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	<title>Coexistence | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
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	<item>
		<title>La révolution silencieuse des écoles bilingues au Moyen-Orient : apprendre la coexistence</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/ecoles-bilingues-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 10:39:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arabe-Anglais]]></category>
		<category><![CDATA[Arabe-Hébreu]]></category>
		<category><![CDATA[Bilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[Coexistence]]></category>
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<div>
<p class="chapo"><strong>Dans une région où les frontières linguistiques sont souvent des frontières identitaires, un mouvement discret mais profond se développe : celui des écoles bilingues. Dans ces établissements, arabes, juifs, anglophones et parfois druzes apprennent côte à côte, dès la maternelle. Loin des slogans et des négociations diplomatiques, ces salles de classe façonnent un autre Moyen-Orient à venir, où l’on apprend à vivre ensemble avant même de débattre de la paix.</strong></p>
</div>
<article class="mo-article-bilingue">
<h2 class="chapo">Une révolution discrète, loin des projecteurs</h2>
<p>Depuis des décennies, les langues ont servi de marqueurs politiques et culturels au Moyen-Orient. L’arabe, l’hébreu ou l’anglais ne sont pas seulement des outils de communication : ils portent des récits, des mémoires blessées, des appartenances parfois opposées. Pourtant, depuis une vingtaine d’années, un modèle alternatif prend forme : celui d’une éducation où deux langues coexistent, se répondent, se complètent. Cette révolution est née du terrain, d’enseignants, de psychologues, de chercheurs, convaincus que la coexistence doit commencer dès l’enfance.</p>
<h2>En Israël : arabe et hébreu sur un pied d’égalité</h2>
<p>En Israël, les écoles bilingues arabe–hébreu incarnent le laboratoire le plus abouti de cette transformation. Le réseau Hand in Hand regroupe 6 écoles et environ 2 000 élèves en 2024 (rapport annuel). Sa philosophie est simple : si deux peuples sont voisins sur un territoire aussi étroit, ils doivent pouvoir partager une langue. Les classes sont codirigées par deux enseignants, l’un arabophone, l’autre hébréophone, et les matières sont enseignées dans les deux langues sans hiérarchie.</p>
<p>Les études de l’Université de Haïfa et de la Hebrew University (2016–2023) montrent des résultats clairs : les élèves développent une vision moins stéréotypée de l’autre, traversent l’enfance sans intérioriser la méfiance et nouent des amitiés qui résistent aux tensions politiques extérieures.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’un miracle éducatif, mais d’une dynamique structurée : les enfants apprennent à raconter différemment les fêtes, les traditions, les histoires familiales. Ils découvrent que la réalité de l’autre n’est pas un danger, mais une expérience humaine parallèle à découvrir et à partager. Pour beaucoup de parents, envoyer un enfant dans ces écoles revient à parier sur une identité plus ouverte, plus confiante, moins obsédée par la menace.</p>
<h2>Dans le Golfe : le bilinguisme arabe–anglais comme moteur de modernité</h2>
<p>Dans les monarchies du Golfe, le bilinguisme prend une autre forme, mais poursuit un objectif similaire : préparer une génération capable de naviguer dans un monde globalisé tout en conservant une identité solide. Aux Émirats arabes unis, 70 % des écoles publiques d’Abu Dhabi suivent le modèle bilingue depuis 2020 (ADEK). Au Qatar, des établissements comme Qatar Academy ou GEMS American Academy intègrent l’arabe et l’anglais dès la maternelle. À Oman, le programme national vise 50 % d’écoles bilingues d’ici 2030.</p>
<p>Loin de la coexistence communautaire qui caractérise le cas israélien, il s’agit ici d’un bilinguisme de projection : l’anglais ouvre la porte à la science, au numérique, aux échanges internationaux, tandis que l’arabe garantit l’enracinement culturel. Selon Georgetown University Qatar (2021), les diplômés passent d’un univers linguistique à l’autre sans rupture, développant une identité flexible, polyglotte, apte à évoluer dans un Moyen-Orient post-pétrole.</p>
<h2>Les limites du modèle : une croissance fragile mais réelle</h2>
<p>Malgré leurs succès, ces initiatives restent minoritaires. En Israël, les écoles bilingues représentent moins de 1 % des élèves et dépendent à 80 % de financements privés. Lors d’escalades et conflit, (comme en mai 2021), certains parents retirent temporairement leurs enfants, mais la majorité revient. Dans le Golfe, le modèle public progresse, mais les établissements privés restent majoritaires dans ce domaine.</p>
<p>Ces obstacles n’annulent pas les avancées : les taux de rétention restent élevés (85 % à Hand in Hand) et les études longitudinales confirment des effets durables sur la tolérance.</p>
<h2>L’école comme espace neutre : la coexistence avant la politique</h2>
