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	<title>Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
	<lastBuildDate>Fri, 06 Feb 2026 19:37:02 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Moyen-Orient.fr</title>
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	<item>
		<title>Syrie : duplicité des islamistes face à un Occident naïf</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/syrie-duplicite-des-islamistes-face-a-un-occident-naif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 18:07:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Milices parallèles, pression sur les Kurdes et ingénierie démographique : les angles morts d’une illusion occidentale. Alors que les chancelleries occidentales saluent une prétendue « unification » de la Syrie, la réalité du terrain révèle <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/syrie-duplicite-des-islamistes-face-a-un-occident-naif/" title="Syrie : duplicité des islamistes face à un Occident naïf">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Milices parallèles, pression sur les Kurdes et ingénierie démographique : les angles morts d’une illusion occidentale</strong>.</p>



<p><strong>Alors que les chancelleries occidentales saluent une prétendue « unification » de la Syrie, la réalité du terrain révèle une tout autre dynamique : constitution de milices bédouines armées, marginalisation des Kurdes, violences contre les minorités et recomposition démographique. Analyse d’un aveuglement stratégique aux conséquences dangereuses.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Macron, les Kurdes et l’illusion de l’unification</strong></h2>



<p>Emmanuel Macron se félicite de voir les forces kurdes se dissoudre — ou plutôt se soumettre — à l’armée syrienne, dont les dirigeants sont issus de mouvements djihadistes.</p>



<p>Or, l’angle mort de cette vision, c’est que, dans le même temps, les islamistes laissent se constituer d’autres milices bédouines en dehors de l’armée officielle, et qui veulent combattre les Kurdes.</p>



<p>Ces bédouins sont dans une continuité géographique, sociale, culturelle, mais aussi ethnique avec les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie saoudite. Ils sont soutenus financièrement par le Qatar. Ils sont souvent considérés comme les « vrais Arabes » et bénéficient, à ce titre, d’une légitimité idéologique particulière. C’est aussi pour cela qu’ils sont devenus des piliers importants du régime syrien islamiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des milices tolérées pour frapper les minorités</strong></h2>



<p>Rappelez-vous des violences perpétrées contre les Druzes et les Alaouites. À chaque fois, des hordes de bédouins et de djihadistes affluaient en masse dans les régions concernées pour punir ces « hérétiques », ces « suppôts de l’ancien régime », voire ces « traîtres au compte d’Israël ».</p>



<p>Le régime islamiste les a laissés circuler et aller « régler les comptes » à ces soi-disant « hors-la-loi sunnites ».</p>



<p>Aujourd’hui, ils veulent constituer des groupes armés en dehors de l’armée officielle pour combattre les Kurdes et, plus largement, tous les « séparatistes ».</p>



<p>Or, est-ce la mission d’un État qui prétend unifier le pays ?</p>



<p>Comment peut-on combattre des populations pour leurs revendications d’autonomie tout en tolérant des forces armées hors contrôle étatique ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une idéologie de domination religieuse</strong></h2>



<p>En réalité, ce n’est pas uniquement l’unification du pays qui compte pour cette idéologie islamiste au pouvoir.</p>



<p>Il s’agit avant tout d’une volonté de soumettre les minorités non arabes ou non sunnites, considérées comme des « kouffars ».</p>



<p>Dans une partie importante de la société sunnite conservatrice, cette vision est largement partagée : tout ce qui n’est pas sunnite ou arabe sunnite devient un ennemi de Dieu et du prophète.</p>



<p>C’est le cœur du problème.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les tribus bédouines comme instrument du pouvoir</strong></h2>



<p>Un autre angle mort de la naïveté occidentale concerne la volonté du gouvernement islamiste de s’appuyer massivement sur ces tribus.</p>



<p>Historiquement, ce sont des groupes presque nomades, vivant dans des zones isolées et jouissant d’une forte autonomie. Même sous Assad, ils n’ont jamais été totalement contrôlés.</p>



<p>Ils ont entretenu des alliances variables avec Daech, Al-Qaïda et d’autres milices, en fonction des intérêts et des soutiens extérieurs, notamment venus d’Arabie saoudite, du Qatar ou de Turquie.</p>



<p>Aujourd’hui, une stratégie semble viser à les installer dans les grandes villes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ingénierie démographique assumée</strong></h2>



<p>Cette politique rappelle les pratiques du régime Assad soutenu par l’Iran, qui avait remplacé des populations déplacées par des communautés chiites voire étrangères loyales au pouvoir.</p>



<p>Le régime de Joulani al-Sharaa semble aujourd’hui vouloir reproduire ce schéma.</p>



<p>Installer ces populations à Damas et dans d’autres centres urbains permettrait de modifier la composition sociale et politique, et d’assurer une domination durable.</p>



<p>Il s’agit de transformer le tissu social, ethnique et religieux en injectant une population acquise à une matrice religieuse conservatrice, hostile aux minorités et favorable au régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’aveuglement des « arabisants de salon »</strong></h2>



<p>Pendant ce temps, l’Occident reste largement déconnecté. Il écoute des « arabisants de salon » qui ne comprennent ni la mosaïque syrienne ni ses subtilités. Certains parlent à peine l’arabe mais prétendent pouvoir connaître et analyser le pays. </p>



<p>Ils influencent les décisions politiques et relaient la communication officielle auprès d’un Occident naïf qui continue de signer les chèques. Soit ils ne voient pas les angles morts. Soit ils les voient et laissent faire. Et c’est encore pire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une politique qui conduit au chaos</strong></h3>



<p>Aujourd’hui, on exige des Kurdes qu’ils se soumettent, tout en soutenant ceux qui ont porté les idéologies djihadistes les plus violentes. À ce rythme, l’Occident n’aide pas la Syrie. Il la pousse vers le chaos. Et cet abîme risque de nous engloutir avec elle.</p>



<p>La Syrie n’est pas un pari diplomatique. C’est un avertissement.</p>



<p>Faraj Alexandre Rifai<br>Vidéo : combattants bédouins annoncent la création des unités armées en dehors de l&rsquo;armée syrienne officielle :</p>



<figure class="wp-block-video"><video height="1280" style="aspect-ratio: 720 / 1280;" width="720" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2026/02/88297AD3-48B2-4883-B17A-0DDE24003232-result-1.mp4"></video></figure>



<p></p>
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		<item>
		<title>Iran : pourquoi les Pays du Golfe redoutent une intervention militaire</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/iran-pourquoi-le-golfe-redoute-intervention-militaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 07:51:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[protestations Iran 2026]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Face aux protestations qui secouent l’Iran depuis fin 2025, plusieurs États du Golfe ont activement œuvré à freiner toute frappe ou intervention militaire américaine contre Téhéran. Cette prudence révèle une lecture stratégique propre à ces États : pour certains, une proximité politique ou fonctionnelle avec le régime iranien ; pour d’autres, la crainte prioritaire d’un effondrement incontrôlé et de ses répercussions régionales immédiates. Dans les deux cas, la gestion du risque l’emporte sur l’hypothèse d’une rupture brutale.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contexte des protestations et l’inflexion américaine</strong></h2>



<p>Depuis fin décembre 2025, l’Iran est confronté à une vague de protestations nourries par l’effondrement économique et réprimées avec brutalité. Face à cette situation, les États-Unis ont brièvement adopté une posture de fermeté, laissant entendre que des options militaires restaient envisageables, avant de revenir à une approche plus attentiste à la mi-janvier 2026.</p>



<p>Du point de vue des États du Golfe, cette inflexion est perçue comme une évolution positive. Leur diplomatie s’est attachée à souligner auprès de Washington les risques d’une escalade incontrôlée, non seulement pour la région, mais aussi pour les intérêts américains eux-mêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une rationalité sécuritaire fondée sur l’évitement du pire</strong></h2>



<p>Du point de vue de plusieurs États du Golfe — notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, mais aussi le Qatar, pourtant plus proche politiquement de l’Iran — la question iranienne se pose avant tout en termes de gestion du risque. Leur retenue face à une éventuelle frappe américaine ne procède pas nécessairement d’une complaisance à l’égard du régime des mollahs ni d’une sous-estimation de sa dangerosité, mais s’inscrit dans une logique de prévention des scénarios jugés les plus coûteux à court et moyen terme.</p>



<p>Dans cette lecture, l’effondrement soudain de l’État iranien apparaît comme un facteur d’instabilité plus inquiétant encore que la perpétuation d’un régime hostile mais connu. Le raisonnement est pragmatique : un adversaire prévisible, même agressif, reste plus gérable qu’un vide politique ou institutionnel aux contours incertains.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une chute jugée désirable, mais perçue comme trop risquée</strong></h2>



