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	<title>syrie | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
	<lastBuildDate>Sat, 03 Jan 2026 14:05:32 +0000</lastBuildDate>
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	<title>syrie | Moyen-Orient.fr</title>
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		<title>Syrie, Liban : la paix avec Israël, nouvel horizon au Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/syrie-liban-la-paix-avec-israel-nouvel-horizon-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 16:17:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient 2025]]></category>
		<category><![CDATA[normalisation Israël]]></category>
		<category><![CDATA[paix au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[relations israélo-arabes]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps impensable, souvent instrumentalisée, la paix avec Israël s’impose aujourd’hui comme une question centrale au Levant. Non par adhésion idéologique, mais par contrainte stratégique. En Syrie comme au Liban, la stabilisation régionale, la reconstruction et <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/syrie-liban-la-paix-avec-israel-nouvel-horizon-au-moyen-orient/" title="Syrie, Liban : la paix avec Israël, nouvel horizon au Moyen-Orient">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Longtemps impensable, souvent instrumentalisée, la paix avec Israël s’impose aujourd’hui comme une question centrale au Levant. Non par adhésion idéologique, mais par contrainte stratégique. En Syrie comme au Liban, la stabilisation régionale, la reconstruction et même la survie de l’État passent désormais par une remise en cause d’un tabou fondateur.</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tabou historique qui se fissure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des décennies, la paix avec Israël a été reléguée au rang d’hérésie politique dans le discours syrien et libanais. Elle était dénoncée publiquement, tout en étant gérée de facto sur le plan sécuritaire. Ce double langage a longtemps structuré le Levant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le contexte a changé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre syrienne a épuisé les sociétés, ruiné les économies et révélé l’inanité des slogans hérités. La question israélienne ainsi que le rejet ne disparaissent pas — lls changent de statut. La question devient un <strong>dossier stratégique</strong>, non plus un mythe mobilisateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Syrie : la paix comme condition de la sortie de l’isolement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Syrie d’après-guerre se reconstruit sous pression internationale. Et cette pression est aujourd’hui explicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington, sous l’impulsion de Donald Trump, a clairement lié la levée progressive des sanctions à des <strong>engagements sécuritaires concrets</strong> de Damas. Parmi eux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la désescalade durable avec Israël,</li>



<li>la fin de toute permissivité envers des acteurs hostiles opérant depuis le territoire syrien comme Daech,</li>



<li>la stabilisation stricte du front sud.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas d’un traité de paix formel imposé de l’extérieur, mais d’un <strong>préalable politique clair</strong> : sans apaisement sécuritaire avec Israël, il n’y aura pas se véritable reconstruction crédible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une évolution silencieuse du discours syrien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rue syrienne reste hostile à Israël. Ce rejet est réel, nourri par des décennies de propagande et par une mémoire collective façonnée par le conflit. Mais un phénomène nouveau mérite attention : <strong>l’émergence de voix syriennes favorables à la paix</strong>, ou du moins à une normalisation pragmatique. Ces voix s’expriment rarement dans l’espace public, mais elles circulent dans les cercles intellectuels, économiques et politiques y compris proches du régime islamiste d’Ahmed al-Sharaa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez nombre de ses soutiens, une conviction progresse : <em>la reconstruction de la nouvelle Syrie passera, tôt ou tard, par la paix avec Israël.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non par adhésion affective, mais par calcul rationnel. Un État détruit, sous sanctions, ne peut se permettre un conflit latent avec la première puissance militaire régionale. La paix devient ici un <strong>outil de reconstruction</strong>, non un reniement idéologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Golan : d’icône figée à dossier pragmatique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier du Golan reste symboliquement explosif, mais il n’est plus traité comme un absolu intangible. Dans les faits, ce front est l’un des plus calmes de la région depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les cercles proches du pouvoir syrien, poussés par les Américains, l’idée progresse qu’un <strong>arrangement sécuritaire durable</strong>, même imparfait, vaut mieux qu’un conflit gelé sans horizon politique. Dans l&rsquo;état actuel des choses, la Syrie n&rsquo;a pas les moyens pour ouvrir un tel débat, encore moins un tel front. La reconstruction est l&rsquo;objectif primordial. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Liban face à ses contradictions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la Syrie avance vers une normalisation sécuritaire avec Israël, le Liban sera immédiatement confronté à un choc politique interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement en guerre avec Israël, le Liban n’en contrôle ni les leviers militaires ni les décisions stratégiques. Cette situation a permis l’installation durable d’un état d’exception, justifié par un conflit sans fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une paix régionale poserait une question brutale : <strong>au nom de quoi le Liban resterait-il enfermé dans une logique de confrontation que ses voisins cherchent à dépasser ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un séisme politique plus qu’un tournant diplomatique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Liban, la paix avec Israël serait d&rsquo;abord une épreuve de vérité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la réalité de la souveraineté de l’État,</li>



