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	<title>Égypte | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
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	<title>Égypte | Moyen-Orient.fr</title>
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		<title>Le Liban en suspension : entre effondrement rampant et souveraineté introuvable</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/liban-effondrement-souverainete-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 10:12:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence internationale 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Effondrement économique]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Drian]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Liban vit en 2025 une crise sans précédent : institutions paralysées, économie ruinée, souveraineté fragmentée. Entre pression internationale et poids du Hezbollah, le pays oscille entre survie et délitement. Analyse. Qu’est-ce qu’un État qui <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/liban-effondrement-souverainete-2025/" title="Le Liban en suspension : entre effondrement rampant et souveraineté introuvable">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le Liban vit en 2025 une crise sans précédent : institutions paralysées, économie ruinée, souveraineté fragmentée. Entre pression internationale et poids du Hezbollah, le pays oscille entre survie et délitement. Analyse.</strong></p>



<p>Qu’est-ce qu’un État qui n’exerce plus son autorité, qui n’a plus de monnaie stable, plus d’armée pleinement souveraine, plus d’institutions fonctionnelles, plus de stratégie nationale — mais qui continue d’exister diplomatiquement et juridiquement ? Le Liban est aujourd’hui l’exemple le plus avancé de cette zone grise : un pays légal survivant sur le papier, un pays réel fragmenté, affaibli, sous tutelles croisées. La visite de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth cette semaine, l’annonce américaine d’une conférence internationale pour soutenir l’armée libanaise en janvier 2026 « probablement à Paris », et les initiatives discrètes mais actives de l’Égypte s’inscrivent dans une même logique : tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Mais que reste-t-il réellement du Liban en tant qu’État stratégique et souverain ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Liban n’est plus gouverné — il est géré à distance</strong></h2>



<p>Depuis l’explosion du port de Beyrouth en 2020, l’État libanais a cessé de fonctionner comme une structure capable de produire de l’ordre. Les indicateurs de 2025 en disent long : une inflation annuelle autour de 150 %, une livre ayant perdu 98,7 % de sa valeur depuis 2019, une dette publique dépassant 150 % du PIB. La pauvreté extrême touche désormais 82 % de la population selon la Banque mondiale. L’électricité est disponible deux à quatre heures par jour, les hôpitaux publics sont maintenus en vie par les ONG, l’eau potable est assurée par l’UNICEF, les universités publiques sont fermées ou agonisantes. Les routes sont défoncées, et la justice se trouve dans un coma artificiel. Le Liban est passé d’un État fragile à un État vitrifié : debout, mais sans colonne vertébrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Hezbollah : structure parallèle ou seule colonne restante ?</strong></h2>



<p>Toute analyse honnête doit partir de ce constat brutal : en décembre 2025, le Hezbollah demeure la seule structure pleinement fonctionnelle du pays. Son arsenal est estimé entre 120 000 et 150 000 roquettes et missiles, malgré la guerre de 2024 et les saisies massives de l’armée cette année, qui a confisqué ou détruit près de 400 000 munitions et équipements. Le mouvement contrôle des ports illégaux, des ministères clés, des réseaux financiers parallèles, la frontière syrienne et une grande partie du Sud. Il constitue la projection directe de l’Iran au Levant.</p>



<p>Les trois scénarios de désarmement restent inopérants. Le désarmement total est politiquement impossible, refusé par Téhéran et porteur d’un risque de guerre civile. L’intégration du Hezbollah dans l’armée libanaise, souvent évoquée, est rejetée par Washington et Riyad, car elle reviendrait à légaliser l’arsenal actuel. Le statu quo contrôlé, enfin, correspond à la réalité de 2025 : l’armée saisit des caches obsolètes pour la galerie, le Hezbollah conserve ses missiles de précision et ses drones, et chacun fait semblant de croire à un équilibre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Drian, Washington, Paris, Riyad… et maintenant Le Caire</strong></h2>