<p>Les capitales du Golfe ne contestent pas le caractère profondément déstabilisateur du régime iranien. Depuis des années, elles affichent une méfiance croissante à l’égard de ce qu’elles perçoivent comme la « pieuvre iranienne » chiite, à travers ses réseaux de milices, ses capacités asymétriques et sa pression maritime constante. Ce diagnostic est largement partagé.</p>



<p>Cependant, lorsque l’option d’une frappe extérieure est évoquée, leur analyse converge vers un risque central : celui d’un effet contre-productif. Une intervention militaire pourrait, selon elles, resserrer les rangs nationalistes en Iran, renforcer l’appareil sécuritaire et militaire — potentiellement soutenu par des partenaires extérieurs ou des réseaux de milices régionales — et offrir au régime un sursis politique. Le calcul n’est pas de préserver Téhéran, mais d’éviter une dynamique qui transformerait une contestation interne en mobilisation contre un camp extérieur auquel ces États seraient associés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vulnérabilité stratégique et énergétique centrale</strong></h2>



<p>D’un point de vue économique et stratégique, les États du Golfe se perçoivent comme les premiers exposés en cas d’escalade. Bases militaires, infrastructures énergétiques et voies maritimes constituent autant de cibles potentielles dans un scénario de confrontation. Dans leur lecture, le régime iranien chercherait moins à affronter frontalement ses adversaires qu’à étendre le conflit et à paralyser une zone géographique d’une importance stratégique majeure pour l’économie mondiale.</p>



<p>Cette vulnérabilité est indissociable de la question énergétique. Le détroit d’Ormuz demeure un point de fragilité critique : une perturbation, même limitée, aurait des effets immédiats sur les marchés, sur les stratégies de transformation économique du Golfe et sur la crédibilité régionale auprès des partenaires internationaux. Dans cette perspective, la stabilité n’est pas seulement un choix politique, mais une condition de survie économique.</p>



<p>Ce cadre explique pourquoi, du point de vue des États du Golfe, toute décision stratégique est filtrée à l’aune de ses conséquences sur l’énergie, les investissements et les flux commerciaux. Bloquer une action militaire sans proposer de scénario alternatif crédible n’est donc pas perçu comme une faiblesse, mais comme une nécessité stratégique dictée par leur exposition directe aux risques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle du Qatar dans la logique de désescalade</strong></h2>



<p>Dans cette architecture régionale, le Qatar occupe une place particulière. En raison de ses interdépendances énergétiques avec l’Iran et de son positionnement diplomatique, Doha privilégie une stratégie de médiation permanente. Sa priorité affichée est la désescalade, au prix d’une grande prudence dans l’expression publique de toute position susceptible d’être interprétée comme un alignement contre Téhéran.</p>



<p>Officiellement, cette approche n’équivaut pas à un soutien au régime iranien. Mais elle limite de facto la pression exercée sur celui-ci à un moment de vulnérabilité interne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’après comme horizon d’incertitude permanente</strong></h2>



<p>L’un des éléments centraux du raisonnement des États du Golfe demeure l’« après ». Les scénarios envisagés en cas de chute brutale du régime iranien — fragmentation interne, montée en puissance des factions les plus radicales, instabilités ethniques et régionales — sont considérés comme plus dangereux que la poursuite d’un ordre hostile mais stabilisé.</p>



<p>Cette peur de l’après agit comme un frein structurel à toute dynamique de rupture, y compris lorsque le régime iranien semble fragilisé de l’intérieur. Ce raisonnement n’est pas inédit : une logique comparable avait prévalu face à la Syrie en 2011, où la crainte de l’après avait contribué à paralyser toute perspective d’évolution du dossier syrien.</p>



<p>Enfin, les États du Golfe ont intégré les leçons des désengagements occidentaux passés. Leur prudence traduit une méfiance structurelle à l’égard des interventions militaires sans garanties de long terme. Cette lucidité les conduit à privilégier la désescalade, quitte à accepter la prolongation d’un équilibre qu’ils jugent imparfait mais maîtrisable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Cette approche commence désormais à produire des tensions visibles avec Washington. Aux États-Unis, certaines voix dénoncent ouvertement ce qu’elles perçoivent comme un double discours de la part de plusieurs États du Golfe, accusés de privilégier la stabilité à court terme au détriment d’une opportunité historique de rupture avec le régime iranien.</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ce décalage laisse paraître, à tort ou à raison, une complaisance envers Téhéran, et surtout un choc de rationalités stratégiques : d’un côté, une lecture américaine de plus en plus portée vers l’idée d’un moment de bascule ; de l’autre, une logique régionale fondée sur la gestion du risque et la peur d’un chaos incontrôlable. Cette fracture, plus que l’Iran lui-même, pourrait devenir l’un des principaux facteurs de tension dans la recomposition régionale à venir.</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une rationalité cohérente, aux effets paradoxaux</strong></h2>



<p>Du point de vue des États du Golfe, la prudence face à une frappe contre l’Iran relève d’une rationalité stratégique cohérente : éviter le pire, préserver la stabilité régionale immédiate et contenir les risques systémiques. Mais cette approche produit un effet paradoxal. En repoussant toute rupture, elle contribue à maintenir un régime perçu comme profondément déstabilisateur, tout en différant indéfiniment la question de son dépassement.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/">Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;islamisme chiite iranien à l’islamisme sunnite : une recomposition régionale sous-estimée</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/du-chiisme-iranien-a-lislamisme-sunnite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 10:06:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme sunnite]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie Qatar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’évolution récente de la politique étrangère de l’Arabie saoudite constitue l’un des faits géopolitiques majeurs — et pourtant largement sous-estimés — du Moyen-Orient contemporain. Alors que l’attention occidentale reste focalisée sur l’Iran et l’islamisme chiite, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/du-chiisme-iranien-a-lislamisme-sunnite/" title="De l&#8217;islamisme chiite iranien à l’islamisme sunnite : une recomposition régionale sous-estimée">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>L’évolution récente de la politique étrangère de l’Arabie saoudite constitue l’un des faits géopolitiques majeurs — et pourtant largement sous-estimés — du Moyen-Orient contemporain. Alors que l’attention occidentale reste focalisée sur l’Iran et l’islamisme chiite, c’est désormais autour de Riyad que se recompose une partie décisive du champ sunnite régional. Par Faraj Alexandre Rifai.</strong></p>



<p>À mesure que le pôle iranien s’affaiblit sous l’effet conjugué des sanctions, des fortes contestations internes et des revers stratégiques, l’Arabie saoudite ne se contente plus d’un rôle défensif ou strictement économique. Elle cherche à redevenir le centre de gravité politique et idéologique du sunnisme, quitte à revoir ses lignes rouges passées de manière tactique. Cette inflexion ouvre la voie à une recomposition régionale où la Turquie et le Qatar jouent un rôle central — et où l’islamisme sunnite pourrait redevenir un facteur structurant, bien que dans un contexte plus hybride et chaotique que jamais.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Arabie saoudite : un pivot en recomposition</strong></h2>



<p>Depuis plusieurs années, Riyad multiplie les signaux d’une politique étrangère plus autonome, moins alignée mécaniquement sur ses partenaires traditionnels, y compris au sein du Golfe. Cette évolution s’est traduite par un réajustement progressif de ses priorités : désescalade avec l’Iran, normalisation tactique avec des acteurs longtemps perçus comme hostiles, et redéfinition de son rapport à l’islam politique.</p>



<p>L’objectif n’est plus seulement la stabilité interne ou l’attractivité économique, mais la reconquête d’un leadership sunnite global. Cette ambition implique des compromis idéologiques et stratégiques, notamment vis-à-vis des forces islamistes sunnites les plus influentes. Ces compromis restent toutefois circonstanciels et réversibles, dictés par des impératifs tactiques plutôt que par un virage doctrinal assumé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Riyad contre Abou Dhabi : deux visions antagonistes du sunnisme</strong></h2>



<p>Cette recomposition ne peut être comprise sans évoquer la rivalité croissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Longtemps alignés face aux Frères musulmans et à la Turquie, les deux partenaires du Golfe suivent désormais des trajectoires divergentes.</p>