<p>Le point commun entre ces expériences, malgré leurs différences, est leur capacité à créer un espace neutre. Dans ces écoles, la politique ne domine pas le quotidien. Les enfants apprennent à comprendre l’autre avant même de comprendre les conflits. Ils s’aperçoivent que deux langues peuvent habiter la même phrase sans se contredire, que deux cultures peuvent s’enrichir sans se menacer, que la diversité n’est pas une anomalie mais un état naturel.</p>
<p>Beaucoup d’enseignants témoignent d’un phénomène frappant : les élèves deviennent parfois les médiateurs de leurs propres familles. Certains expliquent à leurs parents que « l’école n’enseigne pas la haine », que les fêtes de l’autre ne sont pas des manifestations politiques, mais des moments humains. Cette pédagogie de la nuance, presque imperceptible, produit des effets durables.</p>
<h2>Une transformation lente, mais irréversible</h2>
<p>Rien ne change du jour au lendemain. Les écoles bilingues ne résoudront pas les conflits régionaux, pas plus qu’elles ne remplaceront les accords diplomatiques. <strong>Mais elles agissent sur ce que la politique ignore : les perceptions, les réflexes, l’imaginaire.</strong> Elles évitent que l’autre soit réduit à un drapeau, une religion ou un slogan. <strong>Elles produisent des adultes qui ne découvrent pas la coexistence à 30 ans, mais qui la vivent depuis l’enfance.</strong></p>
<p>Le bilinguisme, dans cette région du monde doit être un levier d&rsquo;apprentissage culturel et civique. Une manière de dire que l&rsquo;identité n’est pas un mur, mais une porte.</p>
<div class="focus"><strong>Focus Moyen-Orient.fr : </strong>Les écoles bilingues montrent que la paix — ou du moins la coexistence civile — n’est pas un résultat : c’est un processus. Et ce processus commence à l&rsquo;école, bien avant les frontières, les armées et les négociateurs. Il commence quand un enfant apprend que la langue de l’autre n’est pas une menace, mais une possibilité; pas une frontière, mais une ouverture.</div>
<div></div>
<div></div>
<div class="focus">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/les-langues-du-moyen-orient-identite-memoire-et-avenir/">Les langues du Moyen-Orient : identité, mémoire et avenir</a></div>
<div class="focus">
<p><a href="https://www.handinhandk12.org/" target="_blank" rel="noopener">Photo : Hand in hand https://www.handinhandk12.org/</a></p>
<p>&#8212;</p>
<p data-start="5123" data-end="5203"><strong>Travaux universitaire :</strong></p>
<ul data-start="5121" data-end="5482">
<li data-start="5121" data-end="5203">
<p data-start="5123" data-end="5203">Université de Haïfa – Études sur les écoles bilingues arabe-hébreu (2018–2024)</p>
</li>
<li data-start="5204" data-end="5272">
<p data-start="5206" data-end="5272">Hebrew University of Jerusalem – Social Cohesion Research Center</p>
</li>
<li data-start="5273" data-end="5339">
<p data-start="5275" data-end="5339">Tel Aviv University – “Jewish-Arab Education in Shared Spaces”</p>
</li>
<li data-start="5340" data-end="5431">
<p data-start="5342" data-end="5431">Georgetown University Qatar – recherches sur le bilinguisme arabe–anglais dans le Golfe</p>
</li>
<li data-start="5432" data-end="5482">
<p data-start="5434" data-end="5482">UNESCO – rapports sur le multilinguisme éducatif</p>
</li>
</ul>
<p data-start="5484" data-end="5519"><strong data-start="5484" data-end="5519">Institutions et organisations :</strong></p>
<ul data-start="5520" data-end="5689">
<li data-start="5520" data-end="5560">
<p data-start="5522" data-end="5560">Hand in Hand</p>
</li>
<li data-start="5561" data-end="5631">
<p data-start="5563" data-end="5631">Abu Dhabi Department of Education – Emirati School Model documents</p>
</li>
</ul>
</div>
</article>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Arabes israéliens sont des « citoyens de seconde zone »</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/arabes-israeliens-citoyens-seconde-zone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Nov 2025 07:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées reçues]]></category>
		<category><![CDATA[Arabes israéliens]]></category>
		<category><![CDATA[Coexistence]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Égalité]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Idée reçue N°3. Longtemps présentée comme une minorité marginalisée, la population arabe d’Israël incarne aujourd’hui une réalité bien plus complexe : une intégration progressive et réelle, certains diraient encore «&#160;imparfaite&#160;». Artistes, médecins, députés, entrepreneurs : <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/arabes-israeliens-citoyens-seconde-zone/" title="Les Arabes israéliens sont des « citoyens de seconde zone »">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Idée reçue N°3. Longtemps présentée comme une minorité marginalisée, la population arabe d’Israël incarne aujourd’hui une réalité bien plus complexe : une intégration progressive et réelle, certains diraient encore «&nbsp;imparfaite&nbsp;». Artistes, médecins, députés, entrepreneurs : les Arabes israéliens ne vivent pas en marge du pays — ils en sont une composante vivante, essentielle et souvent exemplaire.