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	<title>qatar | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
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		<title>Iran : pourquoi les Pays du Golfe redoutent une intervention militaire</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/iran-pourquoi-le-golfe-redoute-intervention-militaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 07:51:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Face aux protestations qui secouent l’Iran depuis fin 2025, plusieurs États du Golfe ont activement œuvré à freiner toute frappe ou intervention militaire américaine contre Téhéran. Cette prudence révèle une lecture stratégique propre à ces États : pour certains, une proximité politique ou fonctionnelle avec le régime iranien ; pour d’autres, la crainte prioritaire d’un effondrement incontrôlé et de ses répercussions régionales immédiates. Dans les deux cas, la gestion du risque l’emporte sur l’hypothèse d’une rupture brutale.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contexte des protestations et l’inflexion américaine</strong></h2>



<p>Depuis fin décembre 2025, l’Iran est confronté à une vague de protestations nourries par l’effondrement économique et réprimées avec brutalité. Face à cette situation, les États-Unis ont brièvement adopté une posture de fermeté, laissant entendre que des options militaires restaient envisageables, avant de revenir à une approche plus attentiste à la mi-janvier 2026.</p>



<p>Du point de vue des États du Golfe, cette inflexion est perçue comme une évolution positive. Leur diplomatie s’est attachée à souligner auprès de Washington les risques d’une escalade incontrôlée, non seulement pour la région, mais aussi pour les intérêts américains eux-mêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une rationalité sécuritaire fondée sur l’évitement du pire</strong></h2>



<p>Du point de vue de plusieurs États du Golfe — notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, mais aussi le Qatar, pourtant plus proche politiquement de l’Iran — la question iranienne se pose avant tout en termes de gestion du risque. Leur retenue face à une éventuelle frappe américaine ne procède pas nécessairement d’une complaisance à l’égard du régime des mollahs ni d’une sous-estimation de sa dangerosité, mais s’inscrit dans une logique de prévention des scénarios jugés les plus coûteux à court et moyen terme.</p>



<p>Dans cette lecture, l’effondrement soudain de l’État iranien apparaît comme un facteur d’instabilité plus inquiétant encore que la perpétuation d’un régime hostile mais connu. Le raisonnement est pragmatique : un adversaire prévisible, même agressif, reste plus gérable qu’un vide politique ou institutionnel aux contours incertains.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une chute jugée désirable, mais perçue comme trop risquée</strong></h2>



<p>Les capitales du Golfe ne contestent pas le caractère profondément déstabilisateur du régime iranien. Depuis des années, elles affichent une méfiance croissante à l’égard de ce qu’elles perçoivent comme la « pieuvre iranienne » chiite, à travers ses réseaux de milices, ses capacités asymétriques et sa pression maritime constante. Ce diagnostic est largement partagé.</p>



<p>Cependant, lorsque l’option d’une frappe extérieure est évoquée, leur analyse converge vers un risque central : celui d’un effet contre-productif. Une intervention militaire pourrait, selon elles, resserrer les rangs nationalistes en Iran, renforcer l’appareil sécuritaire et militaire — potentiellement soutenu par des partenaires extérieurs ou des réseaux de milices régionales — et offrir au régime un sursis politique. Le calcul n’est pas de préserver Téhéran, mais d’éviter une dynamique qui transformerait une contestation interne en mobilisation contre un camp extérieur auquel ces États seraient associés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vulnérabilité stratégique et énergétique centrale</strong></h2>



<p>D’un point de vue économique et stratégique, les États du Golfe se perçoivent comme les premiers exposés en cas d’escalade. Bases militaires, infrastructures énergétiques et voies maritimes constituent autant de cibles potentielles dans un scénario de confrontation. Dans leur lecture, le régime iranien chercherait moins à affronter frontalement ses adversaires qu’à étendre le conflit et à paralyser une zone géographique d’une importance stratégique majeure pour l’économie mondiale.</p>



<p>Cette vulnérabilité est indissociable de la question énergétique. Le détroit d’Ormuz demeure un point de fragilité critique : une perturbation, même limitée, aurait des effets immédiats sur les marchés, sur les stratégies de transformation économique du Golfe et sur la crédibilité régionale auprès des partenaires internationaux. Dans cette perspective, la stabilité n’est pas seulement un choix politique, mais une condition de survie économique.</p>



<p>Ce cadre explique pourquoi, du point de vue des États du Golfe, toute décision stratégique est filtrée à l’aune de ses conséquences sur l’énergie, les investissements et les flux commerciaux. Bloquer une action militaire sans proposer de scénario alternatif crédible n’est donc pas perçu comme une faiblesse, mais comme une nécessité stratégique dictée par leur exposition directe aux risques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle du Qatar dans la logique de désescalade</strong></h2>



<p>Dans cette architecture régionale, le Qatar occupe une place particulière. En raison de ses interdépendances énergétiques avec l’Iran et de son positionnement diplomatique, Doha privilégie une stratégie de médiation permanente. Sa priorité affichée est la désescalade, au prix d’une grande prudence dans l’expression publique de toute position susceptible d’être interprétée comme un alignement contre Téhéran.</p>



<p>Officiellement, cette approche n’équivaut pas à un soutien au régime iranien. Mais elle limite de facto la pression exercée sur celui-ci à un moment de vulnérabilité interne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’après comme horizon d’incertitude permanente</strong></h2>



<p>L’un des éléments centraux du raisonnement des États du Golfe demeure l’« après ». Les scénarios envisagés en cas de chute brutale du régime iranien — fragmentation interne, montée en puissance des factions les plus radicales, instabilités ethniques et régionales — sont considérés comme plus dangereux que la poursuite d’un ordre hostile mais stabilisé.</p>



<p>Cette peur de l’après agit comme un frein structurel à toute dynamique de rupture, y compris lorsque le régime iranien semble fragilisé de l’intérieur. Ce raisonnement n’est pas inédit : une logique comparable avait prévalu face à la Syrie en 2011, où la crainte de l’après avait contribué à paralyser toute perspective d’évolution du dossier syrien.</p>



<p>Enfin, les États du Golfe ont intégré les leçons des désengagements occidentaux passés. Leur prudence traduit une méfiance structurelle à l’égard des interventions militaires sans garanties de long terme. Cette lucidité les conduit à privilégier la désescalade, quitte à accepter la prolongation d’un équilibre qu’ils jugent imparfait mais maîtrisable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Cette approche commence désormais à produire des tensions visibles avec Washington. Aux États-Unis, certaines voix dénoncent ouvertement ce qu’elles perçoivent comme un double discours de la part de plusieurs États du Golfe, accusés de privilégier la stabilité à court terme au détriment d’une opportunité historique de rupture avec le régime iranien.</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ce décalage laisse paraître, à tort ou à raison, une complaisance envers Téhéran, et surtout un choc de rationalités stratégiques : d’un côté, une lecture américaine de plus en plus portée vers l’idée d’un moment de bascule ; de l’autre, une logique régionale fondée sur la gestion du risque et la peur d’un chaos incontrôlable. Cette fracture, plus que l’Iran lui-même, pourrait devenir l’un des principaux facteurs de tension dans la recomposition régionale à venir.</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une rationalité cohérente, aux effets paradoxaux</strong></h2>