<p>Abou Dhabi a fait le choix d’un autoritarisme sécularisé, radicalement hostile à l’islam politique, perçu comme une menace existentielle. Riyad privilégie aujourd’hui une approche plus différente : non plus éradiquer l’islamisme sunnite, mais chercher à l’encadrer, le canaliser et parfois l’intégrer de manière sélective. Cette divergence alimente des tensions croissantes sur la Syrie, la Turquie, le Qatar et la structuration du champ sunnite post-Iran, sans effacer les fractures internes entre autoritarisme nationaliste et islamisme politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Turquie et Qatar : le noyau idéologique islamiste</strong></h2>



<p>Dans cette configuration, la Turquie et le Qatar demeurent le cœur idéologique et politique de l’islamisme sunnite contemporain. Leur soutien assumé — ou toléré — aux Frères musulmans, leur rhétorique mobilisatrice autour de « l’unité du monde islamique » et leur instrumentalisation du conflit israélo-palestinien structurent une stratégie cohérente.</p>



<p>Les déclarations répétées du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, appelant à l’unité du monde islamique, relèvent moins d’un discours spirituel que d’une logique de puissance visant à hiérarchiser les loyautés dans un espace sunnite en recomposition. Malgré leur influence médiatique, les limites militaires et financières de l’axe turco-qatarien — accentuées par des revers en Libye ou au Soudan — freinent toutefois leur capacité à imposer un leadership régional total.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Frères musulmans : de ligne rouge à variable intégrée</strong></h2>



<p>L’un des marqueurs les plus significatifs de cette inflexion saoudienne réside dans l’évolution de son rapport aux Frères musulmans. Longtemps perçus comme une menace directe, ils apparaissent désormais moins comme un ennemi à abattre que comme un acteur incontournable du champ sunnite, porté par la Turquie et le Qatar.</p>



<p>Il ne s’agit pas d’une adhésion idéologique, mais d’une acceptation pragmatique de leur centralité, limitée à certains théâtres comme le Yémen ou la Syrie. Riyad compose avec cette réalité, en reprenant ponctuellement réseaux et codes, sans pour autant réhabiliter doctrinalement le mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Du chiisme révolutionnaire à l’islamisme sunnite en mutation</strong></h2>



<p>L’erreur majeure de nombreuses analyses occidentales consiste à croire que l’affaiblissement de l’Iran entraînerait mécaniquement un recul de l’islamisme. Or, ce qui se dessine est un déplacement de son centre de gravité.</p>



<p>L’islamisme sunnite promu par la Turquie et le Qatar se présente sous une forme plus souple, plus diplomatique, parfois plus compatible avec les codes occidentaux. Mais son socle idéologique demeure structuré par :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>une vision conflictuelle des identités,</li>



<li>une lecture binaire du monde,</li>



<li>et la désignation systématique d’Israël comme ennemi central.</li>
</ul>



<p>Changer d’acteurs ne signifie pas changer de logique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les minorités comme variable sacrificielle</strong></h2>



<p>Cette recomposition a une conséquence directe : les minorités deviennent des variables d’ajustement. Kurdes, Druzes, Alaouites, chrétiens — tous ceux qui échappent aux récits islamistes dominants sont progressivement marginalisés, souvent accusés de collusion avec Israël.</p>



<p>Cette mécanique reproduit, sous un vernis sunnite, les ressorts idéologiques jadis employés par l’axe chiite iranien : désigner Israël — et, par extension, les Juifs — comme ennemi absolu afin de souder les masses et neutraliser toute dissidence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’angle mort occidental persiste</strong></h2>



<p>Face à cette recomposition, l’Occident continue de raisonner avec des grilles dépassées. Les États-Unis restent focalisés sur l’Iran, tandis que l’Europe se laisse séduire par la normalisation diplomatique et économique de l’Arabie saoudite, sans interroger suffisamment les évolutions idéologiques en cours.</p>



<p>Cette cécité stratégique est dangereuse. Elle repose sur l’illusion qu’un islamisme chiite affaibli ouvrirait mécaniquement la voie à une stabilisation régionale, alors même qu’un islamisme sunnite en mutation occupe l’espace laissé vacant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p>Le Moyen-Orient ne sort pas de l’islamisme. Il en change les formes, les acteurs et les modalités, dans un paysage marqué par des compromis réversibles et des fractures multiples.</p>



<p>Passer du chiisme iranien à l’islamisme sunnite ne constitue pas une rupture, mais une continuité idéologique sous une autre bannière.</p>



<p>Ne pas le voir, c’est préparer les erreurs de demain avec les certitudes d’hier.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/langle-mort-de-la-politique-de-trump-quand-erdogan-theorise-la-fin-de-loccident/">L’angle mort de la politique de Trump : quand Erdogan théorise la fin de l’Occident</a></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong><a href="https://alexandrerifai.substack.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cet article s’inscrit dans une réflexion plus large que je poursuis dans ma newsletter indépendante, Notes d’Alexandre Rifai.</a></strong></p>
</blockquote>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/du-chiisme-iranien-a-lislamisme-sunnite/">De l&rsquo;islamisme chiite iranien à l’islamisme sunnite : une recomposition régionale sous-estimée</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’angle mort de la politique de Trump : quand Erdogan théorise la fin de l’Occident</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/langle-mort-de-la-politique-de-trump-quand-erdogan-theorise-la-fin-de-loccident/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 17:54:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme politique]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdogan]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le discours d’Erdogan acte la rupture avec l’Occident, tandis que Trump persiste dans une logique de deal. Une incompréhension stratégique aux lourdes conséquences. Par Faraj Alexandre Rifai. Le 7 janvier 2026, devant les cadres de <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/langle-mort-de-la-politique-de-trump-quand-erdogan-theorise-la-fin-de-loccident/" title="L’angle mort de la politique de Trump : quand Erdogan théorise la fin de l’Occident">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/langle-mort-de-la-politique-de-trump-quand-erdogan-theorise-la-fin-de-loccident/">L’angle mort de la politique de Trump : quand Erdogan théorise la fin de l’Occident</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le discours d’Erdogan acte la rupture avec l’Occident, tandis que Trump persiste dans une logique de deal. Une incompréhension stratégique aux lourdes conséquences.</strong></p>



<p>Par Faraj Alexandre Rifai. </p>



<p>Le 7 janvier 2026, devant les cadres de son parti, le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu un discours qui éclaire sans détour sa vision du monde :</p>



<p>« Le monde occidental perd progressivement, un par un, tous les arguments qu’il a utilisés pendant des années pour menacer les autres pays. Nous sommes désormais au cœur d’une lutte impitoyable pour le partage, où ceux qui ne sont pas à table se retrouvent au menu. »</p>



<p>Ce propos, prononcé dans un contexte de recomposition énergétique et géopolitique globale, ne relève pas de la simple rhétorique. Il constitue une déclaration idéologique assumée : celle d’un monde post-occidental, dominé par le rapport de force, dans lequel la Turquie entend jouer un rôle central. C’est précisément là que se situe l’angle mort majeur de la politique étrangère de Donald Trump.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Erdogan ne cherche plus à composer avec l’Occident, il en annonce le dépassement</h2>



<p>Contrairement à une lecture encore répandue à Washington, Erdogan ne négocie pas un rééquilibrage avec l’Occident. Il acte son déclin et revendique l’émergence d’un nouvel ordre, débarrassé des normes, des valeurs et des cadres hérités de l’après-guerre froide.</p>



<p>Cette vision irrigue l’ensemble de la politique étrangère turque :<br>• projection militaire et économique en Afrique,<br>• présence stratégique dans la Corne de l’Afrique,<br>• politique de confrontation en Méditerranée orientale,<br>• interventions directes au Levant, notamment en Syrie et en Libye.</p>



<p>L’anti-impérialisme revendiqué par Ankara masque mal une réalité plus brute : la Turquie mène sa propre politique impériale, sous couvert de souveraineté et de résistance à l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’angle mort idéologique : l’islamisme d’Erdogan</h2>



<p>C’est ici que la contradiction trumpienne devient structurelle.<br>Trump affirme combattre l’islamisme politique, marginaliser les Frères musulmans et assumer une ligne dure face aux réseaux islamistes. Or, Erdogan est le principal parrain étatique des Frères musulmans au Moyen-Orient. Il les protège, les accueille, les instrumentalise et les utilise comme levier d’influence régionale — de la Syrie à la Libye, du Qatar à Gaza. On ne peut durablement combattre l’islamisme sur le plan intérieur tout en traitant, sur le plan international, avec ceux qui en constituent l’ossature idéologique et organisationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trump et l’illusion du « deal »</h2>



<p>La diplomatie de Trump repose sur une logique transactionnelle : accords bilatéraux, ventes d’armes, concessions réciproques.<br>Mais Erdogan raisonne en termes de rapport de force civilisationnel.</p>



