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	<title>Culture | Moyen-Orient.fr</title>
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	<description>Un autre regard sur le Moyen-Orient</description>
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	<title>Culture | Moyen-Orient.fr</title>
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	<item>
		<title>Programmes scolaires palestiniens : en 2025, la haine persiste </title>
		<link>https://moyen-orient.fr/programmes-scolaires-palestiniens-2025-haine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 17:01:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses & Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[Autorité palestinienne]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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		<category><![CDATA[IMPACT-se]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[programmes scolaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les programmes scolaires palestiniens continuent de diffuser une idéologie de haine, de violence et de négation de l’autre. Le nouveau rapport 2025-2026 d’IMPACT-se révèle un système éducatif profondément radicalisé, où le martyre, le jihad et <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/programmes-scolaires-palestiniens-2025-haine/" title="Programmes scolaires palestiniens : en 2025, la haine persiste ">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<article class="page">
<p class="p1">Les programmes scolaires palestiniens continuent de diffuser une idéologie de haine, de violence et de négation de l’autre. Le nouveau rapport 2025-2026 d’IMPACT-se révèle un système éducatif profondément radicalisé, où le martyre, le jihad et l’effacement d’Israël structurent encore l’apprentissage de plus d’un million d’enfants. Aucune réforme n’a été engagée par l’Autorité palestinienne, malgré des engagements répétés auprès de la communauté internationale.</p>
<h2>Un curriculum structuré autour de la haine</h2>
<p>Ce qui frappe d’abord, ce n’est pas la présence isolée de passages problématiques dans les programmes scolaires 2025-2026. C’est leur cohérence d’ensemble. De l’histoire à la littérature, des études sociales aux sciences, le curriculum construit un récit unique : <strong>le conflit est sacré, l’ennemi est absolu, la mort est glorieuse</strong>.</p>
<p>IMPACT-se montre que les manuels 2025-2026 <strong>violent systématiquement les standards de paix et de tolérance de l’UNESCO</strong>. La glorification de la violence, la promotion du martyre, la déshumanisation des Juifs, l’effacement total d’Israël et la suppression des accords de paix ne sont pas des anomalies : ils constituent l’ossature du programme scolaire. Aucune des lignes essentielles pointées depuis des années n’a été retirée.</p>
<h2>À six ans, on apprend à mourir : le martyr comme vocabulaire de base</h2>
<p>Dans un exercice destiné aux élèves de première année, l’enfant apprend à lire et écrire le mot <em>shahid</em> – « martyr ». L’exemple n’est pas isolé et il est documenté précisément dans le rapport. Choisir ce mot parmi les premiers termes enseignés n’est pas anodin : il s’agit d’introduire tôt l’idée qu’une « belle mort », pour la cause, fait partie de l’horizon normal de l’existence.</p>
<p>À cet âge-là, ailleurs, on apprend « arbre », « maison » ou « soleil ». Ici, on inscrit dans l’imaginaire de l’enfance la figure du mort héroïsé. Ce n’est plus un simple lexique, c’est un projet de société.</p>
<h2>Le jihad présenté comme devoir individuel</h2>
<p>Plus loin, dans les manuels de religion et d’histoire, le jihad est décrit comme un <strong>devoir personnel du croyant</strong>, présenté comme le « summum de la foi » et un chemin vers l’honneur et la récompense divine. Le rapport montre comment cette notion est directement reliée au conflit avec Israël : le jihad n’est pas expliqué comme un effort moral ou spirituel, mais <strong>comme une lutte armée actuelle</strong>.</p>
<p>L’élève n’est plus seulement un enfant qui apprend l’histoire de sa région. Il devient, par le discours même de l’école, un soldat en formation. L’éducation ne prépare pas à la citoyenneté, mais à la mobilisation permanente.</p>
<h2>Des terroristes transformés en modèles nationaux</h2>
<p>Le cas de Dalal Mughrabi, que le rapport décrit en détail, est emblématique. Responsable d’une attaque qui a coûté la vie à 38 civils israéliens – dont treize enfants –, elle est présentée dans les manuels comme une figure héroïque, un modèle féminin de courage et de sacrifice. Des leçons l’érigent en référence positive pour les élèves, sans mention claire de la nature terroriste de l’attentat ni de ses victimes.</p>
<p>Quand un système éducatif célèbre ainsi l’auteure d’un massacre de civils, il ne se contente pas de réécrire l’histoire. Il envoie un message limpide : tuer des innocents peut être un acte de « résistance » admirable. On n’est plus dans la mémoire d’une lutte, mais dans la légitimation d’un registre d’action.</p>
<h2>La déshumanisation du Juif comme pilier doctrinal</h2>
<p>Une autre dimension, tout aussi centrale, ressort des analyses d’IMPACT-se : <strong>la représentation des Juifs</strong>. Dans de nombreux passages, le « Juif » n’est pas un individu, ni même un voisin ou un acteur politique. Il est décrit comme un collectif intrinsèquement négatif, associé à la corruption, au mensonge, à la perfidie, parfois assimilé à des créatures venimeuses.</p>
<p>Ces images s’appuient à la fois sur des motifs religieux classiques et sur des stéréotypes modernes (puissance financière, complots globaux, manipulations médiatiques). On ne critique pas ici un gouvernement ou une politique : on essentialise un peuple tout entier. C’est du carburant pur pour l’antisémitisme, transmis par l’institution la plus légitime qui soit aux yeux d’un enfant : l’école.</p>
<h2>Effacer Israël pour effacer la réalité</h2>
<p>Sur les cartes utilisées en classe, Israël n’existe pas. Le territoire est désigné comme « Palestine » du fleuve à la mer, sans frontières internationalement reconnues, sans mention des villes israéliennes, sans représentation de l’État juif.</p>
<p>Le rapport montre également que <strong>toutes les références aux accords de paix</strong> – Oslo, Camp David, Annapolis – ont été progressivement supprimées des manuels récents. Les appels à la coexistence, les textes évoquant une solution négociée, les passages rappelant l’existence de processus de paix ont disparu.</p>
<p>L’élève palestinien ne voit plus la paix comme une option débattue ou trahie. Il ne la voit tout simplement plus.</p>
<h2>Quand même les sciences deviennent des armes symboliques</h2>
<p>L’endoctrinement ne se limite pas aux matières « politiques ». IMPACT-se recense de nombreux exemples où les mathématiques, la physique ou la biologie sont <strong>instrumentalisées pour normaliser la violence</strong>. On y trouve des problèmes de mathématiques comptant les « martyrs », des exercices de physique utilisant des pierres lancées avec des frondes comme illustration, des leçons de sciences évoquant des gaz lacrymogènes utilisés contre les Palestiniens.</p>
<p>L’enfant est ainsi invité à manipuler la guerre comme matériau scolaire neutre. L’acte violent devient un objet de calcul, de mesure, d’observation. La frontière entre savoir et militarisation de l’imaginaire s’efface.</p>
<h2>Gaza : les versions « abrégées » qui reproduisent la même haine</h2>
<p>Après la guerre à Gaza, l’Autorité palestinienne a mis en avant des manuels « abrégés » destinés à l’enseignement en situation de crise. Sur le papier, l’occasion était unique : alléger les programmes, mais aussi expurger les contenus les plus violents. Or le rapport montre que ces versions condensées ne sont qu’une <strong>reformulation des mêmes thèmes : jihad, martyre, effacement d’Israël, diabolisation du Juif</strong>.</p>
<p>Autrement dit, même lorsque la guerre fournit un prétexte pour adapter les contenus, le choix n’est pas de réduire l’endoctrinement, mais de le diffuser sous un nouveau format.</p>
<h2>Abbas, la paix et le mensonge éducatif</h2>
<p>C’est ici que le contraste avec le discours diplomatique devient insoutenable. Mahmoud Abbas est présenté comme un « homme de paix » engagé dans une réforme politique. Mais <strong>un dirigeant qui refuse d’assainir l’école refuse en réalité de préparer les générations à un avenir différent</strong>.</p>
<p>On peut multiplier les annonces de « processus constitutionnel », de « négociations » ou de « reconnaissance » sur la scène internationale : si, dans les salles de classe, on continue d’apprendre que mourir est préférable à vivre avec l’autre, que l’État voisin n’a pas le droit d’exister et que le Juif n’est pas un être humain comme les autres, <strong>la politique n’est qu’un décor</strong>.</p>
<p>L’éducation n’est pas un volet secondaire du conflit. Elle doit en être l’infrastructure principale. Tant que cette infrastructure repose sur la haine, la paix restera un slogan, pas un projet.</p>
<section class="encadre-rapport-impact" style="margin: 2rem 0; padding: 1.2rem 1.4rem 1rem; background: #f5f7fb; border-left: 4px solid #1d3557; border-radius: 4px;">
<h2 style="margin-top: 0; margin-bottom: 0.8rem; font-size: 1.1rem; border: none; padding: 0; font-weight: 600;">Les exemples les plus révélateurs du rapport IMPACT-se</h2>
<ul style="margin: 0.2rem 0 0; padding-left: 1.2rem;">
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Le mot « shahid » enseigné dès la première année</strong><br />
(lecture de base) – p. 22</li>
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Dalal Mughrabi présentée comme héroïne et modèle féminin</strong><br />
– p. 29–33</li>
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Déshumanisation des Juifs</strong><br />
(assimilés à des êtres perfides ou venimeux) – p. 21–22, 129–153</li>
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Cartes effaçant totalement Israël</strong>,<br />
territoire présenté « du fleuve à la mer » – p. 149–165</li>
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Jihad défini comme obligation personnelle du croyant</strong><br />
– p. 48–52</li>
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Maths et sciences politisées</strong><br />
(comptage des « martyrs », imagerie de violence) – p. 1–24</li>
<li style="margin: 0.35rem 0;"><strong>Suppression des références aux accords de paix</strong><br />
(Oslo, Camp David, etc.) – p. 322–353</li>
</ul>
</section>
<section class="annexe-rapport-impact" style="margin-top: 2.5rem; padding-top: 1.5rem; border-top: 1px solid #e0e0e0;">
<h2 style="font-size: 1.25rem; margin-top: 0; border-left: 3px solid #a8a8a8; padding-left: 0.6rem;">Annexe : repères de lecture dans le rapport IMPACT-se 2025-2026</h2>
<p>Pour les lecteurs et chercheurs souhaitant aller plus loin, voici quelques repères de pages utiles dans le rapport :</p>
<ol style="margin-top: 1rem; padding-left: 1.2rem; line-height: 1.6;">
<li><strong>Glorification du martyre</strong><br />
Introduction du terme <em>shahid</em> en première année et célébration du martyre comme idéal moral : voir p. 22 et le bloc p. 39–55.</li>
<li><strong>Jihad comme obligation personnelle</strong><br />
Passages présentant le jihad armé comme devoir individuel lié au conflit avec Israël : bloc p. 48–52 et section thématique dédiée au jihad.</li>
<li><strong>Dalal Mughrabi et le récit héroïque de la violence</strong><br />
Exemples détaillés montrant comment Mughrabi est présentée comme modèle national : p. 29–33.</li>
<li><strong>Déshumanisation et antisémitisme</strong><br />
Analyse des passages décrivant les Juifs comme collectivité immorale, trompeuse ou menaçante, ainsi que des motifs visuels associés : p. 21–22 et p. 129–153.</li>
<li><strong>Effacement d’Israël et irredentisme</strong><br />
Cartes et descriptions géographiques niant l’existence d’Israël, présentant la totalité du territoire comme « Palestine » à libérer : p. 149–165.</li>
<li><strong>Suppression systématique des références à la paix</strong><br />
Retrait progressif des références aux accords de paix et à la coexistence : p. 322–353.</li>
<li><strong>Politisation des sciences et des mathématiques</strong><br />
Exercices de sciences et mathématiques incorporant violence, conflit et figure du « martyr » : p. 24–46.</li>
</ol>
</section>
<h2>Conclusion</h2>