<li>le rôle du Hezbollah et la capacité de le désarmer</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En contrepartie, elle ouvrirait des perspectives concrètes : stabilisation du Sud, désescalade durable, intégration économique régionale. Mais ces gains supposent un courage politique que le système libanais peine à produire pour l&rsquo;instant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, la paix avec Israël est moins taboue au Liban qu’en Syrie. Et pourtant, le pays demeure incapable de s’engager sur cette voie, prisonnier d’un conflit qu’il ne maîtrise pas, et otage d’une logique de confrontation entretenue par des acteurs armés agissant comme proxies régionaux, au premier rang desquels le Hezbollah.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand la paix devient un calcul de survie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Syrie comme au Liban, la paix avec Israël cesse progressivement d’être un tabou, même si l&rsquo;on ne peut que douter encore de la sincérité ou de la capacité des gouvernements syriens et libanais à la concrétiser. Elle n’est plus un horizon idéologique ni repoussoir complet : elle devient un calcul de survie nationale et un enjeu de reconstruction. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr : une rupture de logiciel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La paix avec Israël ne résoudra pas tous les drames du Levant. Elle n’effacera ni les blessures, ni les mémoires, ni les fractures internes. Mais elle ferait tomber un verrou stratégique majeur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En Syrie, elle s’impose progressivement comme une option rationnelle. Au Liban, elle poserait la question que tout le monde évite : peut-on encore différer indéfiniment la paix sans sacrifier l’avenir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, la paix, ne doit pas rester un slogan. Elle doit être une <strong>rupture de logiciel</strong>, et donc un test de maturité politique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/hydro-paix-israel-golfe-2025/">Hydro-paix 2025 : quand la soif rapproche Israël et le Golfe</a></p>
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		<title>Moyen-Orient 2025 : la fin des axes, le retour des rivalités de puissances</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/moyen-orient-2025-axes-rivalites-de-puissances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Dec 2025 11:41:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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		<category><![CDATA[Rivalités régionales]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fin de l’année 2025 marque un tournant stratégique au Moyen-Orient. Les grands axes idéologiques cèdent la place à des rivalités de puissances intermédiaires, diffuses mais structurantes. Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/moyen-orient-2025-axes-rivalites-de-puissances/" title="Moyen-Orient 2025 : la fin des axes, le retour des rivalités de puissances">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La fin de l’année 2025 marque un tournant stratégique au Moyen-Orient. Les grands axes idéologiques cèdent la place à des rivalités de puissances intermédiaires, diffuses mais structurantes. Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Iran s’affrontent désormais sur plusieurs théâtres simultanément — de la Méditerranée orientale à la Corne de l’Afrique — dans une logique de compétition permanente, souvent indirecte, toujours instable.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un Moyen-Orient fragmenté, sans axe dominant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Moyen-Orient n’est plus organisé autour d’un clivage lisible, opposant sunnites et chiites, pro-Occident et anti-Occident, ou encore « modérés » et « radicaux ». Ces grilles de lecture ont perdu leur capacité explicative. La région est désormais structurée par des conflits d’architecture régionale, où chaque acteur cherche avant tout à verrouiller des routes maritimes, des zones tampons, des relais locaux et des positions militaires clés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouvel équilibre repose sur des puissances intermédiaires capables de nuisance et de projection, mais incapables d’imposer un ordre régional durable. Aucun acteur ne domine, aucun ne stabilise. Tous cherchent à empêcher l’autre de s’imposer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Israël–Turquie : une rivalité stratégique désormais globale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rivalité entre Israël et la Turquie s’est nettement intensifiée en 2025. Elle ne se limite plus aux tensions diplomatiques ou à la question palestinienne. Elle est devenue structurelle, multisectorielle et géographiquement étendue. En Méditerranée orientale, Israël renforce son axe stratégique avec la Grèce et Chypre, marginalisant Ankara sur les dossiers énergétiques et sécuritaires. Sur le plan diplomatique, la Turquie se retrouve exclue des derniers formats de discussion autour de Gaza, malgré son activisme constant et son ambition affichée de jouer un rôle central.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, le déploiement de systèmes radar turcs en Syrie est perçu à Jérusalem comme une tentative de surveillance et de dissuasion indirecte. Dans le même temps, Israël cherche à freiner l’accès de la Turquie au programme F-35, considérant qu’un tel saut capacitaire créerait un déséquilibre stratégique majeur. Sur le terrain syrien enfin, Israël soutient discrètement certaines communautés locales, notamment druzes, dans une logique de containment simultané de l’influence iranienne et de l’expansion turque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas d’un conflit idéologique. C’est une rivalité de puissance classique, territoriale, maritime et sécuritaire, appelée à durer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Somaliland : un coup géopolitique israélien dans la Corne de l’Afrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance du Somaliland par Israël constitue l’un des gestes géopolitiques les plus significatifs de l’année. Ce choix n’a rien de symbolique. Il répond à une logique stratégique précise. Sur le plan sécuritaire, le Somaliland offre un accès indirect au détroit de Bab el-Mandeb, axe vital du commerce mondial et point névralgique pour la sécurité maritime israélienne. Sur le plan géopolitique, cette reconnaissance affaiblit frontalement la stratégie turque en Somalie, où Ankara soutient Mogadiscio et multiplie bases militaires et accords sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan diplomatique enfin, Israël démontre sa capacité à agir bien au-delà de son environnement immédiat, dans une logique de projection périphérique assumée. Pour la Turquie, c’est un revers net. Pour Israël, un message clair : la compétition régionale ne se joue plus uniquement au Levant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Arabie saoudite : glissement tactique ou désorientation stratégique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’attitude récente de l’Arabie saoudite soulève de lourdes interrogations. Au sud du Yémen, des forces engagées depuis 2015 contre les Houthis et AQAP accusent désormais l’aviation saoudienne de les avoir frappées alors qu’elles combattaient également le parti islamiste Islah, proche des Frères musulmans. Ce signal est révélateur d’un glissement préoccupant. Riyad semble réviser ses priorités sécuritaires, tolérer certains acteurs islamistes sunnites et s’éloigner de son alignement stratégique avec Abou Dhabi dans le sud yéménite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce repositionnement rapproche objectivement l’Arabie saoudite de l’axe Qatar–Turquie–islamistes, non par adhésion idéologique mais par calcul tactique. Une stratégie à haut risque, qui fragilise la cohérence régionale du royaume et brouille ses lignes rouges historiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rivalités croisées : une région en compétition permanente</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La fin de 2025 est marquée par une multiplication de conflits indirects et de rivalités croisées. Au Soudan, les Émirats arabes unis s’opposent à un axe saoudo-égyptien. En Libye, la Turquie affronte indirectement les Émirats. En Syrie, Ankara et Israël se font face sur fond d’influence iranienne. Au sud du Yémen, Riyad et Abou Dhabi poursuivent des stratégies de plus en plus divergentes. En Somalie et au Somaliland, la Turquie et Israël se disputent influence, accès portuaires et relais locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces conflits ne visent pas la victoire totale. Ils cherchent le contrôle durable des équilibres locaux et l’empêchement réciproque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Iran : affaibli, mais toujours perturbateur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré une série de revers en 2025, l’Iran n’a pas disparu du jeu régional. Son rôle a évolué. Moins de domination directe, davantage de stratégie d’obstruction. Téhéran ne cherche plus nécessairement à imposer un ordre, mais à maintenir un niveau de tension suffisant pour empêcher toute stabilisation durable. L’Iran ne gagne pas. Mais il empêche les autres de gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Moyen-Orient entre dans une ère de conflictualité permanente </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Moyen-Orient de 2025 n’est ni stabilisé ni multipolaire au sens classique. Il est fragmenté, concurrentiel et instable, dominé par des puissances intermédiaires agissant sans cadre collectif. Israël avance avec une cohérence stratégique assumée. La Turquie multiplie les fronts au risque de l’isolement. L’Arabie saoudite hésite dangereusement. Les Émirats consolident patiemment. L’Iran sabote sans reconstruire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et l’Occident, une fois encore, observe sans comprendre, confondant médiation, réalisme et renoncement.</p>
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		<item>
		<title>Al-Sharaa après Washington : signaux d’affirmation, crispations régionales</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/al-sharaa-washington-israel-syrie-tensions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 06:50:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed al-Sharaa]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Golan]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Relations israélo-syriennes]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De retour de Washington, Ahmed al-Sharaa cherche à s’affirmer. Mais en Israël, ses déclarations sur le Golan, la Russie et les frappes israéliennes ravivent les tensions entre Jérusalem et Damas. 1. Une visite historique… suivie <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/al-sharaa-washington-israel-syrie-tensions/" title="Al-Sharaa après Washington : signaux d’affirmation, crispations régionales">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>De retour de Washington, Ahmed al-Sharaa cherche à s’affirmer. Mais en Israël, ses déclarations sur le Golan, la Russie et les frappes israéliennes ravivent les tensions entre Jérusalem et Damas.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">1. Une visite historique… suivie d’un retour sous haute tension</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="http://Le pari audacieux de Trump sur al-Sharaa : une opportunité risquée">Le 10 novembre 2025, al-Sharaa est reçu par Donald Trump</a>. Sanctions Caesar allégées pour six mois, adhésion formelle de la Syrie à la coalition anti-État islamique, réouverture imminente de l’ambassade syrienne à Washington : symboliquement, le message est fort.Mais dès le lendemain, la tonalité change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Yediot Aharonot et la chaîne publique KAN, le président syrien serait rentré « sûr de lui » et aurait multiplié les déclarations jugées provocatrices par Israël : rappel des « plus de mille frappes israéliennes en Syrie depuis 2011 », accusation de violation répétée de l’Accord de désengagement de 1974, et surtout, refus catégorique d’exclure une présence militaire russe renforcée près du Golan « si les circonstances l’exigent ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Israël : « Il a commencé à faire des choses que nous ne pouvons pas accepter »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une réunion du cabinet de sécurité, Benyamin Netanyahou résume la situation en une phrase : « Il a commencé à faire des choses que nous ne pouvons pas accepter. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre de la Défense Israël Katz, lui, ironise : al-Sharaa est revenu « parfumé » de Washington — sous-entendu : grisé par l’attention américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’ironie, une vraie inquiétude stratégique : Damas semble estimer que la retenue observée jusqu’ici face aux frappes israéliennes n’était qu’un choix tactique lié à la guerre civile, et non une acceptation définitive du statu quo. Le simple fait de le rappeler publiquement, juste après avoir serré la main de Trump, est perçu comme un signal délibéré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Un jeu d’équilibriste entre trois capitales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Al-Sharaa doit parler à trois auditoires à la fois, et ils ne veulent pas entendre la même chose :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>À Washington, il promet coopération antiterroriste et distance avec l’Iran.</li>



<li>À Moscou (qu’il a visité en octobre), il laisse entendre qu’il reste ouvert à une présence militaire russe renforcée.</li>



