Projet Desertec, le bonheur est dans le désert

projet DESERTEC au Moyen-OrientRelier le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Europe via un gigantesque réseau de centrales solaires, telle est l'ambition de la DII, la nouvelle société nouvellement créée par la Fondation Desertec et douze autres sociétés spécialisées.

Le Projet Desertec, initié par la fondation Desertec, est avant tout une volonté de coopérer et mutualiser les compétences et les moyens financiers pour exploiter l'énergie solaire dans une région dont le potentiel est considérable. Il s'agit de créer un réseau interconnecté alimenté par des centrales solaires, et qui s'étendra du Moyen-Orient au Maroc, et de l'Afrique à l'Europe.

Le principe du projet repose sur le constat suivant: chaque km2 de désert reçoit annuellement une énergie solaire équivalente à 1.5 million de barils de pétrole. Ainsi, les déserts de la planète pourraient fournir et assurer plusieurs centaines de fois l'énergie utilisée actuellement dans le monde. De plus, cette énergie est propre, elle est sans émissions de CO2.

Pour l'aspect logistique, le projet DESERTEC compte recourir à des lignes de transmission en CCHT (Courant Continu Haute Tension). Cela permettra de transporter le courant électrique avec des pertes inférieures record, soit moins de 3% par 1000 km. De plus, le périmètre est considérable puisque le projet conçoit que plus de 90 % de l'humanité pourra en profiter.

En attendant, l'objectif est dans un premier temps d'assurer l’approvisionnement du Moyen-Orient, de l'Afrique mais aussi de l'Europe en électricité produite à partir des sources d’énergie solaire, mais aussi éolienne. En effet, le projet pourra fournir pas moins de 15% des besoins européens en électricité propre en 2050.

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D'où la création de la société Desertec Industrial Initiative DII qui comporte dans ses rangs pas moins de dix sociétés européennes (sur douze). Dans un premier temps, elle jouera le rôle d'un bureau d’études spécialisé pour préparer le lancement de ce grand projet qui relira le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Europe via un vaste réseau de centrales solaires ultra puissantes. La DII sera donc chargée en priorité de mener des études et d'analyser le processus de lancement de ces centrales solaires interconnectées. Elle mettra également en place les prémices de bases des investissements nécessaires à la réalisation du projet, pas moins de 400 milliards d’euros, selon les premières estimations.

Mais le projet a aussi une dimension stratégique d'une extrême importance et ce à double sens. Ainsi, les pays producteurs de pétrole et de gaz naturel aujourd'hui se doteront d'une nouvelle ressource supplémentaire mise à leur disposition par le soleil. Ce qui garantirait encore leur indépendance énergétique. Quant à l'Europe, moteur de ce projet avec les moyens et compétences, elle se verra offrir une nouvelle source d'énergie sans être dépendante des pays producteurs. Il s'agit d'une association, d'un investissement en quelque sorte, et dont l'Europe est actionnaire.

Pour mener à bien ce projet, une coopération intensive entre les différentes parties et cultures impliquées est nécessaire afin de pouvoir créer une base solide pour la réalisation d’investissements dans les technologies touchant aux énergies renouvelables et aux réseaux électriques interconnectés. La DII se concentrera principalement sur les conditions économiques, techniques et réglementaires qui doivent être remplies pour que la mise en œuvre du projet soit une réussite. Les premiers projets de référence permettront ensuite de tirer des enseignements qui serviront pour les plans qui seront lancés par la suite par DII et les autres parties impliquées.

Fondation DESERTEC.