique, encore fragile, exposée aux agendas concurrents des acteurs régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Hamas et l’illusion d’un désarmement négocié</strong></h2>



<p>C’est précisément dans ce flou que s’insèrent les initiatives du Qatar et de la Turquie. Selon plusieurs sources impliquées dans les <a href="https://www.axios.com/2025/12/18/witkoff-miami-gaza-deal-turkey-qatar-egypt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discussions en cours aux États-Unis,</a> le <strong>Hamas</strong> se dirait prêt à envisager un désarmement partiel, à une condition essentielle :<strong> le déploiement de troupes turques à Gaza</strong> dans le cadre d’une force internationale de stabilisation.</p>



<p>La proposition est révélatrice. Aux yeux du Hamas, la présence militaire turque offrirait une garantie suffisante pour conserver une liberté de manœuvre politique et sécuritaire dans l’enclave. Autrement dit, il ne s’agirait pas d’un désarmement réel, mais d’un aménagement tactique destiné à assurer la survie du mouvement sous une nouvelle couverture régionale.</p>



<p>Cette approche est présentée par certains intermédiaires comme la seule capable de « mettre le Hamas en confiance », la Turquie étant décrite comme l’unique acteur en mesure d’initier un processus de reddition des armes. Une affirmation contestée par de nombreux observateurs, qui y voient surtout une tentative de reconditionnement politique de l’islamisme armé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle central — et partisan — du Qatar</strong></h2>



<p>Dans cette dynamique, le <strong>Qatar</strong> apparaît moins comme un médiateur impartial que comme un acteur engagé. Doha agirait à la fois comme facilitateur diplomatique, soutien financier et relais d’influence auprès de partenaires arabes, européens et occidentaux, dans le but de rendre acceptable la présence turque à Gaza.</p>



<p>L’enjeu dépasse largement la question humanitaire ou administrative. Il s’agit de redéfinir les équilibres régionaux, en faisant basculer Gaza d’un ancrage historiquement lié à l’axe iranien vers un nouvel ensemble sunnite structuré autour d’Ankara. Cette recomposition n’a rien d’un processus de pacification ; elle s’inscrit dans une logique de substitution d’influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Turquie et le risque d’un ancrage durable à Gaza</strong></h2>



<p>La perspective d’un déploiement militaire turc soulève une inquiétude majeure : celle d’une présence appelée à durer. L’idéologie néo-ottomane, assumée par les dirigeants actuels d’Ankara, confère à Gaza une valeur symbolique et stratégique particulière. La perte de la Palestine par l’Empire ottoman en 1917 demeure une référence récurrente dans la rhétorique turque, et l’enclave côtière est parfois présentée comme un point d’entrée historique.</p>



<p>Dans ce contexte, accueillir des troupes turques sous couvert de stabilisation reviendrait à installer un nouvel acteur militaire permanent, sans garantie de retrait, et à transformer Gaza en zone d’influence stratégique. La stabilisation annoncée risquerait alors de se muer en gel du conflit, au profit d’intérêts régionaux extérieurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que ce scénario impliquerait concrètement pour Israël</strong></h2>



<p>Du point de vue israélien, ce schéma poserait des problèmes majeurs. Un désarmement partiel du Hamas sous protection turque permettrait au mouvement de survivre politiquement, de conserver son appareil idéologique et son contrôle social, tout en bénéficiant d’une forme de normalisation internationale. L’objectif central de la guerre — éliminer le Hamas comme force politico-militaire — serait ainsi contourné.</p>



<p>La présence de troupes turques à Gaza constituerait en outre une ligne rouge sécuritaire. Elle réduirait considérablement la liberté d’action militaire israélienne et transformerait toute intervention future en incident international potentiel entre Israël et la <strong>Turquie</strong>. Gaza deviendrait une zone sanctuarisée, non démilitarisée, où la dissuasion serait affaiblie.</p>



<p>Ce scénario ne supprimerait pas la menace islamiste ; il la déplacerait. Israël passerait d’un adversaire soutenu par l’Iran à un mouvement protégé par un membre de l’OTAN, complexifiant dangereusement l’équation stratégique. Pire encore, accepter ce modèle reviendrait à légitimer l’idée qu’une organisation armée peut obtenir une reconnaissance politique après un massacre, créant un précédent lourd de conséquences pour la dissuasion régionale.</p>



<p>Enfin, un tel arrangement pourrait faire jurisprudence. Ce qui serait toléré à Gaza pourrait être revendiqué demain au Liban, sous couvert de forces internationales ou régionales, affaiblissant durablement la capacité d’Israël à contenir le <strong>Hezbollah</strong> sur son front nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stabilisation de façade, une recomposition réelle</strong></h2>



<p>Derrière les mots de cessez-le-feu et de transition, l’écart entre l’intention affichée et la réalité du terrain demeure profond. La gouvernance de Gaza ne se joue pas uniquement sur des schémas administratifs, mais sur des rapports de force idéologiques, militaires et régionaux.</p>