<p>Croire qu’un accord tactique pourrait réaligner la Turquie sur le camp occidental revient à ignorer ce que le président turc affirme désormais explicitement : l’Occident n’est plus un modèle à intégrer, mais un système à dépasser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le F-35 : symptôme d’un désalignement profond</h2>



<p>Le débat sur un éventuel retour de la Turquie dans le programme F-35 illustre ce malentendu. Ankara affirme que ces avions renforceraient l’OTAN. Mais le F-35 est un programme multinational intégrant des technologies critiques, notamment développées par Israël.</p>



<p>Israël a clairement indiqué que ces technologies ne seraient pas partagées avec une puissance devenue idéologiquement hostile et stratégiquement imprévisible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gaza : la ligne rouge israélienne</h2>



<p>Un autre élément explique la fermeté israélienne : la volonté affichée d’Erdogan de jouer un rôle politique et sécuritaire à Gaza.</p>



<p>Pour Israël, une présence turque à Gaza — sous couvert de médiation ou d’aide humanitaire — reviendrait à introduire un acteur islamiste hostile au cœur même de son dispositif sécuritaire. Cette perspective constitue une ligne rouge absolue.</p>



<p>Le veto israélien ne relève donc pas d’un désaccord ponctuel, mais d’un impératif sécuritaire fondamental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les S-400 : la rupture fondatrice</h2>



<p>L’achat par la Turquie des systèmes russes S-400 a marqué le point de bascule. Ce choix n’était pas technique, mais politique. Il signalait déjà la volonté d’Ankara de sortir du cadre sécuritaire occidental, quitte à en affaiblir les fondements.</p>



<p>Le discours de janvier 2026 ne fait que mettre des mots sur une trajectoire engagée depuis des années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion </h2>



<p>Erdogan ne dissimule plus sa vision du monde. Il revendique un ordre post-occidental, fondé sur l’islamisme politique, le nationalisme et le rapport de force. Trump, en persistant à croire qu’un tel acteur peut être ramené dans l’orbite occidentale par la seule logique du deal, confond transaction et alignement stratégique. La Turquie peut réclamer les F-35, invoquer l’OTAN ou se proposer à Gaza.</p>



<p>Tant qu’elle contestera l’ordre occidental tout en exigeant ses bénéfices, cette contradiction restera insoluble. L’angle mort de la politique de Trump, c’est de négocier avec un dirigeant qui a déjà changé de monde</p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/langle-mort-de-la-politique-de-trump-quand-erdogan-theorise-la-fin-de-loccident/">L’angle mort de la politique de Trump : quand Erdogan théorise la fin de l’Occident</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<title>Iran : quand les cryptomonnaies deviennent une arme géopolitique</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/iran-quand-les-cryptomonnaies-deviennent-une-arme-geopolitique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 14:27:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[cryptomonnaies]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[prolifération des armes]]></category>
		<category><![CDATA[sanctions internationales]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Financial Times révèle que l’Iran propose désormais la vente de systèmes d’armes avancés — missiles balistiques, drones, systèmes de défense aérienne et équipements navals — en échange de cryptomonnaies. Derrière cette information, se dessine <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/iran-quand-les-cryptomonnaies-deviennent-une-arme-geopolitique/" title="Iran : quand les cryptomonnaies deviennent une arme géopolitique">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le Financial Times révèle que l’Iran propose désormais la vente de systèmes d’armes avancés — missiles balistiques, drones, systèmes de défense aérienne et équipements navals — en échange de cryptomonnaies.</strong></p>



<p>Derrière cette information, se dessine bien plus qu’un simple contournement technique des sanctions internationale : c’est une <strong>mutation stratégique</strong> du commerce militaire international et une nouvelle démonstration de l’adaptabilité des régimes des Mollahs sous embargo.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse directe à l’asphyxie financière</strong></h2>



<p>Selon le <em>Financial Times</em>, cette offre serait portée par Modlex, l’organisme public iranien chargé des exportations d’armement. L’agence accepterait des paiements en actifs numériques, mais aussi sous forme de troc ou en rials iraniens, en rupture assumée avec les circuits financiers traditionnels.</p>



<p>Cette initiative intervient dans un contexte précis :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>renforcement des <strong>sanctions occidentales</strong>,</li>



<li>réactivation possible des sanctions onusiennes après l’échec des négociations nucléaires,</li>



<li>surveillance accrue des flux bancaires liés à l’Iran.</li>
</ul>



<p>Face à cette asphyxie, Téhéran choisit une stratégie pragmatique : <strong>sortir du système</strong> plutôt que tenter de s’y réintégrer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La cryptomonnaie comme outil de souveraineté parallèle</strong></h2>



<p>Le recours aux cryptomonnaies n’est pas nouveau pour l’Iran. Mais leur utilisation dans le commerce d’armes stratégiques marque un seuil inédit. La logique est claire :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>pas d’intermédiaires bancaires,</li>



<li>traçabilité réduite,</li>



<li>contournement des régulateurs occidentaux,</li>



<li>paiements rapides et transnationaux.</li>
</ul>



<p>Autrement dit, la cryptomonnaie devient un <strong>instrument de souveraineté financière alternative</strong>, au service d’une diplomatie militarisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>À qui l’Iran s’adresse-t-il ?</strong></h3>



<p>Le <em>Financial Times</em> souligne que l’Iran disposerait déjà de clients dans plus de 35 pays, principalement des États ou acteurs soumis à des sanctions, marginalisés ou hostiles à l’ordre occidental.</p>



<p>Les acheteurs potentiels seraient connus :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>États africains ou asiatiques sous pression internationale,</li>



<li>régimes autoritaires cherchant des armements sans condition politique,</li>



<li>acteurs non étatiques ou zones grises du système international.</li>
</ul>



<p>Ce modèle favorise une militarisation<strong> </strong>opaque des relations internationales, hors de tout cadre multilatéral.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’échec structurel des sanctions occidentales</strong></h2>



<p>Cette évolution met en lumière une réalité dérangeante : les sanctions, conçues pour isoler, incitent à l’innovation clandestine. Plus les mécanismes de contrôle sont stricts, plus les États visés développent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>des circuits financiers alternatifs,</li>



<li>des alliances hors Occident,</li>



<li>des modèles hybrides mêlant crypto, troc et monnaies locales.</li>
</ul>



<p>L’Iran ne fait ici que pousser à son terme une logique déjà à l’œuvre chez la Russie, la Corée du Nord ou certains réseaux pro-iraniens au Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une menace directe pour la stabilité régionale</strong></h2>



<p>Le danger n’est pas seulement financier. Il est avant tout sécuritaire. En banalisant l’usage des paiements numériques pour des ventes d’armes sophistiquées, l’Iran contribue à désarticuler les mécanismes internationaux de contrôle, à rendre les transferts toujours plus opaques, et à armer des acteurs déjà structurellement déstabilisateurs ; milices, proxies régionaux et régimes fragiles.<br>Dans un Moyen-Orient saturé de conflits, cette dérégulation accélérée du marché des armements augmente mécaniquement le risque d’une prolifération incontrôlée, hors de tout cadre politique, juridique ou sécuritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une nouvelle ère du commerce de la guerre</strong></h2>



<p>En acceptant officiellement les cryptomonnaies pour ses ventes militaires, l’Iran assume une rupture stratégique majeure : celle de l’émergence d’un marché de la guerre partiellement déconnecté de l’ordre international, affranchi des règles, des contrôles et des arbitrages occidentaux. Le message est double, et parfaitement assumé. À ses adversaires, Téhéran signifie que le régime des sanctions a atteint ses limites. À ses partenaires, il indique qu’une alternative crédible existe, hors du système financier mondial classique, pour commercer, s’armer et coopérer sans rendre de comptes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Focus Moyen-Orient.fr</h2>



<p>L’Iran ne se contente plus de contourner les règles : il contribue à en fabriquer de nouvelles, dans lesquelles la technologie financière devient une arme stratégique à part entière. Une évolution que les chancelleries occidentales auraient tort de sous-estimer.</p>