<p>Le rapport IMPACT-se 2025-2026 ne se contente pas d’énumérer des dérives ponctuelles. Il décrit un système cohérent qui utilise l’école comme vecteur de guerre et non comme instrument de paix. Tant que cette architecture éducative restera intacte, les discours sur la « solution politique » ou sur le « processus de paix » ne seront que des formules creuses.</p>
<p>Si la communauté internationale veut sérieusement œuvrer à la paix, elle devra un jour poser la seule question qui compte : <strong>que raconte-t-on chaque matin aux enfants palestiniens ?</strong> Car un manuel scolaire, sur la durée, pèse plus lourd que n’importe quel communiqué de presse. Et c’est bien là que se joue, aujourd’hui, l’avenir de cette région.</p>
<p><a href="https://www.impact-se.org/wp-content/uploads/Review-of-the-2025-2026-Palestinian-Authority-School-Curriculum.pdf" target="_blank" rel="noopener">Retrouver l&rsquo;intégralité du rapport IMPACT-se 2025-2026</a></p>
</article>
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			</item>
		<item>
		<title>La révolution silencieuse des écoles bilingues au Moyen-Orient : apprendre la coexistence</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/ecoles-bilingues-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 10:39:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arabe-Anglais]]></category>
		<category><![CDATA[Arabe-Hébreu]]></category>
		<category><![CDATA[Bilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[Coexistence]]></category>
		<category><![CDATA[Écoles bilingues]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une région où les frontières linguistiques sont souvent des frontières identitaires, un mouvement discret mais profond se développe : celui des écoles bilingues. Dans ces établissements, arabes, juifs, anglophones et parfois druzes apprennent côte <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/ecoles-bilingues-au-moyen-orient/" title="La révolution silencieuse des écoles bilingues au Moyen-Orient : apprendre la coexistence">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div></div>
<div>
<p class="chapo"><strong>Dans une région où les frontières linguistiques sont souvent des frontières identitaires, un mouvement discret mais profond se développe : celui des écoles bilingues. Dans ces établissements, arabes, juifs, anglophones et parfois druzes apprennent côte à côte, dès la maternelle. Loin des slogans et des négociations diplomatiques, ces salles de classe façonnent un autre Moyen-Orient à venir, où l’on apprend à vivre ensemble avant même de débattre de la paix.</strong></p>
</div>
<article class="mo-article-bilingue">
<h2 class="chapo">Une révolution discrète, loin des projecteurs</h2>
<p>Depuis des décennies, les langues ont servi de marqueurs politiques et culturels au Moyen-Orient. L’arabe, l’hébreu ou l’anglais ne sont pas seulement des outils de communication : ils portent des récits, des mémoires blessées, des appartenances parfois opposées. Pourtant, depuis une vingtaine d’années, un modèle alternatif prend forme : celui d’une éducation où deux langues coexistent, se répondent, se complètent. Cette révolution est née du terrain, d’enseignants, de psychologues, de chercheurs, convaincus que la coexistence doit commencer dès l’enfance.</p>
<h2>En Israël : arabe et hébreu sur un pied d’égalité</h2>
<p>En Israël, les écoles bilingues arabe–hébreu incarnent le laboratoire le plus abouti de cette transformation. Le réseau Hand in Hand regroupe 6 écoles et environ 2 000 élèves en 2024 (rapport annuel). Sa philosophie est simple : si deux peuples sont voisins sur un territoire aussi étroit, ils doivent pouvoir partager une langue. Les classes sont codirigées par deux enseignants, l’un arabophone, l’autre hébréophone, et les matières sont enseignées dans les deux langues sans hiérarchie.</p>
<p>Les études de l’Université de Haïfa et de la Hebrew University (2016–2023) montrent des résultats clairs : les élèves développent une vision moins stéréotypée de l’autre, traversent l’enfance sans intérioriser la méfiance et nouent des amitiés qui résistent aux tensions politiques extérieures.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’un miracle éducatif, mais d’une dynamique structurée : les enfants apprennent à raconter différemment les fêtes, les traditions, les histoires familiales. Ils découvrent que la réalité de l’autre n’est pas un danger, mais une expérience humaine parallèle à découvrir et à partager. Pour beaucoup de parents, envoyer un enfant dans ces écoles revient à parier sur une identité plus ouverte, plus confiante, moins obsédée par la menace.</p>
<h2>Dans le Golfe : le bilinguisme arabe–anglais comme moteur de modernité</h2>
<p>Dans les monarchies du Golfe, le bilinguisme prend une autre forme, mais poursuit un objectif similaire : préparer une génération capable de naviguer dans un monde globalisé tout en conservant une identité solide. Aux Émirats arabes unis, 70 % des écoles publiques d’Abu Dhabi suivent le modèle bilingue depuis 2020 (ADEK). Au Qatar, des établissements comme Qatar Academy ou GEMS American Academy intègrent l’arabe et l’anglais dès la maternelle. À Oman, le programme national vise 50 % d’écoles bilingues d’ici 2030.</p>
<p>Loin de la coexistence communautaire qui caractérise le cas israélien, il s’agit ici d’un bilinguisme de projection : l’anglais ouvre la porte à la science, au numérique, aux échanges internationaux, tandis que l’arabe garantit l’enracinement culturel. Selon Georgetown University Qatar (2021), les diplômés passent d’un univers linguistique à l’autre sans rupture, développant une identité flexible, polyglotte, apte à évoluer dans un Moyen-Orient post-pétrole.</p>
<h2>Les limites du modèle : une croissance fragile mais réelle</h2>
<p>Malgré leurs succès, ces initiatives restent minoritaires. En Israël, les écoles bilingues représentent moins de 1 % des élèves et dépendent à 80 % de financements privés. Lors d’escalades et conflit, (comme en mai 2021), certains parents retirent temporairement leurs enfants, mais la majorité revient. Dans le Golfe, le modèle public progresse, mais les établissements privés restent majoritaires dans ce domaine.</p>
<p>Ces obstacles n’annulent pas les avancées : les taux de rétention restent élevés (85 % à Hand in Hand) et les études longitudinales confirment des effets durables sur la tolérance.</p>
<h2>L’école comme espace neutre : la coexistence avant la politique</h2>
<p>Le point commun entre ces expériences, malgré leurs différences, est leur capacité à créer un espace neutre. Dans ces écoles, la politique ne domine pas le quotidien. Les enfants apprennent à comprendre l’autre avant même de comprendre les conflits. Ils s’aperçoivent que deux langues peuvent habiter la même phrase sans se contredire, que deux cultures peuvent s’enrichir sans se menacer, que la diversité n’est pas une anomalie mais un état naturel.</p>
<p>Beaucoup d’enseignants témoignent d’un phénomène frappant : les élèves deviennent parfois les médiateurs de leurs propres familles. Certains expliquent à leurs parents que « l’école n’enseigne pas la haine », que les fêtes de l’autre ne sont pas des manifestations politiques, mais des moments humains. Cette pédagogie de la nuance, presque imperceptible, produit des effets durables.</p>
<h2>Une transformation lente, mais irréversible</h2>
<p>Rien ne change du jour au lendemain. Les écoles bilingues ne résoudront pas les conflits régionaux, pas plus qu’elles ne remplaceront les accords diplomatiques. <strong>Mais elles agissent sur ce que la politique ignore : les perceptions, les réflexes, l’imaginaire.</strong> Elles évitent que l’autre soit réduit à un drapeau, une religion ou un slogan. <strong>Elles produisent des adultes qui ne découvrent pas la coexistence à 30 ans, mais qui la vivent depuis l’enfance.</strong></p>
<p>Le bilinguisme, dans cette région du monde doit être un levier d&rsquo;apprentissage culturel et civique. Une manière de dire que l&rsquo;identité n’est pas un mur, mais une porte.</p>
<div class="focus"><strong>Focus Moyen-Orient.fr : </strong>Les écoles bilingues montrent que la paix — ou du moins la coexistence civile — n’est pas un résultat : c’est un processus. Et ce processus commence à l&rsquo;école, bien avant les frontières, les armées et les négociateurs. Il commence quand un enfant apprend que la langue de l’autre n’est pas une menace, mais une possibilité; pas une frontière, mais une ouverture.</div>
<div></div>
<div></div>
<div class="focus">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/les-langues-du-moyen-orient-identite-memoire-et-avenir/">Les langues du Moyen-Orient : identité, mémoire et avenir</a></div>
<div class="focus">
<p><a href="https://www.handinhandk12.org/" target="_blank" rel="noopener">Photo : Hand in hand https://www.handinhandk12.org/</a></p>
<p>&#8212;</p>
<p data-start="5123" data-end="5203"><strong>Travaux universitaire :</strong></p>
<ul data-start="5121" data-end="5482">
<li data-start="5121" data-end="5203">
<p data-start="5123" data-end="5203">Université de Haïfa – Études sur les écoles bilingues arabe-hébreu (2018–2024)</p>
</li>
<li data-start="5204" data-end="5272">
<p data-start="5206" data-end="5272">Hebrew University of Jerusalem – Social Cohesion Research Center</p>
</li>
<li data-start="5273" data-end="5339">
<p data-start="5275" data-end="5339">Tel Aviv University – “Jewish-Arab Education in Shared Spaces”</p>
</li>
<li data-start="5340" data-end="5431">
<p data-start="5342" data-end="5431">Georgetown University Qatar – recherches sur le bilinguisme arabe–anglais dans le Golfe</p>
</li>
<li data-start="5432" data-end="5482">
<p data-start="5434" data-end="5482">UNESCO – rapports sur le multilinguisme éducatif</p>
</li>
</ul>
<p data-start="5484" data-end="5519"><strong data-start="5484" data-end="5519">Institutions et organisations :</strong></p>
<ul data-start="5520" data-end="5689">
<li data-start="5520" data-end="5560">
<p data-start="5522" data-end="5560">Hand in Hand</p>
</li>
<li data-start="5561" data-end="5631">
<p data-start="5563" data-end="5631">Abu Dhabi Department of Education – Emirati School Model documents</p>
</li>
</ul>
</div>
</article>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les écrivains du désenchantement au Moyen-Orient : la littérature dit l’échec des révolutions</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/les-ecrivains-au-moyen-orient-la-litterature-echec-des-revolutions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 09:31:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture & innovation]]></category>
		<category><![CDATA[Livres au Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les écrivains au Moyen-Orient ont cru aux révolutions. Elles les ont trahis. Restait la plume. De Beyrouth au Caire, de Damas à Tunis, leurs voix explorent la faillite morale des régimes, le poids des traditions <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/les-ecrivains-au-moyen-orient-la-litterature-echec-des-revolutions/" title="Les écrivains du désenchantement au Moyen-Orient : la littérature dit l’échec des révolutions">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<article class="post">
<header class="entry-header">
<div class="chapo">
<div><strong>Les écrivains au Moyen-Orient ont cru aux révolutions. Elles les ont trahis. Restait la plume. De Beyrouth au Caire, de Damas à Tunis, leurs voix explorent la faillite morale des régimes, le poids des traditions et la quête d’un sens après le naufrage des utopies. Adonis, Hoda Barakat, Alaa al-Aswany, Elias Khoury ou encore Jokha Alharthi : chacun incarne, à sa manière, le désenchantement d’un monde arabe en quête d’air.</strong></div>
</div>
</header>
<p><!-- ====================== SECTION 1 ====================== --></p>
<section class="section">
<h2>Du rêve à la désillusion : le miroir brisé des Printemps arabes</h2>
<p>L’effervescence de 2011 a fait naître un immense espoir : celui d’une <strong>renaissance arabe</strong>, d’une modernité réconciliée avec la liberté. Mais la répression, les guerres civiles et le retour de l’autoritarisme ont rapidement brisé l’élan. Les écrivains ont été parmi les premiers à en saisir la profondeur tragique.</p>
<blockquote cite="Alaa al-Aswany"><p>« Nous avons crié liberté, et l’écho nous a répondu : silence. »</p>
<footer>— <cite>Alaa al-Aswany</cite>, <em>Le syndrome de Tahrir</em></footer>
</blockquote>