<p>Sous couvert de paix, c’est bien l’avenir stratégique de Gaza qui se négocie aujourd’hui : la survie politique du Hamas, la redistribution des parrainages régionaux et l’équilibre sécuritaire d’Israël. La stabilisation ne se décrète pas. Elle se construit — ou se compromet — par les choix faits maintenant.</p>
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		<item>
		<title>Israéliens et nouvelles destinations : ce que révèle les fractures du Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/tourisme-israel-fractures-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 08:59:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Tourisme israélien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tourisme. Israël. Pourquoi les Israéliens changent leurs destinations touristiques et ce que cela révèle des fractures du Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre 2023, un phénomène discret mais massif redessine les habitudes de millions d’Israéliens : <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/tourisme-israel-fractures-moyen-orient/" title="Israéliens et nouvelles destinations : ce que révèle les fractures du Moyen-Orient">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Tourisme. Israël. Pourquoi les Israéliens changent leurs destinations touristiques et ce que cela révèle des fractures du Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre 2023, un phénomène discret mais massif redessine les habitudes de millions d’Israéliens : leur carte du monde touristique a basculé. Les destinations historiques — proches, familières, presque naturelles — se vident. D’autres, plus lointaines ou inattendues, deviennent les nouveaux refuges. Ce déplacement n’est pas seulement économique ou psychologique : il est géopolitique. Car voyager est souvent le premier indicateur de confiance entre sociétés, bien avant les accords diplomatiques.</strong></p>
<h2>Un exode touristique inédit : l’Europe recule, l’Asie progresse</h2>
<p>Les données agrégées des agences israéliennes sont sans ambiguïté : avant la guerre, le Royaume-Uni était la troisième destination la plus prisée ; la France, la quatrième. En 2025–2026, le Royaume-Uni disparaît entièrement du top 10, la France chute à la 8ᵉ place, tandis que Thaïlande, États-Unis, Hongrie et Tchéquie montent en flèche.</p>
<p>Pourquoi ce renversement ? Parce qu’une partie des Israéliens ne se sent plus en sécurité dans certaines capitales européennes. Les manifestations anti-israéliennes, plus violentes ou plus massives qu’avant, ont laissé l’impression d’un continent où l’hostilité verbale est devenue banale. Cette perception — plus que la réalité statistique — est devenue déterminante. Des incidents rapportés, comme des agressions verbales ou des boycotts culturels, ont amplifié ce sentiment, poussant les voyageurs à éviter des villes comme Londres ou Paris.</p>
<h2>Mais c’est au Moyen-Orient que le séisme est le plus profond</h2>
<p>Au cœur de cette reconfiguration, le Moyen-Orient paie le prix fort d’une hostilité sociétale qui dépasse les discours officiels. Le tourisme, jadis vecteur de proximité, s’effrite sous le poids des fractures géopolitiques.</p>
<h3>Turquie : rupture consommée</h3>
<p>Pendant plus de quinze ans, la Turquie fut la destination favorite des Israéliens : Istanbul le week-end, Antalya l’été, Cappadoce pour les fêtes religieuses. Tout cela s’est effondré.</p>
<p>La raison n’est pas économique mais politique : les déclarations répétées d’Erdogan contre Israël, la rhétorique anti-juive de certains médias, et des incidents visant des voyageurs identifiés comme Israéliens ont produit un sentiment d’hostilité durable. En 2025, pour la première fois, il n’y a pratiquement plus de vols charter israéliens vers la Turquie. Le tourisme n’a pas décliné : il s’est évaporé, avec une chute drastique des voyages dès fin 2023, aggravée par les sanctions turques et les avertissements du gouvernement israélien.</p>
<h3>Égypte : le Sinaï n’est plus un refuge</h3>
<p>Le Sinaï était depuis vingt ans une échappatoire pour des centaines de milliers d’Israéliens : des hôtels bon marché, des plages calmes, une proximité rassurante. Depuis la guerre, la région est perçue comme instable :</p>
<ul>
<li>Opérations militaires égyptiennes dans le nord du Sinaï,</li>
<li>Attaques ponctuelles de groupes armés,</li>
<li>Montée d’un discours anti-israélien dans la société,</li>
<li>Ambiance de plus en plus hostile autour de certains points de passage.</li>
</ul>
<p>Résultat : les flux ont chuté à un niveau historiquement bas, privant la région d’une source majeure de revenus. Post-7 octobre, les voyages ont plongé de manière précipitée, transformant les resorts en zones fantômes dès mi-2024, malgré une légère reprise en 2025 liée à des tensions internes en Israël.</p>
<h3>Jordanie : paix froide, rue brûlante</h3>
<p>La Jordanie est le partenaire stratégique le plus stable d’Israël. Pourtant, la société jordanienne demeure fortement opposée à toute normalisation tangible. Depuis 2023, les manifestations anti-israéliennes ont atteint une intensité inédite, et les voyageurs israéliens l’ont ressenti immédiatement.</p>
<p>Même si les relations diplomatiques restent intactes, le tourisme est devenu le symptôme d’une paix fragilisée : plus de Petra, plus de Wadi Rum, presque plus de circuits culturels. Le secteur a connu un effondrement de 70 % des visiteurs, avec une fermeture de 32 hôtels et 700 emplois perdus, directement imputable à la guerre de Gaza et aux protestations massives. Les sites emblématiques comme Petra, qui attiraient des foules avant 2023, sont désormais désertés, illustrant comment la « rue arabe » érode les liens officiels.</p>
<h2>Le paradoxe : l’Asie du Sud-Est et l’Europe centrale deviennent les nouveaux “havres de paix”</h2>
<p>Thaïlande, États-Unis, Grèce, Chypre, Hongrie, Tchéquie… Les Israéliens s’y sentent accueillis, respectés, parfois même protégés. Leurs ambassades et leurs consulats y rapportent moins d’incidents, et les voyageurs y retrouvent une forme de neutralité politique qui a disparu ailleurs.</p>
<p>En 2025, la Thaïlande a accueilli 254 212 touristes israéliens, un bond de 59 % par rapport à l’année précédente, la propulsant en tête des destinations préférées. Les projections tablent sur 350 000 visiteurs d’ici fin d’année. La Hongrie enregistre une croissance record, devenant un pilier grâce à son soutien affiché à Israël et un environnement perçu comme sécurisant. Les États-Unis et la Tchéquie suivent, attirant par leur distance géographique et leur absence de tensions locales.</p>
<p>Ce choix n’est pas idéologique. Il répond à une logique simple : « Où puis-je me sentir normal ? »</p>
<h2>Un indicateur géopolitique à ne pas sous-estimer</h2>
<p>Ce glissement touristique dit plusieurs choses extrêmement importantes :</p>
<ol>
<li>Le Moyen-Orient perd une occasion unique de normalisation par le bas. Le tourisme, plus que les sommets diplomatiques, crée des ponts émotionnels. Aujourd’hui, ces ponts se cassent, avec des pertes économiques massives pour la Turquie, l’Égypte et la Jordanie.</li>
<li>L’Europe donne le sentiment de s’aligner sur un discours hostile, même si ce n’est pas uniforme. Perception ou réalité, peu importe : les voyageurs réagissent à ce qu’ils ressentent, fuyant les manifestations quotidiennes qui marquent le continent.</li>
<li>L’Asie du Sud-Est devient un refuge géopolitique inattendu, loin du bruit politique occidental, avec une hausse de 27 % des voyages sortants israéliens en 2025.</li>
<li>La Turquie, l’Égypte et la Jordanie paient le prix d’une opinion publique trop inflammable. La diplomatie ne suffit plus à compenser la « rue arabe ».</li>
</ol>
<h2>Focus Moyen-Orient.fr</h2>
<p>Le tourisme israélien est devenu un indicateur très fiable de l’état réel des relations régionales. Lorsqu’un pays chute dans les classements, c’est rarement pour des raisons strictement touristiques : c’est parce que les Israéliens y sentent une hostilité sociale, une insécurité potentielle ou un rejet politique.</p>
<p>À l’inverse, lorsque d’autres pays deviennent attractifs, c’est qu’ils offrent, volontairement ou non, un espace de neutralité, de bienveillance ou de simple normalité.</p>
<p>Dans un Moyen-Orient fracturé, c’est peut-être là le vrai marqueur des années à venir : la géopolitique des émotions, celle qui s’exprime dans le choix d’un billet d’avion.</p>
<p>Sources :</p>
<div>
<ul>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Passport News et Eketter Research (évolution des destinations israéliennes 2025)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">The Jerusalem Post et Kasikorn Research Center (boom touristique en Thaïlande)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Bank of Israel Annual Report 2024 (rupture avec la Turquie)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">The Times of Israel (désertion du Sinaï)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Reuters et Al Arabiya (crise touristique en Jordanie liée à la guerre de Gaza)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Ynet News et YeahThatsKosher (perception d’insécurité en Europe occidentale)</span></span></li>
</ul>
</div>
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		<item>
		<title>Le retour des villes frontières : comment Amman, Erbil et Djeddah redessinent la carte du Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/villes-frontieres-moyen-orient-amman-erbil-djeddah/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 07:17:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Amman]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Djeddah]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Erbil]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[IMEC]]></category>
		<category><![CDATA[Levant]]></category>
		<category><![CDATA[mer Rouge]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le centre de gravité du Moyen-Orient pourrait ne plus se trouver seulement à Riyad, Téhéran ou Le Caire. Il s’est déplacé vers trois métropoles périphériques, villes frontières, qui, en quelques mois, sont devenues des plateformes <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/villes-frontieres-moyen-orient-amman-erbil-djeddah/" title="Le retour des villes frontières : comment Amman, Erbil et Djeddah redessinent la carte du Moyen-Orient">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le centre de gravité du Moyen-Orient pourrait ne plus se trouver seulement à Riyad, Téhéran ou Le Caire. </strong><strong>Il s’est déplacé vers trois métropoles périphériques, villes frontières, qui, en quelques mois, sont devenues des plateformes incontournables : Amman, la discrète, Erbil, l’énergético-sécuritaire, Djeddah, la vitrine maritime. Ces villes ne dirigent pas encore le Moyen-Orient, mais elles le restructurent par le bas et parfois contre les capitales historiques.</strong></p>
<h2>Amman : la capitale de la diplomatie qui ne dit pas son nom</h2>
<p>Depuis 2023, la Jordanie est devenue le seul pays du Levant capable d’accueillir simultanément des délégations syriennes post-Assad, israéliennes et américaines sans déclencher de crise immédiate.</p>
<p><strong>Exemples concrets en 2025 :</strong><br />
Réunion trilatérale Jordanie–Syrie–États-Unis en août pour verrouiller le cessez-le-feu druze à Soueïda et rouvrir la frontière de Nassib. Rencontres sécuritaires discrètes Israël–Jordanie–Émirats sur les flux d’armes vers la Cisjordanie. Coordination régionale sur les projets d’interconnexion électrique et hydrique reliant la Jordanie, l’Irak et les pays du Golfe.</p>
<p>Amman ne pèse pas lourd militairement, mais offre une neutralité crédible et une discrétion totale. Les grandes puissances lui délèguent donc des dossiers sensibles et structurants.</p>
<h2>Erbil : le hub qui marginalise Bagdad et défie Téhéran</h2>
<p>Erbil n’est pas la capitale irakienne, mais c’est là que se décide une grande partie de l’avenir énergétique et sécuritaire du pays.</p>
<p><strong>Données clés 2025 :</strong><br />
Contrats de 110 milliards $ avec HKN Energy et WesternZagros pour porter la production pétrolière kurde à 800 000 b/j d’ici 2028. Après le retrait US d’Ain al-Asad, près de 2 000 soldats et drones Reaper repositionnés sur la base d’Erbil-Harir. Nouvelle attaque de drones iraniens repoussée par le système C-RAM américain.</p>
<p>Erbil contrôle des corridors stratégiques (Route du Développement, IMEC) et le transit pétrolier kurde vers Ceyhan. Bagdad proteste, Téhéran frappe, Ankara négocie — Erbil avance.</p>
<h2>Djeddah : la nouvelle façade saoudienne sur le monde</h2>
<p>Riyad reste le cœur politique et religieux, mais c’est à Djeddah que Mohammed ben Salmane organise ses grands moments diplomatiques.</p>
<p><strong>Points clés 2024–2025 :</strong><br />
Modernisation du port Islamique de Djeddah (1,7 milliard $) pour en faire un hub Indien–Europe via la mer Rouge. Sommets arabes, islamiques et environnementaux désormais accueillis à Djeddah.<br />
Projet Jeddah Central (20 milliards $) voisin de NEOM, Oxagon et The Line.</p>
<p>Malgré les attaques houthies en mer Rouge, Djeddah devient la façade maritime et diplomatique de la nouvelle Arabie saoudite.</p>
<h2>Une même logique : décentralisation, spécialisation, fragilité</h2>
<p>Ces trois villes fonctionnent comme des plateformes spécialisées dans un contexte où les États-nations peinent à tout contrôler.</p>
<p>Amman incarne la diplomatie de l’ombre.<br />
Erbil représente l’énergie, la sécurité et la connexion eurasiatique.<br />
Djeddah projette le soft power saoudien.</p>
<p>Mais cette décentralisation est fragile : Erbil reste sous menace iranienne, Amman dépend des États-Unis, Djeddah subit les retombées des tensions en mer Rouge.</p>
<h2>Conséquences géopolitiques : du « bloc contre bloc » au « réseau contre réseau »</h2>
<p>Le pouvoir se réorganise autour des flux — énergie, logistique, data — plutôt que des blocs idéologiques.</p>
<p>Les routes kurdes et saoudiennes contournent progressivement l’Iran.<br />
La Turquie doit composer avec Erbil autant qu’avec Bagdad.<br />
Le Caire, Damas et Beyrouth perdent en influence dans la nouvelle géographie régionale.</p>
<p>Le Moyen-Orient devient un réseau polycentrique où les métropoles frontalières prennent l’avantage.</p>
<h2>Focus Moyen-Orient.fr</h2>
<p>Amman, Erbil et Djeddah, les villes frontières au Moyen-Orient, ne remplacent pas encore les anciennes capitales du pouvoir, mais elles incarnent déjà la géographie réelle du Moyen-Orient qui vient : plus connectée, plus fonctionnelle, plus sensible et exposée. C’est dans ces périphéries devenues centrales que pourrait se dessiner, silencieusement, la prochaine carte du Levant et du Golfe ?</p>
<p>Lire aussi :</p>
<ul>
<li><a href="https://moyen-orient.fr/le-futur-des-villes-intelligentes-au-moyen-orient/">Le futur des villes inte</a><a href="https://moyen-orient.fr/le-futur-des-villes-intelligentes-au-moyen-orient/">lligentes au Moyen-Orient</a></li>
<li class="entry-title"><a href="https://moyen-orient.fr/masdar-city-modele-regional/">Masdar City, d’utopie écologique à modèle régional au Moyen-Orient</a></li>
</ul>
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		<title>Le pacte géant USA–Arabie qui redessine le Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/pacte-usa-arabie-qui-redessine-le-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 10:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Pacte stratégique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Moyen-Orient &#8211; USA -Arabie saoudite. Quand Washington et Riyad annoncent, les 18 et 19 novembre 2025, un méga-pacte de 600 milliards de dollars immédiatement mobilisables — avec une trajectoire dépassant les 1 000 milliards sur <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/pacte-usa-arabie-qui-redessine-le-moyen-orient/" title="Le pacte géant USA–Arabie qui redessine le Moyen-Orient">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Moyen-Orient &#8211; USA -Arabie saoudite. Quand Washington et Riyad annoncent, les 18 et 19 novembre 2025, un méga-pacte de 600 milliards de dollars immédiatement mobilisables — avec une trajectoire dépassant les 1 000 milliards sur dix ans —, ce n’est pas qu’une transaction : c’est un signal tectonique. Ce deal colossal, le plus important jamais conclu entre les deux pays, dépasse de très loin le vieux schéma « pétrole contre sécurité ». Il redessine les équilibres stratégiques, technologiques et économiques de tout le Moyen-Orient. Pourquoi maintenant ? Comment ça change la donne ? Et quelles conséquences pour les acteurs régionaux ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers un nouveau paradigme de partenariat</strong></h2>



