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	<title>Frères musulmans | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
	<lastBuildDate>Sun, 11 Jan 2026 18:09:07 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Frères musulmans | Moyen-Orient.fr</title>
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		<title>De l&#8217;islamisme chiite iranien à l’islamisme sunnite : une recomposition régionale sous-estimée</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/du-chiisme-iranien-a-lislamisme-sunnite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 10:06:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme sunnite]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie Qatar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’évolution récente de la politique étrangère de l’Arabie saoudite constitue l’un des faits géopolitiques majeurs — et pourtant largement sous-estimés — du Moyen-Orient contemporain. Alors que l’attention occidentale reste focalisée sur l’Iran et l’islamisme chiite, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/du-chiisme-iranien-a-lislamisme-sunnite/" title="De l&#8217;islamisme chiite iranien à l’islamisme sunnite : une recomposition régionale sous-estimée">[...]</a></p>
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<p><strong>L’évolution récente de la politique étrangère de l’Arabie saoudite constitue l’un des faits géopolitiques majeurs — et pourtant largement sous-estimés — du Moyen-Orient contemporain. Alors que l’attention occidentale reste focalisée sur l’Iran et l’islamisme chiite, c’est désormais autour de Riyad que se recompose une partie décisive du champ sunnite régional. Par Faraj Alexandre Rifai.</strong></p>



<p>À mesure que le pôle iranien s’affaiblit sous l’effet conjugué des sanctions, des fortes contestations internes et des revers stratégiques, l’Arabie saoudite ne se contente plus d’un rôle défensif ou strictement économique. Elle cherche à redevenir le centre de gravité politique et idéologique du sunnisme, quitte à revoir ses lignes rouges passées de manière tactique. Cette inflexion ouvre la voie à une recomposition régionale où la Turquie et le Qatar jouent un rôle central — et où l’islamisme sunnite pourrait redevenir un facteur structurant, bien que dans un contexte plus hybride et chaotique que jamais.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Arabie saoudite : un pivot en recomposition</strong></h2>



<p>Depuis plusieurs années, Riyad multiplie les signaux d’une politique étrangère plus autonome, moins alignée mécaniquement sur ses partenaires traditionnels, y compris au sein du Golfe. Cette évolution s’est traduite par un réajustement progressif de ses priorités : désescalade avec l’Iran, normalisation tactique avec des acteurs longtemps perçus comme hostiles, et redéfinition de son rapport à l’islam politique.</p>



<p>L’objectif n’est plus seulement la stabilité interne ou l’attractivité économique, mais la reconquête d’un leadership sunnite global. Cette ambition implique des compromis idéologiques et stratégiques, notamment vis-à-vis des forces islamistes sunnites les plus influentes. Ces compromis restent toutefois circonstanciels et réversibles, dictés par des impératifs tactiques plutôt que par un virage doctrinal assumé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Riyad contre Abou Dhabi : deux visions antagonistes du sunnisme</strong></h2>



<p>Cette recomposition ne peut être comprise sans évoquer la rivalité croissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Longtemps alignés face aux Frères musulmans et à la Turquie, les deux partenaires du Golfe suivent désormais des trajectoires divergentes.</p>



<p>Abou Dhabi a fait le choix d’un autoritarisme sécularisé, radicalement hostile à l’islam politique, perçu comme une menace existentielle. Riyad privilégie aujourd’hui une approche plus différente : non plus éradiquer l’islamisme sunnite, mais chercher à l’encadrer, le canaliser et parfois l’intégrer de manière sélective. Cette divergence alimente des tensions croissantes sur la Syrie, la Turquie, le Qatar et la structuration du champ sunnite post-Iran, sans effacer les fractures internes entre autoritarisme nationaliste et islamisme politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Turquie et Qatar : le noyau idéologique islamiste</strong></h2>