<p>Dans ses romans phares — <em>L’Immeuble Yacoubian</em> (2002) et <em>J’ai couru vers le Nil</em> (2018) —, <strong>Alaa al-Aswany</strong> chronique avec une lucidité implacable la corruption, la peur et la trahison des élites. L’idéalisme révolutionnaire cède la place à la satire amère : la société égyptienne y apparaît déchirée entre conformisme religieux et désillusion politique.</p>
<p>De son côté, <strong>Hoda Barakat</strong>, dans <em>Le Royaume de cette Terre</em> (2012) ou <em>Courrier de nuit</em> (2018), évoque l’exil, la honte et la perte de repères. Ses personnages errent dans des mondes éclatés — Beyrouth, Paris, Alep — où la mémoire devient une patrie de substitution.</p>
</section>
<p><!-- ====================== SECTION 2 ====================== --></p>
<section class="section">
<h2>Adonis et la défaite de la pensée arabe</h2>
<p>Impossible d’évoquer le <strong>désenchantement arabe</strong> sans citer <strong>Adonis</strong>, le grand poète syrien exilé, figure tutélaire de la modernité arabe. Depuis les années 1960, il dénonce la sclérose intellectuelle, le dogmatisme religieux et la soumission politique des sociétés arabes.</p>
<blockquote cite="Adonis"><p>« La tragédie du monde arabe, c’est qu’il confond la fidélité avec la répétition. »</p>
<footer>— <cite>Adonis</cite>, <em>Al-Thabit wa al-Mutahawwil</em></footer>
</blockquote>
<p>Pour Adonis, la libération passe par une <strong>révolution de la pensée</strong>, non par les armes. Son message, longtemps perçu comme une provocation, résonne aujourd’hui comme une prophétie. Les révolutions arabes ont échoué, dit-il, parce qu’elles ont voulu changer les régimes <em>sans changer les mentalités</em>.</p>
<p>Son œuvre — entre poésie mystique et critique philosophique — incarne la fracture entre deux mondes : l’un prisonnier du passé, l’autre aspirant à une refondation spirituelle et politique.</p>
</section>
<p><!-- ====================== SECTION 3 ====================== --></p>
<section class="section">
<h2>De la révolte à la lucidité : la littérature comme espace de résistance</h2>
<p>Ce désenchantement n’est pas synonyme de résignation. Chez ces auteurs, la <strong>littérature arabe contemporaine</strong> devient un espace de résistance morale. Face à la censure, à la peur ou à la propagande, ils écrivent pour sauvegarder la dignité du langage — dernier refuge de la liberté.</p>
<ul>
<li><strong>Hoda Barakat</strong> s’interroge sur la culpabilité collective et le poids du silence.</li>
<li><strong>Elias Khoury</strong>, dans <em>La Porte du soleil</em> (1998), fait du récit palestinien une épopée humaine et tragique, loin des mythes idéologiques.</li>
</ul>
<div style="margin: 20px 0; padding: 18px 20px; border: 1px solid #e6e0d6; border-radius: 12px; background: #f7f4ef;">
<div style="font-size: 0.95rem; letter-spacing: .06em; text-transform: uppercase; color: #8a5a1f; font-weight: bold; margin-bottom: 8px;">Jokha Alharthi, la voix calme de l’émancipation</div>
<p style="margin: 0 0 10px 0; color: #0f172a; line-height: 1.6;">À rebours des cris et des colères, <strong>Jokha Alharthi</strong> incarne une autre voie de la libération arabe : silencieuse, intime, enracinée. Originaire d’Oman, elle est <strong>la première écrivaine du Golfe à remporter le Man Booker International Prize </strong>pour son roman <em>Les Corps célestes</em> (2019).</p>
<p style="margin: 0 0 10px 0; color: #0f172a; line-height: 1.6;">Son œuvre refuse le spectaculaire : pas de révolution ni de slogans, mais le passage du temps, les mutations lentes de la société et la lutte intérieure des femmes entre devoir et désir. Dans <em>Les Corps célestes</em>, trois générations d’Omanaises révèlent une transformation <strong>par l’évolution plutôt que par la rupture</strong>.</p>
<p style="margin: 0; color: #0f172a; line-height: 1.6;">La liberté y est un mouvement discret : une éducation, un choix d’aimer, le droit de se souvenir. Alharthi esquisse une modernité arabe <strong>féminine sans être militante, spirituelle sans être soumise</strong>, où l’émancipation se conquiert par la conscience plus que par la colère.</p>
</div>
<p>Ces voix ne proposent pas une solution politique, mais une <strong>lucidité</strong> : celle qui consiste à regarder la ruine sans détourner le regard, à parler du monde arabe sans complaisance ni haine.</p>
</section>
<p><!-- ====================== SECTION 4 ====================== --></p>
<section class="section">
<h2>Le désenchantement comme éveil</h2>
<p>Le désenchantement arabe n’est pas une fin, mais un passage. Il marque la fin des illusions nationalistes, religieuses ou révolutionnaires — et l’entrée dans une ère de <strong>maturité tragique</strong>. Les écrivains arabes contemporains ne croient plus aux sauveurs, mais à la lente reconstruction des consciences.</p>
<blockquote cite="Hoda Barakat"><p>« Nous avons perdu les illusions, pas la mémoire. »</p>
<footer>— <cite>Hoda Barakat</cite></footer>
</blockquote>
<p>Dans ce sens, ils rejoignent une tradition universelle : celle de Camus, Kundera ou Kertész — écrivains de la désillusion, mais aussi de la responsabilité.</p>
<p>Leur message est clair : l’émancipation du monde arabe ne viendra ni des slogans, ni des armes, mais de la pensée, de l’art et du courage intérieur.</p>
</section>
<p><!-- ====================== FOCUS ====================== --></p>
<aside class="focus-box">
<h3>Focus Moyen-Orient.fr</h3>
<p>La <strong>littérature arabe contemporaine du Moyen-Orient</strong> ne cherche plus à glorifier la révolution, mais à comprendre l’échec. C’est ce désenchantement — lucide, profond, douloureux — qui ouvre peut-être la voie à une nouvelle renaissance, affranchie des dogmes et fidèle à la vérité humaine.</p>
</aside>
<p><!-- ====================== INFographie ====================== --></p>
<figure class="wp-block-embed">
<div class="infographie">
<h3>5 livres pour comprendre le désenchantement arabe</h3>
<ol>
<li><em>L’Immeuble Yacoubian</em> – Alaa al-Aswany</li>
<li><em>Courrier de nuit</em> – Hoda Barakat</li>
<li><em>Al-Thabit wa al-Mutahawwil</em> – Adonis</li>
<li><em>La Porte du soleil</em> – Elias Khoury</li>
<li><em>Les Corps célestes</em> – Jokha Alharthi</li>
</ol>
</div>
</figure>
<p><!-- ====================== CTA ====================== --></p>
</article>
<p>L’article <a href="https://moyen-orient.fr/les-ecrivains-au-moyen-orient-la-litterature-echec-des-revolutions/">Les écrivains du désenchantement au Moyen-Orient : la littérature dit l’échec des révolutions</a> est apparu en premier sur <a href="https://moyen-orient.fr">Moyen-Orient.fr</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le nouveau visage des femmes du Moyen-Orient : entre liberté et leadership</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/femmes-moyen-orient-liberte-leadership/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 09:00:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture & innovation]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Égalité]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes arabes]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Leadership]]></category>
		<category><![CDATA[Modernité]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Vision 2030]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au-delà des clichés et des slogans, les sociétés du Moyen-Orient connaissent une transformation silencieuse : les femmes y deviennent les actrices d’un changement durable. Éducation, entrepreneuriat, diplomatie, culture : leur influence redéfinit les équilibres du <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/femmes-moyen-orient-liberte-leadership/" title="Le nouveau visage des femmes du Moyen-Orient : entre liberté et leadership">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au-delà des clichés et des slogans, les sociétés du Moyen-Orient connaissent une transformation silencieuse : les femmes y deviennent les actrices d’un changement durable. Éducation, entrepreneuriat, diplomatie, culture : leur influence redéfinit les équilibres du monde arabe et annonce un nouvel âge de la modernité. Mais derrière cette « révolution tranquille », des inégalités persistantes et des voix dissidentes rappellent que l’émancipation reste sélective.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une transformation profonde, sans rupture apparente… mais avec des ombres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis une décennie, le rôle des femmes dans le Golfe s’élargit à un rythme inédit, porté par des réformes <em>top-down</em> plutôt que par des mouvements de rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les <strong>Émirats arabes unis</strong>, elles représentent <strong>77 % des diplômés universitaires</strong> (UNESCO, 2023), dirigent des institutions stratégiques comme la Bourse d’Abou Dhabi, et occupent <strong>50 % des sièges dans les conseils d’administration fédéraux</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En <strong>Arabie saoudite</strong>, les décrets royaux de 2018 (droit de conduire) et 2019 (voyages sans tuteur masculin) ont <strong>multiplié par deux la participation féminine au marché du travail</strong> (Banque mondiale, 2024). Elles entreprennent, investissent et représentent désormais <strong>33 % de la force de travail active</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À <strong>Bahreïn</strong> et <strong>Oman</strong>, des femmes occupent des postes clés : ambassadrices (Sheikha Rana bint Isa à Bahreïn), directrices de fonds souverains, ou chercheuses primées internationalement en biotechnologies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien d’agressif ni de spectaculaire : le changement se fait sans drapeaux, mais avec méthode et quotas. C’est la marque de ce que beaucoup appellent désormais <strong>la “révolution tranquille” du Golfe</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nuance essentielle :</strong> cette tranquillité a un prix. La tutelle masculine (<em>wilaya</em>) reste légalement en vigueur en Arabie saoudite, même assouplie. Aucune femme n’occupe de ministère régalien (Intérieur, Défense, Affaires étrangères). Au <strong>Koweït</strong>, aucune femme ministre depuis 2005. Au <strong>Qatar</strong>, une seule élue au Conseil consultatif. La modernité est graduelle au Sud, stagnante au Nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’éducation comme levier de pouvoir… et de dépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement repose sur un choix stratégique : <strong>investir massivement dans l’éducation féminine</strong> comme moteur du développement national et de la diversification post-pétrole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux Émirats, <strong>77 % des femmes accèdent à l’université</strong>, souvent dans les sciences, le numérique, les relations internationales ou la finance durable. Ces diplômées nourrissent aujourd’hui <strong>l’économie de la connaissance, la diplomatie culturelle, les médias et les startups technologiques</strong> — comme <em>Bayanat AI</em>, cofondée par une Émiratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Arabie saoudite, le programme <strong>Vision 2030</strong> a ouvert des bourses internationales et des campus mixtes. Résultat : <strong>60 % des étudiants en STEM</strong> sont aujourd’hui des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est plus un débat idéologique mais <strong>une politique d’État</strong> : le leadership féminin est considéré comme un facteur de stabilité, d’efficacité et de <em>soft power</em>. La participation économique féminine dans le Golfe a <strong>doublé en dix ans</strong>, passant de 20 % à 40 % en moyenne (Banque mondiale).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Limite structurelle :</strong> près de 80 % des emplois féminins restent concentrés dans le secteur public, financé par la rente pétrolière. L’émancipation économique est réelle, mais <strong>dépendante de l’État</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un soft power féminin en expansion… mais sous contrôle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde découvre une <strong>nouvelle diplomatie arabe</strong> : plus pragmatique, moins idéologique, et souvent portée par des femmes comme : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Reem Al Hashimy (Émirats)</strong> : ministre d’État, architecte de la COP28, visage de la transition verte.</li>