<p>La visite de Jean-Yves Le Drian, du 8 au 10 décembre 2025, vise à verrouiller le cessez-le-feu et à pousser le président Joseph Aoun à accélérer les réformes. Morgan Ortagus a confirmé la tenue d’une conférence internationale en janvier 2026 pour soutenir l’armée libanaise. Les pays du Golfe demeurent extrêmement prudents : Riyad refuse de verser un dollar tant que l’influence iranienne reste dominante.</p>



<p>Dans ce paysage, l’Égypte s’affirme comme un acteur discret mais incontournable. Le Caire a multiplié les visites en 2025, coordonne étroitement avec Paris et Riyad, et voit dans un Liban stable un tampon indispensable contre les débordements islamistes. Sa doctrine est simple : la stabilité, même bancale, vaut toujours mieux que le chaos.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Neutralisation ou satellisation ?</strong></h2>



<p>Certains diplomates évoquent encore l’idée d’une neutralité stratégique pour le Liban, à la manière de la Suisse ou de l’Autriche. Mais la neutralité n’a de sens que si les acteurs internes la respectent. Or l’Iran continue de traiter le Liban comme sa profondeur stratégique face à Israël, et le Hezbollah conditionne tout retrait à un départ israélien total — une condition dont il sait pertinemment qu’elle restera irréalisable, tant que le Hezbollah menace le nord d&rsquo;Israël. Un cercle vicieux. En réalité, le Liban parle d’équilibre, mais vit sous tutelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Liban : pays réel ou façade commode ?</strong></h2>



<p>Il devient légitime de se demander si le Liban est encore un État opérationnel ou une simple coquille administrative utilisée par des acteurs plus puissants. Le président promet le monopole des armes pour fin 2025 alors que chacun sait que l’échéance sera repoussée. L’armée saisit 400 000 munitions en 2025 mais laisse les missiles balistiques intacts. Le gouvernement négocie avec le FMI sans contrôler la moitié du territoire. La justice n’ose pas enquêter sur l’explosion du port. Le pouvoir réel demeure, comme toujours, hors des institutions.</p>



<p>Cette façade tient parce que chacun y trouve son intérêt : le Hezbollah, l’Iran, la France, les États-Unis, le Golfe, l’Égypte et, bien sûr, la diaspora qui continue de croire qu’il y a quelque chose à sauver.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La conférence de janvier 2026 : dernier espoir ou énième sursis ?</strong></h2>



<p>Annoncée par Washington et confirmée par Paris, la conférence internationale se tiendra probablement à la mi-janvier 2026 à Paris. Son objectif est de mobiliser au moins 500 millions de dollars pour les Forces armées libanaises, afin de financer les salaires, les équipements non létaux, les drones et les formations, et de leur permettre de déployer massivement au sud du Litani tout en poursuivant les saisies d’armes du Hezbollah. Les grands donateurs — États-Unis, France, Arabie saoudite, Qatar, Émirats — posent cependant des conditions strictes : des progrès concrets et vérifiables sur le désarmement et les réformes structurelles.</p>



<p>Le risque est évident : si aucune avancée tangible n’est obtenue, cette aide ne fera que renflouer une façade et repousser encore l’échéance du monopole étatique déjà manqué en décembre 2025. En clair, on paiera les soldes des soldats pour qu’ils continuent à saisir des roquettes rouillées pendant que le Hezbollah garde ses missiles de précision.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Focus Moyen-Orient.fr</strong></h2>



<p>Le Liban n’est pas mort. Mais il n’est plus souverain, plus stable, plus gouverné. Il survit dans une zone intermédiaire : ni État effondré à la somalienne, ni État fonctionnel. Un pays nominal, une identité suspendue, un territoire stratégique que personne ne veut voir sombrer &#8211; mais que personne n’est prêt à sauver vraiment tant que le Hezbollah conservera son arsenal, son veto et sa capacité de nuisance.</p>