<p><a href="https://www.ft.com/content/d1ceb1a4-3493-4776-ae22-c94d76dc478f" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Source : Iran offers to sell advanced weapons systems for crypto</a></p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/">Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/iran-quand-les-cryptomonnaies-deviennent-une-arme-geopolitique/">Iran : quand les cryptomonnaies deviennent une arme géopolitique</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<title>Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 08:57:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe persique]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[régime iranien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Perspectives de chute du régime en Iran. La « Guerre des Douze Jours » de juin 2025 a brisé la colonne vertébrale de la République islamique. Aujourd’hui, alors que des protestations massives paralysent le pays, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/" title="Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/">Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Perspectives de chute du régime en Iran. La « Guerre des Douze Jours » de juin 2025 a brisé la colonne vertébrale de la République islamique. Aujourd’hui, alors que des protestations massives paralysent le pays, un Moyen-Orient plus stable et pacifié pourrait émerger d’un effondrement géré, loin des scénarios apocalyptiques agités par les conservateurs.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Iran 2025 : un régime fragilisé après la guerre et la crise économique</strong></h2>



<p>Depuis la fin de la « Guerre des Douze Jours » en juin 2025, l’Iran n’est plus le même. Les frappes israélo-américaines ont détruit une grande partie de ses défenses antiaériennes, retardé son programme nucléaire et exposé la vulnérabilité d’un régime qui se présentait comme une forteresse imprenable. Six mois plus tard, les conséquences se font sentir : effondrement économique accéléré, perte d’influence régionale et, depuis fin décembre, à nouveau, des protestations d’une ampleur inédite depuis 2022.</p>



<p>Le rial a plongé à des records historiques (plus de 1,4 million pour un dollar), l’inflation dépasse les 42 %, et les bazars de Téhéran, cœur historique de la contestation, se vident sous la grève des commerçants. Des étudiants sont dans la rue, ils bloquent des universités, des slogans anti-régime – « Ni Gaza ni Liban, ma vie pour l’Iran » ou « Mort au dictateur » – résonnent dans les rues de dizaines de villes. Le gouvernement des mollahs a ordonné la fermeture d’entreprises et d’administrations dans 21 provinces sur 31, un aveu d’impuissance face à une colère qui dépasse les seules revendications économiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La fin de l’axe iranien au Moyen-Orient</strong></h2>



<p>Ce n’est pas une simple crise conjoncturelle. C’est l’aboutissement de plusieurs revers : la décapitation du Hezbollah au Liban, l’affaiblissement du Hamas à Gaza, la chute du régime Assad en Syrie fin 2024 – coupant le corridor terrestre vers le Levant – et, surtout, l’humiliation militaire de juin 2025. L’Iran, qui contrôlait autrefois quatre capitales arabes via son « Axe de la Résistance », se retrouve isolé, affaibli et contesté de l’intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>Chute du régime iranien : quelles conséquences régionales ?</strong></strong></h2>



<p>Une chute du régime des mollahs – scénario de plus en plus plausible, selon des analystes comme ceux de l’Institute for Science and International Security ou de Foreign Affairs – redessinerait profondément le Moyen-Orient, mais pas nécessairement dans le chaos que prédisent certains réticents, reprenant de facto la rhétorique du régime. Au contraire, une transition gérée, soutenue par l’opposition unifiée et l’aide internationale, pourrait mener à une stabilité accrue.</p>



<p>D’abord, une paix relative s’installerait. Sans le financement iranien, le Hezbollah rentrerait dans le rang libanais, devenant une force politique comme les autres plutôt qu’un État dans l’État. Les Houthis au Yémen perdraient leur principal soutien logistique, réduisant les menaces en mer Rouge. Le Hamas, déjà laminé, verrait ses capacités de reconstitution limitées. Israël, ayant brisé le tabou des frappes directes sur le sol iranien, consoliderait sa supériorité aérienne régionale, favorisant une stabilisation des frontières nord et est.</p>



<p>Les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, y verraient une opportunité historique. Les Accords d’Abraham pourraient s’élargir, intégrant potentiellement une Syrie post-Assad normalisée et un Liban reconstruit. La Turquie, bien que gagnante à court terme (comblant partiellement le vide), ferait face à une concurrence accrue pour l’influence sunnite. Comme l’explique l’économiste Nouriel Roubini, un effondrement du régime boosterait la stabilité régionale, permettant une normalisation diplomatique entre Israël et l’Arabie saoudite, et ouvrant la voie à une solution plus rapide du conflit israélo-palestinien.</p>



<p>Si certains pessimistes parient sur les risques – balkanisation ethnique, insécurité nucléaire, perturbation du détroit d’Ormuz ou flux migratoires – ces risques sont exagérés par ceux qui préfèrent un régime affaibli mais prévisible. En réalité, une transition bien gérée les minimise. L’opposition, unifiée autour de figures comme Reza Pahlavi ou le Conseil national de la résistance iranienne, propose un conseil exécutif transitoire intégrant des leaders d’opposition, des technocrates de la diaspora et même des défecteurs du régime pour assurer une continuité administrative sur 100 jours.</p>



<p>Des modèles fédéraux pourraient intégrer les minorités kurdes, azéries, baloutches ou arabes, évitant toute fragmentation en favorisant l’autonomie locale sans indépendance. Historiquement, les Iraniens préfèrent la stabilité à la division, comme le montrent les sondages indiquant un rejet massif de la théocratie (85 % moins religieux en 2024).</p>



<p>Sur le nucléaire, les stocks d’uranium enrichi (près de 400 kg selon l’Agence internationale de l’énergie atomique) ne tomberaient pas nécessairement entre de mauvaises mains : une nouvelle gouvernance non nucléaire, soutenue par l’Occident, sécuriserait les sites, et les frappes de 2025 ont déjà retardé le programme de plusieurs années.</p>



<p>Cela n’accélérerait pas la prolifération chez l’Arabie saoudite ou la Turquie ; au contraire, un Iran dénucléarisé apaiserait les tensions régionales. Économiquement, le détroit d’Ormuz ne serait pas perturbé durablement : même pendant la guerre de 2025, l’Iran a évité de le fermer pour ne pas aggraver sa propre crise, et une nouvelle administration, tournée vers le commerce, stabiliserait les flux pétroliers pour attirer investissements et aide internationale.</p>



<p>Quant aux migrations, elles resteraient limitées si la transition maintient les services essentiels (eau, électricité, aide humanitaire), comme le préconisent plusieurs think tanks : focus inward sur la reconstruction plutôt que sur l’exode.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et pour l’Occident ?</strong></h2>



<p>L’administration Trump, qui a revendiqué les frappes de juin, verrait une victoire stratégique : affaiblissement d’un adversaire sans intervention terrestre. L’Europe, souvent critique des actions unilatérales, pourrait jouer un rôle clé en soutenant la transition via des sanctions ciblées sur l’IRGC, du financement pour la société civile et des outils numériques (VPN, Starlink) pour amplifier l’opposition. Un Moyen-Orient sans l’ombre iranienne ouvrirait des opportunités : reconstruction du Liban, stabilisation de la Syrie, relance des négociations sur Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers un printemps iranien ?</strong></h2>



<p>Le régime, malgré son âge (Khamenei, 86 ans, affaibli), dispose encore de forces répressives loyales. Mais la base sociale s’effrite : même parmi les classes moyennes autrefois fidèles, la frustration domine. Les slogans monarchistes ou appelant à la liberté montrent un rejet profond de l’idéologie khomeiniste.</p>



<p>Si le régime tombe, ce ne sera pas par une intervention extérieure, mais par l’usure interne – comme en Syrie pour Assad. L’issue dépendra de la capacité de l’opposition (exilée ou intérieure) à proposer une alternative crédible : une république démocratique laïque, respectueuse des minorités, pourrait stabiliser le pays et pacifier la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Focus Moyen-Orient.fr</h2>



<p>2026 s’ouvre sur un Moyen-Orient en mutation accélérée. La chute potentielle de Téhéran n’est pas une fin, mais un début : celui d’une ère post-islamiste révolutionnaire. </p>



<p>Aller plus loin : <a href="https://henryjacksonsociety.org/wp-content/uploads/2025/08/HJS-Regime-Collapse-in-Iran-Report-web.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Regime collapse in Iran: a necessity for regional stability?</a></p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/moyen-orient-2025-axes-rivalites-de-puissances/">Moyen-Orient 2025 : la fin des axes, le retour des rivalités de puissances</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/">Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<title>Arabie saoudite – Émirats arabes unis : une alliance qui se défait ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/alliance-arabie-saoudite-emirats-arabes-unis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 2025 14:54:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Rivalités régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant des années, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont été présentés comme un binôme indissociable, moteur du Golfe et pilier de l’ordre sunnite régional. L’enquête publiée par le Financial Times vient fissurer ce <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/alliance-arabie-saoudite-emirats-arabes-unis/" title="Arabie saoudite – Émirats arabes unis : une alliance qui se défait ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Pendant des années, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont été présentés comme un binôme indissociable, moteur du Golfe et pilier de l’ordre sunnite régional. L’enquête publiée par le <em>Financial Times</em> vient fissurer ce récit trop lisse. Elle ne révèle pas une crise soudaine, mais met en lumière un <strong>désalignement stratégique</strong>, longtemps masqué par l’apparence de l’unité.</p>