<li><strong>Haifa Al-Mogrin (Arabie saoudite)</strong> : première femme à diriger une mission permanente saoudienne à l’ONU.</li>



<li><strong>Lubna Al Qasimi (Émirats)</strong> : pionnière de la tech et ex-ministre du Commerce extérieur.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces figures incarnent une influence apaisée, fondée sur la compétence, la coopération et une modernité sans reniement identitaire. Leur narratif fascine jusqu’en <strong>Afrique subsaharienne</strong> et en <strong>Asie du Sud-Est</strong>, où des délégations féminines du Golfe forment désormais des cadres locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la culture, les médias et les arts, cette dynamique se traduit par une autre narration du féminin arabe : <strong>créative, confiante et responsable</strong>, loin des caricatures occidentales comme des conservatismes locaux. Exemples : la <strong>cinéaste Haifaa Al-Mansour</strong> (Arabie saoudite), la <strong>plasticienne Latifa Echakhch</strong> (Émirats), ou les plateformes audiovisuelles comme <strong>MBC Hope</strong>, portées par des productrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette émancipation reste <strong>sélective</strong>. Les activistes qui ont réclamé ces droits avant les décrets royaux paient le prix fort :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Loujain Al-Hathloul</strong> : emprisonnée de 2018 à 2021, libérée mais sous interdiction de voyage.</li>



