Espoir pour un squat de Beyrouth

squat à Beyrouth - Hugh Macleod Bienvenue dans l’univers des "immeubles Gaza" : un bidonville dans un bidonville ; cet ancien hôpital palestinien, construit en dehors du camp de réfugiés de Chatila, au sud de Beyrouth, a été transformé en squat pour les familles pauvres et indigentes.




IRIN. Construits dans les années 1970 par l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), les immeubles Gaza étaient censés améliorer les conditions de vie des réfugiés palestiniens. Le complexe, composé de quatre tours disposées autour d’une cour centrale, abritait à l’origine un hôpital géré par la Société du Croissant-Rouge palestinien (SCRP), une garderie, des bureaux et un hôpital militaire.

squat à Beyrouth - Hugh Macleod Les immeubles ont partiellement été détruits par les forces armées israéliennes lors de leur invasion du Liban en 1982. Et lorsqu’à la fin des années 1980, la "guerre des camps" a éclaté entre les milices libanaises et les militants palestiniens, à l’intérieur des camps voisins de Sabra et Chatila, les immeubles Gaza, en ruine, sont devenus le dernier refuge de ceux qui avaient perdu leurs maisons et leurs familles durant les affrontements.

Aujourd’hui, d’après une étude du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), les quatre tours abritent plus de 900 personnes, des Palestiniens, pour la plupart, mais aussi des Libanais, des Syriens, des Egyptiens et des Jordaniens, parmi lesquels on compte de nombreux célibataires et personnes âgées.

Deux enfants sur trois sont déscolarisés ; un enfant sur trois souffre de maladies chroniques, et selon un article de recherche publié en 2003 par l’université de Glasgow, les conditions de vie dans les immeubles Gaza "sont semblables à celles des taudis britanniques du siècle dernier".

Les habitants se trouvent dans un vide juridique, vivent dans des locaux non officiels, qui ne sont pas sous la responsabilité de l’Agence de Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), sans eau courante et parfois sans électricité ; bon nombre d’entre eux se retrouvent dans des appartements d’une pièce, sans fenêtre, sans évier ni cuisine. Dans une des tours, la cage d’ascenseur est remplie de détritus ; dans une autre, la cave inondée par des eaux résiduaires brutes, tandis que dans une autre encore, les veuves âgées défèquent dans des seaux en plastique, faute de toilettes.

Bientôt, grâce à une initiative du NRC, appuyée par l’Office d’aide humanitaire de la Communauté européenne (ECHO), la situation est en passe de changer. Bénéficiant d’un budget de 1,4 million de dollars américains, financé à peu près à part égale par ECHO et le ministère norvégien des Affaires étrangères, le NRC a embauché des entreprises de construction locales pour refaire entièrement les installations électriques et la plomberie des quatre immeubles, en veillant au respect des normes sanitaires et des conditions de vie les plus élémentaires. Les murs des chambres seront plâtrés et les toits recouverts de tuiles pour empêcher les fuites. Les travaux devraient commencer le 19 février.

Richard Evans, responsable de l’hébergement au NRC Liban, pense que son agence peut réussir – là où d’autres ont échoué – à améliorer les conditions de vie dans les immeubles Gaza. "Aucune restriction d’accès ne nous a été imposée et notre comité d’organisation est composé de représentants des municipalités locales et du SCRP", a affirmé M. Evans. "Nous entretenons de bonnes relations avec les comités d’habitants de chacune des tours des immeubles Gaza et nous travaillons sur le volet social pour assurer la pérennité du projet".

Source : IRIN

Photos : Hugh Macleod pour IRIN

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