<p>L’intérêt de l’article n’est pas tant l’épisode déclencheur qu’il décrit que ce qu’il expose en creux : la fin d’une convergence devenue artificielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un incident révélateur, pas fondateur</strong></h2>



<p>Le <em>Financial Times</em> part d’un fait précis sur le théâtre yéménite — une affaire de cargaison militaire, interprétée par Riyad comme un soutien émirati à des forces séparatistes du sud. Mais l’article évite le piège du sensationnalisme. Il montre que cet épisode n’a pas créé la rupture ; il l’a <strong>rendue visible</strong>.</p>



<p>La réaction saoudienne, inhabituelle par sa fermeté, marque un seuil symbolique : celui où un partenaire stratégique cesse d’être perçu comme un allié aux méthodes discutables, pour devenir un acteur poursuivant ses propres objectifs, au détriment des équilibres saoudiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux trajectoires qui s’éloignent</strong></h2>



<p>L’enquête du <em>Financial Times</em> suggère surtout que Riyad et Abou Dhabi ne regardent plus le Moyen-Orient avec les mêmes lunettes.</p>



<p>D’un côté, l’Arabie saoudite cherche à consolider son statut de puissance centrale, garante d’un certain ordre régional, même imparfait. Elle raisonne en termes de stabilité frontalière, de hiérarchie politique et de contrôle à long terme.</p>



<p>De l’autre, les Émirats arabes unis privilégient une logique plus opérationnelle : influence par réseaux, partenariats locaux, maîtrise de points stratégiques. Cette approche, longtemps complémentaire de celle de Riyad, est devenue concurrente à mesure que les ambitions des deux capitales se sont affirmées. L’article ne force pas le trait, mais laisse apparaître une évidence : <strong>les deux modèles ne convergent plus</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Yémen comme miroir du Golfe</strong></h2>



<p>L&rsquo;e mérite du &lsquo;enquête du <em>Financial Times</em> replace le Yémen dans une perspective plus large. Le conflit y apparaît moins comme une exception que comme un laboratoire des rivalités intra-golfe. Ce qui s’y joue — fragmentation, acteurs locaux autonomes, stratégies parallèles — reflète l’évolution du Conseil de coopération du Golfe lui-même. Derrière le discours officiel d’unité, les intérêts nationaux ont repris le dessus, sans coordination réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une lecture utile pour les capitales occidentales</strong></h2>



<p>En filigrane, l’article du <em>Financial Times</em> s’adresse aussi aux décideurs occidentaux. Il déconstruit l’idée d’un « bloc du Golfe » cohérent, capable de porter une ligne commune sur les crises régionales. Cette lecture est désormais obsolète. Le Golfe est entré dans une phase de <strong>compétition feutrée</strong>, où les alliances sont plus tactiques que structurantes, et où la solidarité proclamée masque de moins en moins les divergences réelles.</p>



<p>Sans dramatiser ni surjouer la rupture, l’article du <em>Financial Times</em> acte une évolution majeure : la relation saoudo-émiratie n’est plus un socle, mais une variable. Elle dépend désormais des dossiers, des intérêts et des rapports de force du moment.</p>



<p>Pour le Moyen-Orient, c’est un signal clair : l’ère des axes stables cède la place à celle des puissances régionales autonomes, parfois alignées, souvent concurrentes — et toujours pragmatiques.</p>



<p><a href="https://www.ft.com/content/2097d5e6-5e59-4af8-bcda-3707d8e9f9ef?utm_social_post_id=638897964&amp;utm_social_handle_id=18949452" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>L&rsquo;enquête du</em> <strong>Financial Times</strong></a></p>



<p>Lire aussi : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://moyen-orient.fr/pacte-usa-arabie-qui-redessine-le-moyen-orient/">Le pacte géant USA–Arabie qui redessine le Moyen-Orient</a></li>



<li><a href="https://moyen-orient.fr/vision-2071-emirats-arabes-unis/">Vision 2071 : l’avenir à cent ans des Émirats arabes unis</a></li>
</ul>
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		<title>Syrie, Liban : la paix avec Israël, nouvel horizon au Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/syrie-liban-la-paix-avec-israel-nouvel-horizon-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 16:17:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient 2025]]></category>
		<category><![CDATA[normalisation Israël]]></category>
		<category><![CDATA[paix au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[relations israélo-arabes]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps impensable, souvent instrumentalisée, la paix avec Israël s’impose aujourd’hui comme une question centrale au Levant. Non par adhésion idéologique, mais par contrainte stratégique. En Syrie comme au Liban, la stabilisation régionale, la reconstruction et <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/syrie-liban-la-paix-avec-israel-nouvel-horizon-au-moyen-orient/" title="Syrie, Liban : la paix avec Israël, nouvel horizon au Moyen-Orient">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Longtemps impensable, souvent instrumentalisée, la paix avec Israël s’impose aujourd’hui comme une question centrale au Levant. Non par adhésion idéologique, mais par contrainte stratégique. En Syrie comme au Liban, la stabilisation régionale, la reconstruction et même la survie de l’État passent désormais par une remise en cause d’un tabou fondateur.</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tabou historique qui se fissure</strong></h2>



<p>Pendant des décennies, la paix avec Israël a été reléguée au rang d’hérésie politique dans le discours syrien et libanais. Elle était dénoncée publiquement, tout en étant gérée de facto sur le plan sécuritaire. Ce double langage a longtemps structuré le Levant.</p>



<p>Mais le contexte a changé.</p>



<p>La guerre syrienne a épuisé les sociétés, ruiné les économies et révélé l’inanité des slogans hérités. La question israélienne ainsi que le rejet ne disparaissent pas — lls changent de statut. La question devient un <strong>dossier stratégique</strong>, non plus un mythe mobilisateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Syrie : la paix comme condition de la sortie de l’isolement</strong></h2>



<p>La Syrie d’après-guerre se reconstruit sous pression internationale. Et cette pression est aujourd’hui explicite.</p>



<p>Washington, sous l’impulsion de Donald Trump, a clairement lié la levée progressive des sanctions à des <strong>engagements sécuritaires concrets</strong> de Damas. Parmi eux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la désescalade durable avec Israël,</li>



<li>la fin de toute permissivité envers des acteurs hostiles opérant depuis le territoire syrien comme Daech,</li>



<li>la stabilisation stricte du front sud.</li>
</ul>



<p>Il ne s’agit pas d’un traité de paix formel imposé de l’extérieur, mais d’un <strong>préalable politique clair</strong> : sans apaisement sécuritaire avec Israël, il n’y aura pas se véritable reconstruction crédible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une évolution silencieuse du discours syrien</strong></h2>



<p>La rue syrienne reste hostile à Israël. Ce rejet est réel, nourri par des décennies de propagande et par une mémoire collective façonnée par le conflit. Mais un phénomène nouveau mérite attention : <strong>l’émergence de voix syriennes favorables à la paix</strong>, ou du moins à une normalisation pragmatique. Ces voix s’expriment rarement dans l’espace public, mais elles circulent dans les cercles intellectuels, économiques et politiques y compris proches du régime islamiste d’Ahmed al-Sharaa.</p>



<p>Chez nombre de ses soutiens, une conviction progresse : <em>la reconstruction de la nouvelle Syrie passera, tôt ou tard, par la paix avec Israël.</em></p>



<p>Non par adhésion affective, mais par calcul rationnel. Un État détruit, sous sanctions, ne peut se permettre un conflit latent avec la première puissance militaire régionale. La paix devient ici un <strong>outil de reconstruction</strong>, non un reniement idéologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Golan : d’icône figée à dossier pragmatique</strong></h2>



<p>Le dossier du Golan reste symboliquement explosif, mais il n’est plus traité comme un absolu intangible. Dans les faits, ce front est l’un des plus calmes de la région depuis des décennies.</p>



<p>Dans les cercles proches du pouvoir syrien, poussés par les Américains, l’idée progresse qu’un <strong>arrangement sécuritaire durable</strong>, même imparfait, vaut mieux qu’un conflit gelé sans horizon politique. Dans l&rsquo;état actuel des choses, la Syrie n&rsquo;a pas les moyens pour ouvrir un tel débat, encore moins un tel front. La reconstruction est l&rsquo;objectif primordial. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Liban face à ses contradictions</strong></h2>