<p>L’accord officialisé cette semaine à la Maison Blanche porte sur 600 milliards de dollars d’engagements concrets et immédiatement exécutables, avec un objectif global supérieur à 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2035. Il ne se limite plus à l’énergie ou à la défense : il englobe technologie de pointe, infrastructures critiques, semi-conducteurs, intelligence artificielle, hydrogène vert, espace, aviation et logistique.</p>



<p>La dimension nucléaire civile est bien présente, mais avec la garantie saoudienne réaffirmée de ne pas enrichir d’uranium sur son sol — un point clé qui lève les dernières réticences américaines. Riyad ne veut plus être seulement un client richissime : elle se positionne comme co-concepteur, investisseur stratégique et future plaque tournante technologique mondiale. Cet accord est la traduction concrète de l’Arabie post-pétrolière que Mohammed ben Salmane dessine depuis 2016 avec <a href="https://moyen-orient.fr/defis-arabie-saoudite-vision-2030-modernisation/">Vision 2030.</a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enjeux pour Israël et pour les Accords d’Abraham</strong></h2>



<p>L’un des effets les plus spectaculaires concerne Israël et l’architecture de sécurité régionale. Jusqu’ici, l’extension des Accords d’Abraham semblait conditionner tout rapprochement arabo-américain à une normalisation visible avec l’État hébreu. Ce pacte change la donne : Riyad obtient un statut de partenaire stratégique majeur sans passer par une normalisation publique immédiate.</p>



<p>Pour Jérusalem, c’est un moment délicat. L’alliance avec Washington reste intacte, mais l’autonomie diplomatique et économique saoudienne réduit mécaniquement le levier israélien sur les décisions américaines dans le Golfe. Le message est limpide : certains États arabes n’attendent plus l’aval de quiconque pour avancer leurs intérêts.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les dimensions géo-économiques et technologiques</strong></h2>



<p>Oubliez le cliché du chèque pétrolier. Les 600 milliards se répartissent ainsi (chiffres déjà rendus publics) :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>142 milliards en contrats défense (nouveaux et accélérés)</li>



<li>270 milliards via Aramco et les chaînes d’approvisionnement énergie</li>



<li>Des centaines de milliards supplémentaires en IA, cloud, semi-conducteurs, hydrogène, mining de minerais critiques et infrastructures intelligentes</li>
</ul>



<p>C’est la diversification saoudienne à marche forcée, soutenue par le leader mondial technologique. Riyad veut devenir le hub entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique, maître des flux physiques et numériques. Les Émirats, le Qatar et même Oman regardent ça de très près : la compétition régionale pour attirer les mêmes géants tech (Nvidia, Google, Microsoft, xAI…) vient de passer à la vitesse supérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une redéfinition de la géopolitique régionale</strong></h2>



<p>Ce pacte acte la fin du modèle purement militaire américain dans le Golfe. Les bases restent, mais le cœur de la relation se déplace vers l’industrie, les data centers, les usines de puces et les pipelines d’hydrogène. L’Arabie saoudite se pose en pivot tripolaire : Occident, Asie, monde musulman.</p>



<p>Israël demeure incontournable sur le plan sécuritaire, mais son rôle évolue. L’Iran, la Turquie et le Qatar ajustent déjà leurs stratégies. Et surtout, la coopération régionale future ne passera plus uniquement par Washington : des partenariats bilatéraux ou trilatéraux (USA–Arabie–Corée, USA–Arabie–Japon, etc.) se multiplient, tous centrés sur la tech et l’énergie du futur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Limites, risques et incertitudes</strong></h2>



<p>Rien n’est jamais acquis. Ce méga-contrat porte des risques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>dépendance technologique accrue vis-à-vis des États-Unis</li>



<li>tensions internes possibles entre ouverture et contrôle souverain</li>



<li>réticences écologiques face à certains projets</li>



<li>mise en œuvre qui peut s’étaler sur des années (gouvernance, formation, transparence)</li>



<li>réactions des rivaux régionaux qui se sentent marginalisés</li>
</ul>



<p>Enfin, tout dépendra de la stabilité politique américaine : un changement d’administration en 2028 pourrait ralentir certains volets.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau chapitre régional</strong></h2>