<li>À l’intérieur, il doit montrer qu’il ne brade pas la souveraineté syrienne — surtout sur le Golan, symbole national par excellence.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : des messages contradictoires qui passent mal à Jérusalem et qui, même à Washington, commencent à susciter des haussements de sourcils. Plusieurs responsables américains, sous couvert d’anonymat, ont déjà fait savoir que « la patience a des limites » si Damas se met à jouer la carte russe sur la frontière sud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">4. Le Golan, levier intérieur et source de friction extérieure</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En insistant sur le Golan dès son retour, al-Sharaa sait parfaitement ce qu’il fait : il parle à sa base nationaliste et aux officiers de l’ancien régime qu’il a intégrés dans le nouvel appareil sécuritaire.<br>Mais dans la région, ce type de rhétorique, même sans acte concret, est immédiatement lu comme une tentative de renégocier les règles du jeu par la bande. D’autant que les forces syriennes, aidées par des conseillers russes, ont déjà commencé à se redéployer plus au sud ces dernières semaines — un mouvement que Tsahal suit à la jumelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">5. Ni rupture, ni lune de miel : un test grandeur nature</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’instant, personne ne parle de rupture. Washington continue d’appeler al-Sharaa un « partenaire potentiel ». Israël, elle, a déjà fait savoir qu’elle répondrait « avec force » à tout changement du statu quo sur le Golan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue en réalité, c’est la capacité d’un régime encore jeune à calibrer sa marge de manœuvre. Al-Sharaa a compris qu’il avait une fenêtre étroite fenêtre d’opportunité entre la bienveillance relative de Trump et la faiblesse actuelle de l’Iran. Il cherche à l’exploiter au maximum — quitte à frôler la ligne rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La visite à Washington restera historique. Ce qui se passera dans les trois à six prochains mois dira si elle aura été un tournant… ou un faux départ.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Focus Moyen-Orient.fr</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des déclarations, tout se jouera dans les gestes concrets : niveau de coopération avec les forces américaines à l’est, degré de présence russe au sud, attitude face aux prochaines frappes israéliennes.<br>Pour l’instant, al-Sharaa avance sans doctrine étrangère claire, en misant sur l’ambiguïté. Dans une région où l’ambiguïté est souvent punie, le pari est risqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/pari-trump-syrie-al-sharaa/">Le pari audacieux de Trump sur al-Sharaa : une opportunité risquée</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le pari audacieux de Trump sur al-Sharaa : une opportunité risquée</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/pari-trump-syrie-al-sharaa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 09:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed al-Sharaa]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rencontre historique du 10 novembre 2025 entre Donald Trump et Ahmed al-Sharaa à la Maison-Blanche marque un tournant inattendu. Pour la première fois depuis 1946, un président syrien foule le sol de Washington. Ancien <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/pari-trump-syrie-al-sharaa/" title="Le pari audacieux de Trump sur al-Sharaa : une opportunité risquée">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- TRIBUNE & DÉBATS – Le pari audacieux de Trump sur Ahmed al-Sharaa --></p>
<article class="mo-tribune">
<p class="chapo"><strong>La rencontre historique du 10 novembre 2025 entre Donald Trump et Ahmed al-Sharaa à la Maison-Blanche marque un tournant inattendu. Pour la première fois depuis 1946, un président syrien foule le sol de Washington. Ancien chef du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) – ex-branche d’al-Qaïda –, al-Sharaa est désormais reçu en allié potentiel. Ce pari, typiquement trumpien, conjugue audace stratégique et ambiguïté morale : une main tendue au réalisme, mais sur un fil.</strong></p>
<h2>Les motivations : redessiner la carte régionale autour d’une Syrie « réhabilitée »</h2>
<p>Trump applique à la Syrie sa doctrine du <em>deal</em> pragmatique. Il ne s’agit plus de transformer le Moyen-Orient par la démocratie, mais de stabiliser la région en s’appuyant sur les nouveaux rapports de force. L’objectif est triple : <strong>affaiblir l’axe russo-iranien</strong>, <strong>relancer la reconstruction économique</strong>, et <strong>étendre les Accords d’Abraham</strong> à la Syrie.</p>
<ul>
<li><strong>Affaiblir Téhéran et Moscou.</strong> Depuis la chute d’Assad en décembre 2024 – orchestrée par des factions issues d’Idlib –, la présence iranienne s’est effondrée. La rencontre Trump–al-Sharaa accélère ce retrait et ouvre la voie à une Syrie plus indépendante.</li>
<li><strong>Reconstruire et réintégrer.</strong> La suspension pour 180 jours des sanctions César pourrait libérer un afflux d’investissements et enclencher la remise en route d’une économie exsangue.</li>
<li><strong>Vers la paix régionale.</strong> Al-Sharaa vient de signer l’intégration à la coalition anti-EI et promet l’exploration d’une normalisation progressive avec Israël, marginalisant le Hezbollah et remodelant l’équilibre du Levant.</li>
</ul>
<h2>La stratégie : de l’ennemi djihadiste au partenaire sous condition</h2>
<p>L’approche repose sur un <strong>rebranding progressif</strong> et une <strong>diplomatie transactionnelle</strong>. Washington mise sur des engagements mesurables plutôt que sur des promesses idéologiques.</p>
<ul>
<li><strong>Rebranding politique.</strong> De Riyad (mai 2025) à Washington (novembre), al-Sharaa passe du chef de guerre au chef d’État, mais avec des conditions posées par l&rsquo;Administration de Trump.</li>
<li><strong>Coopération sécuritaire.</strong> Des opérations conjointes anti-EI ont été engagées ; l’intégration partielle des SDF à l’armée nationale est en cours ; des milliers de combattants étrangers devront être expulsés. selon l&rsquo;accord.</li>
<li><strong>Rôle des alliés régionaux.</strong> Ankara soutient la transition, Riyad finance, et une présence logistique américaine autour de Damas est évoquée comme garantie. Et pour couronner cette stratégie, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">un accord triparti (USA, ISraël et Syrie) sur le Mont Hermon pour garantir la sécurité d&rsquo;Israël et</a> prévenir les tensions.</li>
</ul>
<h2>Les risques : une réhabilitation sous haute surveillance</h2>
<p>Le pari comporte des contradictions sérieuses. Les mises en garde portent sur une possible <strong>légitimation prématurée</strong> d’un écosystème politico-sécuritaire dont les réflexes n’auraient pas disparu.</p>
<p><!-- Tableau responsive --></p>
<div class="mo-table-wrap" tabindex="0" role="region" aria-label="Tableau des risques et analyses d’experts">
<table class="mo-table">
<thead>
<tr>
<th style="width: 18%;">Catégorie</th>
<th>Risques principaux</th>
<th style="width: 35%;">Analyses d’experts</th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td><strong>Sécuritaires</strong></td>
<td>Résurgence de l’EI ou d’al-Qaïda si HTS conserve ses réseaux ; porosité entre structures locales et transnationales.</td>
<td>Alertes récurrentes sur des <em>liens persistants</em> et sur une “optique trompeuse” si les factions d’Idlib perdurent sous d’autres formes.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Humanitaires</strong></td>
<td>Risque de pressions sur minorités (druzes, kurdes, chrétiens) ; nominations de cadres contestés ; déficit d’inclusion des femmes.</td>
<td>ONG : “Façade inclusive, mais pratiques autoritaires possibles.” Craintes pour les communautés anciennes et les dissidents. Les poursuites ne sont pas encore pérennisées.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Géopolitiques</strong></td>