<p>Les saisies d’armes de 2025, <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1485833/joseph-aoun-nous-sommes-prets-a-nous-engager-pleinement-et-efficacement-dans-le-processus-de-paix.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le plan Aoun </a>et la conférence de janvier 2026 ne sont que des gestes qui retardent la seule question qui vaille : une refondation profonde ou un abandon progressif à la satellisation iranienne ? Le Liban reste, pour l’instant, le test grandeur nature de cette équation impossible.</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Israéliens et nouvelles destinations : ce que révèle les fractures du Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/tourisme-israel-fractures-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 08:59:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus sur le Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Jordanie]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Tourisme israélien]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tourisme. Israël. Pourquoi les Israéliens changent leurs destinations touristiques et ce que cela révèle des fractures du Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre 2023, un phénomène discret mais massif redessine les habitudes de millions d’Israéliens : <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/tourisme-israel-fractures-moyen-orient/" title="Israéliens et nouvelles destinations : ce que révèle les fractures du Moyen-Orient">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Tourisme. Israël. Pourquoi les Israéliens changent leurs destinations touristiques et ce que cela révèle des fractures du Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre 2023, un phénomène discret mais massif redessine les habitudes de millions d’Israéliens : leur carte du monde touristique a basculé. Les destinations historiques — proches, familières, presque naturelles — se vident. D’autres, plus lointaines ou inattendues, deviennent les nouveaux refuges. Ce déplacement n’est pas seulement économique ou psychologique : il est géopolitique. Car voyager est souvent le premier indicateur de confiance entre sociétés, bien avant les accords diplomatiques.</strong></p>
<h2>Un exode touristique inédit : l’Europe recule, l’Asie progresse</h2>
<p>Les données agrégées des agences israéliennes sont sans ambiguïté : avant la guerre, le Royaume-Uni était la troisième destination la plus prisée ; la France, la quatrième. En 2025–2026, le Royaume-Uni disparaît entièrement du top 10, la France chute à la 8ᵉ place, tandis que Thaïlande, États-Unis, Hongrie et Tchéquie montent en flèche.</p>
<p>Pourquoi ce renversement ? Parce qu’une partie des Israéliens ne se sent plus en sécurité dans certaines capitales européennes. Les manifestations anti-israéliennes, plus violentes ou plus massives qu’avant, ont laissé l’impression d’un continent où l’hostilité verbale est devenue banale. Cette perception — plus que la réalité statistique — est devenue déterminante. Des incidents rapportés, comme des agressions verbales ou des boycotts culturels, ont amplifié ce sentiment, poussant les voyageurs à éviter des villes comme Londres ou Paris.</p>
<h2>Mais c’est au Moyen-Orient que le séisme est le plus profond</h2>
<p>Au cœur de cette reconfiguration, le Moyen-Orient paie le prix fort d’une hostilité sociétale qui dépasse les discours officiels. Le tourisme, jadis vecteur de proximité, s’effrite sous le poids des fractures géopolitiques.</p>
<h3>Turquie : rupture consommée</h3>
<p>Pendant plus de quinze ans, la Turquie fut la destination favorite des Israéliens : Istanbul le week-end, Antalya l’été, Cappadoce pour les fêtes religieuses. Tout cela s’est effondré.</p>