<li><strong>Nassima Al-Sada (Qatif)</strong> : candidate aux municipales 2015, arrêtée, toujours en liberté conditionnelle.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <em>Human Rights Watch</em> (2024), il s’agit d’une <strong>« liberté sous surveillance »</strong> : les femmes peuvent conduire, mais pas critiquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une modernité enracinée… et inégale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La singularité du mouvement féminin du Golfe tient à son <strong>enracinement culturel et religieux</strong>. Ces sociétés n’opposent plus tradition et émancipation : elles les articulent via des <strong>fatwas progressistes</strong>, des <strong>conseils consultatifs mixtes</strong>, et une <strong>rhétorique de continuité</strong>. Cette approche graduelle – moderniser sans déstabiliser – donne aux femmes une <strong>légitimité sociale et politique durable</strong>.<br>Une manière de changer la société de l’intérieur, sans la fracturer ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la fracture existe ailleurs :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Au <strong>Koweït</strong>, les femmes votent depuis 2005, mais aucune n’a été ministre depuis 2009.</li>



<li>Au <strong>Qatar</strong>, une seule femme siège au Conseil consultatif (sur 45 membres).</li>



<li>À <strong>Bahreïn</strong>, des militantes chiites comme <strong>Hajar Mansoor</strong> restent emprisonnées pour « incitation à la haine ».</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La « révolution tranquille » est <strong>réelle au Sud</strong> (Émirats, Arabie saoudite), <strong>fragile au centre</strong> (Bahreïn), et <strong>quasiment absente au Nord</strong> (Koweït, Qatar).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Moyen-Orient comme laboratoire d’avenir… contrasté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l’on observe aujourd’hui dépasse la question féminine : c’est un <strong>modèle de transformation endogène</strong>, fondé sur la connaissance, la cohésion sociale et la diversification, plutôt que sur la confrontation ou l’importation de modèles étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes en sont le visage le plus visible, et peut-être le plus prometteur. Ce n’est pas une révolution de slogans, mais <strong>une révolution de fond</strong>, méthodique, pragmatique et pacifique — <strong>celle d’un monde arabe qui avance… quand l’État le décide.</strong>  Les femmes ne réclament pas toujours le pouvoir : certaines l’exercent. D’autres le contestent. Et c’est dans cette tension que se joue l’avenir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Focus Moyen-Orient.fr</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Moyen-Orient contemporain, les femmes incarnent un changement concret, porteur d’équilibre et d’avenir — une modernité sans rupture apparente, mais avec des silences assourdissants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sources</h3>



<p class="wp-block-paragraph">UNESCO ; Banque mondiale ; <em>Vision 2030</em> ; <em>Human Rights Watch 2024</em> ; <em>Amnesty International</em> ; déclarations officielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://moyen-orient.fr/sport-feminin-arabie-saoudite/">Sport féminin en Arabie saoudite : vitrine de modernité ou soft power ?</a></li>



<li><a href="https://moyen-orient.fr/education-revolution-golfe/">Éducation : la vraie révolution silencieuse du Golfe</a></li>
</ul>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Livre : Centres de pouvoir dans le Golfe selon Ulrichsen</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/centres-pouvoir-golfe-ulrichsen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 09:15:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Bahreïn]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Koweït]]></category>
		<category><![CDATA[Kristian Coates Ulrichsen]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Oman]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[qatar]]></category>
		<category><![CDATA[Soft power]]></category>
		<category><![CDATA[Vision 2030]]></category>
		<category><![CDATA[Vision 2071]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié en 2023 par l’éditeur Hurst, le livre « Centers of Power in the Arab Gulf » States de Kristian Coates Ulrichsen propose une lecture novatrice de la gouvernance dans le Golfe. Plutôt que d’envisager ces monarchies <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/centres-pouvoir-golfe-ulrichsen/" title="Livre : Centres de pouvoir dans le Golfe selon Ulrichsen">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Publié en 2023 par l’éditeur Hurst, le livre « <em>Centers of Power in the Arab Gulf » States</em> de Kristian Coates Ulrichsen propose une lecture novatrice de la gouvernance dans le Golfe. Plutôt que d’envisager ces monarchies comme des blocs homogènes, l’auteur démontre que leur stabilité repose sur l’entrecroisement de centres de pouvoir multiples – militaires, économiques, religieux et narratifs – qui coexistent, se complètent ou se concurrencent.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pouvoir comme réseau complexe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ulrichsen s’oppose à une vision monolithique des régimes du Golfe. Le pouvoir n’y est pas concentré en un seul centre mais se déploie dans un réseau imbriqué. Les forces armées et les services de sécurité constituent une première source d’autorité, mais l’économie pétrolière et financière façonne tout autant la légitimité. La religion, utilisée comme instrument de légitimation, joue un rôle central, tandis que le récit national et le soft power deviennent des leviers stratégiques. L’auteur insiste sur cette pluralité pour comprendre la capacité des monarchies du Golfe à s’adapter aux pressions internes et aux mutations régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La légitimité par les récits</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des ressources matérielles, la durabilité des régimes du Golfe repose largement sur les récits qu’ils élaborent pour justifier leur pouvoir. Ulrichsen souligne que la survie politique dépend autant de la rente pétrolière que de la construction de projets symboliques comme Vision 2030 en Arabie saoudite ou Vision 2071 aux Émirats. Ces récits de modernisation et de prospérité future sont conçus comme des instruments de cohésion et de légitimité face aux sociétés locales et aux partenaires internationaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Coopération et rivalité entre monarchies</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les monarchies du Golfe partagent un espace géographique et une histoire commune, mais leurs visions divergent. La rivalité entre Riyad et Abu Dhabi pour le leadership régional, les tensions avec le Qatar autour du rôle médiatique d’Al-Jazeera, les différences d’approche face à l’Iran ou à la Turquie montrent que la coopération est toujours traversée par la compétition. Ulrichsen décrit une dialectique permanente où convergences et rivalités coexistent et structurent la politique régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Études de cas et terrains d’analyse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre multiplie les exemples empiriques. Il montre comment l’Arabie saoudite a renforcé son appareil militaire pour consolider son autorité, comment le wahhabisme a été à la fois un instrument d’influence et un facteur de contestation, ou encore comment les Émirats et le Qatar ont mobilisé leur soft power culturel et médiatique pour s’imposer sur la scène internationale. Oman et le Koweït apparaissent, quant à eux, comme des cas d’équilibre fragile, pris entre les contraintes dynastiques, les institutions parlementaires et la pression de sociétés plus actives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Citations marquantes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« Le pouvoir dans le Golfe n’est pas monolithique mais se constitue à travers un réseau de centres militaires, économiques, religieux et narratifs, qui coexistent et rivalisent de manière complexe. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« La pérennité des régimes du Golfe repose autant sur les récits qu’ils construisent pour justifier leur pouvoir que sur les ressources matérielles dont ils disposent. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les États du Golfe partagent une géographie mais pas toujours une vision ; leurs centres de pouvoir s’entrecroisent et divergent, générant autant de coopération que de compétition. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse critique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des apports majeurs du livre est de dépasser la lecture strictement rentière des monarchies pétrolières. En mettant en avant le rôle du soft power, de la communication politique et des récits nationaux, Ulrichsen renouvelle la compréhension des dynamiques de légitimation. Toutefois, l’ouvrage reste centré sur les élites et sur les mécanismes institutionnels, laissant moins de place à la société civile ou aux mouvements sociaux. Cette limite ne retire rien à sa pertinence, mais souligne que l’analyse gagnerait à être complétée par des travaux sur les dynamiques sociales émergentes dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une référence pour comprendre les équilibres des pays du Golfe</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Centers of Power in the Arab Gulf States</em> s’impose comme une référence incontournable pour comprendre les équilibres du Golfe. L’approche de Kristian Coates Ulrichsen, en identifiant les multiples centres de pouvoir et en montrant leur articulation, éclaire la résilience et la complexité des régimes du CCG. À l’heure où les monarchies du Golfe multiplient les initiatives de diversification économique, de modernisation et d’ouverture diplomatique, ce livre fournit des clés essentielles pour analyser les trajectoires futures de la région.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><a href="https://www.amazon.com/Centers-Power-Arab-Gulf-States/dp/1805260294" target="_blank" rel=" noreferrer noopener"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="654" height="1024" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-654x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2450" style="width:174px;height:auto" srcset="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-654x1024.jpg 654w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-192x300.jpg 192w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen-768x1203.jpg 768w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/10/Livre-Centres-de-pouvoir-dans-le-Golfe-selon-Ulrichsen.jpg 958w" sizes="(max-width: 654px) 100vw, 654px" /></a></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>L’art contemporain en Arabie saoudite : effervescence créative ou vitrine de modernité ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/art-contemporain-arabie-saoudite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 07:15:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[AlUla]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Riyad]]></category>
		<category><![CDATA[Soft power]]></category>
		<category><![CDATA[Vision 2030]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://moyen-orient.fr/?p=2401</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Arabie saoudite connaît une effervescence artistique inédite. Biennales, musées, land art à AlUla : l’art contemporain devient un levier de modernité et de soft power. Entre créativité authentique et vitrine politique, cette scène émergente révèle <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/art-contemporain-arabie-saoudite/" title="L’art contemporain en Arabie saoudite : effervescence créative ou vitrine de modernité ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite connaît une effervescence artistique inédite. Biennales, musées, land art à AlUla : l’art contemporain devient un levier de modernité et de soft power. Entre créativité authentique et vitrine politique, cette scène émergente révèle les paradoxes d’un royaume en pleine mutation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une révolution culturelle sous contrôle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a encore dix ans, imaginer l’Arabie saoudite comme un centre d’art contemporain relevait du fantasme. Pays des interdits, bastion du wahhabisme, le royaume apparaissait fermé à toute expression artistique. Avec <strong>Vision 2030</strong>, Mohammed ben Salmane a bouleversé la donne : musées, biennales, festivals et galeries se multiplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet essor ne relève pas seulement du divertissement. Il incarne une stratégie politique claire : transformer la culture en <strong>levier de modernité et d’influence internationale</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des pionniers aux nouvelles générations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant même les grandes réformes, une poignée d’artistes avait ouvert la voie. <strong>Ahmed Mater</strong>, médecin et plasticien, a exploré les tensions entre tradition et modernité. <strong>Manal AlDowayan</strong> a interrogé la place des femmes dans une société marquée par le contrôle. <strong>Abdullah Al Othman</strong> a expérimenté avec la poésie visuelle et les installations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pionniers ont inspiré une génération qui s’affirme aujourd’hui : des jeunes, souvent formés à l’étranger, qui voient dans l’art un espace pour explorer identités, mémoire et société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Riyad et AlUla, deux pôles de création</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux lieux symbolisent la nouvelle scène artistique saoudienne.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>À Riyad</strong>, le <strong>district JAX</strong> est devenu un centre de gravité avec ateliers, galeries et le <strong>Saudi Museum of Contemporary Art (SAMoCA)</strong>. Le festival <strong>Noor Riyadh</strong> transforme chaque année la capitale en immense galerie de lumière.</li>