<td>Réserves d’Israël (Golan) et des Kurdes (SDF) ; perception ambivalente dans la base sunnite.</td>
<td>Risque d’un équilibre instable si la coopération anti-EI est perçue comme purement opportuniste.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Réputationnels</strong></td>
<td>Crédibilité occidentale fragilisée si la réhabilitation se fait sans garde-fous vérifiables.</td>
<td>“Victoire de communication” possible pour Damas ; pression accrue pour des <em>benchmarks</em> publics et datés.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<blockquote><p>« Al-Sharaa change de visage et de costume : il devra prouver qu’il change de fond. »</p></blockquote>
<h2>Et la France ? Le choix de l’immobilisme moral</h2>
<div class="mo-encadre-fr">
<p>Macron avait reçu al-Sharaa à l’Élysée, quelques semaines après les massacres d’Alaouites. Un geste perçu comme hâtif, sans condition ni contrepartie, motivé par le symbole plus que par la stratégie. Trump, lui, a attendu presque un an avant d’ouvrir les portes de la Maison-Blanche — avec des exigences précises : coopération sécuritaire avec Israël, lutte contre Daech, désengagement iranien, inclusion minoritaire.</p>
<p><b>La différence est frappante :</b></p>
<ul>
<li><b>Trump impose des conditions</b>, avant de signer et de recevoir, la France distribue des accolades.</li>
<li><b>Trump parle de stabilité</b>, Macron d’image et de symbole creux.</li>
<li><b>Trump parie sur les rapports de force</b>, la France sur la rhétorique des principes.</li>
</ul>
<p><b>Résultat :</b> Washington façonne et prépare le terrain, pendant que Paris commente depuis les tribunes et conférences, sans effets.</p>
</div>
<h2>Conclusion : un pari stratégique, pas moral</h2>
<p>Le pari de Trump peut être considéré comme un <strong>coup de réalisme</strong>, pas un acte de foi. Il offre à la Syrie une seconde chance, mais à conditions : transparence, inclusion et rupture avec l’extrémisme. S’il réussit, la Syrie pourrait devenir le maillon marquant des <strong>Accords d’Abraham élargis</strong>. S’il échoue, elle replongera dans son rôle de poudrière régionale.</p>
<p>Trump, fidèle à sa logique de joueur, parie sur un ancien ennemi pour remodeler le Moyen-Orient. Mais la mise est haute, la marge d’erreur peut être large, et le résultat imprévisible.</p>
<div class="focus"><strong>🔍 Focus Moyen-Orient.fr</strong><br />
En misant sur la réhabilitation d’un ex-djihadiste devenu président, Washington redéfinit la diplomatie de la rédemption. La question n’est plus seulement : <em>peut-on faire la paix avec ses ennemis ?</em> mais : <em>jusqu’où peut-on aller pour stabiliser un monde sans morale ?</em></div>
</article>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Israël–Syrie : la paix impossible ou la frontière réinventée ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/israel-syrie-paix-frontiere-reinventee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Nov 2025 08:45:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed al-Sharaa]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[frontières]]></category>
		<category><![CDATA[mont Hermon]]></category>
		<category><![CDATA[Normalisation]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[sraël]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Washington]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le plan de Trump pour Gaza, une autre paix se dessine aussi ailleurs. Entre Israël et la Syrie d’Ahmed al-Sharaa, un dialogue discret émerge sous médiation américaine. Loin des illusions diplomatiques, cette « paix <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/israel-syrie-paix-frontiere-reinventee/" title="Israël–Syrie : la paix impossible ou la frontière réinventée ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après le plan de Trump pour Gaza, une autre paix se dessine aussi ailleurs. Entre Israël et la Syrie d’Ahmed al-Sharaa, un dialogue discret émerge sous médiation américaine. Loin des illusions diplomatiques, cette « paix des marges » redéfinit la frontière nord et préfigure un nouvel équilibre régional. <em>Israël–Syrie : la paix impossible ou la frontière réinventée ?</em> Par Faraj Alexandre Rifai.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La paix viendra-t-elle des marges ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La paix au Moyen-Orient d’après-guerre ne se redessinera peut-être pas à Gaza, mais ailleurs — là où les lignes de fracture se muent en lignes de contact. Depuis plusieurs mois, les signaux d’un rapprochement discret entre <strong>Israël et la Syrie post-Assad</strong> se multiplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur fond de médiation américaine, un nouvel équilibre se cherche : celui d’une <strong>stabilisation frontalière</strong>, surtout d’un dialogue sécuritaire et d’une diplomatie <strong>pragmatique et progressive</strong>, loin des discours et des conférences. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique, amorcée depuis la <strong>chute du régime Assad en décembre 2024</strong> et l’arrivée au pouvoir du président <strong>Ahmed al-Sharaa</strong>, par les pressions américaines, n’est pas un traité de paix mais une forme de normalisation stratégique et sécuritaire. Et c’est peut-être ainsi que se joue le vrai futur du Moyen-Orient. D&rsquo;autres formes de la paix seraient envisagées ? </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le précédent du Mont Hermon : le laboratoire d’une coexistence sous contrôle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’accord en discussion sur le <strong>Mont Hermon</strong>, révélé fin octobre 2025, symbolise cette transformation.<br>Pour la première fois depuis 1974, Israël, la Syrie et les États-Unis envisagent une <strong>présence tripartite</strong> de surveillance sur la frontière. C&rsquo;est éviter la guerre et les tension, à défaut d&rsquo;installer immédiatement un traité de paix. Ce modèle — mi-militaire, mi-politique — sert d’expérimentation : établir une zone de sécurité gérée conjointement, prévenir le retour de milices iraniennes et créer un cadre minimal de dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, les deux parties restent en guerre. Mais dans les faits, les échanges de renseignement, les contacts militaires indirects et la coordination via Washington tracent déjà les contours d’une <strong>paix fonctionnelle</strong>, sans traité ni cérémonie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une Syrie « post-Assad » en quête de légitimité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les signaux inquiétants — notamment les massacres de minorités alaouites et druzes —, le nouveau dirigeant s’efforce de projeter l’image d’un homme d’État pragmatique.<br>Sous pression américaine et saoudienne, il cherche à se repositionner comme un acteur légitime du nouvel ordre régional. Ses priorités : la <strong>reconstruction économique</strong>, la <strong>reconnaissance internationale</strong> et la <strong>sécurisation des frontières</strong>, un pari qu’il semble, du moins sur le plan diplomatique, avoir en partie réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, <strong>le dialogue indirect avec Israël devient une monnaie d’échange</strong>. En montrant sa capacité à coopérer contre le reste de Daech, à contenir les milices islamistes, à éloigner la présence iranienne, et à stabiliser le sud syrien, Damas espère obtenir la levée progressive des sanctions américaines. Washington, de son côté, voit dans ce rapprochement avec Israël une manière de <strong>couper définitivement la route à Téhéran</strong> et d’isoler le Hezbollah.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une normalisation sans drapeaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement aux Accords d’Abraham, cette approche ne passe pas par la reconnaissance diplomatique, du moins pour l&rsquo;instant. Elle repose sur une logique de <strong>normalisation technique</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>échanges de renseignements sur les trafics frontaliers ;</li>



