Gestion de l'eau au Moyen-Orient

Gestion de l'eau dans le monde arabe : rapport de la banque modialeLa Banque Mondiale a publié une nouvelle étude sur la gestion des ressources hydrauliques dans le Monde Arabe, l'une des régions les plus arides au Monde.

Le rapport est intitulé "Water in the Arab World: Management Perspectives and Innovations", avec 550 pages. Il souligne en préambule que la gestion intégrée des ressources en eau est particulièrement vitale au Moyen-Orient étant donné que l’infrastructure hydraulique joue un rôle économique essentiel. Cette région est située dans une zone très aride, dépend des pluies saisonnières, a très peu de cours d’eau et elle est souvent dépendante de réservoirs d’eau souterraine extrêmement fragiles. Par conséquent, l'économie de cette région est plus sensible à la manière dont l’eau est extraite, transportée et consommée que ne le sont les économies d’autres régions.

L'étude aborde des sujets variés, tous liés à la gestion d'eau dans le Monde Arabe et au Moyen-orient: l'impact du changement climatique, l’irrigation, les technologies de dessalement mais aussi l’art de la diplomatie dans le domaine de l’eau dans cette région. Objectif de l'étude: établir une base de données des connaissances existantes dans le cadre des projets financés par la Banque mondiale au Moyen-Orient et cela dans le but d'aider à mieux gérer une ressource qui devient de plus en plus rare dans la région.

L'étude est complète. Elle dispose de 24 chapitres qui traitent des principaux enjeux relatifs aux politiques de gestion de l’eau, du rôle qu’occupent la voix des populations et les choix dans le processus décisionnel, de l’impact des lois, règlements et autres mesures relatives à l’eau, des expériences en matière de délégation des services d’eau au plus bas niveau de gestion et des études prospectives sur de nouvelles approches d’investissements dans le domaine de l’eau.

Un chapitre porte également sur les innovations en matière d’irrigation dans le delta du Nil, des efforts pour rendre la fourniture de l’eau plus efficiente et plus adaptée aux besoins des agriculteurs.

De plus, le rapport traite du réchauffement climatique en tant que principal moteur de l’amélioration de la gestion de l’eau et de l’innovation. En effet, le changement climatique entraîne déjà de nouveaux défis en matière de gestion de l’eau. Les modèles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoient que la température et la variabilité de l’eau augmenteront dans plusieurs pays de la région et que les précipitations vont également diminuer de 30 % d’ici 2050. Le chiffre est plus que alarmant.

D'après le rapport, la région a besoin d’une stratégie qui va au-delà des simples solutions techniques pour revoir le régime des droits, le cadre réglementaire et les partenariats public-privé dans le domaine de l’eau. De plus, il préconise une promotion de la responsabilisation et un plein partage de l’information relative à l’eau. Le rapport avance également qu'une partie de la solution consiste à mettre au point un ensemble de réformes qui s’attaquent tant aux problèmes de demande en eau comme par exemple les mesures incitatives pour encourager les agriculteurs à passer à des récoltes avec une meilleure productivité de l’eau.

A noter que cette publication est co-financée par la Banque mondiale et les Pays-Bas.

Water in the Arab World: Management Perspectives and Innovations