<p>Dans cette configuration, la Turquie et le Qatar demeurent le cœur idéologique et politique de l’islamisme sunnite contemporain. Leur soutien assumé — ou toléré — aux Frères musulmans, leur rhétorique mobilisatrice autour de « l’unité du monde islamique » et leur instrumentalisation du conflit israélo-palestinien structurent une stratégie cohérente.</p>



<p>Les déclarations répétées du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, appelant à l’unité du monde islamique, relèvent moins d’un discours spirituel que d’une logique de puissance visant à hiérarchiser les loyautés dans un espace sunnite en recomposition. Malgré leur influence médiatique, les limites militaires et financières de l’axe turco-qatarien — accentuées par des revers en Libye ou au Soudan — freinent toutefois leur capacité à imposer un leadership régional total.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Frères musulmans : de ligne rouge à variable intégrée</strong></h2>



<p>L’un des marqueurs les plus significatifs de cette inflexion saoudienne réside dans l’évolution de son rapport aux Frères musulmans. Longtemps perçus comme une menace directe, ils apparaissent désormais moins comme un ennemi à abattre que comme un acteur incontournable du champ sunnite, porté par la Turquie et le Qatar.</p>



<p>Il ne s’agit pas d’une adhésion idéologique, mais d’une acceptation pragmatique de leur centralité, limitée à certains théâtres comme le Yémen ou la Syrie. Riyad compose avec cette réalité, en reprenant ponctuellement réseaux et codes, sans pour autant réhabiliter doctrinalement le mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Du chiisme révolutionnaire à l’islamisme sunnite en mutation</strong></h2>



<p>L’erreur majeure de nombreuses analyses occidentales consiste à croire que l’affaiblissement de l’Iran entraînerait mécaniquement un recul de l’islamisme. Or, ce qui se dessine est un déplacement de son centre de gravité.</p>



<p>L’islamisme sunnite promu par la Turquie et le Qatar se présente sous une forme plus souple, plus diplomatique, parfois plus compatible avec les codes occidentaux. Mais son socle idéologique demeure structuré par :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>une vision conflictuelle des identités,</li>



<li>une lecture binaire du monde,</li>



<li>et la désignation systématique d’Israël comme ennemi central.</li>
</ul>



<p>Changer d’acteurs ne signifie pas changer de logique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les minorités comme variable sacrificielle</strong></h2>



<p>Cette recomposition a une conséquence directe : les minorités deviennent des variables d’ajustement. Kurdes, Druzes, Alaouites, chrétiens — tous ceux qui échappent aux récits islamistes dominants sont progressivement marginalisés, souvent accusés de collusion avec Israël.</p>



<p>Cette mécanique reproduit, sous un vernis sunnite, les ressorts idéologiques jadis employés par l’axe chiite iranien : désigner Israël — et, par extension, les Juifs — comme ennemi absolu afin de souder les masses et neutraliser toute dissidence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’angle mort occidental persiste</strong></h2>



<p>Face à cette recomposition, l’Occident continue de raisonner avec des grilles dépassées. Les États-Unis restent focalisés sur l’Iran, tandis que l’Europe se laisse séduire par la normalisation diplomatique et économique de l’Arabie saoudite, sans interroger suffisamment les évolutions idéologiques en cours.</p>



<p>Cette cécité stratégique est dangereuse. Elle repose sur l’illusion qu’un islamisme chiite affaibli ouvrirait mécaniquement la voie à une stabilisation régionale, alors même qu’un islamisme sunnite en mutation occupe l’espace laissé vacant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p>Le Moyen-Orient ne sort pas de l’islamisme. Il en change les formes, les acteurs et les modalités, dans un paysage marqué par des compromis réversibles et des fractures multiples.</p>



<p>Passer du chiisme iranien à l’islamisme sunnite ne constitue pas une rupture, mais une continuité idéologique sous une autre bannière.</p>