<li>prévenir tout mouvement de milices ou de groupes armés vers Israël ;</li>



<li>maintien d’une zone tampon au sud du Golan.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces contacts discrets n’ont rien d’un traité de paix, mais ils produisent les effets d’un accord de stabilité. Israël, fort de son avance technologique et de son ancrage régional, agit sans illusion : il ne cherche plus la paix symbolique, mais <strong>la gestion sécuritaire</strong>. La diplomatie de façade a laissé place à la diplomatie des cérémonies et des drapeaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les marges comme nouvelle géopolitique israélienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, ce mouvement dépasse le cas syrien. Depuis l&rsquo;accord de cessez-le-feu à Gaza, Israël et les États-Unis avancent sur plusieurs autres fronts :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>avec Riyad</strong>, un canal de coordination sécuritaire inédit autour du plan Trump pour Gaza ;</li>



<li><strong>avec le Liban</strong>, des pourparlers via Washington pour sécuriser la frontière nord et réduire les risques d’escalade avec le Hezbollah ;</li>



<li><strong>avec la Jordanie et les Émirats</strong>, une intensification des échanges en matière de renseignement et d’énergie.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <strong>stratégie des marges</strong> repose sur un principe : consolider les périphéries pour neutraliser le centre. Gaza restera instable ; le reste de la région doit, lui, rester vivable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pari américain : stabiliser sans imposer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis jouent un rôle clé. Washington alterne entre pressions fermes et gestes d’ouverture : <strong>ils l’ont fait avec la Syrie, comme ils le font avec Gaza et le Qatar.</strong> C’est une approche typiquement <em>trumpienne</em>, mêlant contrainte et pragmatisme, pour accompagner, mais aussi imposer, des changements au Moyen-Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’administration américaine sait que les populations locales sont lassées des grandes promesses. Elle préfère désormais miser sur la <strong>stabilité progressive</strong> : un cessez-le-feu qui tient, une frontière qui respire, un ennemi qui devient un voisin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette logique, <strong>Israël et la Syrie ne signent pas la paix : ils apprennent à coexister.</strong><br>Et cette coexistence, bien que fragile, sert les intérêts américains : un front nord pacifié, une influence iranienne contenue et une transition régionale pilotée sans confrontation ouverte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La prudence israélien</strong>ne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Isarël, cette approche s’inscrit dans une vision cohérente : la sécurité avant la diplomatie, les marges avant les symboles.  Le gouvernement israélien sait que la paix totale avec la Syrie est illusoire pour l&rsquo;instant, mais la stabilité partielle serait déjà un succès.<br>En gérant le sud syrien, en dialoguant même discrètement avec l&rsquo;Arabie saoudite, et en consolidant ses liens avec les États-Unis , Israël <strong>recompose son environnement</strong> sans renoncer à ses lignes rouges : pas de compromis sur le Golan, pas de retrait unilatéral, pas de dépendance diplomatique. C’est une paix pragmatique, réversible, mais réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion : une frontière qui devient politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La paix entre Israël et la Syrie ne sera ni solennelle ni romantique. Elle prendra la forme d’un réseau de coopérations, d’échanges, de limites assumées. Le Mont Hermon n’est pas un symbole de réconciliation, mais de <strong>cohabitation contrôlée</strong> — et c’est peut-être cela, le nouveau réalisme au Moyen-Orient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Moyen-Orient n’a pas besoin de nouvelles utopies. Il a besoin de frontières sécurisées, de voisins rationnels, et d’ennemis qui deviennent, parfois, des interlocuteurs. La paix ne viendra peut-être pas de Gaza, mais des marges où Israël apprend à transformer le conflit en équilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/accord-israel-syrie-presence-tripartite-sur-le-mont-hermon/">Accord Israël–Syrie : présence tripartite sur le mont Hermon</a></p>
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		<item>
		<title>Accord Israël–Syrie : présence tripartite sur le mont Hermon</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/accord-israel-syrie-presence-tripartite-sur-le-mont-hermon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 10:55:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed al-Sharaa]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahou]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Golan]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[mont Hermon]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[stabilisation]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israël et la Syrie au bord d’un accord historique : une présence tripartite sur le mont Hermon pour sécuriser la frontière. Selon plusieurs sources régionales concordantes, Israël et la Syrie seraient sur le point de <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/accord-israel-syrie-presence-tripartite-sur-le-mont-hermon/" title="Accord Israël–Syrie : présence tripartite sur le mont Hermon">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Israël et la Syrie au bord d’un accord historique : une présence tripartite sur le mont Hermon pour sécuriser la frontière.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon plusieurs sources régionales concordantes, <strong>Israël et la Syrie seraient sur le point de conclure un accord de sécurité prévoyant une présence conjointe des forces israéliennes, syriennes et américaines</strong> sur des points stratégiques du sud syrien, notamment le <strong>mont Hermon</strong>.<br>Cet arrangement, qui rappelle l’esprit de l’accord de désengagement de 1974 tout en l’adaptant aux réalités post-Assad, marquerait un tournant majeur dans les relations entre deux États officiellement en guerre depuis 1948.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le contexte : un vide sécuritaire né de la chute d’Assad</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 a profondément bouleversé les équilibres au sud de la Syrie. L’effondrement du pouvoir central, face à l’offensive des rebelles menés par Hayat Tahrir al-Sham (HTS), a laissé un vide que les forces israéliennes ont rapidement investi.<br>Dès le 8 décembre 2024, <strong>Tsahal</strong> a franchi la ligne de démarcation pour occuper la zone tampon démilitarisée établie par l’accord de 1974, ainsi que le versant syrien du mont Hermon — un sommet de 2 814 mètres, à la fois observatoire naturel et position stratégique clé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accord de 1974, signé après la guerre du Kippour, avait instauré une zone tampon sous supervision onusienne. Israël s’était alors retiré du mont Hermon, restituant le contrôle à la Syrie.<br>Mais l’effondrement de l’armée syrienne et la montée de factions armées ont conduit Benjamin Netanyahou à <strong>déclarer “caduc” l’accord de 1974</strong>, justifiant une présence militaire israélienne renforcée pour empêcher toute infiltration iranienne ou djihadiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, Israël maintient un dispositif élargi de surveillance et d’opérations ciblées contre les réseaux pro-iraniens.<br>En parallèle, le nouveau président syrien, <strong>Ahmed al-Sharaa</strong> — ancien chef du HTS devenu dirigeant de la “Nouvelle Syrie” — multiplie les signaux d’ouverture et plaide pour un rétablissement des échanges sécuritaires “dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité syrienne”.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les contours de l’accord : une surveillance tripartite inédite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29 octobre 2025, <strong>Al-Arabiya</strong> rapporte qu’un responsable israélien a confirmé que <strong>les négociations entre Jérusalem, Damas et Washington sont entrées dans leur phase finale</strong>, avec un projet d’accord pour une <strong>présence conjointe Israël–Syrie–États-Unis sur plusieurs sites stratégiques, dont le mont Hermon</strong>.<br>Ce dispositif inclurait la création d’un <strong>comité de sécurité tripartite</strong> chargé de superviser la frontière et de prévenir tout affrontement non coordonné.<br>Selon la même source, il s’agirait d’une “mise à jour de l’armistice de 1974 avec des ajustements mineurs”, destinée à refléter la nouvelle réalité du terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les négociations, menées sous médiation américaine, prévoient un <strong>retrait progressif des troupes israéliennes de la zone tampon</strong> à condition que Damas s’engage à :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>interdire toute présence iranienne ou milice étrangère dans le sud-ouest syrien ;</li>



<li>geler les déploiements militaires lourds à proximité du Golan ;</li>



<li>coopérer à la surveillance conjointe de la ligne Hermon-Quneitra.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle américain, pivot du dispositif, est déterminant : Washington entend sceller un accord avant 2026, dans le cadre d’une stratégie régionale de <strong>stabilisation post-Trump</strong>.<br>Des discussions exploratoires auraient déjà eu lieu à Londres et à Chypre entre le ministre israélien des Affaires stratégiques Ron Dermer et le ministre syrien Asaad al-Shaibani, préparant un cadre de coordination.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi le mont Hermon concentre toutes les attentions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mont Hermon n’est pas qu’un symbole : il domine la plaine de la Bekaa, surplombe Damas et contrôle des <strong>sources hydriques cruciales</strong> pour les deux pays.<br>Pour Israël, il représente un <strong>atout de dissuasion</strong> et un poste d’observation essentiel face au Hezbollah.<br>Pour la Syrie, il incarne la <strong>reconquête de la souveraineté nationale</strong>, un enjeu vital pour le régime d’al-Sharaa, soucieux de consolider son autorité au sud du pays et de restaurer sa légitimité.<br>Cette reprise de contrôle, même partielle, serait un signal fort à la population syrienne et aux puissances arabes modérées que la Syrie “post-Assad” redevient un acteur d’État, et non une mosaïque de milices.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un accord qui redessine l’échiquier régional</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Israël, cette coopération serait <strong>un gage de sécurité et un moyen d’isoler l’Iran</strong> de la frontière nord.<br>Pour la Syrie, elle offrirait <strong>un retour sur la scène diplomatique</strong> après une décennie d’isolement.<br>Et pour les États-Unis, elle constituerait une <strong>victoire stratégique</strong> : la démonstration qu’une approche de stabilisation pragmatique — fondée sur la sécurité avant la morale — peut produire des résultats concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <strong>Émirats arabes unis</strong> et la <strong>Jordanie</strong> auraient également apporté leur soutien discret à cette initiative, estimant qu’elle pourrait servir de modèle à d’autres zones frontalières sensibles dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une paix froide, ou un nouveau statu quo ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si cet accord se concrétise, il pourrait être la première étape vers une <strong>intégration progressive de la Syrie dans le cadre élargi des Accords d’Abraham</strong>, ouvrant la voie à une reconnaissance partielle, voire à des échanges économiques sous supervision américaine.<br>Mais les obstacles restent considérables : la fragilité du régime syrien, la méfiance israélienne, et la capacité limitée des États-Unis à garantir une application durable sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre scepticisme et espoir, <strong>le mont Hermon</strong> pourrait redevenir ce qu’il n’a plus été depuis un demi-siècle : un sommet d’observation, mais aussi un point d’équilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/">Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/accord-israel-syrie-presence-tripartite-sur-le-mont-hermon/">Accord Israël–Syrie : présence tripartite sur le mont Hermon</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<item>
		<title>Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 11:22:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[économie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Reconstruction]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://moyen-orient.fr/?p=2610</guid>

					<description><![CDATA[<p>Analyse. La guerre syrienne n’est pas terminée : elle a simplement changé de forme. Depuis la chute d’Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, la bataille ne se mène plus seulement avec des armes — <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/" title="Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/">Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Analyse. La guerre syrienne n’est pas terminée : elle a simplement changé de forme. Depuis la chute d’Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, la bataille ne se mène plus seulement avec des armes — comme les violences contre les Alaouites et les Druzes — mais avec des contrats. Derrière la façade d’une reconstruction ambitieuse, se joue une compétition acharnée entre puissances régionales — Turquie, Qatar, Arabie saoudite, Émirats — et acteurs occidentaux, chacun cherchant à transformer ses investissements en influence politique.<br>Par Faraj Alexandre Rifai. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le projet al-Sharaa : entre rupture et continuité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son arrivée au pouvoir, la reconstruction de la Syrie est devenue le mantra d’Ahmed al-Sharaa. Présenté comme un dirigeant moderne et pragmatique, il se donne l’image d’un chef d’État réformateur. Son discours à l’ONU, salué comme un tournant diplomatique, a marqué le retour « officiel » de la Syrie sur la scène internationale. Il promet une « nouvelle ère » : ouverture économique, lutte contre la corruption, réconciliation nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sur le terrain, le régime reste centralisé et garde un parfum autoritaire. Les élections organisées dans un cadre semi-contrôlé ont exclu les provinces kurdes et druzes. Les comités de « justice transitionnelle » servent davantage à rassurer les bailleurs étrangers qu’à répondre aux crimes du passé. Pendant ce temps, les minorités de l’intérieur demeurent menacées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous un vernis technocratique, al-Sharaa construit un État d’ordre et de puissance : religieux dans son langage, pragmatique dans ses alliances, autoritaire dans sa structure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La reconstruction, nouveau champ de bataille géoéconomique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec des coûts estimés à près de 500 milliards de dollars, la reconstruction syrienne est devenue la principale monnaie d’influence régionale.<br>Chaque puissance cherche à acheter sa part du futur syrien :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La Turquie</strong> s’impose comme l’acteur dominant, avec des projets dans l’énergie, les transports et la défense. Elle contrôle une grande partie des circuits économiques du nord du pays, transformant la proximité géographique en levier stratégique.</li>