<p>Du point de vue des États du Golfe, la prudence face à une frappe contre l’Iran relève d’une rationalité stratégique cohérente : éviter le pire, préserver la stabilité régionale immédiate et contenir les risques systémiques. Mais cette approche produit un effet paradoxal. En repoussant toute rupture, elle contribue à maintenir un régime perçu comme profondément déstabilisateur, tout en différant indéfiniment la question de son dépassement.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/iran-quelles-perspectives-en-cas-de-chute-des-mollahs/">Iran : quelles perspectives au Moyen-Orient en cas de chute des mollahs ?</a></p>
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		<title>Gaza : le Qatar et la Turquie à la manœuvre derrière le cessez-le-feu</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/gaza-qatar-turquie-cessez-le-feu-jeu-influence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 08:18:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Cessez-le-feu]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les États-Unis évoquent une transition de gouvernance et une force internationale de stabilisation à Gaza, le flou diplomatique ouvre un espace aux manœuvres régionales. Derrière les discours de cessez-le-feu, le Qatar et la <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/gaza-qatar-turquie-cessez-le-feu-jeu-influence/" title="Gaza : le Qatar et la Turquie à la manœuvre derrière le cessez-le-feu">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><br><strong>Alors que les États-Unis évoquent une transition de gouvernance et une force internationale de stabilisation à Gaza, le flou diplomatique ouvre un espace aux manœuvres régionales. Derrière les discours de cessez-le-feu, le Qatar et la Turquie cherchent à imposer leur propre agenda, en conditionnant toute évolution à un rôle central d’Ankara — y compris militaire. Un jeu d’influence qui interroge la réalité du désarmement du Hamas et les équilibres stratégiques de l’après-guerre.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une transition américaine encore largement théorique</strong></h2>



<p>Selon des informations relayées par <strong>Reuters</strong>, l’administration américaine travaille sur un schéma d&rsquo;accélération de la transition pour Gaza associant un conseil international, des technocrates palestiniens et, potentiellement, une force étrangère chargée de la stabilisation. Le secrétaire d’État <strong>Marco Rubio</strong> reconnaît lui-même que le statu quo n’est plus tenable, tout en admettant que rien n’est arrêté.</p>



<p>Washington explore différentes pistes, allant jusqu’à sonder certains partenaires, dont le Pakistan, pour une participation éventuelle à une force de stabilisation. Mais aucun engagement formel n’a été pris. Cette prudence révèle une réalité centrale : à ce stade, il ne s’agit pas d’un plan opérationnel, mais d’une intention politique, encore fragile, exposée aux agendas concurrents des acteurs régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Hamas et l’illusion d’un désarmement négocié</strong></h2>



<p>C’est précisément dans ce flou que s’insèrent les initiatives du Qatar et de la Turquie. Selon plusieurs sources impliquées dans les <a href="https://www.axios.com/2025/12/18/witkoff-miami-gaza-deal-turkey-qatar-egypt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discussions en cours aux États-Unis,</a> le <strong>Hamas</strong> se dirait prêt à envisager un désarmement partiel, à une condition essentielle :<strong> le déploiement de troupes turques à Gaza</strong> dans le cadre d’une force internationale de stabilisation.</p>



<p>La proposition est révélatrice. Aux yeux du Hamas, la présence militaire turque offrirait une garantie suffisante pour conserver une liberté de manœuvre politique et sécuritaire dans l’enclave. Autrement dit, il ne s’agirait pas d’un désarmement réel, mais d’un aménagement tactique destiné à assurer la survie du mouvement sous une nouvelle couverture régionale.</p>



<p>Cette approche est présentée par certains intermédiaires comme la seule capable de « mettre le Hamas en confiance », la Turquie étant décrite comme l’unique acteur en mesure d’initier un processus de reddition des armes. Une affirmation contestée par de nombreux observateurs, qui y voient surtout une tentative de reconditionnement politique de l’islamisme armé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle central — et partisan — du Qatar</strong></h2>



<p>Dans cette dynamique, le <strong>Qatar</strong> apparaît moins comme un médiateur impartial que comme un acteur engagé. Doha agirait à la fois comme facilitateur diplomatique, soutien financier et relais d’influence auprès de partenaires arabes, européens et occidentaux, dans le but de rendre acceptable la présence turque à Gaza.</p>



<p>L’enjeu dépasse largement la question humanitaire ou administrative. Il s’agit de redéfinir les équilibres régionaux, en faisant basculer Gaza d’un ancrage historiquement lié à l’axe iranien vers un nouvel ensemble sunnite structuré autour d’Ankara. Cette recomposition n’a rien d’un processus de pacification ; elle s’inscrit dans une logique de substitution d’influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Turquie et le risque d’un ancrage durable à Gaza</strong></h2>



<p>La perspective d’un déploiement militaire turc soulève une inquiétude majeure : celle d’une présence appelée à durer. L’idéologie néo-ottomane, assumée par les dirigeants actuels d’Ankara, confère à Gaza une valeur symbolique et stratégique particulière. La perte de la Palestine par l’Empire ottoman en 1917 demeure une référence récurrente dans la rhétorique turque, et l’enclave côtière est parfois présentée comme un point d’entrée historique.</p>



<p>Dans ce contexte, accueillir des troupes turques sous couvert de stabilisation reviendrait à installer un nouvel acteur militaire permanent, sans garantie de retrait, et à transformer Gaza en zone d’influence stratégique. La stabilisation annoncée risquerait alors de se muer en gel du conflit, au profit d’intérêts régionaux extérieurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que ce scénario impliquerait concrètement pour Israël</strong></h2>



<p>Du point de vue israélien, ce schéma poserait des problèmes majeurs. Un désarmement partiel du Hamas sous protection turque permettrait au mouvement de survivre politiquement, de conserver son appareil idéologique et son contrôle social, tout en bénéficiant d’une forme de normalisation internationale. L’objectif central de la guerre — éliminer le Hamas comme force politico-militaire — serait ainsi contourné.</p>



<p>La présence de troupes turques à Gaza constituerait en outre une ligne rouge sécuritaire. Elle réduirait considérablement la liberté d’action militaire israélienne et transformerait toute intervention future en incident international potentiel entre Israël et la <strong>Turquie</strong>. Gaza deviendrait une zone sanctuarisée, non démilitarisée, où la dissuasion serait affaiblie.</p>



<p>Ce scénario ne supprimerait pas la menace islamiste ; il la déplacerait. Israël passerait d’un adversaire soutenu par l’Iran à un mouvement protégé par un membre de l’OTAN, complexifiant dangereusement l’équation stratégique. Pire encore, accepter ce modèle reviendrait à légitimer l’idée qu’une organisation armée peut obtenir une reconnaissance politique après un massacre, créant un précédent lourd de conséquences pour la dissuasion régionale.</p>



<p>Enfin, un tel arrangement pourrait faire jurisprudence. Ce qui serait toléré à Gaza pourrait être revendiqué demain au Liban, sous couvert de forces internationales ou régionales, affaiblissant durablement la capacité d’Israël à contenir le <strong>Hezbollah</strong> sur son front nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stabilisation de façade, une recomposition réelle</strong></h2>



<p>Derrière les mots de cessez-le-feu et de transition, l’écart entre l’intention affichée et la réalité du terrain demeure profond. La gouvernance de Gaza ne se joue pas uniquement sur des schémas administratifs, mais sur des rapports de force idéologiques, militaires et régionaux.</p>