<p>Ne pas le voir, c’est préparer les erreurs de demain avec les certitudes d’hier.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/langle-mort-de-la-politique-de-trump-quand-erdogan-theorise-la-fin-de-loccident/">L’angle mort de la politique de Trump : quand Erdogan théorise la fin de l’Occident</a></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong><a href="https://alexandrerifai.substack.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cet article s’inscrit dans une réflexion plus large que je poursuis dans ma newsletter indépendante, Notes d’Alexandre Rifai.</a></strong></p>
</blockquote>
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		<title>Les Frères musulmans, l’arme douce du Qatar et de la Turquie</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/freres-musulmans-influence-qatar-turquie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 09:52:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[FDD]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
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		<category><![CDATA[Vision 2030]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sous couvert d’action humanitaire et éducative, la confrérie des Frères musulmans reste un levier majeur d’influence pour le Qatar et la Turquie. Une stratégie idéologique à long terme, plus politique que religieuse. Un réseau ancien, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/freres-musulmans-influence-qatar-turquie/" title="Les Frères musulmans, l’arme douce du Qatar et de la Turquie">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Sous couvert d’action humanitaire et éducative, la confrérie des Frères musulmans reste un levier majeur d’influence pour le Qatar et la Turquie. Une stratégie idéologique à long terme, plus politique que religieuse.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un réseau ancien, une stratégie renouvelée</h2>



<p>Longtemps marginalisée après les printemps arabes, la confrérie des <strong>Frères musulmans</strong> s’impose à nouveau comme un acteur d’influence central au Moyen-Orient. Mais son pouvoir ne repose plus sur les urnes ni sur la violence : il repose sur <strong>l’influence sociale et idéologique</strong>.</p>



<p>Selon un récent rapport du <a href="https://ashteret.org/2025/10/31/lextremisme-patient-les-multiples-visages-de-la-confrerie-des-freres-musulmans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Foundation for Defense of Democracies (FDD)</strong> (<em>Patient Extremism: The Many Faces of the Muslim Brotherhood</em>, octobre 2025)</a>, le mouvement a développé une stratégie d’<strong>« extrémisme patient »</strong> : une méthode de transformation lente des sociétés par l’éducation, la culture et les institutions, plutôt que par l’affrontement. Cette approche, adoptée par le Qatar et la Turquie, vise à remodeler le monde arabo-musulman selon une vision politique de l’islam, tout en entretenant une image de modération face à l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Doha, centre nerveux de l’influence frériste</h2>



<p>Le <strong>Qatar</strong> demeure le principal bailleur et promoteur de cette idéologie. Sous l’égide de la famille Al-Thani, il a transformé les symboles du soft power islamiste — chaînes satellitaires, ONG, universités religieuses — en instruments d’influence régionale. La chaîne <strong>Al Jazeera</strong>, notamment, a servi de plateforme médiatique à de nombreux prédicateurs liés aux Frères musulmans, dont Yusuf al-Qaradawi, figure tutélaire du mouvement jusqu’à sa mort. Le <strong>Qatar Charity</strong> finance, sous couvert d’humanitaire, des réseaux associatifs liés à la mouvance frériste en Afrique, en Europe et en Asie du Sud.</p>



<p>À travers ce réseau, Doha entretient un double discours : partenaire de Washington et des Accords d’Abraham sur le plan diplomatique, mais <strong>mécène idéologique</strong> de l’islam politique au niveau social et culturel. Cette ambivalence — que Donald Trump qualifiait déjà de <em>“jeu à deux visages”</em> — reste au cœur de la stratégie qatarie : influencer sans apparaître.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ankara, relais politique et militaire</h2>



<p>La <strong>Turquie d’Erdogan</strong> agit comme le prolongement institutionnel de ce dispositif. Depuis la chute de Mohamed Morsi en Égypte (2013), Ankara s’est présentée comme le refuge politique de la confrérie, accueillant ses cadres, médias et organisations. Les chaînes satellitaires égyptiennes pro-Frères ont trouvé asile à Istanbul, d’où elles continuent de diffuser vers le monde arabe.</p>