<li><strong>Le Qatar</strong>, fidèle à son rôle d’intermédiaire idéologique et financier, multiplie les annonces d’aide et de financement. Ses entreprises s’impliquent dans les réseaux gaziers, les infrastructures et la communication, tout en diffusant un modèle islamo-médiatique calibré pour séduire les nouvelles élites sunnites.</li>



<li><strong>L’Arabie saoudite</strong> avance avec prudence mais constance, cherchant à bloquer le retour de Téhéran et à contenir l’influence turque. Elle cible les secteurs du BTP, de l’énergie et de la sécurité frontalière, dans une logique d’équilibre régional.</li>



<li><strong>Les Émirats arabes unis</strong>, enfin, misent sur la stabilité économique plutôt que sur l’idéologie. Ils investissent dans les infrastructures portuaires et logistiques (notamment à Tartous via DP World), soutiennent des projets immobiliers et énergétiques, et cherchent à positionner Abu Dhabi comme le garant arabe d’une reconstruction ordonnée. Leur approche est claire : neutraliser les excès de l’islam politique par le pragmatisme économique.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce jeu d’influence, l’argent est devenu la principale arme de domination. Investir, c’est désormais régner — non par conquête, mais par dépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran et la Russie, les perdants du nouvel ordre syrien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux parrains du régime Assad ont perdu la partie.<br>L’Iran, qui avait fait de la Syrie un maillon essentiel de son corridor vers la Méditerranée, a vu s’effondrer tout un réseau d’alliances et de bases logistiques. Sa perte est autant géopolitique qu’économique.<br>La Russie, affaiblie par son isolement international, se replie sur la défense de ses bases militaires à Tartous et Hmeimim. Elle conserve une présence symbolique mais voit ses contrats économiques remplacés par des entreprises turques et du Golfe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre de gravité syrien a basculé : du croissant chiite vers un <strong>croissant sunnite</strong>, dominé par Ankara et Doha, où l’islam politique sert de ciment identitaire à la reconstruction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour de l’Occident : prudence et calcul</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les puissances occidentales observent cette recomposition avec des approches contrastées : les États-Unis font preuve de réalisme, tandis que la France et l’Europe se distinguent par leur précipitation.<br>Washington a partiellement levé les sanctions pour permettre un accès limité aux entreprises américaines et européennes, tout en exigeant un dialogue avec Israël et un engagement contre Daech.<br>Bruxelles et Paris, en revanche, ont très rapidement débloqué plusieurs milliards au profit du régime, quelques semaines à peine après sa mise en place — sans condition ni pression politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les massacres perpétrés contre les Alaouites, le président Macron a tenu à être le premier à recevoir al-Sharaa, sans la moindre réserve, mais avec les sourires et les accolades.<br>Leur logique, purement stratégique, semble se résumer ainsi : mieux vaut s’impliquer à la marge que laisser le terrain aux puissances concurrentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une paix économique, pas politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La « nouvelle Syrie » se présente comme un pays stable et réconcilié. En réalité, c’est un système verrouillé où les fractures anciennes se déplacent plutôt qu’elles ne disparaissent.<br>Les minorités sont marginalisées, la société reste sous contrôle, et la religion redevient un instrument d’État.<br>Dans les écoles de Damas, l’islam politique s’enseigne comme une doctrine nationale ; dans les provinces, les milices intégrées à l’armée sont les véritables protectrices du pouvoir.<br>Sous la rhétorique du renouveau, la Syrie affiche les apparences d’un État moderne sur un fond d’autoritarisme religieux contrôlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dilemme israélien : stabilité ou illusion ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Israël, cette recomposition soulève un dilemme inédit.<br>La disparition de l’influence iranienne constitue un soulagement stratégique, mais l’ascension d’un bloc sunnite soutenu par la Turquie et le Qatar n’est pas moins inquiétante.<br>Un régime islamiste « modéré » et centralisé à Damas pourrait, à moyen terme, devenir une source d’instabilité sur le front nord, en légitimant idéologiquement la confrontation avec Israël au nom d’une nouvelle solidarité régionale.<br>La frontière nord d’Israël risque ainsi de passer d’un front chiite à un front sunnite — différent dans la forme, mais pas nécessairement plus rassurant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Si Al-Sharaa voulait vraiment reconstruire la Syrie &#8230;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">S’il voulait véritablement faire de la Syrie un État stable et souverain, Ahmed al-Sharaa devrait transformer la reconstruction en levier de réconciliation, et non en instrument de domination. Cela suppose d’abord de rompre avec la logique des cercles fermés et des alliances confessionnelles, pour bâtir un cadre inclusif où Druzes, Alaouites, Kurdes et sunnites participent à la gouvernance du pays. Il devrait faire ce qu&rsquo;il avait été envisagé depuis le début : une véritable conférence nationale où tous les Syriens sont représentés. Or, la première chose que le régime actuel a fait c&rsquo;est de toucher à la constitution sans avoir la moindre légitimité démocratique pour le faire. <br>Sur le plan économique, la transparence dans la gestion du <strong>Fonds syrien de développement</strong> et la supervision indépendante des grands contrats seraient essentielles pour restaurer la confiance intérieure et attirer des investissements durables. Il faudra s&rsquo;éloigner de la logique tribale dans la gestion de la vie économique du pays. <br>Enfin, un geste symbolique mais décisif consisterait à engager un <strong>dialogue réel avec Israël</strong> sur les frontières et la sécurité régionale, afin de replacer la Syrie dans une dynamique de paix plutôt que dans la perpétuation des antagonismes. Mais pour cela, Al Sharaa devrait s&rsquo;affranchir de sa base la plus radicalisée. <br>La question est de savoir si al-Sharaa veut reconstruire un pays… ou simplement un pouvoir. Et avec Qui ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la reconstruction comme pouvoir d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Syrie d’al-Sharaa se reconstruit sur un paradoxe : elle promet le développement économique et, dans une certaine mesure, la paix, mais cultive la domination et la division confessionnelle, et donc le rejet des minorités. <br>Chaque puissance étrangère y voit un miroir de ses propres ambitions, et chaque dollar investi renforce un régime qui a compris la règle du nouveau jeu régional : <strong>celui qui finance commande, celui qui reconstruit gouverne.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous l’apparence d’une renaissance nationale, la Syrie devient un laboratoire des puissances extérieure  : un pays pacifié en surface, fracturé en profondeur, et disputé par tous ceux qui prétendent le sauver.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/les-emirats-et-la-turquie-la-rivalite-devenue-partenariat/">Les Émirats et la Turquie : la rivalité devenue partenariat</a></p>
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		<title>Réforme fiscale en Syrie : pari audacieux pour financer la reconstruction</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/reforme-fiscale-en-syrie-pour-financer-la-reconstruction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 16:35:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Karam Shaar]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Reconstruction]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Reconstruction de la Syrie. La nouvelle réforme fiscale syrienne, présentée en 2025, marque un tournant majeur pour un pays exsangue après treize ans de guerre. Allégements pour les ménages, taux réduits pour les entreprises et <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/reforme-fiscale-en-syrie-pour-financer-la-reconstruction/" title="Réforme fiscale en Syrie : pari audacieux pour financer la reconstruction">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reconstruction de la Syrie. La nouvelle réforme fiscale syrienne, présentée en 2025, marque un tournant majeur pour un pays exsangue après treize ans de guerre. Allégements pour les ménages, taux réduits pour les entreprises et introduction d’une taxe sur la consommation : Damas veut séduire investisseurs et classes moyennes. Mais avec une assiette fiscale aussi restreinte, la viabilité de l’État syrien reste en question.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une réforme fiscale pour refonder le contrat entre l’État et les Syriens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La reconstruction de la Syrie ne passera pas seulement par le ciment et l’acier, mais aussi par la refonte des institutions économiques.<br>Face à une économie en ruine, à une inflation chronique et à une perte de confiance généralisée, le gouvernement a présenté une <strong>réforme fiscale ambitieuse</strong> : alléger la pression sur les citoyens, stimuler l’investissement et moderniser l’administration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’analyse de l’économiste <strong>Karam Shaar</strong>, cette réforme vise à rompre avec un système fiscal arbitraire et obsolète, hérité des années de guerre, pour installer un cadre plus transparent, équitable et attractif.<br>Mais derrière cette ambition se cache un dilemme : comment financer la reconstruction d’un pays dévasté avec si peu de recettes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les principaux volets de la réforme</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Impôt sur le revenu : 90 % des Syriens exonérés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouvel impôt sur le revenu exempterait <strong>plus de 90 % des citoyens</strong>.<br>Le taux maximal serait plafonné à <strong>8 %</strong>, l’un des plus faibles du monde arabe.<br>Des déductions sont prévues pour les dépenses de santé, d’éducation, de logement et les charges familiales.<br>L’objectif est double : <strong>rendre le système plus juste</strong> et <strong>soulager les classes moyennes</strong> lourdement frappées par la crise.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Impôt sur les sociétés : attractivité et simplification</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les entreprises seraient désormais soumises à un taux <strong>forfaitaire de 10 %</strong> pour les secteurs dits prioritaires (industrie, santé, éducation, technologie…) et <strong>15 %</strong> pour les autres.<br>L’agriculture reste exonérée, et les dividendes versés par les sociétés résidentes seraient partiellement exclus de l’assiette fiscale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cadre vise à <strong>attirer les investisseurs locaux et étrangers</strong>, notamment ceux de la diaspora, tout en uniformisant des règles longtemps marquées par l’arbitraire administratif.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Taxe de vente : une “TVA syrienne” à 5 %</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une <strong>nouvelle taxe de vente</strong> de <strong>5 %</strong> sur la plupart des biens et services — et jusqu’à <strong>15 %</strong> sur les produits de luxe — remplacera les multiples taxes disparates accumulées pendant la guerre.<br>Ce dispositif inspiré de la TVA devrait garantir des <strong>revenus réguliers</strong> pour l’État, mais il pourrait aussi peser sur la consommation populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Modernisation numérique et lutte contre la corruption</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme s’accompagne d’une <strong>numérisation de la fiscalité</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>e-déclarations, factures électroniques et reçus QR ;</li>