<p>Sous couvert de paix, c’est bien l’avenir stratégique de Gaza qui se négocie aujourd’hui : la survie politique du Hamas, la redistribution des parrainages régionaux et l’équilibre sécuritaire d’Israël. La stabilisation ne se décrète pas. Elle se construit — ou se compromet — par les choix faits maintenant.</p>
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		<item>
		<title>Les Frères musulmans, l’arme douce du Qatar et de la Turquie</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/freres-musulmans-influence-qatar-turquie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 09:52:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[FDD]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sous couvert d’action humanitaire et éducative, la confrérie des Frères musulmans reste un levier majeur d’influence pour le Qatar et la Turquie. Une stratégie idéologique à long terme, plus politique que religieuse. Un réseau ancien, <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/freres-musulmans-influence-qatar-turquie/" title="Les Frères musulmans, l’arme douce du Qatar et de la Turquie">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Sous couvert d’action humanitaire et éducative, la confrérie des Frères musulmans reste un levier majeur d’influence pour le Qatar et la Turquie. Une stratégie idéologique à long terme, plus politique que religieuse.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un réseau ancien, une stratégie renouvelée</h2>



<p>Longtemps marginalisée après les printemps arabes, la confrérie des <strong>Frères musulmans</strong> s’impose à nouveau comme un acteur d’influence central au Moyen-Orient. Mais son pouvoir ne repose plus sur les urnes ni sur la violence : il repose sur <strong>l’influence sociale et idéologique</strong>.</p>



<p>Selon un récent rapport du <a href="https://ashteret.org/2025/10/31/lextremisme-patient-les-multiples-visages-de-la-confrerie-des-freres-musulmans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Foundation for Defense of Democracies (FDD)</strong> (<em>Patient Extremism: The Many Faces of the Muslim Brotherhood</em>, octobre 2025)</a>, le mouvement a développé une stratégie d’<strong>« extrémisme patient »</strong> : une méthode de transformation lente des sociétés par l’éducation, la culture et les institutions, plutôt que par l’affrontement. Cette approche, adoptée par le Qatar et la Turquie, vise à remodeler le monde arabo-musulman selon une vision politique de l’islam, tout en entretenant une image de modération face à l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Doha, centre nerveux de l’influence frériste</h2>



<p>Le <strong>Qatar</strong> demeure le principal bailleur et promoteur de cette idéologie. Sous l’égide de la famille Al-Thani, il a transformé les symboles du soft power islamiste — chaînes satellitaires, ONG, universités religieuses — en instruments d’influence régionale. La chaîne <strong>Al Jazeera</strong>, notamment, a servi de plateforme médiatique à de nombreux prédicateurs liés aux Frères musulmans, dont Yusuf al-Qaradawi, figure tutélaire du mouvement jusqu’à sa mort. Le <strong>Qatar Charity</strong> finance, sous couvert d’humanitaire, des réseaux associatifs liés à la mouvance frériste en Afrique, en Europe et en Asie du Sud.</p>



<p>À travers ce réseau, Doha entretient un double discours : partenaire de Washington et des Accords d’Abraham sur le plan diplomatique, mais <strong>mécène idéologique</strong> de l’islam politique au niveau social et culturel. Cette ambivalence — que Donald Trump qualifiait déjà de <em>“jeu à deux visages”</em> — reste au cœur de la stratégie qatarie : influencer sans apparaître.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ankara, relais politique et militaire</h2>



<p>La <strong>Turquie d’Erdogan</strong> agit comme le prolongement institutionnel de ce dispositif. Depuis la chute de Mohamed Morsi en Égypte (2013), Ankara s’est présentée comme le refuge politique de la confrérie, accueillant ses cadres, médias et organisations. Les chaînes satellitaires égyptiennes pro-Frères ont trouvé asile à Istanbul, d’où elles continuent de diffuser vers le monde arabe.</p>



<p>Sur le plan diplomatique, la Turquie a cherché à légitimer ce réseau comme <strong>vecteur de stabilité régionale</strong> — une alternative aux régimes militaires arabes. Cette doctrine de « soft power islamo-nationaliste » permet à Ankara d’exercer une influence culturelle et religieuse dans les Balkans, en Afrique et jusqu’au Golfe, tout en maintenant une rivalité feutrée avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les adversaires : Riyad, Abou Dhabi et Le Caire</h2>



<p>Face à cette expansion idéologique, <strong>l’Arabie saoudite</strong>, <strong>les Émirats arabes unis</strong> et <strong>l’Égypte</strong> ont constitué un contre-bloc. Depuis 2017, ces États ont inscrit les Frères musulmans sur leurs listes d’organisations terroristes, accusant le mouvement d’infiltration politique et de subversion sociale. Les Émirats, en particulier, opposent au modèle frériste une vision <strong>post-islamiste et pragmatique</strong> : modernisation, tolérance religieuse, diplomatie économique. L’Arabie saoudite, plus prudente mais désormais réformiste sous l’impulsion de <strong>Vision 2030</strong>, combat l’influence idéologique qataro-turque tout en cherchant un équilibre stratégique avec Israël et les États-Unis. Cette rivalité entre islam politique et modernisation séculière structure désormais la nouvelle géographie du Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une bataille d’influence mondiale</h2>



<p>Au-delà du monde arabe, la confrérie conserve des relais puissants dans les <strong>diasporas musulmanes d’Europe</strong>. Ses réseaux associatifs, souvent financés par le Qatar, se présentent comme des défenseurs du dialogue interculturel, tout en diffusant un discours de séparation identitaire. C’est une diplomatie d’influence qui s’exerce dans les mosquées, les universités et les ONG, avec pour objectif de <strong>normaliser la pensée islamiste dans l’espace public</strong>. Le FDD souligne que cette stratégie s’inscrit dans un <strong>temps long</strong>, fondé sur la patience et la légitimation institutionnelle — un extrémisme « respectable » dont la dangerosité réside précisément dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : un affrontement d’idéologies plus que de territoires</h2>



<p>Le Moyen-Orient ne se divise plus entre blocs militaires, mais entre <strong>visions du monde</strong>. D’un côté, le Qatar et la Turquie investissent dans la continuité du projet frériste, combinant religion, médias et influence sociale. De l’autre, les monarchies du Golfe réformistes cherchent à bâtir un ordre régional dépolitisé, fondé sur la stabilité et le développement. Dans cette confrontation, les Frères musulmans ne sont plus une force révolutionnaire : ils sont devenus <strong>une matrice idéologique exportable</strong>, au service d’ambitions géopolitiques. Et c’est cette invisibilité — cet extrémisme patient — qui en fait aujourd’hui la forme la plus sophistiquée de l’islamisme politique.</p>
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		<item>
		<title>Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 11:22:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse. La guerre syrienne n’est pas terminée : elle a simplement changé de forme. Depuis la chute d’Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, la bataille ne se mène plus seulement avec des armes — <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/syrie-reconstruction-nouvel-echiquier-regional/" title="Syrie : la reconstruction comme nouvel échiquier régional">[...]</a></p>
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<p>Analyse. La guerre syrienne n’est pas terminée : elle a simplement changé de forme. Depuis la chute d’Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, la bataille ne se mène plus seulement avec des armes — comme les violences contre les Alaouites et les Druzes — mais avec des contrats. Derrière la façade d’une reconstruction ambitieuse, se joue une compétition acharnée entre puissances régionales — Turquie, Qatar, Arabie saoudite, Émirats — et acteurs occidentaux, chacun cherchant à transformer ses investissements en influence politique.<br>Par Faraj Alexandre Rifai. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le projet al-Sharaa : entre rupture et continuité</h2>



<p>Depuis son arrivée au pouvoir, la reconstruction de la Syrie est devenue le mantra d’Ahmed al-Sharaa. Présenté comme un dirigeant moderne et pragmatique, il se donne l’image d’un chef d’État réformateur. Son discours à l’ONU, salué comme un tournant diplomatique, a marqué le retour « officiel » de la Syrie sur la scène internationale. Il promet une « nouvelle ère » : ouverture économique, lutte contre la corruption, réconciliation nationale.</p>