<p>Si la Syrie avance vers une normalisation sécuritaire avec Israël, le Liban sera immédiatement confronté à un choc politique interne.</p>



<p>Officiellement en guerre avec Israël, le Liban n’en contrôle ni les leviers militaires ni les décisions stratégiques. Cette situation a permis l’installation durable d’un état d’exception, justifié par un conflit sans fin.</p>



<p>Une paix régionale poserait une question brutale : <strong>au nom de quoi le Liban resterait-il enfermé dans une logique de confrontation que ses voisins cherchent à dépasser ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un séisme politique plus qu’un tournant diplomatique</strong></h2>



<p>Pour le Liban, la paix avec Israël serait d&rsquo;abord une épreuve de vérité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la réalité de la souveraineté de l’État,</li>



<li>le rôle du Hezbollah et la capacité de le désarmer</li>
</ul>



<p>En contrepartie, elle ouvrirait des perspectives concrètes : stabilisation du Sud, désescalade durable, intégration économique régionale. Mais ces gains supposent un courage politique que le système libanais peine à produire pour l&rsquo;instant. </p>



<p>Paradoxalement, la paix avec Israël est moins taboue au Liban qu’en Syrie. Et pourtant, le pays demeure incapable de s’engager sur cette voie, prisonnier d’un conflit qu’il ne maîtrise pas, et otage d’une logique de confrontation entretenue par des acteurs armés agissant comme proxies régionaux, au premier rang desquels le Hezbollah.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand la paix devient un calcul de survie</strong></h2>



<p>En Syrie comme au Liban, la paix avec Israël cesse progressivement d’être un tabou, même si l&rsquo;on ne peut que douter encore de la sincérité ou de la capacité des gouvernements syriens et libanais à la concrétiser. Elle n’est plus un horizon idéologique ni repoussoir complet : elle devient un calcul de survie nationale et un enjeu de reconstruction. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr : une rupture de logiciel</strong></h2>



<p>La paix avec Israël ne résoudra pas tous les drames du Levant. Elle n’effacera ni les blessures, ni les mémoires, ni les fractures internes. Mais elle ferait tomber un verrou stratégique majeur. </p>



<p>En Syrie, elle s’impose progressivement comme une option rationnelle. Au Liban, elle poserait la question que tout le monde évite : peut-on encore différer indéfiniment la paix sans sacrifier l’avenir ?</p>



<p>En réalité, la paix, ne doit pas rester un slogan. Elle doit être une <strong>rupture de logiciel</strong>, et donc un test de maturité politique. </p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/hydro-paix-israel-golfe-2025/">Hydro-paix 2025 : quand la soif rapproche Israël et le Golfe</a></p>
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		<title>Moyen-Orient 2025 : la fin des axes, le retour des rivalités de puissances</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/moyen-orient-2025-axes-rivalites-de-puissances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Dec 2025 11:41:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Puissances intermédiaires]]></category>
		<category><![CDATA[Rivalités régionales]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fin de l’année 2025 marque un tournant stratégique au Moyen-Orient. Les grands axes idéologiques cèdent la place à des rivalités de puissances intermédiaires, diffuses mais structurantes. Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/moyen-orient-2025-axes-rivalites-de-puissances/" title="Moyen-Orient 2025 : la fin des axes, le retour des rivalités de puissances">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La fin de l’année 2025 marque un tournant stratégique au Moyen-Orient. Les grands axes idéologiques cèdent la place à des rivalités de puissances intermédiaires, diffuses mais structurantes. Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Iran s’affrontent désormais sur plusieurs théâtres simultanément — de la Méditerranée orientale à la Corne de l’Afrique — dans une logique de compétition permanente, souvent indirecte, toujours instable.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un Moyen-Orient fragmenté, sans axe dominant</strong></h2>



<p>Le Moyen-Orient n’est plus organisé autour d’un clivage lisible, opposant sunnites et chiites, pro-Occident et anti-Occident, ou encore « modérés » et « radicaux ». Ces grilles de lecture ont perdu leur capacité explicative. La région est désormais structurée par des conflits d’architecture régionale, où chaque acteur cherche avant tout à verrouiller des routes maritimes, des zones tampons, des relais locaux et des positions militaires clés.</p>



<p>Ce nouvel équilibre repose sur des puissances intermédiaires capables de nuisance et de projection, mais incapables d’imposer un ordre régional durable. Aucun acteur ne domine, aucun ne stabilise. Tous cherchent à empêcher l’autre de s’imposer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Israël–Turquie : une rivalité stratégique désormais globale</strong></h2>



<p>La rivalité entre Israël et la Turquie s’est nettement intensifiée en 2025. Elle ne se limite plus aux tensions diplomatiques ou à la question palestinienne. Elle est devenue structurelle, multisectorielle et géographiquement étendue. En Méditerranée orientale, Israël renforce son axe stratégique avec la Grèce et Chypre, marginalisant Ankara sur les dossiers énergétiques et sécuritaires. Sur le plan diplomatique, la Turquie se retrouve exclue des derniers formats de discussion autour de Gaza, malgré son activisme constant et son ambition affichée de jouer un rôle central.</p>



<p>Sur le plan militaire, le déploiement de systèmes radar turcs en Syrie est perçu à Jérusalem comme une tentative de surveillance et de dissuasion indirecte. Dans le même temps, Israël cherche à freiner l’accès de la Turquie au programme F-35, considérant qu’un tel saut capacitaire créerait un déséquilibre stratégique majeur. Sur le terrain syrien enfin, Israël soutient discrètement certaines communautés locales, notamment druzes, dans une logique de containment simultané de l’influence iranienne et de l’expansion turque.</p>



<p>Il ne s’agit pas d’un conflit idéologique. C’est une rivalité de puissance classique, territoriale, maritime et sécuritaire, appelée à durer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Somaliland : un coup géopolitique israélien dans la Corne de l’Afrique</strong></h2>



<p>La reconnaissance du Somaliland par Israël constitue l’un des gestes géopolitiques les plus significatifs de l’année. Ce choix n’a rien de symbolique. Il répond à une logique stratégique précise. Sur le plan sécuritaire, le Somaliland offre un accès indirect au détroit de Bab el-Mandeb, axe vital du commerce mondial et point névralgique pour la sécurité maritime israélienne. Sur le plan géopolitique, cette reconnaissance affaiblit frontalement la stratégie turque en Somalie, où Ankara soutient Mogadiscio et multiplie bases militaires et accords sécuritaires.</p>



<p>Sur le plan diplomatique enfin, Israël démontre sa capacité à agir bien au-delà de son environnement immédiat, dans une logique de projection périphérique assumée. Pour la Turquie, c’est un revers net. Pour Israël, un message clair : la compétition régionale ne se joue plus uniquement au Levant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Arabie saoudite : glissement tactique ou désorientation stratégique ?</strong></h2>



<p>L’attitude récente de l’Arabie saoudite soulève de lourdes interrogations. Au sud du Yémen, des forces engagées depuis 2015 contre les Houthis et AQAP accusent désormais l’aviation saoudienne de les avoir frappées alors qu’elles combattaient également le parti islamiste Islah, proche des Frères musulmans. Ce signal est révélateur d’un glissement préoccupant. Riyad semble réviser ses priorités sécuritaires, tolérer certains acteurs islamistes sunnites et s’éloigner de son alignement stratégique avec Abou Dhabi dans le sud yéménite.</p>



<p>Ce repositionnement rapproche objectivement l’Arabie saoudite de l’axe Qatar–Turquie–islamistes, non par adhésion idéologique mais par calcul tactique. Une stratégie à haut risque, qui fragilise la cohérence régionale du royaume et brouille ses lignes rouges historiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rivalités croisées : une région en compétition permanente</strong></h2>



<p>La fin de 2025 est marquée par une multiplication de conflits indirects et de rivalités croisées. Au Soudan, les Émirats arabes unis s’opposent à un axe saoudo-égyptien. En Libye, la Turquie affronte indirectement les Émirats. En Syrie, Ankara et Israël se font face sur fond d’influence iranienne. Au sud du Yémen, Riyad et Abou Dhabi poursuivent des stratégies de plus en plus divergentes. En Somalie et au Somaliland, la Turquie et Israël se disputent influence, accès portuaires et relais locaux.</p>