<p>Les 600 milliards de dollars d’aujourd’hui (et le trillion à venir) ne règlent ni le conflit israélo-palestinien, ni les tensions avec l’Iran, ni les crises yéménite ou syrienne. Mais ils marquent un basculement historique : la technologie, l’économie et les infrastructures deviennent les nouveaux champs de bataille de la puissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Focus Moyen-Orient.fr</h2>



<p>Le Moyen-Orient n’est plus seulement le théâtre des stratégies des autres : il impose désormais ses propres termes. Et ce pacte USA–Arabie, le plus massif de l’histoire contemporaine, en est la preuve éclatante.</p>
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		<title>L’ombre de la Chine au Moyen-Orient, Pékin tisse son influence discrète</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/chine-influence-moyen-orient-infrastructures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 08:52:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[BRI]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Huawei]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Ports stratégiques]]></category>
		<category><![CDATA[Routes de la soie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant que Washington dramatise et que Moscou s’enlise, la Chine avance sans bruit. Pas de bases militaires, pas de coalitions armées, pas de discours flamboyants. À la place : des câbles sous-marins, des data centers, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/chine-influence-moyen-orient-infrastructures/" title="L’ombre de la Chine au Moyen-Orient, Pékin tisse son influence discrète">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Pendant que Washington dramatise et que Moscou s’enlise, la Chine avance sans bruit. Pas de bases militaires, pas de coalitions armées, pas de discours flamboyants. À la place : des câbles sous-marins, des data centers, des ports modernisés, des partenariats industriels. Pékin ne cherche pas à dominer le Moyen-Orient par la force, mais à l’intégrer dans un système de dépendances mutuelles — technologiques, logistiques, éducatives — qui redessine l’équilibre des puissances régionales. Une influence diffuse, patiente, souvent invisible. Et pourtant, elle change déjà la géopolitique du XXIᵉ siècle.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La stratégie du silence : quand Pékin avance là où les autres reculent</strong></h2>



<p>La Chine n’a jamais prétendu « sécuriser » le Moyen-Orient. Elle ne joue ni l’arbitre, ni le garant militaire. Elle occupe plutôt un espace laissé vacant par d’autres puissances : les États-Unis oscillent entre désengagement et interventions ciblées ; la Russie, affaiblie par l’Ukraine, n’a plus les moyens de son ambition syrienne. Pékin avance là où les autres reculent, en imposant un modèle simple : <strong>la présence par les infrastructures</strong>.</p>



<p>En 2024, le Moyen-Orient devient le premier destinataire mondial des investissements de la « Belt and Road Initiative », avec une hausse spectaculaire et l’Arabie saoudite en tête des montants engagés. Aux Émirats, la multiplication des centres de données d’Alibaba Cloud et de Huawei transforme Abu Dhabi en nœud du réseau numérique chinois. Tencent Cloud y ouvre même sa première région cloud en 2025.</p>



<p>En Arabie saoudite, les zones économiques spéciales attirent massivement la tech chinoise, séduite par la stabilité réglementaire de Vision 2030. Sans déployer un seul soldat, Pékin tisse ainsi un maillage dense dont le Golfe est devenu le pivot.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ports, câbles, logistique : les routes de la soie changent de rive</strong></h2>



<p>L’influence chinoise se joue autant dans les infrastructures numériques (cloud, IA, data) que dans les infrastructures physiques. Le port israélien de <strong>Haïfa</strong>, modernisé depuis 2021, modifie la carte maritime de la Méditerranée orientale. À Oman, le port de <strong>Duqm</strong>, agrandi par des investisseurs chinois, sert de point d’appui stratégique entre l’océan Indien et le Golfe. En Arabie saoudite, <strong>Jizan</strong> devient une porte avancée vers la mer Rouge et le canal de Suez.</p>



<p>Les câbles sous-marins chinois, en plein essor, visent une position dominante sur un marché vital : près de 95 % du trafic mondial de données passe par ces infrastructures sous-marines.</p>



<p>Ces chantiers ne sont jamais neutres : ils générèrent des dépendances logistiques, financières et juridiques. Pékin s’installe dans le temps long, là où d’autres misent sur les déclarations ou les frappes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De l’accord Iran–Arabie à la diplomatie des campus : la géopolitique douce</strong></h2>



<p>En 2023, Pékin joue un rôle central dans le rapprochement Iran–Arabie saoudite, facilitant la réouverture des ambassades et la reprise des échanges économiques. La Chine ne force rien : elle capitalise simplement sur sa position de principal acheteur énergétique des deux États, sans agenda idéologique, et devient un acteur crédible là où Washington perd du terrain.</p>



<p>Cette stratégie s’étend au domaine éducatif. Les instituts Confucius se multiplient du Caire à Abu Dhabi, tandis que des centaines d’étudiants syriens, irakiens, saoudiens et jordaniens partent chaque année étudier à Pékin ou Shanghai.</p>



<p>Ces flux forment une génération familière des méthodes, langues et réseaux chinois — un soft power plus tenace que les bases américaines ou les escadrons russes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les limites d’une présence devenue trop efficace</strong></h2>



<p>L’influence chinoise, longtemps perçue comme bienvenue, suscite depuis 2024 des inquiétudes croissantes. Aux Émirats et en Arabie, les autorités resserrent le contrôle sur les infrastructures Huawei, en raison des vulnérabilités potentielles et de la sensibilité croissante des données. Riyad et Abu Dhabi développent désormais des <strong>zones cyber souveraines</strong>, limitant la dépendance vis-à-vis des géants chinois.</p>



<p>Sur le plan géopolitique, la neutralité affichée de la Chine se fissure : Pékin investit en Israël tout en consolidant ses relations avec l’Iran, sans condamner les actions houthis en mer Rouge. Cette position équilibrée risque de devenir intenable si les rivalités régionales s’intensifient. La reconstruction de Gaza pourrait devenir un test majeur pour l’engagement chinois dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Moyen-Orient face à Pékin : fascination, prudence, opportunisme</strong></h2>



<p>Pour les pays du Moyen-Orient, la Chine n’est ni un adversaire ni un allié inconditionnel : elle est un <strong>partenaire utile</strong>.</p>



<p>Les Émirats profitent des technologies et des investissements chinois. L’Arabie saoudite y voit un contrepoids aux incertitudes de Washington. Israël adopte une posture plus prudente, notamment sur les infrastructures sensibles comme Haïfa.</p>



<p>Partout dans la région, une même question domine : <strong>Comment capter les gains économiques chinois sans tomber dans une dépendance stratégique ?</strong> C’est l’un des grands dilemmes de la décennie 2030.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Implications élargies : un réseau qui défie les blocs</strong></h2>



<p>La toile chinoise marginalise progressivement l’Iran en favorisant des routes énergétiques et logistiques alternatives via Oman ou les Émirats. Dans le même temps, les BRICS+ se renforcent grâce aux adhésions arabes, tandis que l’Europe perd de l’influence face à l’attractivité technologique et économique du Golfe.</p>



<p>Les risques demeurent : attaques contre les câbles sous-marins, cyber-sabotages, pressions américaines. Pékin ne conquiert pas ; <strong>elle interconnecte</strong> — jusqu’au jour où les nœuds pourraient céder sous la pression des rivalités régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p>L’influence chinoise n’est pas un raz-de-marée. C’est un ruissellement continu qui redéfinit progressivement le terrain. Au Moyen-Orient, Pékin installe un réseau discret où les data centers, les ports, les campus et les câbles remplacent les canons. Comprendre ce réseau, c’est comprendre la nature du pouvoir au XXIᵉ siècle : invisible, interconnecté, implacable — tant qu’il reste fluide.</p>
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		<item>
		<title>Le pari audacieux de Trump sur al-Sharaa : une opportunité risquée</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/pari-trump-syrie-al-sharaa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 09:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed al-Sharaa]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://moyen-orient.fr/?p=2827</guid>