<p>Mais sur le terrain, le régime reste centralisé et garde un parfum autoritaire. Les élections organisées dans un cadre semi-contrôlé ont exclu les provinces kurdes et druzes. Les comités de « justice transitionnelle » servent davantage à rassurer les bailleurs étrangers qu’à répondre aux crimes du passé. Pendant ce temps, les minorités de l’intérieur demeurent menacées.</p>



<p>Sous un vernis technocratique, al-Sharaa construit un État d’ordre et de puissance : religieux dans son langage, pragmatique dans ses alliances, autoritaire dans sa structure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La reconstruction, nouveau champ de bataille géoéconomique</h2>



<p>Avec des coûts estimés à près de 500 milliards de dollars, la reconstruction syrienne est devenue la principale monnaie d’influence régionale.<br>Chaque puissance cherche à acheter sa part du futur syrien :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La Turquie</strong> s’impose comme l’acteur dominant, avec des projets dans l’énergie, les transports et la défense. Elle contrôle une grande partie des circuits économiques du nord du pays, transformant la proximité géographique en levier stratégique.</li>



<li><strong>Le Qatar</strong>, fidèle à son rôle d’intermédiaire idéologique et financier, multiplie les annonces d’aide et de financement. Ses entreprises s’impliquent dans les réseaux gaziers, les infrastructures et la communication, tout en diffusant un modèle islamo-médiatique calibré pour séduire les nouvelles élites sunnites.</li>



<li><strong>L’Arabie saoudite</strong> avance avec prudence mais constance, cherchant à bloquer le retour de Téhéran et à contenir l’influence turque. Elle cible les secteurs du BTP, de l’énergie et de la sécurité frontalière, dans une logique d’équilibre régional.</li>



<li><strong>Les Émirats arabes unis</strong>, enfin, misent sur la stabilité économique plutôt que sur l’idéologie. Ils investissent dans les infrastructures portuaires et logistiques (notamment à Tartous via DP World), soutiennent des projets immobiliers et énergétiques, et cherchent à positionner Abu Dhabi comme le garant arabe d’une reconstruction ordonnée. Leur approche est claire : neutraliser les excès de l’islam politique par le pragmatisme économique.</li>
</ul>



<p>Dans ce jeu d’influence, l’argent est devenu la principale arme de domination. Investir, c’est désormais régner — non par conquête, mais par dépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran et la Russie, les perdants du nouvel ordre syrien</h2>



<p>Les deux parrains du régime Assad ont perdu la partie.<br>L’Iran, qui avait fait de la Syrie un maillon essentiel de son corridor vers la Méditerranée, a vu s’effondrer tout un réseau d’alliances et de bases logistiques. Sa perte est autant géopolitique qu’économique.<br>La Russie, affaiblie par son isolement international, se replie sur la défense de ses bases militaires à Tartous et Hmeimim. Elle conserve une présence symbolique mais voit ses contrats économiques remplacés par des entreprises turques et du Golfe.</p>



<p>Le centre de gravité syrien a basculé : du croissant chiite vers un <strong>croissant sunnite</strong>, dominé par Ankara et Doha, où l’islam politique sert de ciment identitaire à la reconstruction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour de l’Occident : prudence et calcul</h2>



<p>Les puissances occidentales observent cette recomposition avec des approches contrastées : les États-Unis font preuve de réalisme, tandis que la France et l’Europe se distinguent par leur précipitation.<br>Washington a partiellement levé les sanctions pour permettre un accès limité aux entreprises américaines et européennes, tout en exigeant un dialogue avec Israël et un engagement contre Daech.<br>Bruxelles et Paris, en revanche, ont très rapidement débloqué plusieurs milliards au profit du régime, quelques semaines à peine après sa mise en place — sans condition ni pression politique.</p>



<p>Malgré les massacres perpétrés contre les Alaouites, le président Macron a tenu à être le premier à recevoir al-Sharaa, sans la moindre réserve, mais avec les sourires et les accolades.<br>Leur logique, purement stratégique, semble se résumer ainsi : mieux vaut s’impliquer à la marge que laisser le terrain aux puissances concurrentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une paix économique, pas politique</h2>



<p>La « nouvelle Syrie » se présente comme un pays stable et réconcilié. En réalité, c’est un système verrouillé où les fractures anciennes se déplacent plutôt qu’elles ne disparaissent.<br>Les minorités sont marginalisées, la société reste sous contrôle, et la religion redevient un instrument d’État.<br>Dans les écoles de Damas, l’islam politique s’enseigne comme une doctrine nationale ; dans les provinces, les milices intégrées à l’armée sont les véritables protectrices du pouvoir.<br>Sous la rhétorique du renouveau, la Syrie affiche les apparences d’un État moderne sur un fond d’autoritarisme religieux contrôlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dilemme israélien : stabilité ou illusion ?</h2>



<p>Pour Israël, cette recomposition soulève un dilemme inédit.<br>La disparition de l’influence iranienne constitue un soulagement stratégique, mais l’ascension d’un bloc sunnite soutenu par la Turquie et le Qatar n’est pas moins inquiétante.<br>Un régime islamiste « modéré » et centralisé à Damas pourrait, à moyen terme, devenir une source d’instabilité sur le front nord, en légitimant idéologiquement la confrontation avec Israël au nom d’une nouvelle solidarité régionale.<br>La frontière nord d’Israël risque ainsi de passer d’un front chiite à un front sunnite — différent dans la forme, mais pas nécessairement plus rassurant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Si Al-Sharaa voulait vraiment reconstruire la Syrie &#8230;</h2>



<p>S’il voulait véritablement faire de la Syrie un État stable et souverain, Ahmed al-Sharaa devrait transformer la reconstruction en levier de réconciliation, et non en instrument de domination. Cela suppose d’abord de rompre avec la logique des cercles fermés et des alliances confessionnelles, pour bâtir un cadre inclusif où Druzes, Alaouites, Kurdes et sunnites participent à la gouvernance du pays. Il devrait faire ce qu&rsquo;il avait été envisagé depuis le début : une véritable conférence nationale où tous les Syriens sont représentés. Or, la première chose que le régime actuel a fait c&rsquo;est de toucher à la constitution sans avoir la moindre légitimité démocratique pour le faire. <br>Sur le plan économique, la transparence dans la gestion du <strong>Fonds syrien de développement</strong> et la supervision indépendante des grands contrats seraient essentielles pour restaurer la confiance intérieure et attirer des investissements durables. Il faudra s&rsquo;éloigner de la logique tribale dans la gestion de la vie économique du pays. <br>Enfin, un geste symbolique mais décisif consisterait à engager un <strong>dialogue réel avec Israël</strong> sur les frontières et la sécurité régionale, afin de replacer la Syrie dans une dynamique de paix plutôt que dans la perpétuation des antagonismes. Mais pour cela, Al Sharaa devrait s&rsquo;affranchir de sa base la plus radicalisée. <br>La question est de savoir si al-Sharaa veut reconstruire un pays… ou simplement un pouvoir. Et avec Qui ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la reconstruction comme pouvoir d’État</h2>



<p>La Syrie d’al-Sharaa se reconstruit sur un paradoxe : elle promet le développement économique et, dans une certaine mesure, la paix, mais cultive la domination et la division confessionnelle, et donc le rejet des minorités. <br>Chaque puissance étrangère y voit un miroir de ses propres ambitions, et chaque dollar investi renforce un régime qui a compris la règle du nouveau jeu régional : <strong>celui qui finance commande, celui qui reconstruit gouverne.</strong></p>



<p>Sous l’apparence d’une renaissance nationale, la Syrie devient un laboratoire des puissances extérieure  : un pays pacifié en surface, fracturé en profondeur, et disputé par tous ceux qui prétendent le sauver.</p>