<li><strong>À AlUla</strong>, site archéologique classé à l’UNESCO, le gouvernement organise résidences d’artistes et expositions en plein désert. Ici, le land art, les installations monumentales et l’écologie servent de fil conducteur.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette double dynamique — urbanité high-tech et ancrage patrimonial — incarne l’ambition du royaume : à la fois hub moderne et oasis culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Figures emblématiques de l’art contemporain saoudien</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Ahmed Mater (né en 1979)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Médecin de formation, Ahmed Mater est devenu l’une des figures centrales de l’art saoudien. Son œuvre oscille entre photographie, installation et land art, souvent à la croisée de la religion, de la science et de la modernité.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Œuvres marquantes</strong> : <em>Magnetism</em>, une représentation magnétique de l’attraction autour de la Kaaba ; <em>Evolution of Man</em>, série de radiographies dénonçant la dépendance au pétrole ; <em>Antenna</em>, installation où un scanner d’aéroport prend la forme d’un mihrab.</li>



<li><strong>Thématiques</strong> : la spiritualité et sa matérialité, la consommation et la dépendance énergétique, la mutation du paysage social saoudien.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="640" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Ahmed-Mater-artiste-saoudien--1024x640.jpg" alt="" class="wp-image-2405" srcset="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Ahmed-Mater-artiste-saoudien--1024x640.jpg 1024w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Ahmed-Mater-artiste-saoudien--300x188.jpg 300w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Ahmed-Mater-artiste-saoudien--768x480.jpg 768w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Ahmed-Mater-artiste-saoudien--1536x960.jpg 1536w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Ahmed-Mater-artiste-saoudien--2048x1280.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><a href="https://www.christies.com/en/stories/ahmed-mater-magnetism-9cd7babf76814f359b320d9e32c47314" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ahmed Mater, <em>Magnetism</em></a></figcaption></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading">Manal AlDowayan (née en 1973)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Artiste multidisciplinaire (photographie, installation, land art), Manal AlDowayan place la question des femmes et de la mémoire au cœur de sa démarche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Œuvres marquantes</strong> : <em>Suspended Together</em> (2011), installation de colombes portant des permis de voyage imposés aux femmes ; <em>Esmi – My Name</em>, où elle expose publiquement des noms féminins pour briser un tabou social ; <em>Shifting Sands: A Battle Song</em>, pavillon saoudien à la Biennale de Venise 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Thématiques</strong> : identité féminine, invisibilité et visibilité, transmission culturelle, rôle des femmes dans la société saoudienne.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-2403" srcset="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-1024x768.jpg 1024w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-300x225.jpg 300w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-768x576.jpg 768w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-678x509.jpg 678w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-326x245.jpg 326w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite-80x60.jpg 80w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/dxa-manal-al-dowayany-artiste-arabie-saoudite.jpg 1408w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><a href="https://desertx.org/dx/archive/now-you-see-me-now-you-dont" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Manal Aldowayan</a></figcaption></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading">Hmoud Al-Attawi (né en 1986)</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sculpteur et artiste conceptuel, Hmoud Al-Attawi s’intéresse à l’architecture, à l’urbanisme et aux symboles du pouvoir.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Œuvres marquantes</strong> : <em>Maze of Delusion</em>, installation monumentale composée de plus de 800 barrières en béton ; <em>Al Nourhah Pillars</em>, inspirée de l’héritage architectural local et présentée à la Biennale de Diriyah ; <em>Blind Ants</em>, une réflexion sur les mouvements collectifs et l’aveuglement social.</li>



<li><strong>Thématiques</strong> : l’espace public, les barrières visibles et invisibles, la mémoire urbaine et l’histoire architecturale.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="850" height="850" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Hmoud-Alattawi-artiste-arabie-saoudite-.jpg" alt="" class="wp-image-2407" srcset="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Hmoud-Alattawi-artiste-arabie-saoudite-.jpg 850w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Hmoud-Alattawi-artiste-arabie-saoudite--300x300.jpg 300w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Hmoud-Alattawi-artiste-arabie-saoudite--150x150.jpg 150w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/Hmoud-Alattawi-artiste-arabie-saoudite--768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px" /><figcaption class="wp-element-caption"><a href="https://riyadhart.sa/en/artworks/energy-of-vision-2024/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hmoud Alattawi- Vision 2024</a></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L’art et l’écologie comme récit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nombre d’œuvres présentées ces dernières années placent la <strong>crise environnementale</strong> au centre : installations lumineuses inspirées de la sécheresse, œuvres sur la rareté de l’eau, land art épousant le désert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix n’est pas anodin : dans un pays marqué par l’aridité et dépendant du pétrole, l’écologie devient un langage symbolique pour montrer une conscience globale et une responsabilité nouvelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre effervescence et soft power</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet essor culturel a aussi une fonction diplomatique. Riyad veut rivaliser avec <strong>Doha, Abou Dhabi et Dubaï</strong>, déjà bien implantés sur la scène artistique internationale. L’art devient un <strong>outil de soft power</strong>, destiné à redorer l’image du royaume ternie par son passé religieux et ses violations des droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture artistique s’accompagne donc d’une question : s’agit-il d’une véritable liberté créative, ou d’une <strong>mise en scène soigneusement contrôlée</strong> ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les contradictions d’un royaume</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’effervescence, certaines limites demeurent. Les sujets religieux, politiques ou liés à la monarchie restent intouchables. La critique frontale est impossible. L’art contemporain saoudien progresse, mais dans un <strong>cadre balisé par l’État</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre authenticité et contrôle produit un paradoxe : un art vibrant, audacieux dans la forme, mais contraint dans ses thèmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un laboratoire à observer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a fait de l’art contemporain un levier de transformation. Entre urbanité futuriste et désert patrimonial, entre écologie et vitrine géopolitique, la scène saoudienne fascine autant qu’elle interroge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’on y voie une <strong>expérimentation sincère</strong> ou une <strong>opération de communication</strong>, l’art contemporain au royaume est devenu un laboratoire à suivre de près, révélateur des paradoxes d’un pays en transition.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sport féminin en Arabie saoudite : vitrine de modernité ou soft power ?</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/sport-feminin-arabie-saoudite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Sep 2025 10:09:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Soft power]]></category>
		<category><![CDATA[Sport féminin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sport féminin en Arabie saoudite. En septembre 2025, l’Arabie saoudite dévoile SSC AWSN, une chaîne sportive 24h/24 dédiée aux femmes. Une première dans un pays où les femmes n’avaient accès aux stades qu’en 2019. Mais <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/sport-feminin-arabie-saoudite/" title="Sport féminin en Arabie saoudite : vitrine de modernité ou soft power ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sport féminin en Arabie saoudite. En septembre 2025, l’Arabie saoudite dévoile SSC AWSN, une chaîne sportive 24h/24 dédiée aux femmes. Une première dans un pays où les femmes n’avaient accès aux stades qu’en 2019. Mais ce projet reflète-t-il une réelle avancée pour les Saoudiennes ou une opération d’image orchestrée par Riyad ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chaîne inédite pour le sport féminin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lancée par la <em>Saudi Sports Company</em> et soutenue par le ministère des Sports, <strong>SSC AWSN</strong> promet de diffuser compétitions féminines locales et internationales, interviews d’athlètes et programmes éducatifs sur le sport. Une Saoudienne, Amal Bint Ahmed, première présentatrice de la chaîne, a déclaré sur X : « C’est un rêve de voir nos sportives à l’écran, un espoir pour les jeunes filles ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce lancement marque un tournant dans un royaume où, jusqu’en 2018, les femmes ne pouvaient ni conduire ni assister à des matchs. En 2024, seules 16 % des Saoudiennes pratiquaient une activité sportive régulière, contre 34 % aux Émirats (<em>General Authority for Statistics, KSA, 2024</em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vision 2030 : une modernisation encadrée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative s’inscrit dans <strong>Vision 2030</strong>, le plan du prince héritier Mohammed ben Salmane pour diversifier l’économie et moderniser l’image du royaume. Le sport est un pilier clé : courses de Formule 1, tournois de golf LIV, et bientôt la Coupe du monde 2034. SSC AWSN vise à promouvoir les sportives saoudiennes, comme la coureuse Yasmeen Al-Dabbagh, qui a représenté le pays aux JO de Tokyo 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette ouverture reste sous contrôle étatique. La chaîne, propriété de l’État, cadre strictement les contenus diffusés, limitant l’autonomie des voix féminines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power : séduire l’international</h2>