					<description><![CDATA[<p>La rencontre historique du 10 novembre 2025 entre Donald Trump et Ahmed al-Sharaa à la Maison-Blanche marque un tournant inattendu. Pour la première fois depuis 1946, un président syrien foule le sol de Washington. Ancien <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/pari-trump-syrie-al-sharaa/" title="Le pari audacieux de Trump sur al-Sharaa : une opportunité risquée">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- TRIBUNE & DÉBATS – Le pari audacieux de Trump sur Ahmed al-Sharaa --></p>
<article class="mo-tribune">
<p class="chapo"><strong>La rencontre historique du 10 novembre 2025 entre Donald Trump et Ahmed al-Sharaa à la Maison-Blanche marque un tournant inattendu. Pour la première fois depuis 1946, un président syrien foule le sol de Washington. Ancien chef du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) – ex-branche d’al-Qaïda –, al-Sharaa est désormais reçu en allié potentiel. Ce pari, typiquement trumpien, conjugue audace stratégique et ambiguïté morale : une main tendue au réalisme, mais sur un fil.</strong></p>
<h2>Les motivations : redessiner la carte régionale autour d’une Syrie « réhabilitée »</h2>
<p>Trump applique à la Syrie sa doctrine du <em>deal</em> pragmatique. Il ne s’agit plus de transformer le Moyen-Orient par la démocratie, mais de stabiliser la région en s’appuyant sur les nouveaux rapports de force. L’objectif est triple : <strong>affaiblir l’axe russo-iranien</strong>, <strong>relancer la reconstruction économique</strong>, et <strong>étendre les Accords d’Abraham</strong> à la Syrie.</p>
<ul>
<li><strong>Affaiblir Téhéran et Moscou.</strong> Depuis la chute d’Assad en décembre 2024 – orchestrée par des factions issues d’Idlib –, la présence iranienne s’est effondrée. La rencontre Trump–al-Sharaa accélère ce retrait et ouvre la voie à une Syrie plus indépendante.</li>
<li><strong>Reconstruire et réintégrer.</strong> La suspension pour 180 jours des sanctions César pourrait libérer un afflux d’investissements et enclencher la remise en route d’une économie exsangue.</li>
<li><strong>Vers la paix régionale.</strong> Al-Sharaa vient de signer l’intégration à la coalition anti-EI et promet l’exploration d’une normalisation progressive avec Israël, marginalisant le Hezbollah et remodelant l’équilibre du Levant.</li>
</ul>
<h2>La stratégie : de l’ennemi djihadiste au partenaire sous condition</h2>
<p>L’approche repose sur un <strong>rebranding progressif</strong> et une <strong>diplomatie transactionnelle</strong>. Washington mise sur des engagements mesurables plutôt que sur des promesses idéologiques.</p>
<ul>
<li><strong>Rebranding politique.</strong> De Riyad (mai 2025) à Washington (novembre), al-Sharaa passe du chef de guerre au chef d’État, mais avec des conditions posées par l&rsquo;Administration de Trump.</li>
<li><strong>Coopération sécuritaire.</strong> Des opérations conjointes anti-EI ont été engagées ; l’intégration partielle des SDF à l’armée nationale est en cours ; des milliers de combattants étrangers devront être expulsés. selon l&rsquo;accord.</li>
<li><strong>Rôle des alliés régionaux.</strong> Ankara soutient la transition, Riyad finance, et une présence logistique américaine autour de Damas est évoquée comme garantie. Et pour couronner cette stratégie, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">un accord triparti (USA, ISraël et Syrie) sur le Mont Hermon pour garantir la sécurité d&rsquo;Israël et</a> prévenir les tensions.</li>
</ul>
<h2>Les risques : une réhabilitation sous haute surveillance</h2>
<p>Le pari comporte des contradictions sérieuses. Les mises en garde portent sur une possible <strong>légitimation prématurée</strong> d’un écosystème politico-sécuritaire dont les réflexes n’auraient pas disparu.</p>
<p><!-- Tableau responsive --></p>
<div class="mo-table-wrap" tabindex="0" role="region" aria-label="Tableau des risques et analyses d’experts">
<table class="mo-table">
<thead>
<tr>
<th style="width: 18%;">Catégorie</th>
<th>Risques principaux</th>
<th style="width: 35%;">Analyses d’experts</th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td><strong>Sécuritaires</strong></td>
<td>Résurgence de l’EI ou d’al-Qaïda si HTS conserve ses réseaux ; porosité entre structures locales et transnationales.</td>
<td>Alertes récurrentes sur des <em>liens persistants</em> et sur une “optique trompeuse” si les factions d’Idlib perdurent sous d’autres formes.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Humanitaires</strong></td>
<td>Risque de pressions sur minorités (druzes, kurdes, chrétiens) ; nominations de cadres contestés ; déficit d’inclusion des femmes.</td>
<td>ONG : “Façade inclusive, mais pratiques autoritaires possibles.” Craintes pour les communautés anciennes et les dissidents. Les poursuites ne sont pas encore pérennisées.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Géopolitiques</strong></td>
<td>Réserves d’Israël (Golan) et des Kurdes (SDF) ; perception ambivalente dans la base sunnite.</td>
<td>Risque d’un équilibre instable si la coopération anti-EI est perçue comme purement opportuniste.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Réputationnels</strong></td>
<td>Crédibilité occidentale fragilisée si la réhabilitation se fait sans garde-fous vérifiables.</td>
<td>“Victoire de communication” possible pour Damas ; pression accrue pour des <em>benchmarks</em> publics et datés.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<blockquote><p>« Al-Sharaa change de visage et de costume : il devra prouver qu’il change de fond. »</p></blockquote>
<h2>Et la France ? Le choix de l’immobilisme moral</h2>
<div class="mo-encadre-fr">
<p>Macron avait reçu al-Sharaa à l’Élysée, quelques semaines après les massacres d’Alaouites. Un geste perçu comme hâtif, sans condition ni contrepartie, motivé par le symbole plus que par la stratégie. Trump, lui, a attendu presque un an avant d’ouvrir les portes de la Maison-Blanche — avec des exigences précises : coopération sécuritaire avec Israël, lutte contre Daech, désengagement iranien, inclusion minoritaire.</p>
<p><b>La différence est frappante :</b></p>
<ul>
<li><b>Trump impose des conditions</b>, avant de signer et de recevoir, la France distribue des accolades.</li>
<li><b>Trump parle de stabilité</b>, Macron d’image et de symbole creux.</li>
<li><b>Trump parie sur les rapports de force</b>, la France sur la rhétorique des principes.</li>
</ul>
<p><b>Résultat :</b> Washington façonne et prépare le terrain, pendant que Paris commente depuis les tribunes et conférences, sans effets.</p>
</div>
<h2>Conclusion : un pari stratégique, pas moral</h2>
<p>Le pari de Trump peut être considéré comme un <strong>coup de réalisme</strong>, pas un acte de foi. Il offre à la Syrie une seconde chance, mais à conditions : transparence, inclusion et rupture avec l’extrémisme. S’il réussit, la Syrie pourrait devenir le maillon marquant des <strong>Accords d’Abraham élargis</strong>. S’il échoue, elle replongera dans son rôle de poudrière régionale.</p>
<p>Trump, fidèle à sa logique de joueur, parie sur un ancien ennemi pour remodeler le Moyen-Orient. Mais la mise est haute, la marge d’erreur peut être large, et le résultat imprévisible.</p>
<div class="focus"><strong>🔍 Focus Moyen-Orient.fr</strong><br />
En misant sur la réhabilitation d’un ex-djihadiste devenu président, Washington redéfinit la diplomatie de la rédemption. La question n’est plus seulement : <em>peut-on faire la paix avec ses ennemis ?</em> mais : <em>jusqu’où peut-on aller pour stabiliser un monde sans morale ?</em></div>
</article>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Islamistes sunnites et chiites : l’alliance sacrée ou paradoxale ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/islamistes-sunnites-chiites-alliance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 16:11:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Anti-occidentalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Chiites]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Sunnites]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://moyen-orient.fr/?p=2713</guid>

					<description><![CDATA[<p>Longtemps considérés comme ennemis, les islamistes sunnites et chiites se retrouvent désormais alliés de circonstance. Du Hamas à l’Iran, du Hezbollah aux Frères musulmans, une internationale islamiste se dessine — unie non par la foi, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/islamistes-sunnites-chiites-alliance/" title="Islamistes sunnites et chiites : l’alliance sacrée ou paradoxale ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Longtemps considérés comme ennemis, les islamistes sunnites et chiites se retrouvent désormais alliés de circonstance. Du Hamas à l’Iran, du Hezbollah aux Frères musulmans, une <em>internationale islamiste</em> se dessine — unie non par la foi, mais par la même idéologie : la revanche contre l’Occident, la délégitimation d’Israël et la reconquête symbolique du monde musulman.</strong><br>Par Faraj Alexandre Rifai.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rivalité ancienne, transformée en convergence idéologique</h2>