<p>Sur le plan diplomatique, la Turquie a cherché à légitimer ce réseau comme <strong>vecteur de stabilité régionale</strong> — une alternative aux régimes militaires arabes. Cette doctrine de « soft power islamo-nationaliste » permet à Ankara d’exercer une influence culturelle et religieuse dans les Balkans, en Afrique et jusqu’au Golfe, tout en maintenant une rivalité feutrée avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les adversaires : Riyad, Abou Dhabi et Le Caire</h2>



<p>Face à cette expansion idéologique, <strong>l’Arabie saoudite</strong>, <strong>les Émirats arabes unis</strong> et <strong>l’Égypte</strong> ont constitué un contre-bloc. Depuis 2017, ces États ont inscrit les Frères musulmans sur leurs listes d’organisations terroristes, accusant le mouvement d’infiltration politique et de subversion sociale. Les Émirats, en particulier, opposent au modèle frériste une vision <strong>post-islamiste et pragmatique</strong> : modernisation, tolérance religieuse, diplomatie économique. L’Arabie saoudite, plus prudente mais désormais réformiste sous l’impulsion de <strong>Vision 2030</strong>, combat l’influence idéologique qataro-turque tout en cherchant un équilibre stratégique avec Israël et les États-Unis. Cette rivalité entre islam politique et modernisation séculière structure désormais la nouvelle géographie du Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une bataille d’influence mondiale</h2>



<p>Au-delà du monde arabe, la confrérie conserve des relais puissants dans les <strong>diasporas musulmanes d’Europe</strong>. Ses réseaux associatifs, souvent financés par le Qatar, se présentent comme des défenseurs du dialogue interculturel, tout en diffusant un discours de séparation identitaire. C’est une diplomatie d’influence qui s’exerce dans les mosquées, les universités et les ONG, avec pour objectif de <strong>normaliser la pensée islamiste dans l’espace public</strong>. Le FDD souligne que cette stratégie s’inscrit dans un <strong>temps long</strong>, fondé sur la patience et la légitimation institutionnelle — un extrémisme « respectable » dont la dangerosité réside précisément dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : un affrontement d’idéologies plus que de territoires</h2>



<p>Le Moyen-Orient ne se divise plus entre blocs militaires, mais entre <strong>visions du monde</strong>. D’un côté, le Qatar et la Turquie investissent dans la continuité du projet frériste, combinant religion, médias et influence sociale. De l’autre, les monarchies du Golfe réformistes cherchent à bâtir un ordre régional dépolitisé, fondé sur la stabilité et le développement. Dans cette confrontation, les Frères musulmans ne sont plus une force révolutionnaire : ils sont devenus <strong>une matrice idéologique exportable</strong>, au service d’ambitions géopolitiques. Et c’est cette invisibilité — cet extrémisme patient — qui en fait aujourd’hui la forme la plus sophistiquée de l’islamisme politique.</p>
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		<item>
		<title>Islamistes sunnites et chiites : l’alliance sacrée ou paradoxale ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/islamistes-sunnites-chiites-alliance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 16:11:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Anti-occidentalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Chiites]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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		<category><![CDATA[Islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps considérés comme ennemis, les islamistes sunnites et chiites se retrouvent désormais alliés de circonstance. Du Hamas à l’Iran, du Hezbollah aux Frères musulmans, une internationale islamiste se dessine — unie non par la foi, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/islamistes-sunnites-chiites-alliance/" title="Islamistes sunnites et chiites : l’alliance sacrée ou paradoxale ?">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Longtemps considérés comme ennemis, les islamistes sunnites et chiites se retrouvent désormais alliés de circonstance. Du Hamas à l’Iran, du Hezbollah aux Frères musulmans, une <em>internationale islamiste</em> se dessine — unie non par la foi, mais par la même idéologie : la revanche contre l’Occident, la délégitimation d’Israël et la reconquête symbolique du monde musulman.</strong><br>Par Faraj Alexandre Rifai.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rivalité ancienne, transformée en convergence idéologique</h2>