<p class="wp-block-paragraph">SSC AWSN s’inscrit dans une stratégie de <strong>soft power</strong>. En mettant en avant des sportives, Riyad cherche à contrer les critiques sur les droits humains et à se positionner comme un hub sportif régional. Le royaume a déjà investi 6,3 milliards de dollars dans le sport depuis 2021 (<em>Bloomberg, 2024</em>), attirant des événements comme les Jeux asiatiques 2029.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contradictions et défis persistants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette avancée, les obstacles restent nombreux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Accès limité</strong> : seules 300 écoles saoudiennes sur 36 000 proposent des cours de sport pour filles (<em>Saudi Ministry of Education, 2023</em>).</li>



<li><strong>Contrôle politique</strong> : les initiatives féminines restent sous supervision étatique, limitant leur portée sociale.</li>



<li><strong>Comparaison régionale</strong> : les Émirats et le Qatar, avec des infrastructures plus développées, devancent Riyad. En Iran, les femmes sont encore largement exclues des stades.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Et ailleurs dans la région ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La place du sport féminin révèle un contraste saisissant au Moyen-Orient :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Aux Émirats</strong>, les femmes participent activement aux compétitions locales et internationales, avec des programmes sportifs intégrés dans les écoles.</li>



<li><strong>Au Qatar</strong>, malgré l’accueil de la Coupe du monde 2022, la pratique féminine reste en retrait, même si le pays cherche à progresser pour exister sur la scène sportive mondiale.</li>



<li><strong>En Iran</strong>, la situation demeure la plus restrictive : interdictions d’accès aux stades, arrestations de militantes, et absence quasi totale de visibilité médiatique.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce paysage, l’Arabie saoudite avance vite, mais ses réformes sont davantage perçues comme une vitrine internationale que comme une transformation sociale profonde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une transformation réelle ou une vitrine ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">SSC AWSN offre une visibilité inédite aux sportives saoudiennes, mais son impact dépendra de mesures concrètes : plus d’infrastructures, de financements et d’autonomie pour les femmes. Sans cela, la chaîne risque de rester une vitrine médiatique au service du régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le lancement de SSC AWSN est un signal fort, porteur d’espoir pour les Saoudiennes passionnées de sport. Mais il soulève une question : assiste-t-on à une conquête d’espace pour les femmes ou à une opération de soft power ? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://ddnews.gov.in/en/awsn-to-launch-24-hour-womens-sports-channel-in-saudi-arabia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">AWSN to launch 24-hour women’s sports channel in Saudi Arabia</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/israel-turquie-syrie-entente-2025/">Israël et la Turquie : un terrain d’entente possible en Syrie avec l’appui des États-Unis ?</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Stratégie culturelle et soft power : Dubaï, hub artistique du Moyen-Orient</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/dubai-art-soft-power-culturel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Sep 2025 08:55:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Dubaï]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Soft power]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Émirats arabes unis (EAU) ne se contentent plus d’être un géant économique et énergétique. Avec des musées prestigieux, des festivals de cinéma et la nouvelle Biennale de Dubaï, ils ambitionnent de devenir un hub <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/dubai-art-soft-power-culturel/" title="Stratégie culturelle et soft power : Dubaï, hub artistique du Moyen-Orient">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Émirats arabes unis (EAU) ne se contentent plus d’être un géant économique et énergétique. Avec des musées prestigieux, des festivals de cinéma et la nouvelle Biennale de Dubaï, ils ambitionnent de devenir un hub culturel incontournable. Cette stratégie de soft power vise à projeter une image de modernité, de cosmopolitisme et de stabilité, tout en rivalisant avec les capitales culturelles mondiales.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Art Dubai : une vitrine artistique mondiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2007, Art Dubai, la foire d’art contemporain la plus influente du Moyen-Orient, positionne Dubaï comme un carrefour artistique mondial, à l’image des biennales de Venise ou São Paulo. En 2024, l’événement a réuni 120 galeries et des artistes arabes et internationaux, comme l’Égyptien Wael Shawky, dont une installation immersive sur l’histoire du Golfe a captivé le public. Avec environ 30 000 visiteurs en une semaine, selon les organisateurs, Art Dubai consolide la réputation de Dubaï comme capitale culturelle régionale, au-delà de son image économique et touristique.L’événement met en avant la diversité de l’art contemporain arabe tout en favorisant un dialogue interculturel, incarnant l’identité cosmopolite des Émirats.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/art-dubai-Digital-2025-moyen-orient-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2362" srcset="https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/art-dubai-Digital-2025-moyen-orient-1024x683.jpg 1024w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/art-dubai-Digital-2025-moyen-orient-300x200.jpg 300w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/art-dubai-Digital-2025-moyen-orient-768x512.jpg 768w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/art-dubai-Digital-2025-moyen-orient-1536x1024.jpg 1536w, https://moyen-orient.fr/wp-content/uploads/2025/09/art-dubai-Digital-2025-moyen-orient.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">ART DUBAI DIGITAL</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Musées et galeries : un écosystème culturel ambitieux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats investissent massivement dans des infrastructures culturelles pour rivaliser avec Paris ou New York :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Louvre Abu Dhabi</strong>, ouvert en 2017, a attiré 5 millions de visiteurs en cinq ans, symbolisant l’alliance entre prestige occidental et identité arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Guggenheim Abu Dhabi</strong>, prévu pour 2025, ambitionne de devenir une référence mondiale de l’art contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; À Dubaï, le quartier d’Alserkal Avenue abrite des galeries émergentes et soutient une nouvelle génération de créateurs arabes, comme l’artiste émiratie Shaikha Al Mazrou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces projets renforcent l’attrait du tourisme culturel, qui représente déjà 10 % des revenus touristiques des EAU, selon le Département du Tourisme d’Abu Dhabi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cinéma émirati : raconter une identité arabe moderne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dubai International Film Festival (DIFF), créé en 2004, a permis l’émergence d’une industrie cinématographique régionale. En 2024, le festival a projeté 120 films, dont 30 % de productions arabes, selon les chiffres officiels. Des films comme Theeb (coproduit aux EAU) ont gagné une reconnaissance internationale, prouvant que le cinéma émirati peut raconter des histoires universelles ancrées dans l’identité du Golfe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats investissent également dans la formation, avec des écoles comme la **Dubai Film School**, formant scénaristes et réalisateurs pour bâtir une véritable école du cinéma arabe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power et diplomatie culturelle : une ambition régionale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie culturelle répond à plusieurs objectifs :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Diversification économique</strong> : le tourisme culturel devrait générer 15 milliards de dollars d’ici 2030, selon les projections officielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Diplomatie d’influence</strong> : les Émirats projettent une image d’ouverture et de modernité, contrastant avec les stéréotypes régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Cohésion nationale</strong> : valoriser la culture arabe aux côtés d’influences globales renforce l’identité émiratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leadership régional </strong>: face à l’Arabie saoudite (avec AlUla) et au Qatar (Musée d’art islamique), les EAU cherchent à dominer la scène culturelle du Golfe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette ambition n’est pas sans critiques. Certains dénoncent un « cultural washing », reprochant aux Émirats d’utiliser l’art pour masquer des enjeux sociaux ou politiques, comme les droits des travailleurs migrants. Malgré ces débats, les investissements massifs témoignent d’une volonté de construire une influence durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">> « <em>La culture est notre pont vers le monde. Elle raconte qui nous sommes et où nous allons</em>« , déclarait Sheikha Hoor Al Qasimi, présidente de la Sharjah Art Foundation, lors de l’inauguration de la Biennale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le Louvre Abu Dhabi, le futur Guggenheim et un cinéma en plein essor, les Émirats arabes unis placent la culture au cœur de leur soft power. Dubaï et Abu Dhabi ne se contentent plus d’être des hubs économiques : elles aspirent à devenir des références artistiques mondiales, mêlant patrimoine arabe et innovation globale. Mais pourront-elles rivaliser avec les capitales culturelles établies comme Paris ou New York ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi : <a href="https://moyen-orient.fr/en-israel-les-arabes-creent-dans-le-monde-arabe-ils-survivent/">En Israël, les Arabes créent. Dans le monde arabe, ils survivent.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi : <a href="https://www.artdubai.ae/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Art Dubai </a></p>
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		<title>Menart Fair 2025 : l’art du Moyen-Orient en douceur</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/menart-fair-2025-lart-du-moyen-orient-en-douceur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Sep 2025 09:28:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Événement culturel]]></category>
		<category><![CDATA[MENART Fair]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Soft power]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la violence frappe du Moyen-Orient à l’Ukraine, en passant par l’Afrique, Menart Fair 2025 choisit de mettre en lumière un autre langage : celui de la douceur. Pour sa 6ème édition, la foire <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/menart-fair-2025-lart-du-moyen-orient-en-douceur/" title="Menart Fair 2025 : l’art du Moyen-Orient en douceur">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors que la violence frappe du Moyen-Orient à l’Ukraine, en passant par l’Afrique, Menart Fair 2025 choisit de mettre en lumière un autre langage : celui de la douceur. Pour sa 6ème édition, la foire internationale d’art, historiquement ouverte aux artistes du monde arabe, d’Iran, d’Israël et de Turquie, affirme que la création n’est pas seulement esthétique : elle peut devenir un engagement silencieux, mais d’une puissance rare. Reste que cette année, l’absence d’Israël dans la programmation ne passe pas inaperçue.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">La douceur comme arme symbolique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de toute naïveté, la douceur n’est pas synonyme de faiblesse ni de mièvrerie. Elle devient, pour les artistes exposés à Menart Fair, un acte de résistance face à la brutalité du monde. Dans le fil des guerres qui traversent la région MENA, leurs œuvres témoignent, questionnent, mais surtout réinventent des espaces d’intimité, de mémoire et de partage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la <strong>broderie photographique d’Asma Ben Aïssa (Tunisie)</strong> à l’<strong>encre délicate de Fadi Balhawan (Liban)</strong>, la création se fait fragile et forte à la fois, capturant des émotions qu’aucun discours politique ne saurait exprimer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des gestes infimes, une force silencieuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La douceur n’est pas l’oubli des violences, mais une manière de leur opposer une humanité irréductible. Elle se loge dans les matières, les gestes et les silences. Elle se tisse dans les œuvres de <strong>Meriem Bouderbala</strong> (Tunisie), se grave dans les compositions de <strong>Nabil Anani</strong> (Palestinien), ou se peint dans les toiles d’<strong>Ibrahim Hamid</strong> (Arabie Saoudite).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces démarches rappellent que l’art, même dans ses formes les plus subtiles, reste un langage de résistance et de transmission.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un panorama des scènes artistiques du MENA</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec plus d’une quarantaine de galeries venues du Bahreïn, de Syrie, du Liban, d’Iran, de Palestine, mais aussi d’Europe et d’Amérique du Nord, Menart Fair s’impose désormais comme un rendez-vous incontournable de la création contemporaine issue du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La diversité des participants – de la <strong>Zawyeh Gallery (Ramallah &amp; Dubaï)</strong> à la <strong>Galerie Tanit (Beyrouth &amp; Munich)</strong> – témoigne de l’effervescence d’une scène en plein renouvellement, où la mémoire des blessures collectives se mêle à une aspiration universelle à la lumière et à l’espérance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une absence remarquée : Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Menart Fair revendique depuis ses débuts une ouverture aux artistes du monde arabe, d’Iran, de Turquie et parfois d’Israël, force est de constater que cette 6ème édition ne mentionne aucune galerie israélienne dans sa programmation. Est-ce un choix assumé, une conséquence des tensions régionales ou simplement le fruit des sélections curatoriales ? La question demeure, tant l’art aurait pu constituer un espace de dialogue au-delà des fractures géopolitiques. Dans un contexte où la culture peut être vectrice de ponts, cette absence interroge sur la difficulté persistante d’inclure Israël dans les grandes initiatives artistiques du Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Informations pratiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">📍 <strong>Lieu</strong> : Galerie Joseph, 116 rue de Turenne – 75003 Paris<br>📅 <strong>Dates</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Preview (institutions &amp; collectionneurs) : vendredi 24 octobre, 15h–22h</li>