<p>Depuis quatorze siècles, le clivage entre sunnisme et chiisme structure le monde musulman.<br>Mais depuis deux décennies, <strong>leurs branches islamistes</strong> ont su contourner ces divergences théologiques pour bâtir une <strong>coopération tactique</strong>, nourrie par un ennemi commun : <strong>l’Occident, Israël et la modernité libérale.</strong></p>



<p>Ce qui se joue n’est pas un rapprochement religieux, mais <strong>une alliance d’intérêts idéologiques.</strong><br>Les islamistes chiites de Téhéran et les islamistes sunnites liés aux Frères musulmans partagent une même vision du monde : celle d’une <strong>civilisation islamique humiliée</strong>, appelée à se redresser par la force, la propagande et la religion politisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cas Hamas–Iran : l’exemple le plus frappant</h2>



<p>Le <strong>Hamas</strong>, issu des <strong>Frères musulmans</strong> (courant sunnite), reçoit depuis les années 1990 un soutien constant de l’<strong>Iran chiite</strong> [1]. Cette alliance défie toute logique théologique : d’un côté un mouvement sunnite palestinien, de l’autre un régime chiite théocratique. Mais la convergence idéologique l’emporte sur la divergence doctrinale : <strong>le rejet d’Israël et la haine de l’Occident deviennent le ciment commun.</strong></p>



<p>Téhéran finance, arme et entraîne les milices du Hamas, tandis que le <strong>Hezbollah</strong> — autre acteur chiite — sert de relais stratégique. C’est un exemple typique de <strong>coalition islamiste transconfessionnelle</strong>, née d’un même projet de puissance et de revanche. Ce modèle s’étend via des <strong>parrains étatiques</strong>, qui instrumentalisent l’islamisme comme levier géopolitique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une internationale islamiste, pas confessionnelle</h2>



<p>Loin d’un dialogue interreligieux, cette alliance est une <strong>entente politique entre deux visions totalisantes.</strong>  Les islamistes chiites y voient un moyen d’étendre leur influence révolutionnaire.<br>Les islamistes sunnites, eux, trouvent en Iran et au Hezbollah des alliés puissants contre Israël et les régimes arabes modérés, mais aussi pour imposer leur charia. </p>



<p>De ce rapprochement découle une <strong>internationale islamiste</strong> qui dépasse les frontières du dogme.<br>Elle s’appuie sur trois piliers :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La haine d’Israël</strong>, moteur symbolique ;</li>



<li><strong>Le rejet de l’Occident et de la laïcité</strong> ;</li>



<li><strong>Le rêve d’un ordre islamique mondial.</strong></li>
</ul>



<p>C’est moins une unité religieuse qu’une <strong>solidarité de ressentiment et d’ambition.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Du sectarisme à la stratégie</h2>



<p>L’islamisme, qu’il soit chiite ou sunnite, n’est pas une théologie : c’est <strong>une stratégie de conquête politique.</strong> Les divergences historiques s’effacent dès qu’il s’agit d’entrer dans la logique du djihad ou de la propagande. La rhétorique victimaire devient un outil commun : <strong>l’humiliation coloniale, la “résistance” contre l’Occident, la “défense” des musulmans</strong> dans le monde. Ainsi se forge <strong>un récit unifié de la revanche islamiste</strong>, où le discours religieux n’est qu’un prétexte à la mobilisation politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle des États : Téhéran, Doha, Ankara</h2>



<p>Cette convergence est encouragée par <strong>trois capitales</strong> qui utilisent l’islamisme comme instrument d’influence :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’Iran</strong>, chef de file chiite, soutient des mouvements sunnites radicaux — <em>Hamas</em>, et de manière tactique les <em>Talibans</em> afghans post-2021 [2] — quand cela sert sa stratégie régionale.</li>



<li><strong>Le Qatar</strong>, allié des Frères musulmans, finance la propagande médiatique (<em>Al Jazeera</em>) et les réseaux d’activistes.</li>



<li><strong>La Turquie d’Erdogan</strong>, héritière de la mouvance frériste, coopère ponctuellement avec Téhéran dans une logique d’opportunisme anti-occidental (ex. : Syrie, lutte contre les Kurdes).</li>
</ul>



<p>Trois agendas, un même levier : <strong>l’islam politique comme outil de puissance et de contestation mondiale.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une alliance contre-nature, mais durable… avec des limites</h2>



<p>Cette <strong>coalition islamiste transconfessionnelle</strong> n’est pas un signe de paix religieuse, mais de guerre idéologique.  Son unité repose sur <strong>le rejet de l’autre</strong> : Israël, les États-Unis, l’Europe, ou même les régimes arabes modérés. Tant que ces ennemis existeront, la coopération entre islamistes chiites et sunnites perdurera.</p>



<p>Mais cette convergence reste fragile. Dès que l’ennemi commun s’éloigne, les fractures refont surface — au <strong>Yémen</strong> (Houthis chiites vs. sunnites saoudiens), en <strong>Syrie</strong> (conflits entre milices pro-Iran et groupes fréristes), ou en <strong>Irak</strong> (rivalités post-2003). Leur union n’est donc pas fondée sur l’amour de Dieu, mais sur <strong>la haine partagée de la liberté.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Focus Moyen-Orient.fr</em></h3>



<p>Les islamistes chiites et sunnites ne rêvent pas d’unité religieuse : <strong>ils partagent un projet de domination politique.</strong> L’islamisme est devenu <strong>la langue commune des extrêmes</strong>, unissant des adversaires d’hier autour d’un même combat : <strong>la destruction d’Israël, la diabolisation de l’Occident, et la tentative de régression des sociétés musulmanes</strong> — comme l’illustrent les lois répressives sur les femmes en Iran ou sous les Talibans.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sources</h3>



<p>[1] <em>Council on Foreign Relations</em>, <em>Iran’s Support for Hamas</em>, 2024.<br>[2] <em>International Crisis Group</em>, <em>Iran and the Taliban</em>, 2023.</p>



<p><a href="https://ashteret.org/2025/10/31/lextremisme-patient-les-multiples-visages-de-la-confrerie-des-freres-musulmans/">Lire aussi sur Ashteret : L’extrémisme patient : les multiples visages de la confrérie des Frères musulmans</a></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>L’Europe face au Moyen-Orient : entre indignation et realpolitik</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/europe-moyen-orient-indignation-realpolitik/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Oct 2025 12:54:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Moyen-Orient se redessine par des accords concrets, des réalignements sécuritaires et des projets de reconstruction. L’Europe, elle, s’enferme dans une diplomatie de l’émotion : plus morale que politique, plus gestuelle qu’efficace. Pendant que les <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/europe-moyen-orient-indignation-realpolitik/" title="L’Europe face au Moyen-Orient : entre indignation et realpolitik">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le Moyen-Orient se redessine par des accords concrets, des réalignements sécuritaires et des projets de reconstruction. L’Europe, elle, s’enferme dans une diplomatie de l’émotion : plus morale que politique, plus gestuelle qu’efficace. Pendant que les autres construisent, l’Europe commente.</strong><br><strong>Par Faraj Alexandre Rifai.</strong> </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le déclin d’une diplomatie de principes</h2>



<p>L’Europe fut jadis une référence en matière de droit international et de dialogue. Aujourd’hui, elle privilégie l’indignation à la stratégie. L’exemple palestinien est révélateur : plutôt que d’exiger des réformes structurelles avant toute reconnaissance, Bruxelles et Paris ont maintenu une aide inconditionnelle à l’Autorité palestinienne, malgré des rapports pointant depuis des décennies des détournements vers des programmes incitant à la violence.</p>



<p>Résultat : un statu quo récompensé, et une reconnaissance symbolique d’un « État palestinien » sans institutions viables ni contrôle territorial. Pire : cette reconnaissance précipitée et inconditionnelle est perçue comme une <strong>récompense au terrorisme</strong>.</p>



<p>Pendant ce temps, d’autres acteurs – États-Unis, Israël, Arabie saoudite, Émirats – ont imposé un agenda plus pragmatique. Sous l’impulsion, voire la pression, de Donald Trump, les pays arabes ont réussi à <strong>exercer une pression sur le Hamas, là où l’Europe reste floue.</strong><br>Résultat : une <strong>absence totale du théâtre moyen-oriental</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La morale contre le réel</h2>



<p>Au Moyen-Orient, la morale sans levier de puissance devient une faiblesse. Visiblement, les Américains l&rsquo;ont plus compris que les Européens. Les capitales arabes recherchent des partenariats concrets : investissements, garanties de sécurité, stabilité&#8230; avec Israël compris. </p>