<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/les-emirats-et-la-turquie-la-rivalite-devenue-partenariat/">Les Émirats et la Turquie : la rivalité devenue partenariat</a></p>
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		<title>Trump et le Qatar : le pari risqué de la stabilité à Gaza</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/trump-qatar-pari-stabilite-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Oct 2025 08:05:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Islamisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[politique américaine]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[stabilité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trump parie sur le Qatar pour stabiliser Gaza : un choix risqué et audacieux, entre cynisme stratégique et lucidité géopolitique. En escale à Doha dans la nuit du 26 octobre, Donald Trump a déclaré que <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/trump-qatar-pari-stabilite-gaza/" title="Trump et le Qatar : le pari risqué de la stabilité à Gaza">[...]</a></p>
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<p><strong>Trump parie sur le Qatar pour stabiliser Gaza : un choix risqué et audacieux, entre cynisme stratégique et lucidité géopolitique.</strong></p>



<p>En escale à Doha dans la nuit du 26 octobre, Donald Trump a déclaré que le Qatar pourrait, si nécessaire, envoyer des troupes à Gaza. Par sa simplicité de langage, mais aussi sa manière de bouleverser les codes, le président américain serait-il en train d’essayer une autre méthode — une diplomatie du renversement et du pragmatisme ? Le Qatar, longtemps accusé d’avoir soutenu le Hamas, se retrouverait soudainement promu garant potentiel de la stabilité. Le pari est risqué, voire audacieux : transformer les anciens pyromanes en pompiers de toutes les vertus. <strong>Et si Trump était en train de tenter une manœuvre, malgré la rudesse de son style : associer le Qatar, mais en l’obligeant autrement ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Du financement du Hamas à la “stabilisation” de Gaza</h2>



<p>L’idée qu’un pays ayant abrité les dirigeants du Hamas puisse participer à la sécurisation de Gaza aurait paru impensable il y a encore quelques mois. Mais pour Trump, il n’y a pas d’alliés éternels ni d’ennemis structurels — seulement des acteurs utiles à son “entreprise”, comme dans les affaires.<br>Le Qatar possède des leviers financiers, politiques et médiatiques qu’aucun autre pays arabe ne détient sur le Hamas. Plutôt que d’exclure Doha, Trump semble préférer le <strong>piéger dans la responsabilité</strong> : lui confier un rôle qui l’oblige à assumer les conséquences de ses propres compromissions.<br>C’est une manœuvre typiquement trumpienne : <strong>récompenser pour mieux neutraliser, impliquer pour mieux contrôler.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie du recyclage contrôlé</h2>



<p>Ce principe — transformer les anciens pyromanes en pompiers — traverse toute la doctrine Trump depuis 2017. On le retrouve dans sa gestion du monde arabe, mais aussi dans sa vision plus large de l’ordre international : <strong>réutiliser les contradictions au lieu de les effacer.</strong><br>À Gaza, le Qatar ; en Syrie, Ahmed al-Sharaa, ex-djihadiste devenu chef d’État. Deux figures d’un même modèle : celui des acteurs à la sauce islamiste, aujourd’hui réinsérés dans le jeu géopolitique au nom de la stabilité.<br>En Arabie Saoudite, Trump avait dit au nouveau président syrien : « Vous voulez la levée des sanctions et la reconnaissance ? Alors aidez-nous contre le terrorisme et entamez le dialogue avec Israël. »<br>La Syrie est loin d’intégrer les Accords d’Abraham, comme il l’a suggéré, mais on constate que le régime syrien, pourtant islamiste, a aussitôt adopté un nouveau langage : “paix régionale” et négociation avec Israël, sans passer par la case palestinienne. Le changement est plus que notable.<br>C’est Trump qui l’a amorcé, avec un mélange de <strong>fermeté et de bienveillance stratégique</strong>.<br>Trump ne réhabilite pas leurs idéologies ; il domestique leur pouvoir d’influence. L’avenir dira l’efficacité de cette tactique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour du cynisme stratégique</h2>



<p>Cette logique rompt avec la diplomatie occidentale classique, encore prisonnière de son langage moral : droits, démocratie, modération. Trump parle un autre langage — celui du résultat.<br>Pour lui, si le Qatar peut contrôler le Hamas et participer à son désarmement et à la reconstruction, alors son passé n’a plus d’importance.<br>C’est une vision brutale, mais inédite. Toutes les chancelleries européennes reçoivent en grande pompe l’émir du Qatar, sans la moindre exigence ; aucune, même pas Macron, n’a osé ce mélange de <strong>fermeté et de bienveillance</strong>, préférant la complaisance et les remerciements éternels.<br>Trump, lui, veut visiblement oser transformer les faiblesses régionales en <strong>instruments de stabilisation.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pari dangereux, mais peut-être nécessaire</h2>



<p>Associer le Qatar à Gaza revient à miser sur une contradiction : demander au parrain de devenir arbitre. C’est un pari risqué, car Doha reste idéologiquement lié aux mouvances islamistes et entretient une rivalité de fond avec l’Arabie saoudite et les Émirats.<br>Mais c’est aussi un pari peut-être <strong>indispensable</strong>, car aucun autre acteur arabe ne dispose aujourd’hui d’un accès aussi direct aux réseaux politiques, financiers et humanitaires de Gaza.<br>Trump l’a compris : vouloir reconstruire Gaza sans le Qatar reviendrait à construire sans fondations. Le risque est immense, mais l’alternative — le vide — le serait davantage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les réticences israéliennes : prudence ou méfiance stratégique ?</h2>



<p>Du côté israélien, la perspective d’une présence qatarie à Gaza suscite naturellement la méfiance.<br>Pour Jérusalem, Doha reste avant tout l’un des principaux bailleurs du Hamas, un acteur double ayant longtemps financé la guerre sous couvert d’aide humanitaire.<br>Les responsables israéliens redoutent que toute mission militaire ou civile du Qatar ne serve de couverture à une influence prolongée sur le territoire, voire à une résurrection politique du Hamas sous un autre nom.<br>Mais Trump calcule autrement.<br>Il considère que <strong>l’exclusion totale du Qatar est illusoire</strong> : aucune solution durable ne peut émerger à Gaza sans impliquer, d’une manière ou d’une autre, l’État qui a financé, hébergé et influencé les factions islamistes.<br>C’est là tout le paradoxe de son plan : ce que Jérusalem voit comme un risque, Trump le voit comme une <strong>opportunité.</strong><br>Peut-être estime-t-il que la seule manière de neutraliser le Qatar est <strong>de l’obliger à réussir</strong> ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la stabilité sans vertu, le pari du réel</h2>



<p>Trump ne ramène pas la morale au Moyen-Orient, il ramène <strong>le calcul du réel</strong>.<br>Il ne cherche pas la paix juste, mais la paix possible et réaliste. Sa vision n’est pas celle d’un idéologue, mais d’un stratège businessman :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Mieux vaut un acteur compromis sous contrôle qu’un chaos incontrôlable. »<br>Faire du Qatar un garant de Gaza, c’est un pari dangereux — mais peut-être le seul qu’il reste à tenter.<br>Dans un Moyen-Orient fracturé, où chaque victoire morale a produit un désastre politique, ce pari incarne la brutalité du réel : la stabilité ne se conquiert plus par la vertu, mais par <strong>la fermeté bienveillante.</strong><br>Et Trump, cynique ou clairvoyant, semble l’avoir compris avant les autres : aujourd’hui, la survie de l’ordre passe par ceux qui l’ont autrefois menacé.</p>