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une minorité nombreuse et visible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Arabes israéliens représentent <strong>environ 21 % de la population</strong> du pays, soit près de deux millions de citoyens. Ils parlent hébreu, votent, étudient dans les mêmes universités, et bénéficient des mêmes droits civiques et sociaux que les autres Israéliens. La Loi fondamentale garantit leur citoyenneté pleine et entière depuis 1948.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur histoire particulière — celle de familles restées sur place après la création d’Israël — en a fait une minorité longtemps tiraillée entre <strong>identité arabe et appartenance israélienne.</strong><br>Ce dilemme existe encore, mais il ne se traduit plus par une exclusion systématique : <strong>la participation à la vie publique et économique progresse à grande vitesse.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Médecins, ingénieurs, entrepreneurs, députés : l’intégration par le travail</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les hôpitaux israéliens, <strong>près de 25 % du personnel médical est arabe</strong> : médecins, chirurgiens, infirmières. À Haïfa, Nazareth ou Be’er Sheva, les facultés de médecine accueillent chaque année davantage d’étudiants arabes — certains en tête de promotion. L’intégration économique se voit aussi dans la high-tech : plus de <strong>9 000 ingénieurs arabes israéliens</strong> travaillent aujourd’hui dans les grandes entreprises du pays, du cyber au biomédical. (Estimation 2025, basée sur une croissance de 1 000 % depuis 2008). Le nombre total d&rsquo;étudiants arabes en ingénierie a doublé en 6 ans (jusqu&rsquo;en 2019), atteignant ~16 % des étudiants en STEM).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple le plus symbolique reste celui de <strong>Mansour Abbas</strong>, député et leader du parti islamique modéré Ra’am, qui a rejoint une coalition gouvernementale en 2021 — une première historique.<br>Ce tournant politique a brisé un tabou : <strong>être arabe et influencer directement la politique israélienne n’est plus une contradiction.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Artistes et culture : l’expression d’une double identité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vitalité culturelle arabe en Israël dément également le cliché de la marginalisation. <a href="https://moyen-orient.fr/en-israel-les-arabes-creent-dans-le-monde-arabe-ils-survivent/">Des artistes comme <strong>Hannan Abu-Hussein</strong>, <strong>Maria Saleh Mahameed</strong> ou <strong>Mohammed Abu Salameh</strong> sont exposés dans les plus grands musées du pays, dont le musée d’art de Tel-Aviv</a>. Ils parlent d’inégalités, de mémoire, de coexistence — mais depuis l’intérieur, pas depuis la marge. La littérature, le cinéma et la musique arabes israéliens ont trouvé leur place dans la scène nationale. Leur art témoigne d’une identité multiple, non pas effacée mais <strong>reconnue et discutée</strong>, reflet d’une société qui apprend à se regarder dans toute sa diversité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une égalité en construction, pas une illusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, il existe encore certaines disparités, comme dans d&rsquo;autres sociétés occidentales et surtout arabes : on parle d&rsquo;écart de revenus, urbanisme inégal, représentations médiatiques parfois biaisées. Mais parler de “citoyens de seconde zone” est complètement inexact. Il y a même des mesures et de lois de « discrimination positive » pour y remédier. Ce que révèle l’expérience arabe israélienne, c’est <strong>un modèle unique mais fonctionnel</strong>, bien plus égalitaire que n&rsquo;importe quelle société arabe — un espace démocratique où la critique existe sans exclure, où la participation est possible sans reniement. L’intégration se mesure désormais moins en slogans qu’en faits :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>taux de scolarisation en hausse,</li>



<li>croissance du nombre d’élus arabes,</li>



<li>multiplication des entreprises mixtes.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La coexistence est <strong>une réalité quotidienne</strong>, faite d’interdépendances, de débats, et parfois de tensions, mais toujours de citoyenneté.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Focus Moyen-Orient.fr</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée que les Arabes israéliens seraient des “citoyens de seconde zone” relève d’un <strong>narratif politique</strong>, anti israélien, pas d’une réalité statistique. Ils ne sont ni isolés ni invisibles : ils soignent, enseignent, innovent, débattent, créent. Et c’est dans cette normalité partagée que réside, sans doute, <strong>le vrai visage de la coexistence israélienne.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sources principales : Central Bureau of Statistics (CBS), Israel Democracy Institute, Taub Center, et études publiées en 2025 (ex. : Israel Journal of Health Policy Research).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/en-israel-les-arabes-creent-dans-le-monde-arabe-ils-survivent/">En Israël, les Arabes créent. Dans le monde arabe, ils survivent.</a></p>
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