<li>Inauguration VIP : vendredi 24 octobre, 18h–22h</li>



<li>Ouverture au public : du samedi 25 au lundi 27 octobre 2025<br>⏰ Horaires : 12h–20h (sauf lundi, jusqu’à 19h)<br>🎟️ <strong>Tarif</strong> : 12 € – gratuit pour les moins de 26 ans</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Menart Fair 2025 en un mot : la douceur comme engagement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En choisissant ce thème, la foire rappelle que l’art peut être une réponse au chaos, une manière d’affirmer la vie face à la mort, l’humanité face à la haine. Dans un monde saturé de violence et de bruit, ces artistes nous rappellent la force des nuances, des silences et de la délicatesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Photos </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ibrahim Hamid, Woman and desert city, 2022. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Meriem Bouderbala, Étoffes cutanées, 2008. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alireza Jahromi, Memories Dissolved in Light, 2024.</p>
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		<title>The Prayer of Anxiety : un roman égyptien sur la peur et l’espérance</title>
		<link>https://moyen-orient.fr/the-prayer-of-anxiety-un-roman-egyptien-sur-la-peur-et-lesperance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Faraj Alexandre Rifai]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2025 12:06:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres au Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié en arabe et récompensé par le Prix international de la fiction arabe 2025, The Prayer of Anxiety de l’écrivain égyptien Mohamed Samir Nada plonge dans la vie d’un village isolé. Entre peur, foi et <a class="mh-excerpt-more" href="https://moyen-orient.fr/the-prayer-of-anxiety-un-roman-egyptien-sur-la-peur-et-lesperance/" title="The Prayer of Anxiety : un roman égyptien sur la peur et l’espérance">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Publié en arabe et récompensé par le Prix international de la fiction arabe 2025, <em>The Prayer of Anxiety</em> de l’écrivain égyptien Mohamed Samir Nada plonge dans la vie d’un village isolé. Entre peur, foi et incertitudes, le roman donne voix à une communauté partagée entre traditions étouffantes et bouleversements modernes, miroir des fractures sociales et politiques de l’Égypte contemporaine.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un village comme microcosme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman se déroule dans le <strong>village de Nag’ Al-Manassi</strong>, en Haute-Égypte, isolé et presque oublié. Les habitants vivent dans la conviction qu’un champ de mines entoure leur territoire, rendant toute tentative de fuite mortelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde extérieur reste flou et inaccessible : on ne sait que peu de choses, sinon qu’une guerre oppose l’Égypte à Israël depuis 1967 et que, selon les villageois, l’ennemi pourrait chercher à envahir l’Égypte à travers Nag’ Al-Manassi, présenté comme la première ligne de défense de la frontière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une intrigue entre guerre, épidémie et mystère</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Khalil Al-Khoja, représentant des autorités, est le seul lien des villageois avec l’extérieur. Il contrôle le commerce vital, publie un petit journal local intitulé <em>La Voix de la guerre</em> et commence à enrôler les habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, un objet inconnu — peut-être une météorite ou un satellite — s’écrase sur le village. Peu après, une <strong>épidémie</strong> défigure la population, y compris les nouveau-nés. Dans le même temps, une main mystérieuse commence à inscrire sur les murs du village les péchés cachés de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour conjurer le mal, le cheikh local invente une nouvelle prière : la <strong>« Prière de l’Anxiété »</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers les voix de <strong>huit personnages différents</strong>, les lecteurs découvrent l’histoire du village, de la <strong>Naksa de 1967</strong> (la guerre des Six Jours) jusqu’à l’épidémie, dans une mosaïque où se mêlent peur, foi, culpabilité et illusions politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les thèmes majeurs</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Anxiété collective</strong> : le roman met en lumière une communauté piégée dans la peur et l’attente d’un avenir incertain.</li>



<li><strong>Religion et superstition</strong> : la prière et la croyance apparaissent comme des refuges, mais aussi comme des symptômes d’un désarroi existentiel.</li>



<li><strong>Pouvoir et oppression</strong> : la figure de Khalil Al-Khoja illustre le rôle des autorités dans le contrôle social et économique.</li>



<li><strong>Mémoire de la Naksa</strong> : l’ouvrage interroge le récit arabe de la défaite de 1967 et les illusions de victoire qui ont suivi.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un style réaliste et poétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mohamed Samir Nada mêle réalisme social et dimension symbolique. Le quotidien du village est décrit avec précision, mais chaque élément — la mine invisible, l’épidémie, les inscriptions sur les murs — devient une <strong>métaphore politique et existentielle</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La polyphonie des voix permet de refléter la pluralité des expériences, tout en dessinant un portrait collectif d’une société en crise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réception et portée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En remportant l’<strong>International Prize for Arabic Fiction 2025</strong>, <em>The Prayer of Anxiety</em> a acquis une reconnaissance internationale. Le roman séduit par sa richesse narrative et sa capacité à transformer l’histoire d’un village en réflexion universelle sur la peur, l’attente et la quête de vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa traduction est attendue, pour permettre aux lecteurs non arabophones d’accéder à cette œuvre majeure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>The Prayer of Anxiety</em>, Mohamed Samir Nada signe une fresque à la fois réaliste et allégorique. À travers Nag’ Al-Manassi, c’est toute une société égyptienne — et au-delà, arabe — qui se révèle dans ses contradictions, ses illusions et ses blessures. Une œuvre littéraire qui explore la fragilité humaine face à la peur, mais aussi la persistance de l’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://en.arabicfiction.org/books/prayer-anxiety" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Prayer of Anxiety de Mohamed Samir Nada</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://moyen-orient.fr/culture-societe/livres/">Lire aussi la rubrique Livres du Moyen-Orient</a></p>
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