<p>La raison n’est pas économique mais politique : les déclarations répétées d’Erdogan contre Israël, la rhétorique anti-juive de certains médias, et des incidents visant des voyageurs identifiés comme Israéliens ont produit un sentiment d’hostilité durable. En 2025, pour la première fois, il n’y a pratiquement plus de vols charter israéliens vers la Turquie. Le tourisme n’a pas décliné : il s’est évaporé, avec une chute drastique des voyages dès fin 2023, aggravée par les sanctions turques et les avertissements du gouvernement israélien.</p>
<h3>Égypte : le Sinaï n’est plus un refuge</h3>
<p>Le Sinaï était depuis vingt ans une échappatoire pour des centaines de milliers d’Israéliens : des hôtels bon marché, des plages calmes, une proximité rassurante. Depuis la guerre, la région est perçue comme instable :</p>
<ul>
<li>Opérations militaires égyptiennes dans le nord du Sinaï,</li>
<li>Attaques ponctuelles de groupes armés,</li>
<li>Montée d’un discours anti-israélien dans la société,</li>
<li>Ambiance de plus en plus hostile autour de certains points de passage.</li>
</ul>
<p>Résultat : les flux ont chuté à un niveau historiquement bas, privant la région d’une source majeure de revenus. Post-7 octobre, les voyages ont plongé de manière précipitée, transformant les resorts en zones fantômes dès mi-2024, malgré une légère reprise en 2025 liée à des tensions internes en Israël.</p>
<h3>Jordanie : paix froide, rue brûlante</h3>
<p>La Jordanie est le partenaire stratégique le plus stable d’Israël. Pourtant, la société jordanienne demeure fortement opposée à toute normalisation tangible. Depuis 2023, les manifestations anti-israéliennes ont atteint une intensité inédite, et les voyageurs israéliens l’ont ressenti immédiatement.</p>
<p>Même si les relations diplomatiques restent intactes, le tourisme est devenu le symptôme d’une paix fragilisée : plus de Petra, plus de Wadi Rum, presque plus de circuits culturels. Le secteur a connu un effondrement de 70 % des visiteurs, avec une fermeture de 32 hôtels et 700 emplois perdus, directement imputable à la guerre de Gaza et aux protestations massives. Les sites emblématiques comme Petra, qui attiraient des foules avant 2023, sont désormais désertés, illustrant comment la « rue arabe » érode les liens officiels.</p>
<h2>Le paradoxe : l’Asie du Sud-Est et l’Europe centrale deviennent les nouveaux “havres de paix”</h2>
<p>Thaïlande, États-Unis, Grèce, Chypre, Hongrie, Tchéquie… Les Israéliens s’y sentent accueillis, respectés, parfois même protégés. Leurs ambassades et leurs consulats y rapportent moins d’incidents, et les voyageurs y retrouvent une forme de neutralité politique qui a disparu ailleurs.</p>
<p>En 2025, la Thaïlande a accueilli 254 212 touristes israéliens, un bond de 59 % par rapport à l’année précédente, la propulsant en tête des destinations préférées. Les projections tablent sur 350 000 visiteurs d’ici fin d’année. La Hongrie enregistre une croissance record, devenant un pilier grâce à son soutien affiché à Israël et un environnement perçu comme sécurisant. Les États-Unis et la Tchéquie suivent, attirant par leur distance géographique et leur absence de tensions locales.</p>
<p>Ce choix n’est pas idéologique. Il répond à une logique simple : « Où puis-je me sentir normal ? »</p>
<h2>Un indicateur géopolitique à ne pas sous-estimer</h2>
<p>Ce glissement touristique dit plusieurs choses extrêmement importantes :</p>
<ol>
<li>Le Moyen-Orient perd une occasion unique de normalisation par le bas. Le tourisme, plus que les sommets diplomatiques, crée des ponts émotionnels. Aujourd’hui, ces ponts se cassent, avec des pertes économiques massives pour la Turquie, l’Égypte et la Jordanie.</li>