<p>Lire aussi :<a href="https://moyen-orient.fr/gaza-trump-pragmatisme-vs-diplomatie-du-spectacle/"> Gaza : quand Trump privilégie l’action à la communication</a></p>
</blockquote>
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		<title>Gaza : quand Trump privilégie l’action à la communication</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/gaza-trump-pragmatisme-vs-diplomatie-du-spectacle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 09:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie américaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que certains affirment que Donald Trump se serait inspiré d’Emmanuel Macron pour sa politique au Moyen-Orient, la réalité montre tout l’inverse. Le président américain avance sans caméras ni slogans : il agit. L’accord de <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/gaza-trump-pragmatisme-vs-diplomatie-du-spectacle/" title="Gaza : quand Trump privilégie l’action à la communication">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Alors que certains affirment que Donald Trump se serait inspiré d’Emmanuel Macron pour sa politique au Moyen-Orient, la réalité montre tout l’inverse. Le président américain avance sans caméras ni slogans : il agit. L’accord de Gaza illustre ce contraste entre une diplomatie du résultat et celle du paraître.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il ne suffit pas de tenir des conférences, il faut agir</h2>



<p>Alors que certains affirment que Donald Trump se serait « inspiré » d’Emmanuel Macron pour son plan de règlement du conflit à Gaza, les faits racontent une autre histoire : celle d’une diplomatie américaine pragmatique, discrète et orientée vers le résultat.</p>



<p>L’accord conclu à Charm el-Cheikh sur un cessez-le-feu durable à Gaza illustre une méthode fondée non sur les discours ou les symboles, mais sur la coordination réelle entre acteurs régionaux. Sous l’impulsion de Washington, les États-Unis, le Qatar, l’Égypte et la Turquie ont travaillé ensemble pour aboutir à une trêve, à la circulation de l’aide humanitaire et à un cadre de reconstruction du territoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie de terrain, pas de tribune</h2>



<p>Plutôt que de multiplier les conférences et les grandes déclarations, l’administration américaine a choisi d’agir sur le terrain diplomatique. Elle a mobilisé ses partenaires régionaux, favorisé des canaux de discussion concrets, et veillé à ce que chaque étape soit adossée à un engagement mesurable.</p>



<p>Cette méthode tranche avec la diplomatie européenne des photos et des postures. Elle privilégie les mécanismes réels de résolution plutôt que les effets d’annonce. Washington a évité les podiums, préférant les coulisses où se prennent les décisions effectives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une architecture régionale pragmatique</h2>



<p>Le processus initié par Trump s’inscrit dans une vision plus large : stabiliser Gaza non par injonction morale, mais par coordination opérationnelle. Le plan prévoit un dispositif multilatéral de reconstruction, sous supervision internationale, associant les pays arabes qui ont déjà prouvé leur capacité à agir — l’Égypte, le Qatar, la Turquie — à un cadre politique nouveau.</p>



<p>Cette approche, inspirée de la logique des <a href="https://moyen-orient.fr/accords-abraham-paix-moyen-orient/">Accords d’Abraham</a>, cherche à créer des complémentarités régionales plutôt qu’à alimenter les clivages idéologiques. C’est une diplomatie du concret, loin des illusions romantiques du « processus de paix » européen.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’action plutôt que la mise en scène</h2>



<p>En renouant avec une diplomatie d’efficacité, les États-Unis ont rappelé une vérité simple : les crises du Moyen-Orient ne se résolvent pas par les conférences de presse ni les selfies de sommet, mais par des actes tangibles, des médiations continues et des compromis assumés.</p>



<p>Loin des plateaux et des caméras, la méthode Trump aura consisté à écouter, à négocier et à aboutir. Une démarche qui, qu’on l’approuve ou non, contraste avec les grandes messes diplomatiques où l’on parle de paix sans jamais la construire.</p>



<p>Lire aussi :</p>



<p><a href="https://moyen-orient.fr/gaza-plan-trump/">Le Plan de paix de Trump pour Gaza : une opportunité pour le Moyen-Orient</a></p>



<p><a href="https://moyen-orient.fr/plan-trump-tony-blair-gaza/">Plan Trump : Tony Blair à Gaza, opportunité ou pari risqué ?</a></p>



<p><strong><a href="https://moyen-orient.fr/plan-gita-blair-gaza/">Gaza : Trump valide le plan Blair pour une Autorité internationale de transition GITA</a></strong></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/gaza-trump-pragmatisme-vs-diplomatie-du-spectacle/">Gaza : quand Trump privilégie l’action à la communication</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<title>Gaza sous influence turco-qatarie : le risque d’une présence durable</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/gaza-sous-influence-turco-qatarie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 07:18:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Plan Trump]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gaza sous influence turco-qatarie ? Le risque d&#8217;une présence permanente qui redessine la région. Selon un article récent d’IsraJ, déjà 500 millions de dollars qataris injectés à Gaza en 2024. Mais et si cela ouvrait <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/gaza-sous-influence-turco-qatarie/" title="Gaza sous influence turco-qatarie : le risque d’une présence durable">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Gaza sous influence turco-qatarie ? Le risque d&rsquo;une présence permanente qui redessine la région</strong>.</p>



<p><em>Selon un article récent d’IsraJ, déjà 500 millions de dollars qataris injectés à Gaza en 2024. Mais et si cela ouvrait la porte à 10 000 agents turco-qataris d’ici 2026 ?</em></p>



<p>L’idée que la Turquie et le Qatar pourraient acquérir une <strong>présence durable à Gaza</strong> suscite des inquiétudes stratégiques majeures.<br>Selon l’article d’IsraJ, alors que l’après-guerre s’annonce, certaines « voix en Israël » — dont l’analyste Yinon Magal sur X — mettent en garde : le vide laissé par Tsahal pourrait être comblé par des forces turques ou qataries, transformant une présence initialement temporaire en influence permanente.</p>



<p>Cette perspective ajoute une dimension concrète au dilemme du rôle de garant assigné aux deux États dans le <strong><a href="https://moyen-orient.fr/plan-trump-tony-blair-gaza/">plan Trump</a></strong>. Au-delà d’un simple rôle diplomatique ou humanitaire, cette « montée en puissance » territoriale entraînerait des répercussions profondes pour <strong>l’équilibre régional, la souveraineté de fait et les intérêts d’Israël</strong>.<br><em>Avantage potentiel pour Tel-Aviv : déléguer le coût humanitaire sans perdre le veto stratégique.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un vide stratégique que d’autres pourraient combler</strong></h2>



<p>L’article insiste sur trois points saillants :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Comblement du vide stratégique laissé par Israël</strong><br>Israël pourrait juger non viable le maintien d’une présence directe pour des raisons de coût, de pression internationale ou d’image. Si Ankara ou Doha assurent la gouvernance civile, la sécurité ou la reconstruction, cela pourrait progressivement <strong>supplanter l’influence israélienne</strong>.</li>



<li><strong>Transformation d’une présence temporaire en appui structurel</strong><br>Sous couvert d’une mission humanitaire, une empreinte durable pourrait s’installer : infrastructures, personnels, organes administratifs soutenus par Ankara et Doha. C’est l’inquiétude majeure relevée par l’article.</li>



<li><strong>Tension avec l’Égypte sur l’influence régionale</strong><br>L’Égypte, acteur historique de Gaza, redoute d’être marginalisée. <em>Le Caire menace déjà de fermer Rafah si Doha outrepasse</em> (déclaration Sissi, <em>Al-Ahram</em>, oct. 2025).</li>
</ol>