<p>Depuis quatorze siècles, le clivage entre sunnisme et chiisme structure le monde musulman.<br>Mais depuis deux décennies, <strong>leurs branches islamistes</strong> ont su contourner ces divergences théologiques pour bâtir une <strong>coopération tactique</strong>, nourrie par un ennemi commun : <strong>l’Occident, Israël et la modernité libérale.</strong></p>



<p>Ce qui se joue n’est pas un rapprochement religieux, mais <strong>une alliance d’intérêts idéologiques.</strong><br>Les islamistes chiites de Téhéran et les islamistes sunnites liés aux Frères musulmans partagent une même vision du monde : celle d’une <strong>civilisation islamique humiliée</strong>, appelée à se redresser par la force, la propagande et la religion politisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cas Hamas–Iran : l’exemple le plus frappant</h2>



<p>Le <strong>Hamas</strong>, issu des <strong>Frères musulmans</strong> (courant sunnite), reçoit depuis les années 1990 un soutien constant de l’<strong>Iran chiite</strong> [1]. Cette alliance défie toute logique théologique : d’un côté un mouvement sunnite palestinien, de l’autre un régime chiite théocratique. Mais la convergence idéologique l’emporte sur la divergence doctrinale : <strong>le rejet d’Israël et la haine de l’Occident deviennent le ciment commun.</strong></p>



<p>Téhéran finance, arme et entraîne les milices du Hamas, tandis que le <strong>Hezbollah</strong> — autre acteur chiite — sert de relais stratégique. C’est un exemple typique de <strong>coalition islamiste transconfessionnelle</strong>, née d’un même projet de puissance et de revanche. Ce modèle s’étend via des <strong>parrains étatiques</strong>, qui instrumentalisent l’islamisme comme levier géopolitique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une internationale islamiste, pas confessionnelle</h2>



<p>Loin d’un dialogue interreligieux, cette alliance est une <strong>entente politique entre deux visions totalisantes.</strong>  Les islamistes chiites y voient un moyen d’étendre leur influence révolutionnaire.<br>Les islamistes sunnites, eux, trouvent en Iran et au Hezbollah des alliés puissants contre Israël et les régimes arabes modérés, mais aussi pour imposer leur charia. </p>



<p>De ce rapprochement découle une <strong>internationale islamiste</strong> qui dépasse les frontières du dogme.<br>Elle s’appuie sur trois piliers :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La haine d’Israël</strong>, moteur symbolique ;</li>



<li><strong>Le rejet de l’Occident et de la laïcité</strong> ;</li>



<li><strong>Le rêve d’un ordre islamique mondial.</strong></li>
</ul>



<p>C’est moins une unité religieuse qu’une <strong>solidarité de ressentiment et d’ambition.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Du sectarisme à la stratégie</h2>



<p>L’islamisme, qu’il soit chiite ou sunnite, n’est pas une théologie : c’est <strong>une stratégie de conquête politique.</strong> Les divergences historiques s’effacent dès qu’il s’agit d’entrer dans la logique du djihad ou de la propagande. La rhétorique victimaire devient un outil commun : <strong>l’humiliation coloniale, la “résistance” contre l’Occident, la “défense” des musulmans</strong> dans le monde. Ainsi se forge <strong>un récit unifié de la revanche islamiste</strong>, où le discours religieux n’est qu’un prétexte à la mobilisation politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle des États : Téhéran, Doha, Ankara</h2>



<p>Cette convergence est encouragée par <strong>trois capitales</strong> qui utilisent l’islamisme comme instrument d’influence :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’Iran</strong>, chef de file chiite, soutient des mouvements sunnites radicaux — <em>Hamas</em>, et de manière tactique les <em>Talibans</em> afghans post-2021 [2] — quand cela sert sa stratégie régionale.</li>



