Bareed Mista3jil, le livre rose

livre Bareed Mista3jil femmes lesbiennes au LibanL'association libanaise MEEM vient de publier un livre témoignage. Pas moins de quarante et une histoires vraies qui racontent la vie des femmes homosexuelles au pays du Cèdre...

Après trois ans d'enquête, l'association libanaise MEEM, un mouvement de soutien aux homosexuels du Liban, vient de sortir un livre témoignage, premier du genre dans le monde arabe. Des histoires vraies mais anonymes qui jettent la lumière sur l'homosexualité au Liban.

41 lesbiennes, bisexuelles ou transsexuelles, âgées d'une trentaine d'années pour la plupart,  témoignent dans ce livre de leur vie au quotidien dans une société qui ne reconnait pas leurs droits. Sous forme de lettres cachetées, ces témoignages sont envoyés de manière anonyme au Monde

A travers leurs 41 histoires, le livre "Bareed Mista3jil" (courrier urgent en arabe) tente de jeter la lumière sur la sexualité de ces femmes dans une société où la religion et la famille sont autant hostiles qu'omniprésentes. En effet, l'article 534 du code pénal libanais punit les relations sexuelles dites non-naturelles, avec une peine qui peut aller jusqu' à 12 mois.

En dépit d'une relative liberté au Liban, les mœurs de la rue libanaise restent hostiles à l'homosexualité. Comme dans beaucoup de pays arabes, l'homosexualité est un tabou, même si elle est présente. Les gens, et surtout les familles des personnes homosexuelles, le savent en général mais ils préfèrent occulter le sujet et de ne jamais en parler.

D'après l'association MEEM, et pour faire face à ce déni de reconnaissance, les homosexuelles libanaises se trouvent devant un choix difficile: se marier, quitter le pays ou vivre une double vie.

Meem compte 300 membres environs. L'association collabore avec Helem, une autre association de défense des gays, lesbiennes et transsexuels dans le monde arabe, pour la publication de nombreux manuels et articles de sensibilisation au Liban. Elles organisent également la Journée internationale contre l'homophobie.