<p>Ainsi, l’alliance Qatar-Turquie ne relèverait plus d’un équilibre diplomatique, mais de <strong>contrôle territorial et symbolique</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De la médiation à la mainmise</strong></h2>



<p>Ce qui, au départ, devait ressembler à une mission de <strong>médiation régionale</strong> — un rôle de supervision et de garantie du cessez-le-feu — tend aujourd’hui à se transformer en <strong>prise d’ancrage politique et territoriale</strong>.<br>Plus les semaines passent, plus la frontière entre l’aide humanitaire, la reconstruction et la projection d’influence se brouille.<br>L’implication turco-qatarie, si elle se confirme dans sa dimension opérationnelle, pourrait donc redéfinir la nature même du plan Trump : d’une architecture de paix encadrée à un <strong>partage de zones d’influence sous mandat implicite</strong>.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Ambiguïté du rôle de garant</strong><br>Le rôle de garant devient opératif : contrôle de quartiers, gestion de services, encadrement sécuritaire. De facto, une <strong>autorité parallèle</strong> susceptible d’entrer en collision avec Israël et les autres garants.</li>



<li><strong>Crédibilité et accusations de conquête masquée</strong><br>Une présence durable pourrait être perçue comme une <strong>vassalisation de Gaza</strong> : stratégie de reconquête douce par influence. La comparaison avec la présence turque au nord de la Syrie est évidente.</li>



<li><strong>Risques sécuritaires intensifiés</strong><br>Des installations turques ou qataries deviendraient des <strong>cibles légitimes</strong> en cas d’escalade, élargissant le champ du conflit.</li>



<li><strong>Rupture d’équilibre régional</strong><br>L’Égypte et l’Arabie saoudite pourraient réagir par des <strong>contre-alliances pro-israéliennes</strong>, voire par des restrictions économiques ou frontalières.</li>



<li><strong>Problèmes de légitimité locale</strong><br>Les Gazaouis pourraient rejeter cette présence étrangère, vécue comme une substitution d’occupation.</li>



<li><strong>Dilemme pour Israël</strong><br>Accepter une présence « hostile » maquillée en mission humanitaire ou reprendre le contrôle — au risque d’une confrontation directe.</li>



<li><strong>Impact sur Washington</strong><br>Si la présence turque menace la stabilité régionale, le prochain président américain (Trump ou Biden) pourrait <strong>recalibrer le plan</strong> ou activer un veto diplomatique.</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Scénarios possibles et probabilités</strong></h2>



<p>Plusieurs trajectoires se dessinent selon la manière dont Ankara et Doha exerceront leur influence.</p>



<p>Dans le scénario le plus <strong>probable</strong>, la présence turco-qatarie resterait limitée, contrôlée et réversible. Les deux pays interviendraient dans les zones civiles — reconstruction, aide, services publics — sans établir de structures militaires ou administratives permanentes. Ce modèle, proche du dispositif onusien au Liban en 2006, préserverait un équilibre fragile, mais au prix d’une dépendance logistique à Israël et aux États-Unis.</p>



<p>Un second scénario, presque aussi envisageable, verrait au contraire une <strong>implantation structurelle</strong> : des contingents encadrant la sécurité locale, des bureaux de coordination, voire une formation de forces gazaouies sous supervision turque. Cette configuration rappellerait la présence d’Ankara en Libye depuis 2019. Israël pourrait la tolérer dans des zones périphériques, mais y verrait vite une “zone d’influence” étrangère au cœur de Gaza.</p>



<p>Un troisième scénario, plus risqué, serait celui d’une <strong>confrontation directe</strong>. Si Israël considère cette implantation comme une atteinte à sa souveraineté, il pourrait imposer des restrictions de circulation ou mener des frappes ciblées contre des sites turco-qataris. La crise deviendrait alors diplomatique, voire militaire, avec des répercussions sur les relations entre Jérusalem, Washington et Ankara — rappelant la tension de 2020 autour des Dardanelles.</p>



<p>Enfin, un scénario marginal évoque un <strong>renversement diplomatique</strong>. Si la population gazaouie, les factions locales ou d’autres garants internationaux rejetaient cette présence, l’alliance pourrait se déliter. Doha et Ankara seraient alors réduits à un rôle d’accompagnement, comme la Russie contrainte de se retirer partiellement de Kherson en 2022.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enjeux stratégiques revisités</strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’enjeu dépasse le champ diplomatique : il touche à la <strong>souveraineté de facto</strong> sur Gaza.</li>



<li>Israël risque de perdre le contrôle indirect de zones clés.</li>



<li>Gaza pourrait devenir une <strong>zone tampon d’influences croisées</strong>, à l’image du Liban d’après 1982.</li>



<li>Les garanties du <strong>plan Trump</strong> seraient fragilisées si les garants exercent un pouvoir concret.</li>
</ul>



<p><strong>Gaza, nouveau Liban ?</strong><br>Entre reconstruction et ré-islamisation, le risque est celui d’un protectorat sous double bannière turco-qatarie.</p>



<p><p>Lire aussi l&rsquo;article <a href="https://israj.media-j.com/article/42130/gaza-israel-face-au-risque-dune-presence-turco-qatarie-dans-lenclave" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Gaza : Israël face au risque d&rsquo;une présence turco-qatarie dans l’enclave »</a></p> Autres sources :<br>• <a href="https://worldisraelnews.com/qatar-and-turkey-want-to-rebuild-hamas-not-reconstruct-gaza/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">worldisraelnews.com/qatar-turkey-gaza &#8211; (16/10/2025)</a><br><a href="https://english.ahram.org.eg/News/518000.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">• Al-Ahram (Sissi Rafah) : [ahram.org.eg/sissi-gaza] &#8211; (15/10/2025) </a><br><a href="https://www.pcpsr.org/en/node/991" target="_blank" rel="noreferrer noopener">• Sondage Gaza : [pcpsr.org/poll] -(68% contre forces étrangères, 09/2025)</a></p>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/gaza-sous-influence-turco-qatarie/">Gaza sous influence turco-qatarie : le risque d’une présence durable</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
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		<title>Livre : Centres de pouvoir dans le Golfe selon Ulrichsen</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/centres-pouvoir-golfe-ulrichsen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 09:15:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Bahreïn]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Koweït]]></category>
		<category><![CDATA[Kristian Coates Ulrichsen]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Oman]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Soft power]]></category>
		<category><![CDATA[Vision 2030]]></category>
		<category><![CDATA[Vision 2071]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié en 2023 par l’éditeur Hurst, le livre « Centers of Power in the Arab Gulf » States de Kristian Coates Ulrichsen propose une lecture novatrice de la gouvernance dans le Golfe. Plutôt que d’envisager ces monarchies <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/centres-pouvoir-golfe-ulrichsen/" title="Livre : Centres de pouvoir dans le Golfe selon Ulrichsen">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Publié en 2023 par l’éditeur Hurst, le livre « <em>Centers of Power in the Arab Gulf » States</em> de Kristian Coates Ulrichsen propose une lecture novatrice de la gouvernance dans le Golfe. Plutôt que d’envisager ces monarchies comme des blocs homogènes, l’auteur démontre que leur stabilité repose sur l’entrecroisement de centres de pouvoir multiples – militaires, économiques, religieux et narratifs – qui coexistent, se complètent ou se concurrencent.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pouvoir comme réseau complexe</h2>