<li><strong>Le Qatar</strong>, allié des Frères musulmans, finance la propagande médiatique (<em>Al Jazeera</em>) et les réseaux d’activistes.</li>



<li><strong>La Turquie d’Erdogan</strong>, héritière de la mouvance frériste, coopère ponctuellement avec Téhéran dans une logique d’opportunisme anti-occidental (ex. : Syrie, lutte contre les Kurdes).</li>
</ul>



<p>Trois agendas, un même levier : <strong>l’islam politique comme outil de puissance et de contestation mondiale.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une alliance contre-nature, mais durable… avec des limites</h2>



<p>Cette <strong>coalition islamiste transconfessionnelle</strong> n’est pas un signe de paix religieuse, mais de guerre idéologique.  Son unité repose sur <strong>le rejet de l’autre</strong> : Israël, les États-Unis, l’Europe, ou même les régimes arabes modérés. Tant que ces ennemis existeront, la coopération entre islamistes chiites et sunnites perdurera.</p>



<p>Mais cette convergence reste fragile. Dès que l’ennemi commun s’éloigne, les fractures refont surface — au <strong>Yémen</strong> (Houthis chiites vs. sunnites saoudiens), en <strong>Syrie</strong> (conflits entre milices pro-Iran et groupes fréristes), ou en <strong>Irak</strong> (rivalités post-2003). Leur union n’est donc pas fondée sur l’amour de Dieu, mais sur <strong>la haine partagée de la liberté.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Focus Moyen-Orient.fr</em></h3>



<p>Les islamistes chiites et sunnites ne rêvent pas d’unité religieuse : <strong>ils partagent un projet de domination politique.</strong> L’islamisme est devenu <strong>la langue commune des extrêmes</strong>, unissant des adversaires d’hier autour d’un même combat : <strong>la destruction d’Israël, la diabolisation de l’Occident, et la tentative de régression des sociétés musulmanes</strong> — comme l’illustrent les lois répressives sur les femmes en Iran ou sous les Talibans.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sources</h3>



<p>[1] <em>Council on Foreign Relations</em>, <em>Iran’s Support for Hamas</em>, 2024.<br>[2] <em>International Crisis Group</em>, <em>Iran and the Taliban</em>, 2023.</p>