<p>Ces conflits ne visent pas la victoire totale. Ils cherchent le contrôle durable des équilibres locaux et l’empêchement réciproque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Iran : affaibli, mais toujours perturbateur</strong></h2>



<p>Malgré une série de revers en 2025, l’Iran n’a pas disparu du jeu régional. Son rôle a évolué. Moins de domination directe, davantage de stratégie d’obstruction. Téhéran ne cherche plus nécessairement à imposer un ordre, mais à maintenir un niveau de tension suffisant pour empêcher toute stabilisation durable. L’Iran ne gagne pas. Mais il empêche les autres de gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p><strong>Le Moyen-Orient entre dans une ère de conflictualité permanente </strong></p>



<p>Le Moyen-Orient de 2025 n’est ni stabilisé ni multipolaire au sens classique. Il est fragmenté, concurrentiel et instable, dominé par des puissances intermédiaires agissant sans cadre collectif. Israël avance avec une cohérence stratégique assumée. La Turquie multiplie les fronts au risque de l’isolement. L’Arabie saoudite hésite dangereusement. Les Émirats consolident patiemment. L’Iran sabote sans reconstruire.</p>



<p>Et l’Occident, une fois encore, observe sans comprendre, confondant médiation, réalisme et renoncement.</p>
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		<title>Gaza : le Qatar et la Turquie à la manœuvre derrière le cessez-le-feu</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/gaza-qatar-turquie-cessez-le-feu-jeu-influence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 08:18:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Cessez-le-feu]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les États-Unis évoquent une transition de gouvernance et une force internationale de stabilisation à Gaza, le flou diplomatique ouvre un espace aux manœuvres régionales. Derrière les discours de cessez-le-feu, le Qatar et la <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/gaza-qatar-turquie-cessez-le-feu-jeu-influence/" title="Gaza : le Qatar et la Turquie à la manœuvre derrière le cessez-le-feu">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><br><strong>Alors que les États-Unis évoquent une transition de gouvernance et une force internationale de stabilisation à Gaza, le flou diplomatique ouvre un espace aux manœuvres régionales. Derrière les discours de cessez-le-feu, le Qatar et la Turquie cherchent à imposer leur propre agenda, en conditionnant toute évolution à un rôle central d’Ankara — y compris militaire. Un jeu d’influence qui interroge la réalité du désarmement du Hamas et les équilibres stratégiques de l’après-guerre.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une transition américaine encore largement théorique</strong></h2>



<p>Selon des informations relayées par <strong>Reuters</strong>, l’administration américaine travaille sur un schéma d&rsquo;accélération de la transition pour Gaza associant un conseil international, des technocrates palestiniens et, potentiellement, une force étrangère chargée de la stabilisation. Le secrétaire d’État <strong>Marco Rubio</strong> reconnaît lui-même que le statu quo n’est plus tenable, tout en admettant que rien n’est arrêté.</p>



<p>Washington explore différentes pistes, allant jusqu’à sonder certains partenaires, dont le Pakistan, pour une participation éventuelle à une force de stabilisation. Mais aucun engagement formel n’a été pris. Cette prudence révèle une réalité centrale : à ce stade, il ne s’agit pas d’un plan opérationnel, mais d’une intention politique, encore fragile, exposée aux agendas concurrents des acteurs régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Hamas et l’illusion d’un désarmement négocié</strong></h2>



<p>C’est précisément dans ce flou que s’insèrent les initiatives du Qatar et de la Turquie. Selon plusieurs sources impliquées dans les <a href="https://www.axios.com/2025/12/18/witkoff-miami-gaza-deal-turkey-qatar-egypt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discussions en cours aux États-Unis,</a> le <strong>Hamas</strong> se dirait prêt à envisager un désarmement partiel, à une condition essentielle :<strong> le déploiement de troupes turques à Gaza</strong> dans le cadre d’une force internationale de stabilisation.</p>



<p>La proposition est révélatrice. Aux yeux du Hamas, la présence militaire turque offrirait une garantie suffisante pour conserver une liberté de manœuvre politique et sécuritaire dans l’enclave. Autrement dit, il ne s’agirait pas d’un désarmement réel, mais d’un aménagement tactique destiné à assurer la survie du mouvement sous une nouvelle couverture régionale.</p>



<p>Cette approche est présentée par certains intermédiaires comme la seule capable de « mettre le Hamas en confiance », la Turquie étant décrite comme l’unique acteur en mesure d’initier un processus de reddition des armes. Une affirmation contestée par de nombreux observateurs, qui y voient surtout une tentative de reconditionnement politique de l’islamisme armé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle central — et partisan — du Qatar</strong></h2>



<p>Dans cette dynamique, le <strong>Qatar</strong> apparaît moins comme un médiateur impartial que comme un acteur engagé. Doha agirait à la fois comme facilitateur diplomatique, soutien financier et relais d’influence auprès de partenaires arabes, européens et occidentaux, dans le but de rendre acceptable la présence turque à Gaza.</p>



<p>L’enjeu dépasse largement la question humanitaire ou administrative. Il s’agit de redéfinir les équilibres régionaux, en faisant basculer Gaza d’un ancrage historiquement lié à l’axe iranien vers un nouvel ensemble sunnite structuré autour d’Ankara. Cette recomposition n’a rien d’un processus de pacification ; elle s’inscrit dans une logique de substitution d’influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Turquie et le risque d’un ancrage durable à Gaza</strong></h2>



<p>La perspective d’un déploiement militaire turc soulève une inquiétude majeure : celle d’une présence appelée à durer. L’idéologie néo-ottomane, assumée par les dirigeants actuels d’Ankara, confère à Gaza une valeur symbolique et stratégique particulière. La perte de la Palestine par l’Empire ottoman en 1917 demeure une référence récurrente dans la rhétorique turque, et l’enclave côtière est parfois présentée comme un point d’entrée historique.</p>



<p>Dans ce contexte, accueillir des troupes turques sous couvert de stabilisation reviendrait à installer un nouvel acteur militaire permanent, sans garantie de retrait, et à transformer Gaza en zone d’influence stratégique. La stabilisation annoncée risquerait alors de se muer en gel du conflit, au profit d’intérêts régionaux extérieurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que ce scénario impliquerait concrètement pour Israël</strong></h2>



<p>Du point de vue israélien, ce schéma poserait des problèmes majeurs. Un désarmement partiel du Hamas sous protection turque permettrait au mouvement de survivre politiquement, de conserver son appareil idéologique et son contrôle social, tout en bénéficiant d’une forme de normalisation internationale. L’objectif central de la guerre — éliminer le Hamas comme force politico-militaire — serait ainsi contourné.</p>



<p>La présence de troupes turques à Gaza constituerait en outre une ligne rouge sécuritaire. Elle réduirait considérablement la liberté d’action militaire israélienne et transformerait toute intervention future en incident international potentiel entre Israël et la <strong>Turquie</strong>. Gaza deviendrait une zone sanctuarisée, non démilitarisée, où la dissuasion serait affaiblie.</p>



<p>Ce scénario ne supprimerait pas la menace islamiste ; il la déplacerait. Israël passerait d’un adversaire soutenu par l’Iran à un mouvement protégé par un membre de l’OTAN, complexifiant dangereusement l’équation stratégique. Pire encore, accepter ce modèle reviendrait à légitimer l’idée qu’une organisation armée peut obtenir une reconnaissance politique après un massacre, créant un précédent lourd de conséquences pour la dissuasion régionale.</p>



<p>Enfin, un tel arrangement pourrait faire jurisprudence. Ce qui serait toléré à Gaza pourrait être revendiqué demain au Liban, sous couvert de forces internationales ou régionales, affaiblissant durablement la capacité d’Israël à contenir le <strong>Hezbollah</strong> sur son front nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stabilisation de façade, une recomposition réelle</strong></h2>



<p>Derrière les mots de cessez-le-feu et de transition, l’écart entre l’intention affichée et la réalité du terrain demeure profond. La gouvernance de Gaza ne se joue pas uniquement sur des schémas administratifs, mais sur des rapports de force idéologiques, militaires et régionaux.</p>



<p>Sous couvert de paix, c’est bien l’avenir stratégique de Gaza qui se négocie aujourd’hui : la survie politique du Hamas, la redistribution des parrainages régionaux et l’équilibre sécuritaire d’Israël. La stabilisation ne se décrète pas. Elle se construit — ou se compromet — par les choix faits maintenant.</p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/gaza-qatar-turquie-cessez-le-feu-jeu-influence/">Gaza : le Qatar et la Turquie à la manœuvre derrière le cessez-le-feu</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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