<p>Ulrichsen s’oppose à une vision monolithique des régimes du Golfe. Le pouvoir n’y est pas concentré en un seul centre mais se déploie dans un réseau imbriqué. Les forces armées et les services de sécurité constituent une première source d’autorité, mais l’économie pétrolière et financière façonne tout autant la légitimité. La religion, utilisée comme instrument de légitimation, joue un rôle central, tandis que le récit national et le soft power deviennent des leviers stratégiques. L’auteur insiste sur cette pluralité pour comprendre la capacité des monarchies du Golfe à s’adapter aux pressions internes et aux mutations régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La légitimité par les récits</h2>



<p>Au-delà des ressources matérielles, la durabilité des régimes du Golfe repose largement sur les récits qu’ils élaborent pour justifier leur pouvoir. Ulrichsen souligne que la survie politique dépend autant de la rente pétrolière que de la construction de projets symboliques comme Vision 2030 en Arabie saoudite ou Vision 2071 aux Émirats. Ces récits de modernisation et de prospérité future sont conçus comme des instruments de cohésion et de légitimité face aux sociétés locales et aux partenaires internationaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Coopération et rivalité entre monarchies</h2>



<p>Les monarchies du Golfe partagent un espace géographique et une histoire commune, mais leurs visions divergent. La rivalité entre Riyad et Abu Dhabi pour le leadership régional, les tensions avec le Qatar autour du rôle médiatique d’Al-Jazeera, les différences d’approche face à l’Iran ou à la Turquie montrent que la coopération est toujours traversée par la compétition. Ulrichsen décrit une dialectique permanente où convergences et rivalités coexistent et structurent la politique régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Études de cas et terrains d’analyse</h2>



<p>Le livre multiplie les exemples empiriques. Il montre comment l’Arabie saoudite a renforcé son appareil militaire pour consolider son autorité, comment le wahhabisme a été à la fois un instrument d’influence et un facteur de contestation, ou encore comment les Émirats et le Qatar ont mobilisé leur soft power culturel et médiatique pour s’imposer sur la scène internationale. Oman et le Koweït apparaissent, quant à eux, comme des cas d’équilibre fragile, pris entre les contraintes dynastiques, les institutions parlementaires et la pression de sociétés plus actives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Citations marquantes</h2>



<p>« Le pouvoir dans le Golfe n’est pas monolithique mais se constitue à travers un réseau de centres militaires, économiques, religieux et narratifs, qui coexistent et rivalisent de manière complexe. »</p>



<p>« La pérennité des régimes du Golfe repose autant sur les récits qu’ils construisent pour justifier leur pouvoir que sur les ressources matérielles dont ils disposent. »</p>



<p>« Les États du Golfe partagent une géographie mais pas toujours une vision ; leurs centres de pouvoir s’entrecroisent et divergent, générant autant de coopération que de compétition. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse critique</h2>



<p>L’un des apports majeurs du livre est de dépasser la lecture strictement rentière des monarchies pétrolières. En mettant en avant le rôle du soft power, de la communication politique et des récits nationaux, Ulrichsen renouvelle la compréhension des dynamiques de légitimation. Toutefois, l’ouvrage reste centré sur les élites et sur les mécanismes institutionnels, laissant moins de place à la société civile ou aux mouvements sociaux. Cette limite ne retire rien à sa pertinence, mais souligne que l’analyse gagnerait à être complétée par des travaux sur les dynamiques sociales émergentes dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une référence pour comprendre les équilibres des pays du Golfe</h2>



<p><em>Centers of Power in the Arab Gulf States</em> s’impose comme une référence incontournable pour comprendre les équilibres du Golfe. L’approche de Kristian Coates Ulrichsen, en identifiant les multiples centres de pouvoir et en montrant leur articulation, éclaire la résilience et la complexité des régimes du CCG. À l’heure où les monarchies du Golfe multiplient les initiatives de diversification économique, de modernisation et d’ouverture diplomatique, ce livre fournit des clés essentielles pour analyser les trajectoires futures de la région.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><a href="https://www.amazon.com/Centers-Power-Arab-Gulf-States/dp/1805260294" target="_blank" rel=" noreferrer noopener"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="654" height="1024" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-654x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2450" style="width:174px;height:auto" srcset="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-654x1024.jpg 654w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-192x300.jpg 192w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-768x1203.jpg 768w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen.jpg 958w" sizes="(max-width: 654px) 100vw, 654px" /></a></figure>
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		<title>Le Qatar lance une encyclopédie sur l’Occident</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/le-qatar-lance-une-encyclopedie-sur-loccident/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jun 2022 07:53:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Occident-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La première encyclopédie visant à observer l’Occident et analyser ses tendances intellectuelles et philosophiques a été lancée au Qatar la semaine dernière. L&#8217;Encyclopédie « Al-Istigrab », (Occidentalisme) se veut la première initiative dans le monde arabe et <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/le-qatar-lance-une-encyclopedie-sur-loccident/" title="Le Qatar lance une encyclopédie sur l’Occident">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La première encyclopédie visant à observer l’Occident et analyser ses tendances intellectuelles et philosophiques a été lancée au Qatar la semaine dernière.</p>



<p>L&rsquo;Encyclopédie « Al-Istigrab », (Occidentalisme) se veut la première initiative dans le monde arabe et au Moyen-Orient à vouloir « observer » et « analyser » de près le monde occidental et ses tendances intellectuelles, culturelles, philosophiques et civilisationnelles d&rsquo;un point de vue arabe, voire « musulmane ».</p>



<p>La première édition de cette encyclopédie &#8211; lancée en coopération le Ministère qatari des affaires étrangères, l’université du Qatar et l’ISESCO, comprendra d’abord quatre ouvrages qui représentent une introduction générale. L’encyclopédie sera ensuite complétée par un package de plus de vingt autres parties.</p>



<p>Selon les autorités du ministère qatari des affaires étrangères, « L&rsquo;encyclopédie sera la première publiée en langue arabe avec une vision objective et une méthodologie scientifique qui reflètent une compréhension de la réalité et des implications des transformations sociales, économiques et politiques dont l&rsquo;Occident est le témoin ».</p>



<p>Le projet de l’encyclopédie de l’Occident (vu par l’Orient) fait partie d’un plan plus global du pays nommé « Qatar Vision 2030 ». Il s’inscrit dans une volonté des autorités de soutenir « le dialogue entre les civilisations, la coexistence entre différentes cultures et la promotion de la compréhension entre les peuples », selon la porte-parole du ministère.</p>



<p>La genèse de l’encyclopédie remonte à 2017. En effet, l’université du Qatar avait annoncé les détails de son projet « Encyclopedia of Occidentalism », qui, selon elle, visait à « présenter un projet pour les générations à venir pour leur proposer de puiser dans diverses études liées à l&rsquo;Occident et à contribuer à la compréhension de son patrimoine intellectuel, religieux et social ». Pour cela, l’université avait sollicité la contribution de nombreux chercheurs et spécialistes dans différentes thématiques intellectuelles, scientifiques, sociales, philosophiques, psychologiques, politiques, religieux et d&rsquo;autres sujets liés au monde occidental.</p>



<p>Sources&nbsp;: <a href="https://alkhaleejonline.net/%D8%AB%D9%82%D8%A7%D9%81%D8%A9-%D9%88%D9%81%D9%86/%D9%82%D8%B7%D8%B1-%D8%AA%D8%AF%D8%B4%D9%91%D9%86-%D8%A7%D9%84%D9%82%D8%B3%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%A3%D9%88%D9%84-%D9%85%D9%86-%D9%85%D9%88%D8%B3%D9%88%D8%B9%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D8%BA%D8%B1%D8%A7%D8%A8-%D9%84%D9%81%D9%87%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%BA%D8%B1%D8%A8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alkhaleejonline</a> et <a href="http://www.qu.edu.qa/ar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université du Qatar</a></p>
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