<li>L’Europe donne le sentiment de s’aligner sur un discours hostile, même si ce n’est pas uniforme. Perception ou réalité, peu importe : les voyageurs réagissent à ce qu’ils ressentent, fuyant les manifestations quotidiennes qui marquent le continent.</li>
<li>L’Asie du Sud-Est devient un refuge géopolitique inattendu, loin du bruit politique occidental, avec une hausse de 27 % des voyages sortants israéliens en 2025.</li>
<li>La Turquie, l’Égypte et la Jordanie paient le prix d’une opinion publique trop inflammable. La diplomatie ne suffit plus à compenser la « rue arabe ».</li>
</ol>
<h2>Focus Moyen-Orient.fr</h2>
<p>Le tourisme israélien est devenu un indicateur très fiable de l’état réel des relations régionales. Lorsqu’un pays chute dans les classements, c’est rarement pour des raisons strictement touristiques : c’est parce que les Israéliens y sentent une hostilité sociale, une insécurité potentielle ou un rejet politique.</p>
<p>À l’inverse, lorsque d’autres pays deviennent attractifs, c’est qu’ils offrent, volontairement ou non, un espace de neutralité, de bienveillance ou de simple normalité.</p>
<p>Dans un Moyen-Orient fracturé, c’est peut-être là le vrai marqueur des années à venir : la géopolitique des émotions, celle qui s’exprime dans le choix d’un billet d’avion.</p>
<p>Sources :</p>
<div>
<ul>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Passport News et Eketter Research (évolution des destinations israéliennes 2025)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">The Jerusalem Post et Kasikorn Research Center (boom touristique en Thaïlande)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Bank of Israel Annual Report 2024 (rupture avec la Turquie)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">The Times of Israel (désertion du Sinaï)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Reuters et Al Arabiya (crise touristique en Jordanie liée à la guerre de Gaza)</span></span></li>
<li><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3 r-1x3r274">Ynet News et YeahThatsKosher (perception d’insécurité en Europe occidentale)</span></span></li>
</ul>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>L’ombre de Sadate : la paix et la trahison dans l’imaginaire arabe</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/ombre-de-sadate-paix-trahison-imaginaire-arabe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2025 10:14:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptages & Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Camp David]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Imaginaire politique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[monde arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Paix]]></category>
		<category><![CDATA[Sadate]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Près d’un demi-siècle après la visite d’Anouar el-Sadate à Jérusalem, son geste continue de diviser. Pour certains, il a incarné le courage visionnaire d’un leader en avance sur son temps ; pour d’autres, il reste <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/ombre-de-sadate-paix-trahison-imaginaire-arabe/" title="L’ombre de Sadate : la paix et la trahison dans l’imaginaire arabe">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Près d’un demi-siècle après la visite d’Anouar el-Sadate à Jérusalem, son geste continue de diviser. Pour certains, il a incarné le courage visionnaire d’un leader en avance sur son temps ; pour d’autres, il reste le symbole d’une trahison impardonnable. De l’Égypte au Maghreb, du Levant à la péninsule Arabique, la paix avec Israël a longtemps été perçue comme un acte contre-nature. Mais c’est peut-être cette fracture morale qui explique, encore aujourd’hui, les blocages du monde arabe face à la normalisation.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">1977 : le choc d’un voyage et d’un discours</h2>