<li>création de <strong>tribunaux fiscaux spécialisés</strong> ;</li>



<li>disparition des anciens comités arbitraires de taxation forfaitaire.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif est clair : <strong>réduire la corruption</strong>, restaurer la transparence et reconstruire un minimum de confiance entre l’administration et les contribuables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des promesses séduisantes… mais des risques immenses</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Des recettes fiscales insuffisantes</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En exonérant 90 % des ménages et en plafonnant les taux à 8 %, la Syrie s’expose à une chute dramatique de ses recettes.<br>Déjà parmi les plus faibles du monde (moins de 5 % du PIB), la collecte fiscale pourrait se réduire davantage — alors même que les besoins de reconstruction sont colossaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une économie trop informelle</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel de l’économie syrienne demeure informelle, hors du champ fiscal.<br>Les rares entreprises formelles risquent de porter seules le poids de l’impôt, tandis que la majorité des activités échappent à toute taxation réelle.<br>Sans formalisation progressive du tissu économique, la réforme restera théorique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Défis techniques et administratifs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La transition numérique suppose une <strong>infrastructure solide</strong> — Internet, électricité, compétences.<br>Or, dans un pays encore ravagé, ces conditions sont loin d’être réunies.<br>Le risque est grand de voir la réforme s’appliquer de manière inégale, voire détournée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une réforme imposée d’en haut ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, si la réforme est perçue comme un geste technocratique imposé sans concertation, elle pourrait raviver la méfiance entre citoyens et pouvoir.<br>Dans un pays encore fracturé, la fiscalité n’est pas qu’un outil économique : c’est un <strong>symbole de légitimité politique</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers quel modèle de reconstruction ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois trajectoires se dessinent :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Croissance lente, finances faibles</strong> : la réforme stimule l’activité sans résoudre le déficit budgétaire.</li>



<li><strong>Élargissement progressif de la base fiscale</strong> : si l’économie se formalise, les recettes augmentent à long terme.</li>



<li><strong>Révision forcée</strong> : face à la pénurie de fonds, le gouvernement devra tôt ou tard relever les taux ou introduire de nouvelles taxes.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà des chiffres, l’enjeu est politique : <strong>refonder un contrat social</strong> où les Syriens paient des impôts non par peur, mais par confiance dans un État qui rend des services.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pari sur la confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle politique fiscale syrienne est à la fois un <strong>acte économique et un acte symbolique</strong>.<br>Elle cherche à transformer un appareil d’État corrompu en un système moderne, à faible pression fiscale et à haute transparence.<br>Mais pour que cette réforme devienne un levier de reconstruction, il faudra plus qu’une loi : <strong>une gouvernance crédible, une société civile impliquée et une économie qui respire</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Syrie joue ici une carte essentielle : celle d’un redressement fondé sur la confiance, non sur la contrainte.<br>Et c’est peut-être le défi le plus difficile de tous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À retenir</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>90 % des Syriens exonérés d’impôt sur le revenu.</li>