<p>L’Europe condamne et finance sans condition pendant que Washington négocie et exige.<br>La différence est de taille.</p>



<p><a href="https://moyen-orient.fr/accords-abraham-paix-moyen-orient/">Les <strong>Accords d’Abraham (2020)</strong></a>, impulsés par la première administration Trump, ont normalisé les relations entre Israël et quatre pays arabes, générant <strong>12 milliards de dollars d’échanges commerciaux</strong> en trois ans (Banque mondiale, 2024). <strong>L’Europe les a ignorés, voire méprisés, alors qu’elle aurait pu en faire un levier de paix.</strong></p>



<p>L’Arabie saoudite de Mohammed ben Salmane veut s’imposer comme une puissance d’équilibre, capable de dialoguer avec Tel-Aviv et Téhéran tout en lançant <strong>Vision 2030</strong>.<br>L’Europe ne l’encourage pas : au contraire, elle distille la méfiance et propose des solutions précipitées comme la reconnaissance de l’État palestinien.<br>Les États-Unis, eux, exercent une pression constante tout en profitant des meilleurs partenariats économiques.<br>Riyad a d’ailleurs abandonné la conférence qu’elle co-organisait avec la France au profit du plan Trump. Pourquoi ?</p>



<p>Les <strong>Émirats arabes unis</strong>, eux, ont investi <strong>2,7 milliards de dollars</strong> dans la tech israélienne depuis 2021 et pilotent des projets humanitaires à Gaza via des ONG privées.<br>Ils misent sur le <strong>nouveau Moyen-Orient</strong>, sans passer par la case palestinienne.<br>L’Europe, sous prétexte d’humanisme, ramène le conflit à sa vieille rhétorique, c’est-à-dire à <strong>l’immobilisme</strong>.</p>



<p>L’Europe théorise l’« équité » ; les acteurs régionaux négocient la « sécurité ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">La lucidité américaine, la passivité européenne</h2>



<p>Washington traite le Moyen-Orient comme un <strong>système de forces</strong>, non comme un tribunal moral ou victimaire. </p>



<p>Le plan Trump a esquissé un cadre clair :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>désengagement progressif du Hamas des institutions gazaouies ;</li>



<li>supervision multinationale sous contrôle américain pour la stabilisation de Gaza, sans passer par une Autorité palestinienne corrompue et inefficace — que Macron continue pourtant à présenter comme un « pilier de la paix » ;</li>



<li>intégration régionale d’Israël ;</li>



<li>réintégration conditionnelle de la Syrie dans le concert arabe et international, toujours sous condition de dialoguer avec Israël.</li>
</ul>



<p>L’Europe, paralysée par ses divisions internes, reste fixée sur le « droit au retour » et la « proportionnalité » des ripostes israéliennes. Sa diplomatie ressemble à un communiqué de presse, pas à une politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Arabes pragmatiques, les Européens figés</h2>



<p>Le paradoxe est frappant : le <strong>pragmatisme vient désormais du monde arabe</strong>.<br>Pas de l’Europe, ce vieux continent qui s’accroche à des illusions morales qui datent depuis les années soixante-dix, et veut maintenir les pays arabes dans un cadre idéologique dépassé.</p>



<p>Émirats, Bahreïn, Oman et Arabie saoudite <strong>luttent contre l’islam politique et les Frères musulmans</strong>, là où l’Europe les laisse prospérer par naïveté, voire complaisance.<br>Les pays arabes <strong>modernisent leurs systèmes éducatifs</strong> contre la haine (suppression des contenus antisémites dans les manuels scolaires saoudiens, 2022-2024), tandis que <strong>l’antisémitisme progresse en Europe</strong>.<br>Ils normalisent leurs relations avec Israël sans attendre l’aval européen, alors que Paris et Bruxelles persistent à entretenir la méfiance.</p>



<p>Ils ne prétendent pas à la perfection morale ; ils assument leurs intérêts.<br>Pendant que Doha, Abou Dhabi et Riyad financent des hôpitaux à Gaza et des hubs logistiques à Haïfa, Paris organise des conférences sur la « solution à deux États » sans interlocuteur crédible, ni la moindre efficacité. Au contraire, les annonces du Président Macron sur la reconnaissance de l’état palestinien avaient ralenti les efforts pour la libération des otages et l&rsquo;arrêt de la guerre à Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe français : la compassion sélective</h2>



<p>La France, jadis architecte d’une politique équilibrée et farouche défenseure de la laïcité, <a href="https://moyen-orient.fr/macron-illusion-palestinienne-diplomatie/">s’est enfermée dans une posture morale incohérente, rejoignant souvent les positions les plus hostiles à Israël</a>.<br>Elle dénonce avec vigueur les « excès » israéliens, mais reste discrète sur le rôle déstabilisateur du Hezbollah au Liban.<br>Pire, elle en inverse parfois les responsabilités : elle ne s’est même pas réjouie de l’élimination d’un haut responsable du mouvement chiite pro-iranien, pourtant impliqué dans la mort de militaires français.<br>Elle n’ose même plus nommer le Hezbollah ni les islamistes dans ses communiqués officiels.</p>



<p>Elle finance la société civile palestinienne (<strong>120 millions d’euros en 2023</strong>) sans contrôle suffisant sur l’usage des fonds, certains alimentant des réseaux proches du FPLP selon des audits internes de l’UE.<br>Ce n’est plus de la diplomatie, c’est une liturgie.</p>



<p>Elle continue de financer l’<strong>UNRWA</strong> sans condition, alors que cet organisme onusien est presque <strong>co-responsable de la haine</strong> qui a conduit au 7 octobre.<br>Où est la cohérence ?<br>Comment peut-on financer ceux qui propagent la haine et prétendre ensuite œuvrer pour la paix ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une Europe hors du jeu</h2>



<p>Quand l’Europe s’indigne, les États-Unis négocient, font pression et obtiennent des résultats.<br>En deux semaines, Trump a obtenu la libération d’otages et la reddition partielle du Hamas — là où Washington sous Biden échouait depuis deux ans. Pourquoi ?</p>



<p>Quand l’Europe publie un communiqué, Israël sécurise ses frontières.<br>Même en Syrie, l’Europe s’est indignée contre Israël alors que ce dernier cherchait à <strong>protéger les minorités druzes et alaouites</strong>.<br>Quelle inversion morale !<br>Et quelle incohérence de recevoir Ahmed al-Sharaa à l’Élysée un mois après le massacre des Alaouites, quand Trump, lui, conditionnait toute reconnaissance et toute levée de sanctions à des engagements précis.<br>Et cela a d’ailleurs bien mieux fonctionné que les galas organisés à l’Élysée, sourires et accolades chaleureuses à l’appui.</p>



<p>Quand l’Europe prêche le droit, les Émirats investissent dans les ports de Haïfa.<br>L’Europe n’est plus médiatrice, ni garante, ni puissance : elle est devenue <strong>spectatrice</strong> d’un Moyen-Orient qu’elle juge sans le comprendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : le retour du réel</h2>



<p>Le Moyen-Orient entre dans une ère de <strong>pragmatisme assumé</strong>. Les alliances se nouent sur des intérêts, non sur des slogans pseudo humanistes et creux, sans la moindre efficacité sur le terrain. <br>Ceux qui gagnent sont ceux qui agissent, avec fermeté et conditions, non avec soumission et indignation.  L’Europe s’est enfermée dans une <strong>morale de substitution</strong> : quand on ne peut plus peser, on s’indigne.<br>Mais la géopolitique n’est pas un tribunal. Et dans un monde qui cherche des solutions, l’Europe semble encore chercher sa conscience.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/">Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/europe-moyen-orient-indignation-realpolitik/">L’Europe face au Moyen-Orient : entre indignation et realpolitik</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<item>
		<title>Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 11:22:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[économie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Reconstruction]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://moyen-orient.fr/?p=2610</guid>

					<description><![CDATA[<p>Analyse. La guerre syrienne n’est pas terminée : elle a simplement changé de forme. Depuis la chute d’Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, la bataille ne se mène plus seulement avec des armes — <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/" title="Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/">Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Analyse. La guerre syrienne n’est pas terminée : elle a simplement changé de forme. Depuis la chute d’Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, la bataille ne se mène plus seulement avec des armes — comme les violences contre les Alaouites et les Druzes — mais avec des contrats. Derrière la façade d’une reconstruction ambitieuse, se joue une compétition acharnée entre puissances régionales — Turquie, Qatar, Arabie saoudite, Émirats — et acteurs occidentaux, chacun cherchant à transformer ses investissements en influence politique.<br>Par Faraj Alexandre Rifai. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le projet al-Sharaa : entre rupture et continuité</h2>