<p>Le 19 novembre 1977, Anouar el-Sadate foule le sol de Jérusalem.<br>Face à la Knesset, il prononce un discours historique :</p>



<p>« Je suis venu à vous pour que nous posions ensemble la pierre angulaire d’une paix durable. »</p>



<p>Cette image — un dirigeant arabe parlant au Parlement israélien — sidère le monde. Mais dans la rue arabe, elle provoque l’inverse : un mélange d’incrédulité, de colère et de désarroi. Le dirigeant égyptien est immédiatement qualifié de « traître à la cause arabe ». Les médias de Damas, Bagdad et Tripoli dénoncent une « capitulation morale ». Même l’OLP, affaiblie après la guerre du Liban de 1976, voit dans cette ouverture une menace existentielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De Camp David à l’isolement</h2>



<p>Les Accords de Camp David (1978), parrainés par Jimmy Carter, marquent une rupture stratégique :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’Égypte récupère le Sinaï ;</li>



<li>Israël obtient la reconnaissance d’un État arabe majeur ;</li>



<li>Et le monde arabe, lui, perd son ciment idéologique : la « cause palestinienne » comme justification permanente.</li>
</ul>



<p>Sadate paye cher cette audace. Le Caire est suspendu de la Ligue arabe. Son ambassade à Damas est incendiée. En 1981, il est assassiné lors d’un défilé militaire par des membres du Jihad islamique égyptien. Pour eux, il avait « vendu Jérusalem » et « souillé l’islam » — preuve que la paix, dans l’imaginaire arabe, était encore perçue comme une profanation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fracture morale durable</h2>



<p>Le mot « paix » (salam) a toujours eu en arabe un double sens : spirituel et politique. Mais dans les années 1980, il se charge d’une connotation de faiblesse, voire d’apostasie. L’ombre de Sadate pèse encore sur les dirigeants arabes. Hosni Moubarak maintiendra la paix avec Israël sans jamais la « normaliser » dans les esprits. Les Syriens érigeront la « résistance » en religion d’État. Les Palestiniens eux-mêmes verront dans toute reconnaissance mutuelle un « Oslo moralement suspect ». La société arabe, façonnée par des décennies de discours panarabes et religieux, n’était pas prête à accepter qu’un ennemi puisse devenir un partenaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’héritage refoulé</h2>



<p>Aujourd’hui encore, Sadate est rarement célébré dans le monde arabe — sauf à huis clos. Son nom évoque moins la paix que la rupture : celle entre la rhétorique et la réalité. <a href="https://moyen-orient.fr/accords-abraham-paix-moyen-orient/">Les Accords d’Abraham</a> (2020) ont, d’une certaine manière, réhabilité son audace : les Émirats, Bahreïn ou le Maroc reprennent son pari — celui d’une normalisation pragmatique. Mais la différence est de taille : Sadate parlait au nom d’une idéologie arabe qu’il voulait transformer ; les dirigeants actuels agissent au nom d’intérêts nationaux qu’ils veulent préserver.Leur courage est calculé, là où le sien fut sacrificiel. En 2025, avec les tensions persistantes à Gaza et les normalisations fragiles (Soudan, et potentiellement l’Arabie saoudite), l’ombre de Sadate plane plus que jamais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sadate, prophète solitaire</h2>



<p>Dans une région où le héros est souvent celui qui meurt en combattant, Sadate fut le héros qui voulut vivre en faisant la paix. Son geste n’a pas été compris parce qu’il renversait l’ordre symbolique : il plaçait la dignité dans la réconciliation, non dans la vengeance. C’est cette inversion morale qui, plus que son traité, a marqué le point de non-retour. </p>



<p>L’histoire finira peut-être par lui donner raison. Car si la haine a nourri les décennies qui ont suivi, c’est encore sa voix — celle du courage d’aller vers l’ennemi — que l’on entend résonner derrière les nouvelles tentatives de paix régionales.</p>


<div style="border-left: 4px solid #c48a3b; padding: 15px 20px; background-color: #f7f7f7; margin: 20px 0;"><strong>Voix arabes sur Sadate</strong><br />« Sadate a brisé le tabou, mais il a aussi brisé l’unité arabe. »<br />— Mohammed Hassanein Heikal, journaliste égyptien et confident de Nasser, 1981 <br /><br />« Il a osé dire que la paix était possible, là où d’autres n’osaient même pas la penser. »<br />— Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain, 2011</div>
<div style="border-left: 4px solid #c48a3b; padding: 15px 20px; background-color: #f7f7f7; margin: 20px 0;"><strong>🔍 Focus Moyen-Orient.fr</strong><br />L’héritage de Sadate n’est pas seulement diplomatique : il est moral.<br />Il rappelle que la paix exige non seulement des négociations, mais une rupture intérieure avec la culture de la haine. Ce que le monde arabe a vu comme une trahison était peut-être, en réalité, un réveil. La paix arabe sera-t-elle un jour sadatienne ?</div>


<p>Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/un-scenario-pour-la-paix/">Un scénario pour la paix (2010)</a></p>
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