<p><a href="https://ashteret.org/2025/10/31/lextremisme-patient-les-multiples-visages-de-la-confrerie-des-freres-musulmans/">Lire aussi sur Ashteret : L’extrémisme patient : les multiples visages de la confrérie des Frères musulmans</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/islamistes-sunnites-chiites-alliance/">Islamistes sunnites et chiites : l’alliance sacrée ou paradoxale ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<item>
		<title>« Israël a créé le Hamas » : un mythe à déconstruire</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/israel-a-cree-le-hamas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Oct 2025 12:10:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées reçues]]></category>
		<category><![CDATA[Antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’une des accusations les plus répandues dans le monde arabe et en Occident : Israël aurait “créé” le Hamas. Un mythe commode, qui dédouane les islamistes de leur responsabilité et transforme les bourreaux en <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/israel-a-cree-le-hamas/" title="« Israël a créé le Hamas » : un mythe à déconstruire">[...]</a></p>
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<p class="chapo">C’est l’une des accusations les plus répandues dans le monde arabe et en Occident : Israël aurait “créé” le Hamas.<br />
Un mythe commode, qui dédouane les islamistes de leur responsabilité et transforme les bourreaux en victimes.<br />
Les faits racontent une autre histoire — bien plus dérangeante, car elle oblige à regarder en face la nature réelle de ce mouvement.</p>
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<h2>D’où vient cette idée ?</h2>
<p>L’accusation selon laquelle Israël aurait “créé” le Hamas circule depuis des décennies, souvent présentée comme une “vérité cachée”.<br />
Elle s’appuie sur des déclarations ambiguës d’anciens responsables israéliens, comme celles de l’ancien officier <strong>Avner Cohen</strong>, qui a reconnu a posteriori avoir sous-estimé la montée des islamistes face à l’OLP dans les années 1980.</p>
<p>De là à affirmer qu’Israël a “créé” le Hamas, il y a un gouffre.</p>
<p>Ce récit a prospéré dans les milieux pro-Hamas et anti-israéliens, amplifié par des médias comme <em>Al-Jazeera</em> dans les années 1990 ou par des figures publiques, relayant des théories conspirationnistes.<br />
Il a ensuite été repris par une partie de la gauche occidentale en quête d’une cause “anti-impérialiste”.<br />
C’est devenu un argument réflexe : Israël serait responsable de son propre malheur, et les terroristes, les produits de sa politique.</p>
<h2>Ce que les faits montrent</h2>
<p>Le Hamas naît officiellement en <strong>1987</strong>, lors de la première Intifada.<br />
Il s’inscrit dans la mouvance des <strong>Frères musulmans</strong>, active à Gaza depuis les années 1940.<br />
Son fondateur, <strong>Cheikh Ahmed Yassine</strong>, prêche le djihad et la charia et l&rsquo;extermination de l&rsquo;état juif.<br />
Le Hamas s’est formé sur fond de montée de l’islamisme régional, porté par les Frères musulmans —<br />
une dynamique interne à la société palestinienne et indépendante de toute intervention extérieure.</p>
<p>L’idéologie du Hamas est <strong>théologique avant d’être politique</strong> : elle vise la destruction d’Israël, la libération “de toute la Palestine” et l’établissement d’un État islamique.<br />
Sa charte de 1988 parle explicitement d’un “combat contre les Juifs” — pas seulement contre l’occupation.<br />
Aucune archive ni document officiel n’a jamais corroboré l’idée d’un financement ou d’une création délibérée du Hamas par Israël, contrairement à ce que certains prétendent.</p>
<h2>Pourquoi cette confusion persiste</h2>
<p>Ce mythe arrange tout le monde.<br />
Il permet à certains de nier la responsabilité des sociétés arabes dans la montée de l’islamisme,<br />
un phénomène qui dépasse largement le conflit israélo-palestinien.<br />
Il offre à une partie de la gauche occidentale un moyen de soutenir la cause palestinienne tout en évitant d’assumer les crimes du Hamas, comme les attentats suicides ou les tirs de roquettes indiscriminés.<br />
Et il entretient une illusion morale : celle d’un conflit dont Israël serait la cause unique, et non la cible.</p>
<p>Sur le plan psychologique, croire qu’Israël “a créé” le Hamas rassure.<br />
Cela évite d’admettre qu’un mouvement né au cœur du monde arabe puisse prôner la haine, la mort et le martyre.<br />
Par exemple, les prêches enflammés de Cheikh Yassine dans les années 1980, appelant au djihad, reflètent une idéologie ancrée localement, et non importée ou orchestrée de l’extérieur.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<blockquote><p>Non, Israël n’a pas créé le Hamas.<br />
Ce narratif trompeur, en excusant les responsables, empêche un examen de conscience au sein de la société arabe et contre les mouvements islamistes, sur les racines de l’islamisme et les dynamiques du conflit israélo-palestinien.<br />
Démonter ce mythe, c’est ouvrir la voie à une réflexion réaliste qui permet d&rsquo;entrevoir de véritables solutions du conflit israélo-palestinien; où chaque acteur assume ses responsabilités, sans esquiver la violence inhérente à l’idéologie du Hamas.</p></blockquote>
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<h3>Pourquoi cette rubrique ?</h3>
<p>La rubrique <strong>« Idées reçues »</strong> de <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a> démonte les clichés et les récits trompeurs sur la région.<br />
Parce que comprendre le Moyen-Orient, c’est d’abord apprendre à se méfier de tout ce qui paraît évident.</p>
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