Palestine: l'heure aux grands projets

complexe touristique mer morteL'Autorité Palestinienne planifie le lancement de plusieurs grands projets, notamment celui d'un gigantesque complexe touristique au bord de la Mer Morte… Une manière d'espérer une relance économique, en attendant la relance du processus de paix…

Après Rawabi, la première ville verte palestinienne, l'Autorité Palestinienne rêve de bâtir un complexe touristique "digne de ce nom" et qui serait une première dans les territoires palestiniens qui ne disposent pas d'infrastructures touristiques ni de stations balnéaires. La localisation choisie est la côte ouest de la Mer Morte, où les Palestiniens auraient droit à 37 kilomètres, contrôlés pour le moment par Israël.

Dans une interview donnée au journal Al Ayam, le Président palestinien affirme que l'Autorité mise beaucoup sur un tel projet jugé "gigantesque" selon ses termes. Il déclare redoubler tous les efforts pour le réaliser. C'est dire l'espoir qu'il accord à ce premier projet du genre.

En effet, le complexe, qui s'étalerait sur quatre kilomètres seulement sur la Mer Morte, devrait comporter une ville nouvelle avec un grand complexe hôtelier et toutes les installations touristiques et économiques qui vont avec. D'un coût estimé à 1.3 milliards de dollars, le projet semble avoir le soutien et l'aide de plusieurs pays comme la Russie et le Japon. Autre soutien inattendu, à premier abord, celui de l'église Orthodoxe russe. D'après les dires du Président dans le journal palestinien, l'église orthodoxe russe soutiendrait ce projet pour pouvoir accueillir les pèlerins.

Ville de la Lune

Un autre grand projet est aussi sur la table, celui de la nouvelle ville au nord de Jéricho en Cisjordanie. Baptisée "Ville de la Lune", la nouvelle ville occuperait une superficie de 9000 hectares. Après la fin des travaux, 10 ans selon les estimations, la ville sera en mesure d'accueillir près de 150.000 habitants. Le projet de cette ville est encore à l'étude, mais l'Autorité Palestinienne espère surtout attirer les capitaux arabes pour financer le projet dont le coût est estimé à 700 millions de dollars.

Pour l'instant, la réalisation de ces projets dépend de l'accord israélien, comme le stipulent les accords d'Oslo. C'est pour cette raison que des demandes insistantes, y compris de la part des Américains et des Européens, vont dans la même direction afin d'assouplir ces restrictions et transférer progressivement la gestion administrative des territoires à l'Autorité Palestinienne. En même, la situation dépend aussi des processus de paix qui semblent patiner, c'est le moindre qu'on puisse dire, d'où le cercle vicieux duquel il est très difficile de sortir. Mais on peut dire aussi que la réalisation de tels projets pourrait faire partie des processus de paix même. Ce devrait même les renforcer. Tout simplement parce la réalisation de ces projets ne peut que revitaliser l'économie des Palestiniens, ce qui serait fortement bénéfique. Car améliorer la situation économique des Palestiniens amoindrira d'une manière ou d'une autre l'influence de ceux qui bloquent le processus de paix.

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