<p>Depuis son arrivée au pouvoir, la reconstruction de la Syrie est devenue le mantra d’Ahmed al-Sharaa. Présenté comme un dirigeant moderne et pragmatique, il se donne l’image d’un chef d’État réformateur. Son discours à l’ONU, salué comme un tournant diplomatique, a marqué le retour « officiel » de la Syrie sur la scène internationale. Il promet une « nouvelle ère » : ouverture économique, lutte contre la corruption, réconciliation nationale.</p>



<p>Mais sur le terrain, le régime reste centralisé et garde un parfum autoritaire. Les élections organisées dans un cadre semi-contrôlé ont exclu les provinces kurdes et druzes. Les comités de « justice transitionnelle » servent davantage à rassurer les bailleurs étrangers qu’à répondre aux crimes du passé. Pendant ce temps, les minorités de l’intérieur demeurent menacées.</p>



<p>Sous un vernis technocratique, al-Sharaa construit un État d’ordre et de puissance : religieux dans son langage, pragmatique dans ses alliances, autoritaire dans sa structure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La reconstruction, nouveau champ de bataille géoéconomique</h2>



<p>Avec des coûts estimés à près de 500 milliards de dollars, la reconstruction syrienne est devenue la principale monnaie d’influence régionale.<br>Chaque puissance cherche à acheter sa part du futur syrien :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La Turquie</strong> s’impose comme l’acteur dominant, avec des projets dans l’énergie, les transports et la défense. Elle contrôle une grande partie des circuits économiques du nord du pays, transformant la proximité géographique en levier stratégique.</li>



<li><strong>Le Qatar</strong>, fidèle à son rôle d’intermédiaire idéologique et financier, multiplie les annonces d’aide et de financement. Ses entreprises s’impliquent dans les réseaux gaziers, les infrastructures et la communication, tout en diffusant un modèle islamo-médiatique calibré pour séduire les nouvelles élites sunnites.</li>



<li><strong>L’Arabie saoudite</strong> avance avec prudence mais constance, cherchant à bloquer le retour de Téhéran et à contenir l’influence turque. Elle cible les secteurs du BTP, de l’énergie et de la sécurité frontalière, dans une logique d’équilibre régional.</li>



<li><strong>Les Émirats arabes unis</strong>, enfin, misent sur la stabilité économique plutôt que sur l’idéologie. Ils investissent dans les infrastructures portuaires et logistiques (notamment à Tartous via DP World), soutiennent des projets immobiliers et énergétiques, et cherchent à positionner Abu Dhabi comme le garant arabe d’une reconstruction ordonnée. Leur approche est claire : neutraliser les excès de l’islam politique par le pragmatisme économique.</li>
</ul>



<p>Dans ce jeu d’influence, l’argent est devenu la principale arme de domination. Investir, c’est désormais régner — non par conquête, mais par dépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran et la Russie, les perdants du nouvel ordre syrien</h2>



<p>Les deux parrains du régime Assad ont perdu la partie.<br>L’Iran, qui avait fait de la Syrie un maillon essentiel de son corridor vers la Méditerranée, a vu s’effondrer tout un réseau d’alliances et de bases logistiques. Sa perte est autant géopolitique qu’économique.<br>La Russie, affaiblie par son isolement international, se replie sur la défense de ses bases militaires à Tartous et Hmeimim. Elle conserve une présence symbolique mais voit ses contrats économiques remplacés par des entreprises turques et du Golfe.</p>



<p>Le centre de gravité syrien a basculé : du croissant chiite vers un <strong>croissant sunnite</strong>, dominé par Ankara et Doha, où l’islam politique sert de ciment identitaire à la reconstruction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour de l’Occident : prudence et calcul</h2>



<p>Les puissances occidentales observent cette recomposition avec des approches contrastées : les États-Unis font preuve de réalisme, tandis que la France et l’Europe se distinguent par leur précipitation.<br>Washington a partiellement levé les sanctions pour permettre un accès limité aux entreprises américaines et européennes, tout en exigeant un dialogue avec Israël et un engagement contre Daech.<br>Bruxelles et Paris, en revanche, ont très rapidement débloqué plusieurs milliards au profit du régime, quelques semaines à peine après sa mise en place — sans condition ni pression politique.</p>



<p>Malgré les massacres perpétrés contre les Alaouites, le président Macron a tenu à être le premier à recevoir al-Sharaa, sans la moindre réserve, mais avec les sourires et les accolades.<br>Leur logique, purement stratégique, semble se résumer ainsi : mieux vaut s’impliquer à la marge que laisser le terrain aux puissances concurrentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une paix économique, pas politique</h2>



<p>La « nouvelle Syrie » se présente comme un pays stable et réconcilié. En réalité, c’est un système verrouillé où les fractures anciennes se déplacent plutôt qu’elles ne disparaissent.<br>Les minorités sont marginalisées, la société reste sous contrôle, et la religion redevient un instrument d’État.<br>Dans les écoles de Damas, l’islam politique s’enseigne comme une doctrine nationale ; dans les provinces, les milices intégrées à l’armée sont les véritables protectrices du pouvoir.<br>Sous la rhétorique du renouveau, la Syrie affiche les apparences d’un État moderne sur un fond d’autoritarisme religieux contrôlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dilemme israélien : stabilité ou illusion ?</h2>



<p>Pour Israël, cette recomposition soulève un dilemme inédit.<br>La disparition de l’influence iranienne constitue un soulagement stratégique, mais l’ascension d’un bloc sunnite soutenu par la Turquie et le Qatar n’est pas moins inquiétante.<br>Un régime islamiste « modéré » et centralisé à Damas pourrait, à moyen terme, devenir une source d’instabilité sur le front nord, en légitimant idéologiquement la confrontation avec Israël au nom d’une nouvelle solidarité régionale.<br>La frontière nord d’Israël risque ainsi de passer d’un front chiite à un front sunnite — différent dans la forme, mais pas nécessairement plus rassurant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Si Al-Sharaa voulait vraiment reconstruire la Syrie &#8230;</h2>



<p>S’il voulait véritablement faire de la Syrie un État stable et souverain, Ahmed al-Sharaa devrait transformer la reconstruction en levier de réconciliation, et non en instrument de domination. Cela suppose d’abord de rompre avec la logique des cercles fermés et des alliances confessionnelles, pour bâtir un cadre inclusif où Druzes, Alaouites, Kurdes et sunnites participent à la gouvernance du pays. Il devrait faire ce qu&rsquo;il avait été envisagé depuis le début : une véritable conférence nationale où tous les Syriens sont représentés. Or, la première chose que le régime actuel a fait c&rsquo;est de toucher à la constitution sans avoir la moindre légitimité démocratique pour le faire. <br>Sur le plan économique, la transparence dans la gestion du <strong>Fonds syrien de développement</strong> et la supervision indépendante des grands contrats seraient essentielles pour restaurer la confiance intérieure et attirer des investissements durables. Il faudra s&rsquo;éloigner de la logique tribale dans la gestion de la vie économique du pays. <br>Enfin, un geste symbolique mais décisif consisterait à engager un <strong>dialogue réel avec Israël</strong> sur les frontières et la sécurité régionale, afin de replacer la Syrie dans une dynamique de paix plutôt que dans la perpétuation des antagonismes. Mais pour cela, Al Sharaa devrait s&rsquo;affranchir de sa base la plus radicalisée. <br>La question est de savoir si al-Sharaa veut reconstruire un pays… ou simplement un pouvoir. Et avec Qui ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la reconstruction comme pouvoir d’État</h2>



<p>La Syrie d’al-Sharaa se reconstruit sur un paradoxe : elle promet le développement économique et, dans une certaine mesure, la paix, mais cultive la domination et la division confessionnelle, et donc le rejet des minorités. <br>Chaque puissance étrangère y voit un miroir de ses propres ambitions, et chaque dollar investi renforce un régime qui a compris la règle du nouveau jeu régional : <strong>celui qui finance commande, celui qui reconstruit gouverne.</strong></p>



<p>Sous l’apparence d’une renaissance nationale, la Syrie devient un laboratoire des puissances extérieure  : un pays pacifié en surface, fracturé en profondeur, et disputé par tous ceux qui prétendent le sauver.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/les-emirats-et-la-turquie-la-rivalite-devenue-partenariat/">Les Émirats et la Turquie : la rivalité devenue partenariat</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/">Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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