<li>Impôt sur les sociétés limité à 10–15 %.</li>



<li>Nouvelle taxe de vente de 5 % à 15 %.</li>



<li>Objectif : relancer l’investissement et moderniser l’État.</li>



<li>Risque majeur : recettes insuffisantes pour financer la reconstruction.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://karamshaar.com/syria-in-figures/syria-tax-reform-2025/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Source et plus de détails de l&rsquo;étude de Karam Shaar en anglais</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/oman-un-impot-sur-le-revenu-en-2028-le-debut-de-la-fin-du-modele-rentier/">Oman : un impôt sur le revenu en 2028, le début de la fin du modèle rentier ?</a></p>
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		<title>Les Émirats, nouveaux architectes de la diplomatie au Moyen-Orient ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/les-emirats-nouveaux-architectes-de-la-diplomatie-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Oct 2025 14:10:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Plan Trump]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis la signature des Accords d’Abraham en 2020, les Émirats arabes unis (EAU) se sont imposés comme des acteurs incontournables de la diplomatie au Moyen-Orient. Entre coopération sécuritaire avec Israël, dialogue avec l’Iran, normalisation avec <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/les-emirats-nouveaux-architectes-de-la-diplomatie-au-moyen-orient/" title="Les Émirats, nouveaux architectes de la diplomatie au Moyen-Orient ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis la signature des Accords d’Abraham en 2020, les Émirats arabes unis (EAU) se sont imposés comme des acteurs incontournables de la diplomatie au Moyen-Orient. Entre coopération sécuritaire avec Israël, dialogue avec l’Iran, normalisation avec la Syrie et rôle stratégique dans le plan Trump pour Gaza, Abu Dhabi incarne une diplomatie pragmatique qui transcende les clivages traditionnels. Mais ce rôle de « nouveaux architectes » de la région est-il durable face aux tensions populaires et aux rivalités régionales ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des pionniers de la normalisation arabe avec Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">a signature des <a href="https://moyen-orient.fr/accords-abraham-paix-moyen-orient/">Accords d’Abraham</a> en 2020 a marqué un tournant historique, faisant des EAU le premier pays du Golfe à normaliser officiellement ses relations avec Israël. Ce rapprochement a conduit à l’ouverture d’ambassades, une explosion des échanges économiques (passant de 50 millions de dollars en 2020 à 2,5 milliards en 2024, selon le ministère émirati de l’Économie) et une coopération renforcée dans les domaines militaire et technologique. Par exemple, des partenariats dans la cybersécurité (avec des entreprises comme NSO Group) et l’agriculture high-tech (irrigation intelligente) illustrent cette dynamique. Les EAU se positionnent ainsi comme un pont économique et stratégique entre Israël et le monde arabe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie pragmatique : équilibre entre Israël, Iran et Turquie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les EAU se distinguent par leur capacité à dialoguer avec des acteurs aux intérêts divergents. Malgré leurs tensions avec l’Iran, notamment sur le dossier yéménite, Abu Dhabi maintient des canaux diplomatiques ouverts, comme en témoigne la visite du ministre émirati des Affaires étrangères à Téhéran en 2023. Par ailleurs, les EAU ont amorcé un rapprochement avec la Turquie après des années de tensions, marquées par des divergences sur la Libye et les Frères musulmans. Ce pragmatisme vise à positionner les EAU comme un médiateur régional capable de parler à tous, tout en sécurisant leurs intérêts stratégiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats et le plan Trump pour Gaza : un rôle stratégique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le  en 2025, les EAU sont des <strong>partenaires clés</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les EAU sont des partenaires clés dans le <a href="https://moyen-orient.fr/gaza-plan-trump/"><strong>plan Trump</strong> pour Gaza</a> proposé en septembre 2025. Ils se positionnent comme contributeurs majeurs à la reconstruction, avec un engagement estimé à 2 milliards de dollars pour des infrastructures (hôpitaux, écoles) et une participation à une administration internationale provisoire, selon des déclarations du ministère émirati des Affaires étrangères en 2025. Leur statut de pays arabe normalisé avec Israël leur confère une légitimité unique pour servir de pont entre l’Occident, Israël et le monde arabe. Sans leur implication, le plan manquerait de relais arabes crédibles pour promouvoir une coexistence post-Hamas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats sur le front syrien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les EAU ont joué un rôle pionnier en rouvrant leur ambassade à Damas dès 2018 et en soutenant la réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe en 2023. Leur objectif : limiter l’influence de l’Iran et de la Turquie tout en sécurisant des opportunités économiques dans la reconstruction syrienne (ex. : projets immobiliers à Damas, estimés à 1 milliard de dollars). La chute de Bachar el-Assad en 2025 et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, leader de Hayat Tahrir al-Sham, ont ouvert une nouvelle phase. Les EAU ont intensifié leurs contacts avec al-Sharaa, notamment via des réunions à Abu Dhabi en janvier 2025 (selon des rapports de l’Observatoire syrien des droits humains), pour peser dans la transition politique et économique. Pour Washington et Tel-Aviv, ce rôle complète le plan Trump en stabilisant la Syrie, contenant l’Iran, le Hezbollah et la Turquie, et favorisant une intégration régionale incluant Israël.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power et image internationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les EAU investissent massivement dans le sport (Formule 1, sponsoring de clubs européens), la culture (Louvre Abu Dhabi, Expo 2020) et l’éducation (création de campus universitaires internationaux). Ces initiatives projettent une image de modernité et attirent l’attention occidentale. Par exemple, l’Expo 2020 a généré 33 milliards de dollars de retombées économiques, selon le gouvernement émirati, renforçant leur influence globale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Limites et fragilités de ce rôle diplomatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces succès, le rôle des EAU est fragilisé par plusieurs facteurs. La guerre à Gaza a ravivé l’hostilité de la « rue arabe » envers la normalisation avec Israël : un sondage de l’Arab Barometer (2024) montre que 65 % des citoyens arabes rejettent les Accords d’Abraham, ce qui complique la légitimité des EAU dans le monde arabe. Les rivalités avec l’Arabie saoudite, notamment sur le leadership du Golfe et les divergences dans la guerre au Yémen (où Riyad privilégie une approche militaire face à l’approche diplomatique d’Abu Dhabi), limitent la cohérence régionale. Enfin, la dépendance aux alliances occidentales (États-Unis, France) restreint leurs marges de manœuvre, notamment en cas de désaccord stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une puissance d’influence en quête de crédibilité durable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats arabes unis se sont affirmés comme un acteur diplomatique clé au Moyen-Orient, grâce à un savant mélange de pragmatisme, d’investissements stratégiques et de soft power. Leur rôle dans le plan Trump pour Gaza et la transition syrienne illustre leur ambition de devenir les architectes d’un nouvel ordre régional. Cependant, leur crédibilité dépendra de leur capacité à surmonter les tensions populaires et les rivalités avec des puissances comme l’Arabie saoudite. Les EAU pourront-ils maintenir leur rôle de médiateurs si les crises régionales s’aggravent, ou risquent-ils de perdre leur légitimité auprès des populations arabes ? Leur succès à long terme repose sur cette équation délicate.</p>
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		<title>Israël et la Turquie : un terrain d’entente possible en Syrie avec l’appui des États-Unis ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/israel-turquie-syrie-entente-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 10:05:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israël &#8211; Turquie, via la Syrie. La chute de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024 a redessiné la Syrie. Depuis mars 2025, un gouvernement intérimaire dirigé par Amed al-Sharaa, tente et affirme vouloir stabiliser le <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/israel-turquie-syrie-entente-2025/" title="Israël et la Turquie : un terrain d’entente possible en Syrie avec l’appui des États-Unis ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Israël &#8211; Turquie, via la Syrie. La chute de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024 a redessiné la Syrie. Depuis mars 2025, un gouvernement intérimaire dirigé par Amed al-Sharaa, tente et affirme vouloir  stabiliser le pays. Dans ce contexte, des experts de l’International Crisis Group (ICG) avancent une hypothèse audacieuse : Israël et la Turquie pourraient trouver un terrain d’entente en Syrie, sous l’égide des États-Unis, pour sécuriser leurs intérêts. Cette perspective, portée par des convergences tactiques mais freinée par des rivalités historiques, suscite autant d’espoir que de scepticisme.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Points de convergence</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Sécurité et prévention des incidents</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Israël opère dans le Golan, menant des frappes contre des cibles iraniennes, tandis que la Turquie contrôle le nord syrien depuis l’opération « Bouclier de l’Euphrate » (2016). Le 15 novembre 2023, une frappe israélienne près d’Idlib a frôlé une unité turque, évitée par une communication de dernière minute. Un mécanisme formel de déconfliction, déjà discuté via des canaux informels en 2024, pourrait réduire ces risques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Contenir l’influence iranienne</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Israël perçoit l’Iran comme une menace existentielle, ciblant ses bases en Syrie depuis 2012 (plus de 200 frappes en 2024 selon l’ONU). La Turquie, bien que liée à Téhéran via les accords d’Astana, craint son expansionnisme, notamment via les milices chiites à Deraa. Une coopération ponctuelle contre ces groupes est envisageable, soutenue par des analystes sur X (#IranOut, 24 sept. 2025).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Reconstruction et stabilité locale</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une Syrie instable menace Israël (infiltrations) et la Turquie (réfugiés : 3,6 millions hébergés avant 2024). Soutenir des projets locaux, comme l’approvisionnement en eau à Alep (piloté par la Turquie) ou des infrastructures dans le Golan (Israël), pourrait stabiliser leurs zones d’influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle des États-Unis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis, avec 900 soldats à Al-Tanf et un soutien militaire à Israël (3 milliards $ annuels), sont perçus comme le garant potentiel. Cependant, leurs relations tendues avec la Turquie (sanctions sur les S-400 en 2020) et leur ambivalence envers al-Sharaa, accusé de liens passés avec al-Qaïda, compliquent leur rôle. Le Département d’État a proposé une médiation en août 2025, mais sans engagement ferme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Limites et obstacles</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Déclarations hostiles d’Erdogan</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Recep Tayyip Erdogan a qualifié Israël de « régime terroriste » le 10 octobre 2024, après des raids à Gaza, alimentant une défiance. Sur X, des soutiens turcs (#ErdoganStrong, 25 sept. 2025) amplifient cette rhétorique, rendant une alliance durable improbable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Soutien turc au régime syrien</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2025, Ankara fournit une aide humanitaire à Damas (50 tonnes de vivres en juillet), perçue par Israël comme une tolérance envers des réseaux pro-iraniens résiduels. Cette ambivalence fragilise la confiance, malgré les assurances d’al-Sharaa.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Objectifs divergents</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Israël vise à éradiquer l’Iran, avec des frappes à Quneitra en septembre 2025. La Turquie prioritise les Kurdes du PYD, soutenus par les États-Unis dans le nord-est, créant des tensions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Scénarios possibles</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Accord technique minimal</strong> : Déconfliction militaire d’ici fin 2025, probable si les États-Unis imposent un cadre.</li>



<li><strong>Coordination ponctuelle contre l’Iran</strong> : Collaboration ciblée en 2026, si l’Iran reste actif à Deraa, sous pression américaine.</li>



<li><strong>Échec rapide</strong> : Tensions kurdes et rhétorique d’Erdogan pourraient tout stopper, selon des analystes.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’hypothèse d’un rapprochement israélo-turc en Syrie, sous l’égide des États-Unis, reflète les paradoxes post-Assad. Les convergences (sécurité, Iran, stabilité) offrent une base tactique, mais les hostilités d’Erdogan, le soutien turc à Damas et les objectifs divergents (Kurdes vs Iran) limitent l’horizon. Des arrangements temporaires semblent plausibles, soutenus par des voix locales sur X, mais une alliance durable reste un mirage. La médiation américaine sera décisive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://moyen-orient.fr/israel-syrie-accord-securitaire-statu-quo/">Israël propose à la Syrie un nouvel accord sécuritaire : vers un nouveau statu quo ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="http://Gaza : Trump valide le plan Blair pour une Autorité internationale de transition GITA">Gaza : Trump valide le plan Blair pour une Autorité internationale de transition GITA</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/israel-turquie-syrie-entente-2025/">Israël et la Turquie : un terrain d’entente possible en Syrie avec l’appui des États-Unis ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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